La démocratie comme justification des interventions américaines à l'étranger
L'exportation de la démocratie est une idée largement associée à la politique étrangère des États-Unis. Cette notion est enracinée dans l'idéologie de la "Manifest Destiny", qui est née au XIXe siècle. À l'époque, la "Manifest Destiny" était une croyance largement partagée selon laquelle les États-Unis étaient destinés, par Dieu, à se développer à travers le continent nord-américain. Cela a été utilisé pour justifier l'expansion vers l'ouest, souvent aux dépens des populations indigènes. Au XXe siècle, cette idée a évolué pour inclure l'expansion de la démocratie et des valeurs américaines à travers le monde. Cette vision est devenue un élément central de la politique étrangère américaine, en particulier pendant la Guerre froide, lorsque les États-Unis se sont positionnés comme un rempart contre le communisme.
La politique étrangère des États-Unis est guidée par ces deux ambitions :
- Défendre les intérêts des États-Unis : Comme toute nation, les États-Unis cherchent à protéger leurs intérêts économiques, politiques et de sécurité à travers le monde. Cela comprend la protection de ses alliés, le maintien de l'accès aux marchés et aux ressources, la prévention des attaques contre le territoire américain et la promotion de ses valeurs à l'étranger. Parfois, cela peut impliquer des actions controversées, telles que des interventions militaires ou le soutien à des régimes non démocratiques.
- Contribuer à construire des nations sur le modèle américain : Les États-Unis ont une longue tradition de promotion de leurs valeurs démocratiques à travers le monde. Cela peut être vu comme une extension de l'idéologie de la "Manifest Destiny". Selon cette vision, les États-Unis sont considérés comme un "phare" pour le reste du monde, montrant la voie vers la liberté et la démocratie. Cela a conduit à des efforts pour aider à la construction de nations, souvent après des conflits ou pendant des périodes de transition, comme en Allemagne et au Japon après la Seconde Guerre mondiale, ou en Afghanistan et en Irak au début du 21e siècle.
L'ambition de constituer un modèle pour l'humanité est un élément clé de la politique étrangère américaine, qui découle de l'idée de l'"American exceptionalism" (l'exceptionnalisme américain). Selon cette croyance, les États-Unis sont un pays unique avec une mission spéciale à accomplir dans le monde. Cette notion d'être un "phare" pour le reste du monde est ancrée dans l'histoire américaine. Les Pères fondateurs des États-Unis ont conçu le pays comme une expérience démocratique, basée sur des principes de liberté, d'égalité et de justice qui, à leur avis, pourraient servir de modèle pour les autres nations. Au fil des ans, cette idée a été manifestée de plusieurs manières. Pendant la guerre froide, par exemple, la promotion de la démocratie et la lutte contre le communisme étaient considérées comme des manifestations de cette mission. De plus, les États-Unis ont souvent cherché à promouvoir des principes tels que les droits de l'homme, l'État de droit et les marchés libres à travers le monde.
La politique étrangère des États-Unis a longtemps été guidée par l'idée que la promotion de la démocratie et du capitalisme à l'étranger contribue à la sécurité nationale et à la prospérité économique des États-Unis. Ce lien entre démocratie, capitalisme et sécurité a plusieurs dimensions :
- Démocratie et sécurité : La théorie de la "paix démocratique" suggère que les démocraties sont moins susceptibles de se faire la guerre entre elles. En promouvant la démocratie, les États-Unis cherchent donc à créer un environnement international plus pacifique et stable. Cela contribue à leur sécurité en réduisant le nombre potentiel de menaces militaires.
- Capitalisme et sécurité : Le capitalisme est associé à la croissance économique, qui peut contribuer à la stabilité politique. En outre, les pays économiquement prospères sont plus susceptibles d'être des partenaires commerciaux stables et fiables. En promouvant le capitalisme, les États-Unis cherchent donc à créer un environnement international plus prévisible et sécurisé.
- Démocratie et capitalisme : Les deux sont souvent considérés comme allant de pair. La démocratie fournit un environnement de droits de l'homme et de libertés civiles qui favorise l'innovation et l'entrepreneuriat. Le capitalisme, à son tour, peut contribuer à la prospérité économique, ce qui peut renforcer la stabilité démocratique.
- Capitalisme, démocratie et expansion économique des États-Unis : Un monde plus démocratique et capitaliste est également plus susceptible d'être ouvert au commerce et à l'investissement internationaux, favorisant ainsi l'expansion économique des États-Unis.
Ont-ils réussi à modeler un monde entièrement démocratique? La réponse est non, principalement en raison de deux traits distinctifs inhérents à la culture politique américaine qui ont entravé leur ambition :
- Le paradigme ségrégationniste : L'histoire des États-Unis est marquée par des inégalités raciales et sociales profondes, y compris la ségrégation raciale, qui ont été institutionnalisées pendant de nombreuses années. Ces inégalités ont eu un impact sur la façon dont les États-Unis sont perçus à l'étranger et peuvent parfois saper leur crédibilité en tant que promoteur de la démocratie et des droits de l'homme. De plus, ces inégalités peuvent influencer la façon dont les États-Unis interagissent avec d'autres pays, par exemple en favorisant des relations plus étroites avec certaines nations sur la base de critères raciaux ou ethniques.
- La dérive autoritaire : L'assurance que les États-Unis incarnent un "modèle indépassable" peut parfois conduire à une attitude autoritaire dans la politique étrangère. Cela peut se manifester de plusieurs façons, par exemple par une volonté d'imposer des systèmes politiques ou économiques sans tenir compte suffisamment des contextes locaux, ou par l'utilisation de la force militaire pour atteindre des objectifs politiques. Cette approche peut parfois saper les principes démocratiques que les États-Unis cherchent à promouvoir.
Bien que les États-Unis aient eu un certain succès dans la promotion de la démocratie dans certaines parties du monde, leur ambition de construire un "monde de démocraties" a été entravée par divers défis
L’émergence d’une nation impériale (fin XIXe- années 1930)
La conquête d’un empire colonial
La conquête du territoire américain peut être interprétée de différentes manières, en fonction de la perspective historique et du point de vue. En fait, elle comporte des éléments qui correspondent à la fois à une affaire intérieure et à une conquête coloniale :
- Affaire intérieure : Dans un sens, l'expansion des États-Unis sur le continent nord-américain peut être considérée comme une affaire intérieure, dans la mesure où elle impliquait l'établissement de gouvernements et d'institutions américains sur des territoires nouvellement acquis ou colonisés. Cela comprenait la mise en place de systèmes juridiques, de gouvernements locaux, de moyens de communication et de transport, etc. De plus, cette expansion était en grande partie dirigée par des citoyens américains qui se déplaçaient vers l'ouest à la recherche de nouvelles opportunités économiques.
- Conquête coloniale : Cependant, il est également possible d'interpréter l'expansion américaine comme une forme de conquête coloniale. Cette perspective met l'accent sur le fait que l'expansion impliquait l'annexion de terres qui étaient déjà habitées par diverses nations autochtones. Ces peuples ont souvent été dépossédés de leurs terres, déplacés de force, ou soumis à la violence et à la maladie. De plus, l'expansion américaine a également impliqué des guerres et des négociations avec d'autres puissances coloniales, comme le Mexique et l'Espagne, pour acquérir des territoires.
Ces deux perspectives ne sont pas mutuellement exclusives. En fait, l'histoire de l'expansion américaine comprend à la fois des processus internes de colonisation et d'expansion, ainsi que des interactions avec d'autres peuples et puissances coloniales.
La date de 1890 est souvent citée comme un jalon dans l'histoire des États-Unis car elle marque la fin de la "frontière" telle qu'elle était traditionnellement comprise. La notion de "frontière" était centrale dans l'identité américaine, symbolisant la possibilité d'expansion et de nouvelles opportunités. En 1890, le Bureau du Recensement des États-Unis a déclaré que la frontière, définie comme une ligne de colonisation en expansion constante vers l'ouest, n'existait plus. Cela signifiait que les États-Unis avaient effectivement rempli leur continent d'un océan à l'autre et que la majeure partie des terres avait été colonisée ou était sous contrôle américain. C'est pourquoi certains peuvent interpréter cette date comme celle de l'unification du pays. Cette unification territoriale ne signifie pas que toutes les divisions internes avaient disparu. Les inégalités économiques, raciales et sociales continuaient de persister, et de nouvelles tensions ont émergé avec l'industrialisation rapide, l'immigration et l'urbanisation de la fin du 19e et du début du 20e siècle. De plus, la souveraineté et les droits des peuples autochtones continuaient d'être une question contentieuse.
Le concept de "l'empire de la liberté", tel qu'exprimé par Thomas Jefferson, est fondé sur l'idée que les États-Unis ont une mission spéciale pour promouvoir et étendre la liberté et la démocratie à travers le monde. Selon cette vision, il n'y a pas de contradiction inhérente entre un régime républicain basé sur des principes démocratiques et une expansion impériale, tant que cette expansion vise à promouvoir les valeurs de liberté et de démocratie. En d'autres termes, l'expansion extérieure n'est pas vue comme une simple conquête ou domination, mais plutôt comme un moyen de faire bénéficier le reste du monde des bienfaits de la "synthèse politique" américaine - une combinaison de démocratie, de libertés civiles, de capitalisme et d'État de droit. Cependant, en pratique, cette vision a souvent été plus complexe et controversée. Par exemple, l'expansion américaine a souvent impliqué la domination et le déplacement de peuples autochtones et d'autres nations, ce qui a été critiqué comme étant en contradiction avec les principes de liberté et de démocratie. De même, l'effort pour faire bénéficier d'autres pays des "bienfaits" du modèle politique américain a parfois été perçu comme une forme d'impérialisme culturel ou politique.
La fin du XIXe siècle a marqué une période de débat intense aux États-Unis concernant la question de l'expansion impériale. Alors que le territoire continental des États-Unis avait été largement colonisé, le pays se tournait vers des régions plus éloignées pour étendre son influence, notamment à travers la guerre hispano-américaine de 1898 qui a abouti à l'acquisition de Porto Rico, de Guam et des Philippines. Ce mouvement vers une expansion outre-mer a été motivé par plusieurs facteurs. Certains ont avancé des arguments économiques, affirmant que les États-Unis avaient besoin de nouveaux marchés et de sources de matières premières pour soutenir leur croissance industrielle rapide. D'autres ont invoqué des arguments stratégiques, affirmant que la possession de territoires d'outre-mer était nécessaire pour la défense nationale et le statut de grande puissance. Ces mouvements expansionnistes ont néanmoins également suscité une opposition significative. Certains ont soutenu que la colonisation d'outre-mer était en contradiction avec les principes fondamentaux de la République américaine, tels que la liberté, l'autodétermination et l'égalité. D'autres ont fait valoir que la recherche d'un empire outre-mer pourrait entraîner des conflits militaires, des tensions raciales et des problèmes de gouvernance. Dans l'ensemble, ce débat a reflété des tensions plus larges concernant la nature de l'identité américaine, le rôle des États-Unis dans le monde et la meilleure façon de promouvoir les intérêts nationaux. Alors que certains ont vu l'expansion impériale comme un moyen nécessaire pour les États-Unis de devenir une grande puissance, d'autres ont soutenu que les États-Unis pourraient et devraient trouver d'autres moyens de promouvoir leur sécurité et leur prospérité.
Le mouvement anti-impérialiste aux États-Unis a soulevé de nombreux arguments contre l'expansion impériale à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Vous avez bien résumé certains des principaux arguments, qui comprenaient des préoccupations économiques, politiques et raciales :
- Argument économique : Les anti-impérialistes soutenaient que le maintien d'un empire outre-mer coûterait cher en termes de ressources militaires et administratives. Ils ont également fait valoir que l'économie américaine, avec sa forte croissance industrielle, n'avait pas besoin de colonies pour assurer des marchés ou des matières premières, et pourrait plutôt prospérer grâce au commerce libre.
- Argument politique : Les anti-impérialistes craignaient que l'impérialisme ne corrompe les principes démocratiques des États-Unis. Ils ont soutenu que la domination sur d'autres peuples sans leur consentement était en contradiction avec les idéaux de liberté et d'autodétermination qui étaient fondamentaux pour la République américaine.
- Argument racial : Certains anti-impérialistes ont exprimé des préoccupations selon lesquelles l'annexion de territoires habités par des peuples non blancs pourrait conduire à une "dilution" de la race blanche. Cet argument était enraciné dans les préjugés raciaux de l'époque et reflétait les craintes de certains Américains blancs de perdre leur statut social et politique dominant.
Le mouvement anti-impérialiste était diversifié et comprenait une variété de points de vue. Par exemple, certains anti-impérialistes étaient motivés par des principes moraux ou religieux, tandis que d'autres étaient plus préoccupés par les implications pratiques de l'impérialisme. De plus, bien que le mouvement anti-impérialiste ait réussi à attirer une attention considérable, il n'a pas réussi à arrêter l'expansion impériale des États-Unis à l'époque.
Les impérialistes américains de la fin du XIXe et du début du XXe siècle ont avancé plusieurs arguments pour justifier l'expansion coloniale. Voici comment ces arguments se déclinent:
- Argument économique: Les partisans de l'impérialisme soutenaient que l'acquisition de colonies servirait de points d'appui pour le commerce international. Ces territoires fourniraient des marchés pour les produits américains, des sources de matières premières et contribueraient à la prospérité économique de la nation.
- Argument stratégique: L'impérialisme était également vu comme un moyen d'acquérir des avantages stratégiques. Les ports coloniaux pourraient servir de bases navales pour la marine américaine, qui se développait rapidement à cette époque. De plus, le contrôle des territoires d'outre-mer aiderait les États-Unis à rivaliser avec d'autres puissances impériales et à protéger leurs intérêts à l'étranger.
- Argument racial et civilisationnel: Certains impérialistes américains ont adopté l'idée du "fardeau de l'homme blanc", une notion popularisée par le poète britannique Rudyard Kipling. Selon cette perspective, les peuples européens (ou, dans ce cas, américains) avaient une mission civilisatrice de "porter le fardeau" d'éduquer, de moderniser et de christianiser les peuples non occidentaux. Cette vision était profondément enracinée dans les préjugés raciaux et ethnocentriques de l'époque et servait à justifier la domination coloniale.
Vers la fin du XIXe siècle, les États-Unis ont commencé à étendre leur influence au-delà de leur continent, ce qui marquait le début de leur expansion impériale. Voici quelques exemples clés :
- L'annexion de Midway (1867) : Les îles Midway, situées dans le Pacifique central, ont été annexées par les États-Unis en 1867. Elles ont servi de station de ravitaillement pour les navires et ont joué un rôle stratégique pour les États-Unis, notamment pendant la Seconde Guerre mondiale.
- Les îles Samoa : Les îles Samoa sont un autre exemple de l'expansion impériale des États-Unis. En 1872, les États-Unis ont établi un comptoir sur l'île de Tutuila. En 1878, ils ont conclu un traité avec le Royaume-Uni et l'Allemagne établissant un condominium, une forme de gouvernement partagé, sur les îles Samoa. Ce condominium a duré jusqu'en 1899, lorsque la guerre civile samoane et la Convention tripartite ont abouti à une division des îles, l'Allemagne prenant le contrôle des îles de l'ouest (aujourd'hui Samoa) et les États-Unis de celles de l'est (aujourd'hui Samoa américaines).
Ces mouvements d'expansion ont marqué un tournant dans la politique étrangère des États-Unis, qui a commencé à adopter une politique plus interventionniste et expansionniste au-delà de ses frontières continentales. Cependant, cette expansion a suscité un débat considérable aux États-Unis et a façonné de nombreuses discussions sur le rôle des États-Unis dans le monde.
L’évolution de l’empire
Hawaï
Hawaï, situé dans le Pacifique central, a eu un chemin unique vers l'État américain. Au XIXe siècle, Hawaï a commencé à attirer l'attention des États-Unis pour sa position stratégique et ses ressources, notamment ses plantations de sucre. Les colons américains y ont progressivement établi une présence économique et politique significative. En 1893, la reine Liliuokalani d'Hawaï a été renversée lors d'un coup d'État organisé par des citoyens américains et européens vivant à Hawaï, avec le soutien de forces militaires américaines. Cela a conduit à l'établissement d'un gouvernement provisoire, qui a ensuite demandé l'annexion par les États-Unis. L'annexion d'Hawaï a été officiellement réalisée en 1898, en partie à cause de la guerre hispano-américaine et du désir des États-Unis de sécuriser Hawaï comme station de ravitaillement et base navale. Hawaï a été transformé en territoire des États-Unis en 1900. Enfin, après de nombreuses années en tant que territoire, Hawaï est devenu le 50e État des États-Unis en 1959. Cela a été le résultat d'un processus long et souvent controversé, qui a impliqué de nombreux débats sur des questions telles que l'identité ethnique et culturelle, le statut politique et la gouvernance.
Porto Rico
La relation entre Porto Rico et les États-Unis a une histoire complexe et souvent controversée. Porto Rico a été acquis par les États-Unis en 1898 à la suite de la guerre hispano-américaine, et son statut politique a évolué au fil des ans :
- Foraker Act (1900) : Cette loi a établi un gouvernement civil pour Porto Rico et a défini l'île comme un "territoire non incorporé" des États-Unis. Cela signifie que, bien que faisant partie des États-Unis, Porto Rico ne fait pas partie intégrante de celui-ci, et certaines dispositions constitutionnelles ne s'appliquent pas automatiquement.
- Jones Act (1917) : Cette loi a accordé la citoyenneté américaine à tous les Portoricains, mais sans le droit de vote aux élections présidentielles, à moins qu'ils ne résident dans l'un des États. Le Congrès américain contrôle également les affaires de l'île.
- Statut d'État libre associé (1952) : En 1952, Porto Rico a adopté une constitution locale et a été officiellement désigné comme un "État libre associé" (ou "commonwealth" en anglais). Cela lui a donné une plus grande autonomie interne, mais les affaires extérieures et la défense restent sous le contrôle du gouvernement fédéral américain.
- Référendums sur le statut de l'État (2012, 2017) : Plusieurs référendums ont été organisés à Porto Rico pour décider de son statut futur. En 2012 et 2017, une majorité de votants a approuvé l'idée de devenir le 51e État des États-Unis. Cependant, ces référendums ont été marqués par une faible participation et des controverses sur leur formulation. De plus, ils ne sont pas contraignants pour le Congrès américain, qui a le pouvoir final de décider du statut de Porto Rico.
Aujourd'hui, le statut de Porto Rico reste une question politique majeure, à la fois à Porto Rico et aux États-Unis. Les options proposées vont de l'indépendance complète à l'adhésion en tant qu'État, en passant par le maintien du statut actuel ou une forme améliorée de commonwealth. Cependant, aucun consensus clair n'a encore émergé sur la meilleure voie à suivre.
Cuba
L'Amendement Platt était une disposition législative proposée par le sénateur américain Orville Platt en 1901. Il a été inséré dans l'Army Appropriations Act de 1901 et a établi les termes de la relation entre les États-Unis et Cuba à la suite de la guerre hispano-américaine. L'Amendement Platt stipulait que Cuba ne pourrait pas conclure de traité avec une puissance étrangère qui compromettrait son indépendance, et que Cuba devrait permettre aux États-Unis d'intervenir dans les affaires de l'île pour préserver son indépendance et maintenir un gouvernement adéquat pour la protection des vies, des biens et des libertés individuelles. En outre, il a demandé que Cuba vende ou loue des terres aux États-Unis pour des stations navales et des dépôts de charbon. En conséquence de l'Amendement Platt, les États-Unis ont obtenu un bail perpétuel sur la baie de Guantanamo, où ils ont établi une base navale qui existe encore aujourd'hui. L'Amendement Platt a été abrogé en 1934 dans le cadre du Traité de Relations avec Cuba. Cependant, la base navale de Guantanamo est restée sous contrôle américain. La présence américaine à Guantanamo est devenue une source de tension entre les États-Unis et Cuba, en particulier après la révolution cubaine de 1959.
Les Philippines
Les Philippines ont été colonisées par l'Espagne au XVIe siècle et sont restées sous son contrôle jusqu'à la fin du XIXe siècle. Pendant la guerre hispano-américaine en 1898, les États-Unis ont vaincu l'Espagne et ont acquis les Philippines dans le cadre du Traité de Paris. Cependant, de nombreux Philippins luttaient déjà pour l'indépendance de l'Espagne, et ils n'étaient pas prêts à accepter un nouveau colonisateur. Cela a conduit à la guerre philippino-américaine, qui a duré de 1899 à 1902 et a entraîné la mort de nombreux Philippins. Après la guerre, les Philippines sont devenues un protectorat des États-Unis. Les États-Unis ont exercé un contrôle sur les affaires politiques et économiques des Philippines, bien que certaines réformes aient été mises en œuvre pour préparer les Philippins à l'autonomie. En 1935, les Philippines sont devenues un Commonwealth, avec une plus grande autonomie mais toujours sous la souveraineté des États-Unis. Cela faisait partie d'un plan pour accorder l'indépendance complète aux Philippines après une période de transition de dix ans. Cependant, la Seconde Guerre mondiale a interrompu ce processus. Les Philippines ont été occupées par le Japon pendant la guerre, mais ont été libérées par les forces alliées en 1945. Finalement, le 4 juillet 1946, les Philippines ont obtenu leur indépendance complète des États-Unis, devenant une république souveraine. Aujourd'hui, les Philippines et les États-Unis entretiennent des relations étroites en matière de commerce, de défense et d'autres domaines, bien que le passé colonial des États-Unis reste un sujet sensible.
Guam =
Guam est une île de l'océan Pacifique qui fait partie des États-Unis en tant que territoire non incorporé. Cela signifie que, bien que Guam soit sous souveraineté américaine, il n'est pas entièrement soumis à toutes les dispositions de la Constitution américaine. Les États-Unis ont acquis Guam en 1898 à la suite de la guerre hispano-américaine, lors de laquelle ils ont vaincu l'Espagne et ont pris le contrôle de plusieurs de ses colonies. Depuis lors, Guam a été utilisé à des fins militaires stratégiques en raison de son emplacement dans l'océan Pacifique. Les habitants de Guam sont des citoyens américains, mais ils ne peuvent pas voter aux élections présidentielles et n'ont pas de représentation avec droit de vote au Congrès. Ils élisent un gouverneur pour gérer les affaires locales et un délégué non votant à la Chambre des représentants des États-Unis. Comme dans d'autres territoires non incorporés, le statut politique de Guam a été l'objet de débats et de discussions. Certaines personnes soutiennent que Guam devrait devenir un État à part entière, tandis que d'autres pensent qu'il devrait obtenir une plus grande autonomie ou même l'indépendance. Cependant, aucun changement de statut n'a été réalisé jusqu'à présent.
La Zone du Canal de Panama
La Zone du Canal de Panama a été une bande de terre de 16 kilomètres de large qui traversait l'isthme de Panama, couvrant le Canal de Panama, qui a été sous contrôle américain de 1903 à 1979. La création de cette zone remonte à la séparation de Panama de la Colombie en 1903, largement orchestrée par les États-Unis dans le but d'acquérir les droits pour construire et contrôler un canal transocéanique. En vertu du traité Hay-Bunau-Varilla, signé en 1903, les États-Unis ont reçu le droit à perpétuité de cette zone et ont construit le Canal de Panama, qui a été achevé en 1914. En 1977, le président américain Jimmy Carter et le chef d'État panaméen Omar Torrijos ont signé les traités Torrijos-Carter, qui prévoyaient que la Zone du Canal de Panama serait progressivement transférée à Panama. Ce processus a été achevé le 31 décembre 1999, lorsque le contrôle total du canal a été remis à Panama. Les traités ont également reconnu la souveraineté de Panama sur la Zone du Canal, bien que les États-Unis aient été autorisés à intervenir pour défendre le canal contre une menace à son fonctionnement ou à sa neutralité. Aujourd'hui, le Canal de Panama reste une importante voie de navigation internationale, et son contrôle est une source importante de revenus pour le Panama. Les relations entre le Panama et les États-Unis restent étroites, bien que la période de contrôle américain du canal soit un sujet sensible dans l'histoire panaméenne.
Colonisation et construction nationale aux Philippines
L'impérialisme colonial européen et américain partageait certaines caractéristiques communes, mais présentait également des différences importantes.
Points communs :
- Supériorité raciale : Tant les Européens que les Américains justifiaient souvent leur expansion impérialiste par l'idée de la supériorité de la "race" blanche et la "mission civilisatrice" de moderniser et d'éduquer les peuples non occidentaux. Cela a été utilisé pour justifier des politiques qui étaient souvent exploiteuses et destructrices pour les populations indigènes.
Différences :
- Nation-building : Alors que les puissances coloniales européennes ont souvent cherché à contrôler directement leurs colonies et à exploiter leurs ressources, les États-Unis ont souvent adopté une approche différente, surtout après la Seconde Guerre mondiale. Ils ont cherché à promouvoir la création de nations indépendantes alignées sur les valeurs américaines de démocratie et de libre marché. Cela est lié à l'idée du "Destin manifeste", selon laquelle les États-Unis ont une mission spéciale pour répandre leur modèle de gouvernement et de société dans le monde.
- Structure de l'empire : L'empire colonial européen était souvent basé sur le contrôle direct de vastes territoires et populations à travers le monde. En revanche, l'empire américain était plus informel et basé sur des influences économiques et politiques, notamment par le biais de protectorats, de zones d'influence et plus tard de la structure de la Guerre Froide. Bien que les États-Unis aient eu des territoires coloniaux, comme les Philippines et Porto Rico, ils n'ont jamais eu le même niveau de contrôle territorial direct que les empires européens.
La politique de construction nationale menée par les États-Unis aux Philippines pendant leur occupation coloniale était en effet largement basée sur des conceptions racialisées de la supériorité et de l'infériorité. Cette vision a influencé la façon dont les États-Unis ont gouverné les Philippines et traité les Philippins. Les États-Unis ont souvent représenté les Philippins comme inférieurs et incapables de se gouverner eux-mêmes. Cette représentation reposait sur des stéréotypes racistes et ethnocentriques qui décrivaient les Philippins comme primitifs, irrationnels et politiquement immatures. Les États-Unis se voyaient donc comme supérieurs et avaient le devoir de gouverner les Philippins et de les aider à se développer. L'historien Paul Kramer a décrit comment cette mission a été conceptualisée comme aidant les Philippins à passer de la "fragmentation tribale" à "l'unité nationale". En d'autres termes, les États-Unis ont cherché à transformer les Philippines en une nation moderne à l'image des États-Unis.
Cependant, cette vision a également légitimé l'usage de la violence. Les États-Unis ont mené une guerre brutale contre la résistance philippine, qui a résisté à l'occupation américaine. La violence a été justifiée comme nécessaire pour "civiliser" les Philippins et instaurer l'ordre. Vette vision racialisée a été contestée, tant aux États-Unis qu'aux Philippines. Beaucoup ont critiqué l'occupation américaine et ont appelé à l'indépendance des Philippines. En fin de compte, les Philippines ont obtenu leur indépendance en 1946, mais l'héritage de la période coloniale américaine continue d'influencer la politique et la société philippine.
La guerre philippino-américaine, qui a duré de 1899 à 1902, a été une période extrêmement violente et coûteuse en vies humaines. Les estimations du nombre de soldats américains tués pendant la guerre varient, mais le chiffre généralement accepté est d'environ 4 000. Ce chiffre comprend à la fois les morts au combat et les morts dues à la maladie, qui étaient courantes en raison des conditions difficiles et de la faible compréhension médicale de l'époque. Le nombre de Philippins tués pendant la guerre est beaucoup plus difficile à estimer avec précision, en partie en raison de l'absence de registres fiables et du fait que de nombreux civils ont été tués dans le conflit. Les estimations varient largement, de 200 000 à 1 million. Le chiffre de 250 000 que vous mentionnez est dans la fourchette basse de ces estimations, mais il est généralement accepté que le nombre de Philippins tués a été énorme et comprend à la fois des combattants et de nombreux civils. Cette guerre a été marquée par des atrocités de la part des deux parties, mais les forces américaines ont été critiquées pour leur recours à des tactiques telles que la torture, les "zones de concentration" et la politique de la "terre brûlée". Cela a laissé un héritage de ressentiment envers les États-Unis dans certaines parties des Philippines, qui persiste encore aujourd'hui.
La politique menée par les États-Unis aux Philippines au début du XXe siècle a contribué à renforcer une vision messianique de la mission mondiale des États-Unis, souvent appelée "messianisme démocratique". Cette idée est basée sur la conviction que les États-Unis ont une mission spéciale et une responsabilité morale de diffuser la démocratie et la liberté dans le monde. Cette croyance a été en partie justifiée par la conviction que le système politique américain, basé sur la démocratie libérale et le capitalisme, est universellement applicable et bénéfique pour tous les peuples. C'est dans ce contexte que la politique américaine aux Philippines a été présentée comme une mission civilisatrice visant à aider les Philippins à devenir une nation moderne et démocratique. Cependant, le messianisme démocratique a également été critiqué pour sa tendance à justifier l'impérialisme et l'interventionnisme américain. La guerre brutale aux Philippines a été critiquée tant aux États-Unis qu'à l'étranger pour ses coûts humains élevés et pour la façon dont elle a imposé la domination américaine plutôt que la liberté et l'autodétermination. Le messianisme démocratique a continué à influencer la politique étrangère américaine tout au long du XXe siècle et jusqu'au XXIe siècle, notamment pendant la guerre froide et les guerres en Irak et en Afghanistan. Cependant, il reste un sujet de débat et de controverse.
William H. Taft, qui fut gouverneur-général des Philippines de 1901 à 1904 avant de devenir Président des États-Unis, a joué un rôle clé dans l'américanisation du système politique philippin.
Sous sa direction, une série de réformes politiques et juridiques ont été mises en œuvre pour remodeler le système politique philippin sur le modèle américain. Ces réformes comprenaient :
- Régime bicaméral : Un système législatif bicaméral a été introduit, avec une chambre basse élue et une chambre haute nommée.
- Organisation fédérale : Taft a cherché à instaurer une forme de gouvernement fédéral, avec une autorité centrale forte mais aussi une certaine autonomie pour les provinces locales.
- Cour Suprême : Une Cour Suprême a été créée pour servir de plus haute instance judiciaire des Philippines, similaire à la Cour Suprême des États-Unis.
- Système électif censitaire : Taft a introduit un système électif censitaire, où seuls ceux qui répondaient à certaines conditions de richesse et d'éducation étaient autorisés à voter.
- Code civil : Un code civil basé sur le droit américain a été introduit, remplaçant les anciennes lois espagnoles.
- Fonction publique : Taft a également réformé la fonction publique, introduisant un système de mérite pour les nominations et les promotions, dans le but de réduire la corruption.
Ces réformes ont eu un impact durable sur le système politique philippin. Cependant, elles ont également été critiquées pour avoir imposé un modèle américain sans tenir compte des traditions et des besoins locaux, et pour avoir limité la participation politique à une élite restreinte.
L'administration des Philippines pendant l'occupation américaine a en effet été structurée de manière à reproduire l'organisation administrative des États-Unis. Au sommet de cette structure se trouvait le gouverneur général, qui était nommé par le président des États-Unis et confirmé par le Sénat américain. Le gouverneur général avait un pouvoir exécutif considérable et était responsable de l'administration générale des îles. En dessous du gouverneur général, les Philippines étaient divisées en provinces, chacune étant dirigée par un gouverneur de province. Ces gouverneurs étaient responsables de l'administration locale et de l'application des lois et des politiques au niveau provincial. Enfin, au niveau le plus local, il y avait des gouverneurs municipaux, qui étaient responsables de la gestion des villes et des municipalités au sein des provinces. Cette structure administrative reflétait le système fédéral américain de gouvernement à plusieurs niveaux, avec une autorité centrale forte mais aussi une certaine autonomie pour les gouvernements locaux. Cependant, elle a également été critiquée pour avoir imposé un modèle américain aux Philippines sans tenir compte des traditions et des besoins locaux.
La période de l'occupation américaine aux Philippines a été marquée par une politique de grands travaux, visant à moderniser le pays et à améliorer ses infrastructures. Ces projets étaient largement financés par le gouvernement américain et souvent supervisés par des ingénieurs et des entrepreneurs américains.
Les projets de grands travaux comprenaient:
- Routes et ponts : De nombreux projets de construction de routes et de ponts ont été entrepris pour améliorer les infrastructures de transport du pays. Cela a permis de faciliter le commerce, le mouvement des personnes et des biens, et a joué un rôle clé dans l'intégration économique du pays.
- Hôpitaux : Des hôpitaux ont été construits dans tout le pays, fournissant des soins médicaux essentiels à la population. Cela a également permis d'introduire la médecine moderne aux Philippines.
- Écoles et universités : L'éducation a été une priorité majeure pour le gouvernement américain aux Philippines. De nombreuses écoles et universités ont été construites, et un système éducatif public a été établi. L'anglais a été introduit comme langue d'enseignement, ce qui a eu un impact durable sur le pays.
Ces projets de grands travaux ont eu un impact significatif sur le développement des Philippines. Cependant, ils ont également été critiqués pour avoir servi les intérêts économiques et stratégiques des États-Unis, et pour avoir souvent ignoré les besoins et les priorités des Philippins eux-mêmes.
L'objectif principal de la politique américaine aux Philippines pendant cette période était d'unifier les différents groupes ethniques et tribus de l'archipel autour d'un projet national commun. Ce processus était guidé par l'idée que les États-Unis, en tant que puissance coloniale, devaient jouer un rôle directeur pour aider les Philippines à se transformer en une nation moderne. Les États-Unis ont cherché à réaliser cet objectif de plusieurs manières. Ils ont introduit des institutions politiques et juridiques basées sur le modèle américain, dans l'espoir que ces institutions favoriseraient la cohésion nationale et l'acceptation des valeurs démocratiques. Ils ont également investi dans des projets d'infrastructure à grande échelle pour intégrer économiquement le pays et encourager la mobilité et l'interaction entre les différentes régions. Cependant, cet objectif d'unification nationale a également été poursuivi dans un contexte de domination coloniale. Les États-Unis ont maintenu un contrôle politique et économique étroit sur les Philippines et ont souvent ignoré ou réprimé les aspirations à l'autodétermination et à l'indépendance. En outre, la politique américaine a été critiquée pour son utilisation de stéréotypes raciaux et de discours de civilisation pour justifier la domination américaine. L'idée que les différents groupes ethniques et tribus des Philippines étaient inférieurs et avaient besoin de l'assistance des États-Unis pour se développer a été un élément clé de la rhétorique coloniale américaine.
La politique états-unienne en Amérique latine
Woodrow Wilson, président des États-Unis de 1912 à 1920, a marqué une évolution significative dans la politique étrangère américaine, y compris en ce qui concerne l'impérialisme. Il a défendu ce que l'on a appelé l'"impérialisme du droit" ou l'"impérialisme constitutionnel". L'idée sous-jacente à ce concept est que la promotion des principes démocratiques, de l'État de droit et des droits de l'homme à l'échelle internationale est à la fois un objectif moral et une stratégie de sécurité pour les États-Unis. Wilson croyait que la démocratie et l'État de droit étaient des facteurs de paix et de stabilité, et que les États-Unis avaient la responsabilité d'aider à promouvoir ces valeurs à travers le monde. C'est dans cet esprit que Wilson a défendu l'idée d'une Ligue des Nations après la Première Guerre mondiale, dans le but de promouvoir la paix et la coopération internationales.
L'entrée des États-Unis dans la Première Guerre mondiale en 1917 a été justifiée par le président Woodrow Wilson comme une nécessité pour assurer la sécurité de la démocratie à travers le monde. Dans son discours au Congrès le 2 avril 1917, Wilson a déclaré : "Le monde doit être rendu sûr pour la démocratie". Cette phrase est devenue un élément emblématique de la politique étrangère de Wilson et de la vision plus large du rôle des États-Unis dans le monde. Elle reflétait la croyance de Wilson que les États-Unis avaient une mission spéciale pour promouvoir et protéger la démocratie et l'État de droit à travers le monde. En outre, elle soulignait l'idée que la sécurité des États-Unis était liée à la santé de la démocratie dans d'autres pays. Selon cette vision, les dictatures et les régimes autoritaires étaient non seulement moralement répréhensibles, mais aussi une menace potentielle pour la paix internationale et la sécurité des États-Unis.
Le 8 janvier 1918, lors d'un discours devant le Congrès américain, le président Woodrow Wilson a présenté un plan de paix en 14 points pour mettre fin à la Première Guerre mondiale. Cette proposition était centrée sur la promotion de la transparence, de la coopération internationale, de la démocratie et de l'autodétermination. L'un des points les plus importants et durables du plan de Wilson était le quatorzième point, qui appelait à la création d'une "Association générale des nations". Ce point prévoyait la mise en place d'une organisation internationale chargée de maintenir la paix et la sécurité mondiales, d'encourager la coopération internationale et de résoudre pacifiquement les conflits entre les nations. La proposition de Wilson a finalement conduit à la création de la Société des Nations après la fin de la guerre. La Société des Nations peut être considérée comme une sorte de "parlement des nations", car elle fournissait une plateforme pour le dialogue et la négociation entre les pays. La Société des Nations a également connu des problèmes importants. Notamment, les États-Unis eux-mêmes n'ont jamais adhéré à l'organisation en raison de l'opposition au sein du Sénat américain. De plus, la Société des Nations s'est révélée incapable de prévenir l'agression des puissances autoritaires dans les années 1930, ce qui a finalement conduit à la Seconde Guerre mondiale. Malgré ses échecs, la Société des Nations a jeté les bases du système multilatéral moderne et a été remplacée par l'Organisation des Nations Unies après la Seconde Guerre mondiale.
Les révolutions au Mexique, en Chine et en Russie au début du XXe siècle ont eu un impact significatif sur la politique étrangère américaine. En réponse à ces événements, les États-Unis ont cherché à promouvoir et à étendre la démocratie à travers le monde, une vision qui peut être considérée comme une extension de la doctrine de la "Manifest Destiny". La "Manifest Destiny" était une croyance du XIXe siècle selon laquelle les États-Unis étaient destinés à s'étendre à travers le continent nord-américain. Cette idée a été utilisée pour justifier l'expansion territoriale des États-Unis, y compris la conquête de territoires indigènes et la guerre avec le Mexique. Au début du XXe siècle, cette idée de "Manifest Destiny" a été réinterprétée pour justifier une politique étrangère plus active, centrée sur la promotion de la démocratie et de l'État de droit à travers le monde. Cette vision a été soutenue par des présidents comme Woodrow Wilson, qui croyait que les États-Unis avaient une mission spéciale pour aider à "rendre le monde sûr pour la démocratie". Dans ce contexte, les États-Unis ont réagi aux révolutions au Mexique, en Chine et en Russie en cherchant à promouvoir leurs propres valeurs et intérêts. Par exemple, en Russie, les États-Unis sont intervenus militairement contre la révolution bolchevique, par peur de l'expansion du communisme. En Chine, ils ont soutenu le mouvement pour l'établissement d'un gouvernement républicain. Et au Mexique, ils ont à plusieurs reprises intervenu dans les affaires internes du pays pour protéger leurs intérêts économiques et politiques. Cette approche a néanmoins également été critiquée pour son hypocrisie et son échec à respecter le principe de l'autodétermination. Malgré leur rhétorique sur la démocratie, les États-Unis ont souvent soutenu des régimes autoritaires qui étaient alignés sur leurs intérêts. De plus, leur intervention dans d'autres pays a souvent été perçue comme une forme d'impérialisme, ce qui a alimenté le ressentiment et l'opposition à l'étranger.
La politique de Woodrow Wilson en Amérique latine a été caractérisée par une approche interventionniste, justifiée par la croyance qu'il était du devoir des États-Unis d'aider les pays latino-américains à établir des démocraties stables et à "élire de bons hommes". Cela reflétait l'idée wilsonienne que les États-Unis avaient un rôle moral à jouer dans la promotion de la démocratie et du droit à travers le monde. Cependant, cette approche a souvent conduit à des interventions militaires et à une ingérence dans les affaires internes des pays latino-américains, y compris le contrôle de leurs finances et la supervision de leurs élections. Par exemple, les États-Unis ont occupé militairement la République dominicaine de 1916 à 1925, le Nicaragua de 1912 à 1925 et de nouveau de 1926 à 1934, et Haïti de 1915 à 1934. Ils ont également intervenu militairement au Mexique de 1914 à 1917 et à Cuba en 1906 et 1917, et ont exercé un contrôle significatif sur le Panama après son indépendance en 1903. Ces interventions ont été justifiées par les États-Unis comme nécessaires pour maintenir la stabilité, protéger les intérêts américains et promouvoir la démocratie. Cependant, elles ont également été critiquées comme des formes d'impérialisme et ont souvent conduit à des ressentiments à long terme envers les États-Unis dans la région. De plus, malgré leur rhétorique sur la démocratie, les États-Unis ont souvent soutenu des régimes autoritaires qui étaient alignés sur leurs intérêts, soulignant l'hypocrisie de leur approche.
L’âge d’or du messianisme démocratique (1933-1952)
Le New Deal: Construction de la nation et modernisation aux US
Le New Deal, introduit par le président Franklin D. Roosevelt en réponse à la Grande Dépression dans les années 1930, a marqué une période significative de réforme et de modernisation aux États-Unis. C'était un ensemble de programmes et de politiques visant à stimuler l'économie, à créer des emplois et à protéger les plus vulnérables de la société.
Le New Deal a non seulement visé à sortir les États-Unis de la Grande Dépression, mais a également cherché à moderniser et démocratiser la société américaine de plusieurs manières :
- Grands travaux : Le New Deal a lancé une série de grands projets d'infrastructure, tels que la construction de barrages, de routes et d'écoles, ainsi que l'électrification rurale. Ces projets ont non seulement créé des emplois, mais ont aussi grandement amélioré le bien-être matériel des citoyens.
- Modernisation agricole : Le New Deal a introduit des programmes pour moderniser l'agriculture, notamment en encourageant l'irrigation et l'utilisation d'engrais pour augmenter les rendements. Ces mesures ont aidé à stabiliser l'économie agricole et à améliorer la sécurité alimentaire.
- Démocratie de base ("grass roots democracy") : Le New Deal a cherché à équilibrer la planification centralisée avec la décentralisation des décisions au niveau des États et des comtés. Cela reflétait une volonté de se distinguer des régimes totalitaires de l'époque, qui étaient caractérisés par un pouvoir centralisé et vertical.
- Développement des syndicats : Le New Deal a également promu le développement des syndicats et la démocratisation du lieu de travail. Des lois telles que le Wagner Act de 1935 ont renforcé les droits des travailleurs à s'organiser et à négocier collectivement, contribuant à l'équilibre du pouvoir entre les employeurs et les employés.
Dans l'ensemble, le New Deal a été une étape majeure dans la modernisation de la société américaine et l'extension de la démocratie à de nouveaux domaines. Ces mesures ont eu un impact durable sur l'économie et la société américaines.
David Lilienthal, en tant que directeur de la Tennessee Valley Authority (TVA), a été un acteur majeur de la mise en œuvre du New Deal. La TVA a été un projet clé de modernisation des infrastructures et de développement économique de la région de la vallée du Tennessee. Dans son livre "TVA: Democracy on the March" (1944), Lilienthal a présenté la TVA comme un modèle de "grass roots democracy", une démocratie de proximité, où les décisions sont prises au niveau local par ceux qui sont directement concernés. Il voyait la TVA comme un modèle d'organisation démocratique qui pourrait être dupliqué dans le monde entier. Lilienthal croyait fermement que le modèle de la TVA pouvait être utilisé pour promouvoir le développement économique, l'éducation et la démocratie dans d'autres régions du monde. Selon lui, la TVA incarnait la manière dont une démocratie pouvait gérer efficacement les ressources naturelles, promouvoir l'éducation et l'autonomie locale, et servir les intérêts du peuple. Ainsi, l'ambition de dupliquer le modèle de "grass roots democracy" dans le monde faisait partie intégrante de la vision du New Deal, symbolisant l'idée que la démocratie et le développement économique allaient de pair.
Démocratiser les régimes totalitaires: Allemagne, Autriche et Japon
Après la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945, les États-Unis ont joué un rôle majeur dans la démocratisation et la stabilisation politique de l'Allemagne, de l'Autriche et du Japon, tous trois ayant été des régimes totalitaires pendant la guerre.
- Allemagne : Après la défaite du Troisième Reich, les Alliés ont divisé l'Allemagne en quatre zones d'occupation. La zone américaine a été soumise à une politique de dénazification, de démilitarisation, de décentralisation et de démocratisation. Le Plan Marshall, lancé en 1948, a également aidé à la reconstruction économique de l'Allemagne de l'Ouest. En 1949, la République fédérale d'Allemagne (RFA) a été établie en tant que démocratie parlementaire.
- Autriche : Comme l'Allemagne, l'Autriche a été divisée en zones d'occupation après la guerre. Les États-Unis ont encouragé la démocratisation et la reconstruction économique en Autriche. Le pays a retrouvé sa pleine souveraineté en 1955 avec le Traité d'État autrichien, après quoi il a continué à se développer en tant que démocratie stable.
- Japon : Sous l'occupation américaine dirigée par le général Douglas MacArthur, le Japon a également subi une transition majeure vers la démocratie. Une nouvelle constitution, connue sous le nom de "Constitution de l'après-guerre" ou "Constitution de MacArthur", a été promulguée en 1947, établissant le Japon en tant que démocratie constitutionnelle avec un empereur symbolique. Les réformes économiques et sociales, y compris l'égalité des sexes et les droits des travailleurs, ont également été mises en œuvre.
Dans tous ces cas, les États-Unis ont cherché à établir des démocraties stables et prospères, à la fois pour garantir la paix et la stabilité à long terme, et pour créer un environnement favorable à l'économie de marché et au système capitaliste.
L’Allemagne et l’Autriche
Le Tribunal militaire international de Nuremberg, mieux connu sous le nom de Tribunal de Nuremberg, a été mis en place pour juger les principaux responsables du Troisième Reich pour les crimes commis pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce fut la première fois dans l'histoire qu'un tribunal international fut constitué pour juger des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité. La période de ce tribunal s'est étendue du 20 novembre 1945 au 1er octobre 1946. Au total, 24 hauts responsables nazis ont été accusés, mais seulement 21 d'entre eux ont été jugés car deux n'ont pas été capturés et un autre s'est suicidé avant le début du procès. Les chefs d'accusation étaient les suivants : complot en vue de commettre des crimes contre la paix, planification, initiation et conduite d'une guerre d'agression, crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Au terme du procès, 12 accusés ont été condamnés à mort, 3 ont été acquittés, 3 ont été condamnés à la réclusion à perpétuité et les 4 autres ont reçu des peines de prison allant de 10 à 20 ans. Cependant, un des condamnés à mort s'est suicidé avant son exécution, donc seulement 10 ont été effectivement exécutés. Le Tribunal de Nuremberg a établi un précédent important pour le jugement des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité, et a jeté les bases du droit international pénal moderne.
Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Alliés ont entrepris un processus de dénazification en Allemagne dans le but d'éliminer l'influence du Parti nazi et de ses idéologies de la vie publique allemande. Les États-Unis ont joué un rôle important dans ce processus, surtout dans leur zone d'occupation en Allemagne. En plus des procès de Nuremberg, qui ont jugé les hauts dirigeants nazis, les États-Unis ont mené de nombreux autres procès contre des individus accusés de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité et d'autres actes criminels commis au nom du régime nazi. En tout, environ 5 000 personnes ont été jugées dans ces procès de dénazification menés par les États-Unis. Parmi eux, environ 800 ont été condamnées à mort, et environ 500 de ces condamnations ont été effectivement exécutées. Le processus de dénazification a été critiqué pour diverses raisons. Certaines personnes ont estimé que le processus était trop clément et qu'il n'a pas réussi à éliminer complètement l'influence du nazisme en Allemagne. D'autres ont soutenu que le processus était trop sévère ou injuste, ou qu'il a été mal géré. Néanmoins, la dénazification a marqué une tentative sans précédent de responsabiliser un régime et ses partisans pour leurs crimes contre l'humanité.
Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Alliés ont entrepris une série d'actions radicales pour démanteler le régime nazi en Allemagne. Ces mesures comprenaient:
- La dissolution du Parti nazi : Cette action a été prise pour éliminer complètement l'influence du Parti nazi sur la vie politique allemande. Tous les symboles du parti, y compris les drapeaux, les insignes et les uniformes, ont également été interdits.
- L'abrogation de l'ensemble des lois nazies : Les Alliés ont aboli toutes les lois et réglementations promulguées sous le régime nazi, y compris les lois de Nuremberg de 1935 qui instituaient des politiques antisémites.
- La dissolution de la Wehrmacht : L'armée allemande a été dissoute pour prévenir toute possibilité de reprise de la guerre par les forces militaires allemandes.
- Le démantèlement de l'appareil de propagande : Les Alliés ont pris des mesures pour démanteler le vaste appareil de propagande nazi, qui comprenait les médias, le cinéma, les organisations de jeunesse et les institutions culturelles.
- La réforme du système éducatif : Les Alliés ont entrepris de réformer le système éducatif allemand, qui avait été utilisé par les nazis pour inculquer leur idéologie à la jeunesse allemande. Ces réformes visaient à éliminer l'idéologie nazie du système éducatif et à promouvoir des valeurs démocratiques.
- Le démantèlement des institutions d'encadrement de la population : Les Alliés ont également démantelé les organisations nazies qui avaient pour but d'encadrer et de contrôler la population, comme la Gestapo et les SS.
Ces mesures ont été prises dans le cadre d'un effort plus large pour "dénazifier" l'Allemagne et établir une nouvelle démocratie dans le pays après la fin du régime nazi.
"Stunde Null", ou "heure zéro", est une expression allemande utilisée pour décrire l'état de l'Allemagne après la Seconde Guerre mondiale. Il s'agit de l'idée que l'Allemagne, après la défaite du régime nazi, était à un point de départ complètement nouveau et devait être reconstruite à partir de zéro. Cette conception a offert une opportunité unique pour les États-Unis et les autres puissances alliées de reconstruire l'Allemagne sur de nouvelles bases, libérées de l'idéologie et des structures du nazisme. Cette reconstruction était basée sur des principes démocratiques, des droits de l'homme et un engagement envers la paix et la coopération internationale. Un des éléments clés de cette reconstruction a été l'adoption de la Loi Fondamentale (Grundgesetz) le 8 mai 1949. Cette constitution a établi l'Allemagne en tant qu'État fédéral décentralisé, avec des gouvernements forts dans chaque État (Land) ainsi qu'un gouvernement fédéral. Elle a mis en place un système de gouvernement démocratique avec une séparation claire des pouvoirs, des protections robustes pour les droits de l'homme et des garanties pour l'état de droit. La création de la République Fédérale d'Allemagne (RFA) en 1949 a marqué une étape majeure dans la reconstruction de l'Allemagne après la guerre. En devenant un État souverain, la RFA a pu retrouver son autonomie et commencer à jouer un rôle sur la scène internationale en tant que nation démocratique et pacifique.
L'Autriche a également subi une transformation majeure après la Seconde Guerre mondiale, grâce en grande partie aux efforts de reconstruction menés par les États-Unis et leurs alliés. Après avoir été occupée par les forces alliées à la fin de la guerre, l'Autriche a finalement retrouvé sa pleine indépendance avec le Traité d'État autrichien en 1955. Ce traité, qui a mis fin à l'occupation alliée, a également interdit l'Anschluss, ou l'union politique de l'Autriche et de l'Allemagne. Cette disposition était destinée à prévenir toute tentative future de ressusciter le Troisième Reich et à garantir l'indépendance et la souveraineté de l'Autriche. En parallèle, la reconstruction économique a joué un rôle crucial dans la stabilisation politique de l'Autriche et de l'Allemagne. Cela a commencé par une aide d'urgence substantielle de la part des États-Unis immédiatement après la guerre, qui s'est élevée à 8 milliards de dollars en 1945-46. Par la suite, le Plan Marshall, officiellement connu sous le nom de Programme européen de rétablissement, a fourni une aide économique massive pour aider à reconstruire les économies de l'Europe occidentale, y compris l'Allemagne et l'Autriche. En plus de cette aide, des prêts de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), également connue sous le nom de Banque mondiale, ont également joué un rôle dans le soutien de la reconstruction économique. Ces efforts ont contribué à la stabilisation politique de ces pays en favorisant la croissance économique, en réduisant le chômage et en améliorant le niveau de vie, ce qui a contribué à renforcer la confiance dans les nouveaux gouvernements démocratiques et à atténuer l'attrait des idéologies extrémistes.
La démocratisation de la société allemande après la Seconde Guerre mondiale s'est déroulée à plusieurs niveaux, y compris à travers des réformes profondes du système éducatif. C'est ce qu'on appelle souvent une démocratisation "grassroots" (de la base vers le sommet), un concept inspiré par l'idée que la démocratie doit être construite à partir des communautés locales. Un aspect clé de cette démocratisation a été l'épuration du système éducatif. Les enseignants qui avaient été compromis par leur implication avec le régime nazi ont été révoqués. Cela a permis de s'assurer que l'éducation dispensée aux nouvelles générations ne serait pas influencée par les idéologies du passé. En outre, des réformes majeures ont été mises en œuvre au niveau des programmes et des méthodes d'enseignement. Les autorités de l'occupation ont cherché à promouvoir un enseignement plus participatif, qui encouragerait la pensée critique et l'engagement civique, plutôt que l'obéissance aveugle qui avait été favorisée sous le régime nazi. Ces efforts étaient alignés sur l'idée que la démocratie est plus qu'un simple système de gouvernement ; elle est également une façon de penser et de vivre. En réformant l'éducation, les autorités ont cherché à inculquer ces valeurs aux nouvelles générations, en vue de construire une société allemande véritablement démocratique.
La dénazification de l'Allemagne après la Seconde Guerre mondiale a eu ses limites. Bien que l'épuration et les réformes éducatives aient joué un rôle crucial dans la reconstruction de la société allemande, d'autres facteurs ont également influencé le processus. La nécessité de reconstruire le pays après la guerre a conduit à une certaine indulgence envers ceux qui avaient participé au régime nazi, tant qu'ils étaient jugés nécessaires à la reconstruction. De nombreux anciens membres du parti nazi ont ainsi été autorisés à occuper des postes importants dans le nouveau gouvernement et dans l'économie de l'Allemagne de l'après-guerre. L'apparition de la guerre froide a également eu un impact sur la dénazification. Alors que les tensions montaient entre l'Est et l'Ouest, les États-Unis et leurs alliés ont commencé à considérer l'Allemagne de l'Ouest comme un rempart potentiel contre l'expansion communiste. Dans ce contexte, le réarmement partiel de l'Allemagne de l'Ouest est devenu une priorité. En 1955, la Bundeswehr, l'armée de l'Allemagne de l'Ouest, a été créée. Ces développements ont quelque peu obscurci l'objectif initial de la dénazification. Néanmoins, malgré ces limites, le processus a permis d'éliminer de nombreux éléments du régime nazi et d'instaurer une démocratie stable en Allemagne de l'Ouest.
Le Japon
Après la Seconde Guerre mondiale, le Japon a été occupé par les forces alliées, principalement dirigées par les États-Unis, de 1945 à 1952. Cette période d'occupation est connue sous le nom de "G.H.Q. (General Headquarters)" au Japon, et a été dirigée par le Général Douglas MacArthur, le Commandant suprême des forces alliées.
L'occupation du Japon avait plusieurs objectifs principaux :
- Démilitarisation : L'objectif immédiat était la démilitarisation du Japon, avec la dissolution de l'armée japonaise et l'élimination de l'industrie de guerre du pays.
- Démocratisation : Les États-Unis ont cherché à transformer le Japon en une démocratie constitutionnelle. Cela a impliqué la rédaction d'une nouvelle constitution, connue sous le nom de "Constitution du Postdam" ou "Constitution de Showa", qui a transformé l'Empereur en une figure largement symbolique et a introduit un système politique démocratique basé sur le modèle américain.
- Réformes économiques et sociales : Les États-Unis ont entrepris un certain nombre de réformes visant à transformer la structure économique et sociale du Japon. Cela comprenait des réformes agraires, la promotion des droits syndicaux, et la mise en place d'un système d'éducation plus égalitaire.
- Justice pour les crimes de guerre : Les dirigeants militaires et politiques responsables de la guerre ont été jugés et punis lors des procès de Tokyo, similaires aux procès de Nuremberg en Allemagne.
L'occupation a officiellement pris fin en 1952 avec la signature du Traité de San Francisco, qui a rétabli la souveraineté du Japon tout en maintenant une présence militaire américaine dans le pays.
La période de l'occupation américaine au Japon après la Seconde Guerre mondiale a été marquée par une série de mesures prises pour démanteler les structures de l'ancien Empire du Japon et juger ceux qui étaient responsables de crimes de guerre. Le Tribunal Militaire International pour l'Extrême Orient, souvent appelé le Tribunal de Tokyo, a été établi pour juger les hauts dirigeants de l'Empire du Japon pour crimes de guerre, crimes contre la paix et crimes contre l'humanité. De janvier 1946 à avril 1948, le tribunal a jugé 25 individus, dont sept ont été condamnés à mort. D'autres procès ont été organisés dans tout le Japon et dans d'autres pays d'Asie, jugeant des milliers de personnes pour des crimes commis pendant la guerre. Entre 1945 et 1949, ces procès ont abouti à environ 4 000 condamnations. En plus de ces procès, l'administration d'occupation a entrepris des mesures pour démanteler les institutions de l'Empire du Japon. L'armée impériale japonaise a été dissoute, et la constitution Meiji de 1889, qui avait créé une monarchie constitutionnelle avec un empereur à sa tête, a été remplacée par la nouvelle constitution de l'après-guerre en 1947, souvent appelée la constitution de la post-guerre ou la constitution de Showa. Cette nouvelle constitution a établi le Japon en tant que démocratie parlementaire, et a réduit l'empereur à un rôle largement symbolique. La constitution de 1947 a également établi des protections des droits de l'homme et des libertés civiles, et a interdit au Japon de maintenir des forces armées ou de mener la guerre.
La démobilisation de sept millions de soldats japonais a été une tâche majeure à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Cela comprenait non seulement le personnel militaire sur le sol japonais, mais aussi ceux qui étaient stationnés dans les territoires occupés par le Japon à travers l'Asie et le Pacifique. Ces soldats ont été désarmés et rapatriés au Japon, un processus qui a pris plusieurs années en raison des défis logistiques impliqués et des conditions difficiles de l'après-guerre. Le rapatriement de ces soldats a également créé des défis sociaux et économiques au Japon, car le pays a dû absorber un grand nombre de vétérans dans une économie déjà dévastée par la guerre. La démobilisation et le rapatriement des soldats japonais ont également été une partie importante du processus de démilitarisation du Japon, qui a été stipulé par la constitution de l'après-guerre et supervisé par les forces d'occupation alliées.
La nouvelle Constitution japonaise de 1947, souvent appelée "Constitution du poste de guerre" ou "Constitution de Showa", a apporté des changements significatifs dans le système politique et social du pays. Voici quelques points clés :
- Pluralisme politique : La nouvelle constitution a permis l'existence de plusieurs partis politiques, mettant fin à la domination du parti militaire unique pendant la guerre.
- Régime bicaméral : La Diète du Japon est devenue un parlement bicaméral, comprenant la Chambre des représentants et la Chambre des conseillers. Cela a contribué à un système de gouvernement plus équilibré et plus démocratique.
- Renforcement du parlement : La nouvelle constitution a renforcé le rôle du parlement dans la prise de décisions politiques, en lui donnant le pouvoir de désigner le Premier ministre et d'approuver le budget de l'État.
- Rôle symbolique de l'empereur : L'empereur a été dépourvu de tout rôle politique ou militaire et son statut a été réduit à celui de "symbole de l'État et de l'unité du peuple".
- Démilitarisation : L'article 9 de la nouvelle constitution a renoncé à la guerre comme droit souverain de la nation et à la menace ou à l'utilisation de la force en tant que moyen de résolution des conflits internationaux.
- Liberté d'expression : La constitution a garanti la liberté d'expression, de presse et d'association, ainsi que les libertés fondamentales de religion et d'académie.
- Création de syndicats : La nouvelle constitution a reconnu le droit des travailleurs de s'organiser et de négocier collectivement, ce qui a permis la formation de syndicats et a renforcé la démocratie au niveau de base (« grassroots democracy »).
Ces réformes ont été essentielles pour la transformation du Japon d'une nation autoritaire et militariste en une démocratie libérale pacifique.
La Guerre Froide a effectivement entravé le processus de démocratisation complète au Japon, et certains aspects importants de la transformation sociale et politique du pays ont été laissés inachevés. Voici une analyse de ces deux points :
- L'empereur et ses proches : Malgré l'implication de l'empereur Hirohito et de la maison impériale dans les activités militaires et politiques du Japon avant et pendant la Seconde Guerre mondiale, ils ont été largement épargnés par les procès pour crimes de guerre. Ceci a été, en partie, dû à la politique américaine qui cherchait à utiliser l'empereur comme un symbole d'unité et de stabilité pour la population japonaise pendant la période de l'occupation. Par conséquent, aucun débat sérieux sur la responsabilité de l'empereur et de la maison impériale dans le déclenchement de la guerre n'a été mené à bien.
- Retour des élites traditionnelles : L'occupation américaine avait pour objectif de démanteler les zaibatsu, ces conglomérats économiques puissants qui avaient grandement soutenu l'effort de guerre du Japon. Cependant, avec l'avènement de la Guerre Froide et la peur de l'influence communiste en Asie, les États-Unis ont inversé leur politique de décartellisation. Ils ont soutenu le retour des élites économiques traditionnelles au pouvoir afin de renforcer l'économie japonaise, considérée comme un rempart contre le communisme. Cela a limité la transformation économique et politique du Japon et a permis à ces élites de conserver une grande partie de leur pouvoir et de leur influence.
La crise d’un modèle (1950s-1970s)
La période entre les années 1950 et 1970 a été marquée par des défis majeurs pour le modèle américain, tant sur le plan intérieur qu'international. Ces défis ont mis en crise la vision des États-Unis en tant que modèle de démocratie et de prospérité.
- Au niveau intérieur : Les années 1950 ont été marquées par la montée du mouvement des droits civiques, qui a mis en lumière les profondes inégalités raciales et sociales existant encore aux États-Unis, malgré leur prétention à être un modèle de démocratie. De plus, la guerre du Vietnam a polarisé la société américaine et a alimenté une vague de contestation sans précédent, avec des manifestations massives contre la guerre et en faveur de la paix.
- Au niveau international : La politique étrangère américaine a également été mise en cause. Les interventions militaires en Asie, en particulier la guerre du Vietnam, ont été critiquées tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays. De plus, la crise de Suez en 1956 et la crise des missiles de Cuba en 1962 ont mis en évidence les limites de l'influence américaine et la complexité croissante de la politique internationale à l'époque de la Guerre Froide.
- Sur le plan économique : Les années 1970 ont été marquées par une série de chocs pétroliers et par l'inflation, mettant fin à l'ère de prospérité économique qui avait suivi la Seconde Guerre mondiale.
Ces défis ont remis en question la capacité des États-Unis à incarner et à exporter leur modèle de démocratie et de prospérité dans le monde. Ils ont également provoqué des changements importants dans la politique intérieure et extérieure américaine, qui ont influencé le cours des décennies suivantes.
Messianisme démocratique et soutien aux dictatures
Le messianisme démocratique, ou l'idée que les États-Unis ont un rôle spécial à jouer dans la promotion de la démocratie à travers le monde, a parfois été en contradiction avec la réalité de la politique étrangère américaine. Malgré leur rhétorique en faveur de la démocratie et des droits de l'homme, les États-Unis ont souvent soutenu des régimes dictatoriaux, en particulier pendant la Guerre Froide, lorsque le contrôle géopolitique et la lutte contre le communisme étaient considérés comme des priorités plus importantes. Cela a été particulièrement visible en Amérique latine, en Asie et au Moyen-Orient, où les États-Unis ont soutenu des régimes autoritaires dans des pays comme le Chili, l'Iran, le Guatemala et le Vietnam du Sud, souvent pour contrer l'influence de l'Union soviétique. Ces soutiens ont souvent impliqué des interventions militaires, des coups d'État orchestrés ou soutenus par les États-Unis, ainsi que l'assistance financière et militaire à des régimes répressifs. Ces actions ont souvent été critiquées, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des États-Unis, comme étant en contradiction avec les valeurs démocratiques que le pays prétendait promouvoir. Elles ont également parfois contribué à la déstabilisation des régions concernées et à la souffrance de leur population, ce qui a parfois eu des répercussions négatives sur l'image des États-Unis à l'étranger.
Philippines
Bien que les États-Unis aient officiellement accordé l'indépendance aux Philippines en 1946, ils ont continué à exercer une influence significative sur la politique du pays. Cela a été particulièrement évident dans leur soutien au régime du président Manuel Roxas, qui a été critiqué pour son autoritarisme.
Manuel Roxas, le premier président de la République des Philippines, a été un allié clé des États-Unis. Il a favorisé une politique économique favorable aux intérêts américains et a signé une série d'accords qui ont maintenu une forte présence militaire américaine dans le pays. Bien que ces politiques aient été présentées comme nécessaires pour la stabilité et le développement économique des Philippines, elles ont également été critiquées pour avoir limité la souveraineté du pays et favorisé les intérêts américains au détriment de ceux des Philippins.
Le soutien des États-Unis au régime de Roxas est un exemple de la manière dont leur engagement en faveur de la démocratie a parfois été mis en contradiction avec d'autres intérêts politiques et économiques. Alors que les États-Unis promouvaient officiellement les valeurs démocratiques, ils soutenaient également des régimes qui étaient considérés comme autoritaires ou non démocratiques lorsqu'ils servaient leurs intérêts géopolitiques ou économiques.
La Grèce
Aux yeux des États-Unis, la Grèce représentait un enjeu crucial durant la période de la guerre froide. D'une part, le pays faisait face à une forte insurrection communiste et, d'autre part, il était stratégiquement situé au carrefour de l'Europe, de l'Asie et de l'Afrique. Pour ces raisons, les États-Unis ont soutenu le régime autoritaire du roi Paul Ier de 1947 à 1964 pour contrer l'influence communiste.
En 1947, le président Harry S. Truman a déclaré que les États-Unis fourniraient une assistance économique et militaire à la Grèce pour aider à réprimer l'insurrection communiste, c'est ce qu'on appelle la Doctrine Truman. C'était une partie importante de la politique de containment des États-Unis pendant la guerre froide, qui visait à empêcher la propagation du communisme.
En 1967, un groupe de colonels grecs a mené un coup d'État et instauré une dictature militaire qui a duré jusqu'en 1974. Les États-Unis ont été accusés d'avoir participé à ce coup d'État par l'intermédiaire de la CIA, bien que ces allégations restent controversées. Ce qui est clair, c'est que les États-Unis ont continué à soutenir le régime des colonels, malgré ses violations des droits de l'homme, en raison de sa position anti-communiste et de son rôle stratégique dans la région. Cela représente un autre exemple de la manière dont la politique étrangère américaine pendant la guerre froide a parfois contredit l'engagement proclamé des États-Unis en faveur de la démocratie.
L'Iran
En Iran, le Premier ministre Mohammad Mossadegh était largement populaire dans les années 1950. Il avait nationalisé l'industrie pétrolière iranienne, qui avait été sous contrôle britannique depuis des décennies. Cela a provoqué un conflit avec la Grande-Bretagne et a finalement conduit à un boycott du pétrole iranien.
En 1953, un coup d'État a été orchestré par la Central Intelligence Agency (CIA) des États-Unis et le Secret Intelligence Service (MI6) britannique pour renverser Mossadegh. Les deux puissances occidentales avaient peur que l'Iran ne tombe sous influence soviétique et voulaient garantir leur accès aux réserves pétrolières iraniennes.
Après le coup d'État, le Shah Mohammad Reza Pahlavi, qui avait été en exil pendant le mandat de Mossadegh, a été réinstallé sur le trône. Le Shah a régné en autocrate, avec le soutien des États-Unis, jusqu'à ce qu'il soit renversé par la révolution iranienne en 1979.
Le soutien des États-Unis au Shah, malgré son régime autoritaire, a été critiqué comme un exemple de l'écart entre la rhétorique démocratique américaine et sa politique étrangère pratique. Il a également eu des conséquences à long terme, car il a alimenté l'anti-américanisme en Iran, qui a joué un rôle clé dans la révolution iranienne de 1979 et dans les relations tendues entre l'Iran et les États-Unis depuis lors.
La Corée du Sud
Après la Seconde Guerre mondiale, la péninsule coréenne, qui avait été colonisée par le Japon, a été divisée en deux zones d'occupation le long du 38e parallèle, avec les forces soviétiques au nord et les forces américaines au sud. Les tentatives de créer un gouvernement unifié ont échoué en raison des tensions croissantes entre l'Union soviétique et les États-Unis, ce qui a finalement conduit à la formation de deux États distincts : la République populaire démocratique de Corée (RPDC) au nord et la République de Corée (ROK) au sud.
Syngman Rhee a été le premier président de la République de Corée, à partir de 1948. Il a dirigé le pays pendant la guerre de Corée (1950-1953) mais son régime a été marqué par des violations des droits de l'homme et des mesures autoritaires. Rhee a été contraint de démissionner en 1960 à la suite de manifestations de masse contre les élections truquées.
Après une brève période de gouvernement démocratique, un coup d'État militaire en 1961 a porté au pouvoir le général Park Chung-hee. Park a dirigé le pays d'une main de fer pendant près de deux décennies, mettant en œuvre des politiques économiques qui ont contribué à la croissance rapide de la Corée du Sud, mais qui ont également été marquées par des abus des droits de l'homme et une répression politique.
Tout au long de ces périodes, les États-Unis ont soutenu ces régimes autoritaires en Corée du Sud, en grande partie en raison de la guerre froide et de la nécessité de contenir l'influence communiste en Asie. Ce soutien a souvent été critiqué pour son apparente contradiction avec les idéaux démocratiques que les États-Unis prétendaient promouvoir.
Le Containment en Amérique latine
La politique de "containment" (endiguement) a été un élément clé de la stratégie américaine pendant la Guerre froide. Elle visait à empêcher la propagation du communisme en contenant l'influence de l'Union soviétique et de ses alliés. En Amérique latine, cela a souvent impliqué le soutien à des régimes autoritaires qui étaient anti-communistes.
L'Organisation des États américains (OEA) a été créée en 1948 dans le but de promouvoir la coopération régionale et de servir de forum pour résoudre les différends entre les pays membres. Les États-Unis ont joué un rôle de premier plan dans la création de l'OEA et ont souvent utilisé l'organisation comme un outil pour promouvoir leurs intérêts dans la région.
L'une des interventions les plus célèbres des États-Unis en Amérique latine pendant la Guerre froide a été la tentative de renverser le gouvernement de Fidel Castro à Cuba lors de l'opération connue sous le nom de "Bay of Pigs" (Baie des Cochons) en 1961. Cette tentative a échoué et a renforcé la position de Castro.
D'autres interventions ont eu lieu dans des pays comme le Guatemala, où les États-Unis ont soutenu un coup d'État contre le gouvernement démocratiquement élu de Jacobo Arbenz en 1954 en raison de ses politiques de réforme agraire et de ses liens présumés avec des communistes.
Ces interventions ont souvent été critiquées pour leur violation de la souveraineté des nations et pour leur soutien à des régimes autoritaires qui ont commis des abus des droits de l'homme. Cependant, elles étaient justifiées par les responsables américains comme étant nécessaires pour protéger les intérêts de sécurité nationale des États-Unis et pour empêcher l'établissement de régimes communistes dans l'hémisphère occidental.
Le Guatemala (1954)
Le renversement du gouvernement d'Arbenz au Guatemala en 1954 est un exemple clé de l'intervention des États-Unis en Amérique latine pendant la Guerre froide.
Jacobo Arbenz était le président du Guatemala de 1951 à 1954. Son gouvernement a lancé une série de réformes, y compris une réforme agraire qui a touché les terres de la United Fruit Company, une entreprise américaine qui dominait l'industrie de la banane dans plusieurs pays d'Amérique latine.
La United Fruit Company avait de vastes terres au Guatemala, dont une grande partie n'était pas cultivée. La réforme agraire d'Arbenz visait à redistribuer ces terres aux paysans guatémaltèques. Cela a conduit la United Fruit Company à mener une campagne aux États-Unis pour présenter Arbenz comme un allié de l'Union soviétique, une affirmation qui a trouvé un écho favorable dans l'administration américaine de l'époque, en pleine Guerre froide.
La CIA a alors orchestré une opération, connue sous le nom de PBSUCCESS, pour renverser Arbenz. Elle a fourni un soutien financier, matériel et stratégique à une force d'opposition dirigée par le colonel Carlos Castillo Armas. Après une brève confrontation, Arbenz a été contraint de démissionner en juin 1954 et Castillo Armas a pris le pouvoir.
Ce coup d'État a marqué le début d'une longue période de violences et d'instabilité au Guatemala, avec une série de gouvernements autoritaires et une guerre civile qui a duré 36 ans (1960-1996), faisant des centaines de milliers de victimes.
L'implication des États-Unis dans le renversement d'Arbenz a été longtemps niée par les autorités américaines, mais elle a finalement été reconnue officiellement en 1999 dans un rapport de la CIA.
La révolution cubaine (1959) et l’embargo américain (1962-aujourd’hui)
La révolution cubaine a commencé en 1953 et s'est terminée par la prise de pouvoir de Fidel Castro en 1959. Cette révolution a renversé le régime de Fulgencio Batista, un dictateur militaire qui avait le soutien des États-Unis. Fidel Castro et son mouvement, le Mouvement du 26 Juillet, ont promis de mettre fin à la corruption, de restaurer la constitution cubaine et d'instaurer une économie plus équitable.
Cependant, les relations entre Cuba et les États-Unis se sont rapidement détériorées après l'arrivée de Castro au pouvoir. En 1960, le gouvernement cubain a nationalisé toutes les entreprises américaines sans compensation, ce qui a conduit les États-Unis à imposer un embargo commercial total sur l'île. Cet embargo, qui a été renforcé à plusieurs reprises depuis lors, vise à affaiblir le régime de Castro et à promouvoir un changement de régime.
En 1962, la crise des missiles de Cuba a amené le monde au bord de la guerre nucléaire. En réponse à la présence de missiles soviétiques à Cuba, les États-Unis ont imposé un blocus naval à l'île et ont exigé leur retrait.
L'embargo économique américain sur Cuba est toujours en vigueur aujourd'hui, bien que certains aspects de la politique aient changé au fil des ans. Sous l'administration Obama, par exemple, certaines restrictions ont été assouplies, permettant une plus grande liberté de voyage et de commerce. Cependant, ces assouplissements ont été largement inversés sous l'administration Trump.
Le débarquement US à Saint Domingue (1965)
Le débarquement américain à Saint-Domingue (nom historique de la République dominicaine) en 1965 a été un moment clé dans l'histoire de l'implication des États-Unis en Amérique latine pendant la Guerre froide.
En 1965, la République dominicaine traversait une période de troubles politiques après le renversement du président Juan Bosch, un social-démocrate élu démocratiquement, par un coup d'État militaire en 1963. Bosch avait tenté d'introduire des réformes sociales et économiques, mais avait été déposé par les forces conservatrices du pays qui craignaient son orientation de gauche.
En avril 1965, une rébellion a éclaté dans le pays, menée par des partisans de Bosch qui souhaitaient son retour au pouvoir. Cependant, l'administration du président américain Lyndon B. Johnson craignait que la situation ne mène à l'instauration d'un régime communiste, similaire à celui de Cuba.
Ainsi, en mai 1965, Johnson a ordonné l'envoi de plus de 20 000 soldats américains en République dominicaine pour "prévenir l'établissement d'un gouvernement communiste" et "protéger les vies des citoyens américains". Cette intervention a été largement critiquée tant aux États-Unis qu'à l'étranger.
L'occupation américaine a duré jusqu'en 1966, lorsque Joaquín Balaguer, un allié des États-Unis, a été élu président lors d'élections controversées. Balaguer est resté au pouvoir pendant plus de trois décennies, dirigeant le pays d'une main de fer et supprimant souvent l'opposition politique.
Cette intervention a été un exemple de la politique de containment mise en place par les États-Unis pendant la Guerre froide, qui visait à limiter la propagation du communisme, même au détriment des processus démocratiques.
L’aide à l’arrestation de Che Guevara en Bolivie (1967)
La capture et l'exécution de Che Guevara en Bolivie en 1967 est un autre exemple d'une situation où les États-Unis ont joué un rôle déterminant dans les affaires d'un pays latino-américain pendant la Guerre froide.
Ernesto "Che" Guevara, révolutionnaire marxiste argentin et l'un des principaux dirigeants de la révolution cubaine, était considéré par beaucoup aux États-Unis et ailleurs comme une menace pour la stabilité de la région. En 1967, Guevara était en Bolivie, où il cherchait à fomenter une révolution similaire à celle de Cuba.
Les États-Unis, soucieux d'empêcher la propagation du communisme dans la région, ont fourni une aide substantielle aux forces armées boliviennes pour capturer Guevara. Cela comprenait des informations de renseignement, de la formation et des équipements. L'Agence centrale de renseignement (CIA) a joué un rôle clé dans cette opération.
Guevara a été capturé par l'armée bolivienne le 8 octobre 1967 et exécuté le lendemain. Sa mort a mis fin à une figure emblématique de la résistance communiste en Amérique latine et a été un coup dur pour les mouvements révolutionnaires de la région.
Le soutien américain au coup d’Etat du général Pinochet (Chili, 1973)
Le coup d'État militaire du 11 septembre 1973 au Chili, qui a renversé le gouvernement démocratiquement élu du président socialiste Salvador Allende, a été largement soutenu par les États-Unis. Le général Augusto Pinochet a pris le pouvoir après le coup d'État et a instauré une dictature militaire qui a duré jusqu'en 1990.
Durant le mandat d'Allende, les États-Unis étaient préoccupés par ses politiques socialistes et sa proximité avec l'Union soviétique. Le président Nixon et son secrétaire d'État, Henry Kissinger, ont approuvé une série de mesures visant à déstabiliser le gouvernement d'Allende, y compris un soutien financier aux partis d'opposition et une campagne de propagande négative.
Lorsque le coup d'État a eu lieu, les États-Unis ont rapidement reconnu le nouveau gouvernement de Pinochet. Ils ont fourni un soutien financier et militaire à son régime, malgré les preuves de violations massives des droits de l'homme, y compris la torture, les exécutions sommaires et les disparitions forcées de milliers de Chiliens.
L'implication des États-Unis dans le coup d'État au Chili et leur soutien à la dictature de Pinochet ont été largement critiqués. Beaucoup y voient un exemple d'impérialisme américain et d'ingérence dans les affaires internes d'un autre pays. Le soutien américain à Pinochet est souvent cité comme un exemple de la manière dont les intérêts de la politique étrangère américaine pendant la guerre froide ont parfois prévalu sur les considérations relatives aux droits de l'homme.
Messianisme démocratique et guerre à outrance: le Vietnam
L'engagement militaire des États-Unis au Vietnam a effectivement commencé après la fin de la guerre d'Indochine (1946-1954), qui avait opposé les forces coloniales françaises aux forces indépendantistes vietnamiennes, principalement le Viet Minh dirigé par Ho Chi Minh. Après le départ des Français et la division du Vietnam lors des Accords de Genève en 1954, les États-Unis ont commencé à fournir une assistance militaire et financière au Sud-Vietnam, alors dirigé par le président Ngo Dinh Diem. Cette aide s'est intensifiée tout au long des années 1960 dans le cadre de la politique de containment du communisme. En 1965, face à la montée en puissance des forces communistes du Nord-Vietnam et du Viet Cong dans le sud, les États-Unis ont commencé à déployer des troupes de combat en grand nombre. À son apogée, en 1968, plus de 500 000 soldats américains étaient stationnés au Vietnam.
Le régime de Ngo Dinh Diem au Vietnam du Sud a en effet reçu un soutien significatif des États-Unis. L'administration Eisenhower puis Kennedy a considéré Diem comme un rempart contre l'expansion du communisme en Asie du Sud-Est, conformément à la politique du containment. Ngo Dinh Diem est arrivé au pouvoir en 1955 après un référendum controversé, et a instauré une république autoritaire. Son régime était fortement anticommuniste et il a mené des campagnes brutales contre les communistes présumés dans le sud, ce qui a conduit à des accusations de violations des droits de l'homme. Les États-Unis ont soutenu Diem avec une aide financière et militaire substantielle, ainsi qu'avec des conseillers militaires pour aider à former l'Armée de la République du Vietnam (ARVN). Cependant, malgré le soutien américain, le régime de Diem a été confronté à une opposition croissante en raison de sa répression des dissidents, de sa discrimination contre la majorité bouddhiste et de sa mauvaise gestion de l'économie. Au fur et à mesure que la situation se détériorait, les États-Unis ont commencé à perdre confiance en Diem. En 1963, avec l'approbation tacite des États-Unis, des officiers de l'ARVN ont organisé un coup d'État et ont assassiné Diem. Cependant, l'élimination de Diem n'a pas stabilisé le Sud-Vietnam, mais a plutôt plongé le pays dans une série de gouvernements militaires instables, ce qui a finalement conduit à une implication américaine plus directe dans la guerre du Vietnam.
Walt Whitman Rostow était un économiste et conseiller politique américain connu pour son modèle des "cinq étapes de la croissance économique". Il voyait le développement économique et l'industrialisation comme des moyens pour les pays de sortir de la pauvreté et de résister à l'influence communiste. En ce sens, il s'inscrit dans le contexte de la Guerre Froide, où les États-Unis cherchaient à endiguer l'expansion du communisme à travers le monde. Dans le cas du Vietnam, l'administration américaine a essayé d'appliquer les principes de Rostow en finançant la construction d'infrastructures, comme des écoles, des hôpitaux et des routes, dans l'espoir de stimuler le développement économique et d'atténuer l'attrait du communisme. L'un des projets les plus ambitieux était l'aménagement de la vallée du Mékong, inspiré par le succès de la Tennessee Valley Authority aux États-Unis. L'idée était de construire une série de barrages pour contrôler les inondations, produire de l'électricité et améliorer l'irrigation pour l'agriculture. Cependant, en raison des conflits en cours et des difficultés logistiques, peu de barrages ont été construits avant la fin de la guerre du Vietnam. Malgré ces efforts, les résultats ont été mitigés. Bien que certains projets aient eu un impact positif, ils n'ont pas réussi à transformer le Vietnam du Sud en une économie prospère et stable. De plus, la corruption, les inégalités et l'instabilité politique ont entravé le processus de modernisation. La guerre du Vietnam a également consommé une grande partie des ressources, limitant la portée des initiatives de développement.
L'escalade militaire dans la guerre du Vietnam a été marquée par une augmentation spectaculaire du nombre de troupes américaines sur le terrain et une intensification des opérations de bombardement. En 1967, le nombre de soldats américains au Vietnam atteignait 500 000. Cette augmentation massive des forces sur le terrain reflétait la conviction de l'administration américaine que la victoire ne pouvait être obtenue qu'en intensifiant l'effort de guerre. En parallèle, les bombardements se sont également intensifiés. L'opération Rolling Thunder, qui a eu lieu de 1965 à 1968, a été l'une des campagnes de bombardement les plus longues et les plus intensives de l'histoire militaire. Selon le Bureau de l'histoire de l'Armée de l'Air, cette opération a vu l'US Air Force effectuer 153 000 raids aériens et larguer 864 000 tonnes de bombes. Pour mettre en perspective l'ampleur de ces bombardements, cela représente presque le double de la quantité de bombes larguées par les États-Unis dans tout le Pacifique pendant la Seconde Guerre mondiale, qui était de 503 000 tonnes. Ces actions ont été très controversées et ont contribué à alimenter l'opposition à la guerre au Vietnam aux États-Unis et dans le monde entier. Elles ont également eu des conséquences dévastatrices pour la population et l'environnement du Vietnam.
La guerre du Vietnam a été largement contestée tant aux États-Unis qu'à l'international. Cette opposition à la guerre s'est manifestée de différentes manières et a touché de nombreux aspects de la société.
- Opposition politique : De nombreux politiciens, y compris certains membres du Congrès américain, ont exprimé leur opposition à la guerre. Des politiciens tels que les sénateurs Eugene McCarthy et Robert F. Kennedy ont même fait de l'opposition à la guerre une pièce maîtresse de leurs campagnes présidentielles en 1968.
- Manifestations de masse : Les manifestations contre la guerre du Vietnam ont été un phénomène courant aux États-Unis et à l'étranger. Des milliers de personnes ont participé à des marches, des sit-ins et d'autres formes de protestation. L'une des manifestations les plus célèbres a eu lieu en octobre 1967, lorsque des dizaines de milliers de manifestants se sont rassemblés à Washington, D.C., pour protester contre la guerre.
- Conscientisation universitaire : Les campus universitaires ont été des lieux clés de protestation et d'activisme contre la guerre. Des mouvements étudiants comme Students for a Democratic Society (SDS) ont joué un rôle de premier plan dans l'organisation de la résistance à la guerre.
- Opposition des vétérans : De nombreux anciens combattants de la guerre du Vietnam sont également devenus des opposants vocaux à la guerre. Des groupes comme Vietnam Veterans Against the War ont été actifs dans la protestation contre la guerre et ont été particulièrement efficaces pour sensibiliser le public aux réalités de la guerre.
- Opposition internationale : La guerre du Vietnam a également suscité une opposition considérable à l'étranger. Des manifestations ont eu lieu dans de nombreux pays, y compris des alliés des États-Unis comme l'Australie et le Royaume-Uni.
Ensemble, ces mouvements d'opposition ont contribué à créer une pression publique et politique qui a finalement conduit à la fin de l'implication des États-Unis dans la guerre du Vietnam.
L'échec des opérations militaires et la pression grandissante de l'opinion publique ont conduit à un retrait progressif des forces américaines du Vietnam. Le président Lyndon B. Johnson, qui avait initialement intensifié l'engagement américain au Vietnam, a annoncé en mars 1968 qu'il ne solliciterait pas la réélection, ce qui a marqué un tournant dans la politique américaine. Son successeur, Richard Nixon, a été élu sur la promesse de réaliser la "paix avec honneur" au Vietnam. Cela a conduit à une politique appelée "Vietnamisation", qui visait à transférer progressivement la responsabilité des combats aux forces sud-vietnamiennes tout en retirant les troupes américaines. Cependant, le retrait a été un processus long et complexe. Les négociations de paix ont commencé en 1968 mais ont été entravées par de nombreux obstacles et retards. Ce n'est qu'en janvier 1973 que les Accords de Paris ont été signés, mettant officiellement fin à l'implication directe des États-Unis dans le conflit. Cependant, les combats ont continué au Vietnam jusqu'à la chute de Saigon en avril 1975, ce qui a marqué la fin de la guerre du Vietnam. Le retrait américain du Vietnam a eu des conséquences profondes et durables, non seulement pour le Vietnam lui-même, mais aussi pour la politique étrangère américaine. Cela a conduit à un sentiment de méfiance envers le gouvernement, une réévaluation de la stratégie militaire américaine et des changements majeurs dans la manière dont les États-Unis se sont engagés dans les conflits internationaux par la suite.
Le reflux de l’influence américaine dans le monde au début des années 1970
-la guerre du Vietnam contribue à discréditer le modèle états-unien et le messianisme démocratique.
-Inversement, le modèle soviétique gagne en influence internationale. De nombreux régimes se réclament du communisme plutôt que du capitalisme libéral: 1970: création de la République démocratique du Sud Yémen 1974: coup d’Etat en Ethiopie 1975: le MPLA prend le pouvoir en Angola 1975: création de la République populaire du Mozambique 1975: réunification du Vietnam 1975: prise de pouvoir des Khmers rouges au Cambodge 1975: création de la république démocratique populaire du Laos 1978: coup d’Etat communiste en Afghanistan
-Baisse de l’influence US en Amérique latine après 1973
-La révolution iranienne (1979): dirigée en grande partie contre les US.
Le monde post-guerre froide: renouveau ou fin du messianisme démocratique (1990s-2020s)?
A/ L’apparent triomphe de la démocratie libérale -la fin de la guerre froide: l’aboutissement de la mission historique des US et de l’évolution idéologique de l’humanité (Francis Fukuyama)? -La présidence de George H. W. Bush (1988-1992) et le projet d’étendre la démocratie au monde entier: discours aux Nations Unies (septembre 1989), discours sur l’état de l’Union (janvier 1990) -Un projet à la traduction incertaine: Un soutien léger à la transition démocratique en Europe centrale (Support for East European Democracy Act, 28 nov 1989) et en Russie (Freedom Support Act, printemps 1992). La guerre du Golfe (1991) n’aboutit pas à la démocratisation de l’Irak (Saddam Hussein reste au pouvoir). L’absence de soutien au mouvement pro-démocratie en Chine (émeutes de la place Tiananmen) Haïti: absence de soutien au président Jean-Bertrand Aristide renversé par un coup d’état (septembre 1991)
B/ Le tournant unilatéraliste et la fin du messianisme démocratique -les raisons du tournant unilatéraliste dès les années 1990: Les Etats-Unis touchés par la crise économique et désireux de se désengager d’opérations internationales coûteuses (Somalie 1994, désengagement vis-à-vis de l’ONU). La prise de conscience de l’impopularité croissante des Etats-Unis à l’étranger La montée des néoconservateurs dans l’appareil d’Etat US, partisans d’un unilatéralisme plutôt que du multilatéralisme. -La radicalisation sous la présidence de George H. W. Bush (2000-2008): La montée du terrorisme islamiste: création d’Al Qaeda en 1987 (pendant la guerre d’Afghanistan) D’abord tourné contre l’URSS, le terrorisme islamiste se tourne contre les Etats-Unis et les pays occidentaux après 1991, mais aussi contre leurs alliés dans les pays arabes (Arabie Saoudite) La radicalisation d’Al Qaeda en raison des sanctions internationales contre l’Irak après la première guerre du Golfe (1991) et de la politique israélienne dans les territoires palestiniens. les attentats contre les intérêts US: World Trade Center (New York, 26 février 1993), tours de Khobar (Arabie Saoudite, 25 juin 1996) ambassades de Dar-es-salaam et Nairobi (Tanzanie et Kenya, 7 août 1998), USS Cole (Yemen, 12 octobre 2000), World Trade Center (New York, 11 septembre 2001). La National security strategy of the united states (septembre 2002) et la nouvelle doctrine internationale US en réponse au terrorisme (Focalisation sur la sécurité nationale, militarisation, guerre préventive) La traduction de cette doctrine dans les opérations extérieures: le messianisme démocratique passe au passe au second plan derrière la sécurité des US.
-L’intervention en Afghanistan (2001-2021):
Une réponse aux attentats du 11 septembre 2001.
Des opérations militaires menées sous mandat de l’ONU mais où les US sont majoritaires.
Une reconstruction institutionnelle (constitution afghane de 2004) mettant en place un système tricaméral (chambre des représentants, Sénat, Loya Jirga). La démocratisation passe au second plan derrière l’objectif de stabilisation politique.
La présence étrangère suscite l’opposition de la population.
La militarisation de l’action US et la multiplication des attentats des Talibans.
Été 2021: départ des Etats-Unis et retour des Talibans. Un pays non stabilisé politiquement et non démocratique. Démocratie et US en sortent décrédibilisés.
-L’intervention en Irak (2003-): L’invasion de l’Irak sous un faux prétexte (présence de groupes terroristes islamistes et d’armes chimiques). Une intervention américaine entreprise sans l’aval de l’ONU. L’absence de plan de démocratisation du pays. L’accent mis sur la stabilisation politique plus que sur la démocratisation. 2004: le pouvoir transféré aux Irakiens, mais les Etats-Unis restent très présents dans le processus de décision. La constitution de 2005: reproduire le schéma allemand de 1945. Abolir toutes les structures du régime de Saddam Hussein et instaurer une démocratie à l’américaine (bicaméralisme, cour suprême, bill of rights, etc.) L’épuration a désorganisé l’appareil d’Etat au lieu de le reconstruire. Le résultat: ni démocratisation ni stabilisation. Un état de violence endémique depuis 2004. L’Irak devenu une base arrière du terrorisme islamique (installation de l’Etat Islamique/Daech, 2014-2018).
-Les présidences Obama (2008-2016) et Trump (2016-2020): l’institutionnalisation de l’unilatéralisme Barack Obama et le discours du Caire (juin 2009): fin de l’interventionnisme US au Moyen Orient, fin de l’ambition démocratisatrice. La clôture du cycle du messianisme démocratique ouvert par Wilson en 1917. La non réalisation du projet d’Obama de retrait d’Afghanistan et d’Irak: augmentation des effectifs en Afghanistan en 2011; retrait d’Irak en 2011 puis retour en 2014 pour faire face à l’Etat islamique. Le maintien d’une présence pour garantir la sécurité des intérêt US et non la démocratie. L’administration Trump: une volonté de retrait affichée mais un maintien sur place pour les mêmes raisons. Les décisions solitaires de l’administration Trump sans concertation avec les alliés des US.
-La présidence Biden: quelle politique étrangère pour les Etats-Unis? La poursuite de l’unilatéralisme états-unien (retrait d’Afghanistan en 2021). Un nouvel interventionnisme? Un retour au multilatéralisme? Le soutien à l’Ukraine contre l’invasion russe (printemps 2022-).