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	<title>Baripedia - Contributions [fr]</title>
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		<id>https://baripedia.org/index.php?title=La_structure_d%E2%80%99%C3%89tat,_le_r%C3%A9gime_politique_et_la_neutralit%C3%A9_de_la_Suisse&amp;diff=37887</id>
		<title>La structure d’État, le régime politique et la neutralité de la Suisse</title>
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		<updated>2018-11-26T19:24:59Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;176.129.59.151 : /* Le Conseil fédéral */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[Fichier:federalpalace-dome.jpg|thumb|351x351px|Dome du Palais fédéral, avec la devise &amp;quot;Unus pro omnibus, omnes pro uno&amp;quot; (un pour tous, tous pour un) inscrite dans la partie centrale.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= L’État fédéral et les principaux organes de la Confédération et des Cantons =&lt;br /&gt;
Rappel historique : l’État fédéral est un compromis.&lt;br /&gt;
En effet, la compétence de l‘État  fédéral n’est pas totale, car les cantons gardent une certaine souveraineté. La solution la moins pire était donc le '''bicaméralisme'''. De plus, il y a aussi des éléments qui pondèrent le changement dès qu’une restructuration s’opère : par exemple, il faut la double majorité pour modifier la Constitution.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les progressistes voulaient l’abolition de la souveraineté des cantons; désormais ils sont représentés par le Conseil national (le peuple) et par le Conseil fédéral (avant 1848, la Suisse n’avait pas d'exécutif, de Conseil fédéral). Ce dernier a par ailleurs permis au pays de garder le cap pendant les difficultés du XIXème siècle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== À l’échelon fédéral ==&lt;br /&gt;
=== L’Assemblée fédérale ===&lt;br /&gt;
[[Fichier:Assemblée_federale.png|[http://forumpolitique.com/journal/politique-suisse-232.htm source]|right]]'''L’Assemblée fédéral''' ou '''Parlement fédéral''', représente l’autorité suprême de la Confédération '''composée de deux chambres''' :&lt;br /&gt;
*le '''Conseil national''' qui se compose de 200 députés du peuple élu en proportion de la population des cantons. &lt;br /&gt;
*le '''Conseil des États''' est quant à lui composé de 46 députés issus des cantons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux Chambres siègent dans deux chambres différentes, mais elles ont les deux le même poids et compétence. Cette parité parfaite s’appelle '''le bicamérisme parfait'''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Les députés ont une fonction de milice ''': cette fonction n'est pas leur métier. D’autre part, ils ne sont pas liés par un « mandat impératif », c’est-à-dire qu’ils sont libres dans la manière de voter. Pour assurer leur tâche de représentation, les députés bénéficient d’immunité.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
L'immunité est un privilège faisant échapper une personne, en raison d'une qualité qui lui est propre, à un devoir, ou à une sujétion, pesant sur les autres. On distingue deux catégories :&lt;br /&gt;
*'''Irresponsabilité''' : immunité en vertu de laquelle le parlementaire est soustrait à toute action judiciaire pour les opinions ou votes émis dans l'exercice de ses fonctions.&lt;br /&gt;
*'''Inviolabilité''' : protection de la liberté physique et intellectuelle des parlementaires en tant que citoyen – un député ne peut pas être poursuivi pendant son mandat pour éviter d’interférer le débat parlementaire. Il ne pourra être poursuivi qu’avec l’autorisation du Conseil dont il est membre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 - article 162.png|vignette|center|400px|[http://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19995395/index.html Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999] - [http://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19995395/index.html#a162 article 162]]]&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
==== Conseil national ====&lt;br /&gt;
Chaque canton a droit à un siège au moins. Le Conseil National est élu à la proportionnelle.[[Fichier:Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 - article 149.png|vignette|center|400px|[http://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19995395/index.html Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999] - [http://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19995395/index.html#a149 article 149]]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Conseil des États ====&lt;br /&gt;
Le mode des élections est défini par les cantons. Généralement, le système est un mode de majoritaire à deux tours. Pour exercer certaines attributions, l’Assemblée fédérale siège et délibère en un seul collège.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ne pas confondre avec le '''Conseil d'État,''' nom donné aux gouvernements des cantons suisses romands: exécutif cantonal.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
[[Fichier:Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 - article 168.png|vignette|center|400px|[http://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19995395/index.html Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999] - [http://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19995395/index.html#a168 article 168]]]&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
==== Les buts et tâches de l'assemblée fédérale ====&lt;br /&gt;
Assemblé fédéral s’occupe de toutes les révisions de la Constitution, des affaires étrangères (Art. 166 Cst), établit le budget, approuve les comptes, veille au maintien des relations entre l'État fédéral et les cantons (Art.172 Cst) et s’occupe de la haute surveillance du Conseil Fédéral, du Tribunal fédéral et de l’Administration fédérale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Le but de l'Assemblée fédérale est donc de faire des lois''' dans tous les domaines de la compétence de la confédération.[[Fichier:Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 - article 163.png|vignette|center|481x481px|[http://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19995395/index.html Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999] - [http://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19995395/index.html#a163 article 163]]]&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Siège selon différentes sessions dont certaines peuvent être extraordinaires. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pendant les sessions, les membres de l’Assemblée fédérale peuvent prendre la parole, exprimer le sentiment et prendre des décisions. Les moyens dont disposent les parlementaires sont appelés la «saisine ». Ce droit touche d’une part la législation et d’autre le part le domaine constitutionnel.  &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La saisine est l'action de porter devant un organe une question sur laquelle celui-ci est appelé à statuer.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
1e élément : INITIATIVE PARLEMENTAIRE &lt;br /&gt;
: permet de soumettre au parlement lui-même un projet d’acte législatif ou une proposition générale de proposition d’untel acte. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
2e élément : LA MOTION &lt;br /&gt;
: Le parlementaire peut poser une motion afin de déposer un projet de loi ou de prendre une mesure. Elle doit être approuvée par l’autre conseil.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
3e élément : LE POSTULAT  &lt;br /&gt;
: Charge le Conseil fédéral d’examiner l’opportunité soit de déposer un projet de loi soit de prendre une mesure soit de présenter un rapport à ce sujet. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
4e élément : L’INTERPELLATION &lt;br /&gt;
: Charge le Conseil fédéral de fournir des renseignements &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
5e élément : LA QUESTION &lt;br /&gt;
: Charge le Conseil fédéral de fournir des renseignements sur des affaires concernant la fédération. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
6e élément : L’HEURE DES QUESTIONS &lt;br /&gt;
: Le Conseil fédéral répond oralement à des questions &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Durant les quatre dernières années, les parlementaires ont déposé plus de 6000 interventions :&lt;br /&gt;
*400 initiatives parlementaires ;&lt;br /&gt;
*1300 motions ;&lt;br /&gt;
*700 postulats ;&lt;br /&gt;
*1700 interpellations ;&lt;br /&gt;
*850 questions ;&lt;br /&gt;
*200 - 300 questions écrites. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La saisine appartient aussi au Conseil Fédéral qui peut saisir le parlement d’un projet de loi. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
[[Fichier:Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 - article 181.png|vignette|center|400px|[http://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19995395/index.html Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999] - [http://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19995395/index.html#a181 article 181]]]&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
À la chute de Napoléon, la structure confédérale, avec les acquis de la révolution, subsiste jusqu’en 1848.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le Conseil fédéral ===&lt;br /&gt;
[[Fichier:Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 - article 174.png|vignette|center|400px|[http://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19995395/index.html Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999] - [http://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19995395/index.html#a174 article 174]]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le gouvernement suisse compte sept membres, élus pour une période administrative de quatre ans par l’Assemblée fédérale (Chambres réunies). La présidente de la Confédération est une « prima inter pares » (la première de ses pairs). Elle est élue pour un an par les Chambres réunies. Elle dirige les séances du Conseil fédéral et assume certaines fonctions de représentation. Quant à la chancelière de la Confédération, elle est en quelque sorte le « première secrétaire » du gouvernement.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
*Autorité directoriale et exécutif suprême de la confédération. &lt;br /&gt;
*Exerce par le biais des attributions gouvernementales l’activité législative. &lt;br /&gt;
*Est élu pour 4 ans après chaque renouvellement intégral du Conseil National (art 175 cst).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 - article 175.png|vignette|center|400px|[http://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19995395/index.html Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999] - [http://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19995395/index.html#a175 article 175]]]&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les conseillers pourraient être comparés à l’exécutif et gouvernement français fédéraux, ils sont plus que des ministres parce qu’ils incarnent l’exécutif.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le conseil fédéral est un conseil de coalition qui représente la plupart des formations politiques. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Lorsqu’il y a un désaccord des chambres, le peuple décide s’il doit y avoir révision ou non. En cas d’approbation par le peuple qui montre la nécessité d’une révision, à ce moment-là les chambres sont dissoutes amenant à des nouvelles élections.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Conseil_fédéral.png|center]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Conseil fédéral est un organe collégial (art.177 cst) sous réserve de la révision formelle du collège gouvernemental qu’assure le président de la confédération. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 - article 177.png|vignette|center|400px|[http://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19995395/index.html Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999] - [http://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19995395/index.html#a177 article 177]]]&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les 7 membres du Conseil fédéral sont égaux de façon à ce qu’aucun d’eux ne soit supérieur aux autres. Cependant, en cas d’égalité des voix, celles du Président compte double. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les décisions sont prises au nom du Conseil fédéral.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Chaque conseiller fédéral est chef du département qui lui est attribué et membre du conseil collégial.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le Conseil fédéral est représenté par les principaux partis du pays résultant d’un accord entre les grandes formations politiques.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
[[Fichier:Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 - article 175.png|vignette|center|400px|[http://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19995395/index.html Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999] - [http://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19995395/index.html#a175 article 175]]]&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La pratique veut qu’un membre du Conseil fédéral soit élu président de la confédération après avoir exercés ses fonctions sous la présidence de tous ses collègues avant lui. C’est l’ancienneté qui est sanctionnée-&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La présidence à fonction de représentation du collège gouvernemental soit à l’intérieur ou à l’extérieur du pays. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le Conseil fédéral est chargé :&lt;br /&gt;
*des relations avec l’étranger ;&lt;br /&gt;
*dirige la diplomatie suisse ;&lt;br /&gt;
*propose au parlement les traités pour approbation ;&lt;br /&gt;
*dirige les affaires entre la Confédération et les cantons ;&lt;br /&gt;
*prend des mesures pour assurer la protection intérieure et extérieure du pays ;&lt;br /&gt;
*s’occupe de la phase préliminaire de la procédure législative ;&lt;br /&gt;
*administre les finances de la confédération.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La Chancellerie fédérale ===&lt;br /&gt;
[[Fichier:Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 - article 179.png|vignette|center|400px|[http://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19995395/index.html Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999] - [http://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19995395/index.html#a179 article 179]]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La chancellerie fédérale date de 1803, elle représente l’État-major qui participe aux délibérations de l’Assemblée fédérale avec une voix consultative. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le chancelier est désigné par l’Assemblée fédérale, il est désigné en tant que collège. Le chancelier de la confédération a une voie consultative, elle ne vote, mais participe aux séances du Conseil fédéral.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Tribunal fédéral ===&lt;br /&gt;
[[Fichier:Tribunal_fédéral.png|thumb]]C’est l’autorité judiciaire suprême de la Confédération. Les compétences du Tribunal fédéral vont s’étendre en même temps que celles de la Confédération. Il devient une cour permanente en 1874 au fur et à mesure que les pouvoirs cantonaux furent transférés au niveau de la confédération.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Composé de trois cours :&lt;br /&gt;
*le tribunal fédéral lui-même : Lausanne ;&lt;br /&gt;
*affaires de droit social : Lucerne ;&lt;br /&gt;
*tribunal pénal fédéral : Bellinzona ;&lt;br /&gt;
*tribunal des brevets : Saint-Gall.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l’échelon de la confédération, les recours des instances cantonales sont soumis à l’examen de cette autorité judiciaire suprême de la confédération. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 - article 147.png|vignette|center|400px|[http://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19995395/index.html Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999] - [http://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19995395/index.html#a147 article 147]]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Pour résumer ===&lt;br /&gt;
[[Fichier:Systeme-politique-suisse.gif|thumb|center|388x388px|[http://forumpolitique.com/journal/politique-suisse-232.htm source]: www.forumpolitique.com]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== À l’échelon cantonal ==&lt;br /&gt;
[[Fichier:Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 - article 51.png|vignette|center|400px|[http://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19995395/index.html Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999] - [http://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19995395/index.html#a51 article 51]]]&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Ainsi, pour l’application de la loi fédérale, il ne peut l’appliquer à son bon vouloir. Les cantons doivent désigner les organes chargés de l’exécution des tâches fédérales. Les cantons doivent créer les institutions et les instances en suivant les indications de la législation fédérale.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les cantons jouissent d’une certaine autonomie : elle se manifeste dans la liberté que les cantons ont de s’organiser et de repartir le pouvoir cantonal entre les organes qu’ils instituent. Leur action est cependant limitée par la constitution.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
[[Fichier:Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 - article 3.png|vignette|center|400px|[http://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19995395/index.html Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999] - [http://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19995395/index.html#a3 article 3]]]&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les cantons disposent d’une organisation étatique central et leur territoire et divisé en commune.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&amp;lt;nowiki&amp;gt;   &amp;lt;/nowiki&amp;gt;L’organisation centrale compte trois organes principaux :  &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
1.    L’Assemblée législative – Grand Conseil, Parlement&lt;br /&gt;
:Sa composition va de 55 membres à 200 à Bernes.&lt;br /&gt;
:Les membres du parlement fédéral ont des immunités qui leur permettent d’assurer pleinement leurs tâches de députés tout comme les députés des chambres fédérales qui bénéficient eux aussi de l’immunité d’irresponsabilité&lt;br /&gt;
: le parlement fixe les impôts et le vote du budget. Tout comme les parlementaires fédéraux, ce ne sont pas des parlementaires dits « professionnels ».&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
2.    L’exécutif collégial&lt;br /&gt;
:Les cantons ont un exécutif collégial qui est élu par le peuple du canton à la majoritaire ; ils sont composés de 5 ou 10 personnes et sont élus par les citoyens des cantons a la majorité.&lt;br /&gt;
:Dans certains cantons il existe encore des gouvernements de milice.&lt;br /&gt;
:Comme dans le conseil fédéral, les membres de cet exécutif gouvernemental cantonal sont chacun à la tête d’un département. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le Président du gouvernement choisi parmi les membres de l’exécutif peut être désigné : &lt;br /&gt;
*soit par le peuple ;&lt;br /&gt;
*soit par le Grand Conseil ;&lt;br /&gt;
*soit par le Conseil d’État (Genève).&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les attributions est l’autorité exécutive supérieure du canton, il surveille les administrations et nomes les fonctionnaires cantonaux. D’autre part il représente à l’extérieur le canton. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le pouvoir est assuré collégialement, ce qui implique une certaine honnêteté et probité intellectuelle.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
3.    Les tribunaux &lt;br /&gt;
: Les procédures civiles et pénales sont du domaine de l‘État fédéral.&lt;br /&gt;
:Chaque canton possède des tribunaux qui sont organisés de manière relativement diverse. Pour cela il faut se rapporter aux lois cantonales judiciaires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== À l'échelon communal ==&lt;br /&gt;
La commune qui détermine notre présence dans un canton. Les tâches sont partagées entre trois niveaux : fédéral, cantonal, communal. Les petites communes n’ayant pas forcément assez de structures décident souvent de se regrouper afin de mieux assurer la gestion du territoire. Dans le temps, les cantons et la fédération n’existaient pas, la commune de Berne par exemple est très ancienne, plus que son canton ou la fédération. Les communes sont donc pour certaines très anciennes. Il y a au total 2324 communes en Suisse, mais '''le nombre de ces communes diminue'''. Elles se regroupent en effet pour gérer des tâches de plus en plus complexes. Dans le canton de Bâle-Ville, on a 3 communes contre 180 dans les Grisons par exemple. Certaines communes comme Zurich sont énormes (+ de 400 000 habitants) tandis que d’autres n'ont que quelques centaines d'habitants. On a donc une différence dans les assistances financières suite aux variations de population. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
les communes sont des '''collectivités de droit public''', elles ressortent du '''droit cantonal''' et non pas du droit fédéral, c’est donc la législation cantonale qui prime. Il y a une organisation différente d’une commune à l’autre selon la législation du canton.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’organisation des communes est faite en Suisse de deux manières :&lt;br /&gt;
* Pour certaines, l'organisation est '''bipartite''', en deux organes. Il y a le '''corps électoral '''communal qui exerce les attributions « législatives » en '''assemblée communale '''(ou primaire). Tout le corps électoral (chaque citoyen) fait partie de l'assemblée communale et peut y participer sur simple présentation du bulletin d'électeur. À côté de ça, on a un '''conseil exécutif '''élu'''. '''Cette organisation est propre aux plus petites communes, car les communes peuplées et les villes connaîtraient des problèmes d’organisation avec ce système.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* La plupart des cantons et des grandes villes ont  une '''organisation tripartite. '''Ici le '''corps''' '''électoral''' élit ses représentants : &lt;br /&gt;
**dans''' l’exécutif communal''' (nommé conseil communal, conseil administratif ou municipalité selon les localités). C’est le conseil exécutif, il est identique à celui du système bipartite.&lt;br /&gt;
**au''' Parlement communal '''(nommé conseil général, communal, municipal). C’est l’organe législatif, il remplace l’assemblée communale de l’organisation bipartite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon les communes, l’organe exécutif et législatif peuvent avoir des noms différents, le conseil communal est l’exécutif en Valais ou dans le canton de Fribourg et il est le législatif dans le canton de Vaud.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’y a pas de pouvoir judiciaire au niveau communal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le conseil exécutif est un organe collégial élu par le corps électoral. À sa tête se trouve le président (maire) qui exerce sa fonction, souvent à plein temps. L’administration varie selon la taille de la commune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'exécutif communal rédige les projets d'actes législatifs qui seront débattus et adoptés (ou non) par le&lt;br /&gt;
parlement communal ou l’assemblée communale &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= La démocratie =&lt;br /&gt;
'''Qu’est-ce que la démocratie?''' C’est le régime politique dans lequel le pouvoir est attribué au peuple qui l'exerce lui-même ou par l'intermédiaire des représentants qu'il élit.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le régime politique et la forme de gouvernement d’un État.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La démocratie directe est le régime dans lequel le peuple, sans intermédiaire, adopte lui-même les lois et décisions importantes et choisit lui-même les agents d'exécution. Ce régime n’existe plus qu’à Glaris et a Appenzell Rhodes-Intérieures.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La démocratie indirecte ou représentative est le régime dans lequel le rôle du peuple se borne à élire des représentants.&lt;br /&gt;
*À l’échelon fédéral, il n’y a pas de démocratie directe &lt;br /&gt;
*À l’échelon cantonal, la démocratie directe existe (ex- landsgemeinde de Glaris) &lt;br /&gt;
*À l’échelon communal : démocratie directe à travers les assemblées communales &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le régime politique de démocratie semi-directe ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démocratie peut être semi-directe, c’est-à-dire qu’elle est normalement exercée par des représentants, mais les citoyens peuvent intervenir dans son exercice par le referendum et l’initiative. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le régime politique de la démocratie directe ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La '''démocratie directe''' est un régime dans lequel le peuple, sans intermédiaire, adopte lui-même les lois et décisions importantes et choisit lui-même les agents d'exécution.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
En Suisse, la démocratie est le régime politique qui fait du peuple le souverain. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le souverain, tant en matière législative que constitutionnelle exerce la démocratie à tous les niveaux. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
*'''Élection populaire''': caractérisé par le choix de la représentation populaire- C’est le peuple qui procède à l’élection de ceux qui vont le représenter.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
*'''referendum populaire''' : permet au peuple de se prononcer sur un acte adopté par une autorité étatique,le plus souvent le parlement. Cet acte peut être constitutionnel ou législatif. Il est prévu par la législation pour les révisions constitutionnelles, l’adhésion à des organisations supranationales ou de sécurité collective, mais aussi pour les lois fédérales déclarées urgentes n’ayant pas de base constitutionnelle. &lt;br /&gt;
*'''referendum obligatoire''' : procédure qui soumet obligatoirement au scrutin populaire un objet en principe après son adoption par l'organe parlementaire. Il est prévu pour l’adhésion de la Suisse à des organisations supranationales et de sécurité collective (Art.140. cst)&lt;br /&gt;
*'''referendum facultatif''' : si 50 000 citoyens et citoyennes ayant le droit de vote ou huit cantons le demandent dans les 100 jours à compter de la publication officielle de l’acte,sont soumis au vote du peuple : les lois fédérales, les lois fédérales déclarées urgentes, les arrêtés fédéraux, les traités internationaux (Art. 141, cst). Dans ce domaine facultatif, le fédéralisme n’intervient pas,ce n’est que le peuple qui décide, il n’y a pas la double majorité ; ainsi le referendum facultatif prend aussi lieu dans les communes.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
*'''initiative populaire''' : il confère à une fraction du corps électoral soit 100000 citoyens une mesure, qui permet de conduire à l’abrogation d’un acte normatif. (ex-révision de la constitution). En droit fédérale, l’initiative ne peut être que constitutionnelle.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Certaines landsgemeindes qui est l’assemblée souveraine sont une assemblée publique de tous les souverains actifs du canton qui se regroupe généralement au printemps sur une place publique du chef-lieu du canton, elle est présidée par la landsgemeinde. Ces assemblées détiennent aussi la compétence de :&lt;br /&gt;
*nominer les hauts fonctionnaires ;&lt;br /&gt;
*élire les magistrats des tribunaux ;&lt;br /&gt;
*décider de certaines dépenses ;&lt;br /&gt;
*voter les traités ;&lt;br /&gt;
*voter les lois ;&lt;br /&gt;
*prendre des décisions administratives importantes .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette assemblée permet la participation aux décisions de la commune.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Actuellement, ce régime de démocratie n’est maintenu que dans deux cantons :&lt;br /&gt;
*Glaris ;&lt;br /&gt;
*Appenzell Rhodes intérieure. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le régime de la démocratie directe est cependant toujours représenté dans une majorité de communes à l’échelon communal et notamment dans le système bipartite. L’Assemblée communale délibère publiquement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= La neutralité =&lt;br /&gt;
{{Article détaillé|Les principes fondamentaux des relations entre États{{!}}Quel est le contenu du droit de neutralité ?}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Williamrappard.jpg|thumb|200px|William Rappard.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== William Emmanuel Rappard ==&lt;br /&gt;
'''William Emmanuel Rappard''' est né à New York en 1883 et décède à Genève en 1958, il fut notamment professeur, recteur et diplomate suisse. Défenseur de la neutralité suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Jeunesse'''&lt;br /&gt;
Né d'une famille thurgovienne qui vivait aux États-Unis à New York d'un père négociant en broderie et d'une mère travaillant dans son entreprise pharmaceutique familiale. Il passa son enfance et le début de son adolescence aux États-Unis. La famille Rappard quitta les USA pour s'installer à Genève où William termina son cursus scolaire et entama son parcours académique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Études'''&lt;br /&gt;
Étudiant,il a fréquenté de nombreuses universités : à Paris il a été l’élève d' Adolphe Landry (1874-1956) qui, semble-t-il, l’a marqué et d’Halévy ; en Allemagne à Berlin, il a suivi les cours de Wagner et de Schmoller, à Harvard de Taussig et à Vienne de Philippovich qui l’a encouragé à s’intéresser à l'Organisation internationale du Travail.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Vie active'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Professeur assistant à Harvard de 1911 à 1912, il est nommé en 1913 professeur d'histoire économique à l’Université de Genève. Ami d'Abbott Lawrence Lowell, président de Harvard de 1909 à 1933, connaissant le colonel House et Walter Lippmann, il a joué un rôle important dans l’attribution du siège de la Société des Nations à Genève. Il présida la commission des mandats de la Société des Nations. Il travailla aussi en tant que juriste. Il possédait donc une formation pluridisciplinaire.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
En 1927, il fonda l'Institut Universitaire de Hautes Études internationales de Genève, il y accueillit de nombreux réfugiés en provenance des États totalitaires voisins. Il fut également membre dans les années trente du &amp;quot;Comité international pour le placement des intellectuels réfugiés&amp;quot;. Il fut aussi recteur de l'université de Genève à 2 reprises.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
En 1942, le Conseil fédéral le désigne comme interlocuteur pour d'importantes négociations (entre autres renouer les relations avec les pays alliés), alors qu'il n'est pas fonctionnaire fédéral, mais professeur à l'université. Il plaidera également pour le retour des organisations internationales à Genève.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
À la fin des années trente, il s’opposa à la fondation Rockefeller qui aurait voulu que l’IUHEI se consacre aux études économiques et abandonne l’enseignement comme l’avait fait la Brookings Institution. À cette occasion, il reçut le soutien de Lionel Robbins qui le tenait en haute estime. Membre de la délégation suisse auprès de l’OIT de 1945 à 1956. Un des fondateurs de la Société du Mont-Pèlerin.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Sa bibliographie touche au droit, à l’histoire, à la statistique ainsi qu’aux relations internationales. Rappard a abordé la neutralité en tant que chercheur et en tant qu’acteur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La neutralité de la Suisse, des origines au XXème siècle ==&lt;br /&gt;
Pour Rappard, le terme neutralité ne suscite pas l’enthousiasme. Il relève,  {{citation|en français, l’adjectif neutre rime trop bien avec l’épithète pleutre avec laquelle il est souvent accouplé pour ne pas subir d’emblée une véritable dépréciation ; de plus il sert aux biologistes à définir les organes asexués, les chimistes les substances sans saveur. La neutralité est l’attitude d’un pays qui refuse ou de s’interdire d’intervenir dans les conflits qui opposent les uns aux autres les États tiers}}. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La neutralité est l’aptitude d’un pays qui refuse ou s’interdit de s’opposer à des conflits qui impliquent des pays tiers. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
[[File:Francis at Marignan.jpg|thumb|Francis I Orders His Troops to Stop Pursuing the Swiss, a Romantic 19th century work by Alexandre-Évariste Fragonard (Galerie des Batailles, Palace of Versailles)]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’historien Rappard montre que cette politique de neutralité remonte à Marignan conférence. La neutralité remonte à la défaite de Marignan en 1515  lorsque les suisses ont été battus par François Ier. C’est alors que la neutralité est devenue le principe directeur de la politique étrangère suisse. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
À l’époque, la Suisse avait deux possibilités pour assurer son existence :&lt;br /&gt;
*soit s’allier à la France des Bourbons soit à l’Autriche des Habsbourg, le risque étant de devenir sujet de l’un de ces deux pays ;&lt;br /&gt;
*soit s’abstenir de toute intervention dans les guerres continuelles entre la France et l’Autriche. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Ainsi, la neutralité était une manière pour les suisses de maintenir leur indépendance.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Après la réforme, la neutralité va être une manière de maintenir les confédérés. En s’alliant étroitement avec les coreligionnaires étrangers, la Suisse risquait d’éclater. Le principe de neutralité élaboré dans le conflit entre l’Autriche et la France va être également utilisé dans le domaine religieux.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La neutralité suisse devint un principe ayant pour but d’assurer la sécurité extérieure, mais aussi de préserver la sécurité intérieure afin d’éviter que des conflits confessionnels ne viennent faire éclater l’unité. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Cette politique de neutralité poursuivie au cours des siècles était aussi conforme à l’intérêt des belligérants. La guerre de la ligue des Habsbourg menaçait les frontières de la confédération, Louis XIV et Léopold Ier avaient engagé les suisses à défendre leur territoire contre d’éventuelles incursions de leurs ennemies.  Cependant, les Suisses vont demander que les français et autrichiens participent aux frais de mobilisations ; ils s’exécutèrent.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Ainsi, la neutralité devint un élément essentiel du patrimoine institutionnel des confédérés jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
À la chute de Napoléon, ce statut est de nouveau reconnu le 20 novembre 1815 : la neutralité et l’indépendance de la Suisse sont dans les brefs intérêts de l’Europe entière. L’acte du 20 novembre 1815 qui est un traité international signé par les puissances européennes disait {{citation|la neutralité et l’inviolabilité de la Suisse et son indépendance de toute influence étrangère sont dans le vrai intérêt de l’Europe tout entière}}. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Durant tout le XIXème siècle, la Suisse va maintenir sa politique de neutralité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La guerre de 1914 - 1918 ==&lt;br /&gt;
La Suisse est coupée en deux :&lt;br /&gt;
*les alémaniques sont favorables à l’Empire allemand et de Guillaume II ;&lt;br /&gt;
*les Romands s’indignent des exactions et de la violation de la neutralité de la Belgique par les troupes allemandes.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Rappard va intervenir dans le débat politique pour défendre la neutralité, dénonce les dangers remettant potentiellement en cause la neutralité de la Suisse. Il œuvre afin que les suisses divisés restent unis dans la volonté de demeurer à l’écart du conflit extérieur restant prêt à défendre la nation contre tout agresseur. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
En 1917, Rappard est envoyé aux États-Unis pour faire entendre la Suisse neutre et assurer son approvisionnement. Les entrevues et entretiens qu’il a avec les journalistes et l’entourage de Wilson vont lui permettre de faire valoir les intérêts de la Suisse et son principe de neutralité.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Il montre que les suisses ont besoin autant de l’aide politique que l’appui économique des États-Unis, réussissant à rallier l’opinion américaine. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Au cours de son entretien avec Wilson, Rappard à la présence d’esprit de rappeler au président des États-Unis les passages qu’il avait consacré dans l’un de ses livres à la Suisse, à savoir le principe d’entraide, le respect des libertés de chacun ainsi que la tolérance mutuelle.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
L’évocation de son livre place Wilson sur un terrain cher exposant son dessin de nouvel ordre mondial : de l’avenir de l’Europe dépend l’avenir de la Suisse.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Rappard suggère une déclaration des États-Unis suggérant la neutralité de la Suisse. Le 5 décembre 1917, les États-Unis reconnaissent la neutralité suisse et s’engagent à fournir du blé. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
En 1918, lors d’un autre tête à tête avec le président Wilson ils décident que la Société des Nations doit naitre de la paix. Seules les nations faisant la paix seront admises à la table des négociations. La Suisse n’étant pas un belligérant elle ne pourra adhérer à la Société des Nations seulement après sa création.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La conférence de la paix ==&lt;br /&gt;
Les travaux commencent à Paris en 1919 visant à la création de la Société des Nations. Pour que la Suisse soit renseignée sur les débats, Rappard est l’envoyé officieux des suisses car elle ne peut participer aux négociations mettant en place la charte de la Société des Nations.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Ces démarches auprès des délégations alliées et particulièrement auprès de la délégation américaine vont concourir à la désignation de Genève comme siège de la Société des Nations ainsi qu’à l’entrée de la Suisse avec son statut de neutralité. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les alliés considèrent qu’un statut de neutralité ne peut trouver sa place dans la Société des Nations formant un nouvel ordre international fondé sur le droit. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les alliés sont défavorables au statut de neutralité, car dans le nouvel ordre mondial, la neutralité bat en brèche la solidarité mondiale.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Rappard propose au Conseil Fédéral que le maintien de la neutralité suisse soit dans l’intérêt de la communauté internationale : il déconseille au Conseil Fédéral que l’adhésion soit subordonnée à la reconnaissance de la neutralité. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Fin janvier 1919, le bruit court à Paris que Genève sera le futur siège de la Société des Nations. Cela créerait un statut spécial pour le pays hôte qui serait celui de la neutralité sans en avoir le nom. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Cependant, en avril 1919, les alliés ne sont pas favorables à la création d’un statut spécial. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Image:Max_Huber.jpg|thumb|200px|'''Max Huber'''&amp;lt;br /&amp;gt;(Source: [http://www.redcross.int www.redcross.int])]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Max Huber, juriste du département politique fédérale qui se nomme actuellement le département des affaires étrangères, vient à Paris avec l’idée que la garantie de la neutralité de la Suisse pourrait être interprétée à la lumière de l’article 21 {{citation|les engagements internationaux, tels que les traités d'arbitrage, et les ententes régionales, comme la doctrine de Monroe, qui assurent le maintien de la paix, ne seront considérés comme incompatibles avec aucune des dispositions du présent Pacte}}.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Il était indispensable que la Suisse obtienne un statut spécial sinon le peuple suisse refusera d’entrer catégoriquement dans la Société des Nations. Rappard s’entretient avec Wilson rappelant que si la Suisse doit rentrer dans la Société des Nations il faudrait il vote du peuple et des cantons.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le 28 avril, la Conférence de la Paix, réunie au Quai d’Orsay, fait de Genève le siège de la Société des Nations écartant Bruxelles et La Haye.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Cependant, aucune assurance positive ne veut être formulée concernant le statut spécial du pays hôte. Rappard estime que la Suisse peut espérer au mieux être acceptée par les alliés dans la Société des Nations sans pour autant s’opposer au maintien de la neutralité découlant de l’interprétation de l’article 21. Finalement la neutralité suisse est reconnue alors que plus personne ne l’espérait. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le Traité de 1815 est un traité qui garantissait la neutralité de la Suisse. ; en cas de conflit avec les voisins de la confédération, la neutralité devait s’étendre à la Savoie du Nord.  À l’époque, ces provinces appartenaient au Duc de Savoie Roi de Sardaigne. Cette situation singulière subsistait toujours en 1919 alors même que la Savoie est devenue française dès 1860.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Ce statut de neutralité qui s’étendait ne plaisait pas tellement aux français selon le principe de double souveraineté en cas de guerre. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Max Huber propose un plan permettant de renoncer au statut de neutralité de la Savoie du Nord en échange de la reconnaissance de la neutralité suisse. L’abandon de ce statut se faisait une faveur de la France, elle avait en contrepartie la charge de faire reconnaitre la neutralité de la Suisse avec une mention explicite de façon à ce que le peuple et les cantons qui seront consultés puisent donner un « oui franc et massif ».&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les gouvernements français et suisse vont arriver à un accord menant à l’[http://mjp.univ-perp.fr/traites/1919versailles14.htm#XV article 435 du traité de Versailles] le 28 juin 1919 : &lt;br /&gt;
{{citation bloc|Les hautes parties contractantes, tout en reconnaissant les garanties stipulées en faveur de la Suisse par les traités de 1815 et notamment l'acte du 20 novembre 1815, garanties qui constituent des engagements internationaux pour le maintien de la paix, constatent cependant que les stipulations de ces traités et conventions, déclarations et autres actes complémentaires relatifs à la zone neutralisée de Savoie, telle qu'elle est déterminée par l'alinéa 1 de l'article 92 de l'acte final du Congrès de Vienne et par l'alinéa 2 de l'article 3 du traité de Paris du 20 novembre 1815 ne correspondent plus aux circonstances actuelles. En conséquence, les hautes parties contractantes prennent acte de l'accord intervenu entre le Gouvernement français et le Gouvernement suisse pour l'abrogation des stipulations relatives à cette zone qui sont et demeurent abrogées.}}&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le président du Conseil français qui était Clemenceau n’avait aucune intention vis-à-vis de la Société des Nations, mais a soutenu le statut de neutralité suisse.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
William Rappard va mener une campagne pour que la Suisse intègre la Société des Nations, ainsi le 16 mai 1920, la majorité des suisses et des cantons ont accepté de rentrer dans la Société des Nations.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
En tant que membre de la Société des Nations, la Suisse doit tout de même être solidaire des mesures prises à l’encontre d’une nation qui en violerait un autre. Néanmoins, la neutralité militaire est maintenue, mais elle reste tenue d’adopter des mesures financière et économique à l’encontre d’un pays hors-la-loi qui violerait la charte de la Société des Nations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les années trente ==&lt;br /&gt;
Les années trente allaient démentir les espoirs mis dans la Société des Nations. Rappard est au cœur de la Société des Nations étant le témoin privilégié de cette évolution internationale.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Rappard dénonce le danger que font courir aux libertés individuelles les régimes totalitaires. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Ces États ont en commun d’avoir écarté l’individualisme libéral et la démocratie. La nation se substitue à l’individu, tout lui est imposé sauf ce qui lui est interdit.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La situation internationale favorise ces régimes dictatoriaux qui n’ont pas à tenir compte de leur opinion publique. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
{{citation bloc|[…] comment pourrait-on admettre qu’un régime qui dénie à tous la liberté de penser, d’écrire, de parler, de se grouper, de se nourrir, de voyager, d’aimer, de haïr, de s’indigner, de s’enthousiasmer, de travailler et de se délasser à sa guise puisse être générateur d’une race d’hommes aussi énergiques, aussi intelligents, aussi inventifs, aussi réellement productifs et créateurs  qu’un régime plus respectueux des droits de l’individu ?|William Rappard}}&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Rappard déplore le manque d’universalité de la Société des Nations et sa capacité à maintenir la paix. Elle devait garantir l’intégrité territoriale et la dépendance de tous ses membres par l’application du principe de sécurité collective.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les agressions japonaises envers la Mandchourie, puis l’agression italienne en Éthiopie ont porté un coup violent au prestige et à la crédibilité de cette organisation internationale.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
L’espoir qu’elle incarnait est une grande déception. Les dangers pour la neutralité suisse émanant de cette instabilité, l’amène à refuser une implication dans les mesures économiques, financière et commerciale prisent notamment contre l’Italie.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Rappard considère alors que le retour à la neutralité intégrale est désormais le seul moyen pour la Suisse de se protéger du « gangstérisme » des nations totalitaires. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Chamberlain déclarait en février 1938 : {{citation|la Société des Nations dans sa forme actuelle ne peut garantir la sécurité du collectif, nous ne saurions nous abandonner à une illusion et induire en erreur les petites nations qu’il serait protéger, alors que nous savons parfaitement que nous pouvons attendre de Genève aucun recours}}. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Tous les voisins de la Suisse quittent la Société des Nations excepté la France. Rappard considérait que la neutralité est un « parachute » que la Suisse n’est pas près de l’abandonner tant que « l’espace aérien » est dangereux.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Ainsi, au printemps 1938, la Suisse revient à sa politique traditionnelle de neutralité intégrale, la dispensant de toutes sanctions à l’encontre d’autres nations. La neutralité sera reconnue par l’ensemble des membres de la Société des Nations et autant de l’Italie que de l’Allemagne.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Après l’agression de la Finlande par la Russie et l’inaction de la Société des Nations, la Suisse prend ses distances avec ses obligations envers la Société des Nations.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
{{citation bloc|Si à mes yeux la neutralité n’est jamais glorieuse, c’est parce qu’elle est la négation de la solidarité active qui répond à une organisation véritable de la paix. En fait, il est évident que la neutralité que nous pratiquons en Suisse n’inspire de donner aucun prétexte à une intervention de nos voisins du nord et du sud.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La Deuxième guerre mondiale ==&lt;br /&gt;
La Suisse est isolée, entourée de trois dictatures exigeant le respect d’une neutralité intégrale ; Rappard rappelant qu’elle n’est pas des plus glorieuses {{citation|elle n’est moins que jamais dans un conflit ou tous les droits et toute la vérité son d’un côté et où tous les tors et les mensonges sont de l’autre}}.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Rappard est convaincu que la politique du silence est la seule désormais convenant à la Suisse tout en venant en aides à ceux qui souffrent du conflit. Le déclenchement de la Seconde guerre mondiale est une  guerre totale qui implique aussi une guerre économique dont l’une des principales armes est le blocus économique.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La Suisse neutre entourée par les puissances de l’Axe devra défendre son approvisionnement à l’étranger consistant principalement en matière première indispensable à la survie du pays. Pour contrer ce blocus, la Suisse va devoir négocier autant avec les Alliés que les puissances de l’axe. Les pourparlers seront inévitablement influencés par les aléas de la guerre. L’Allemagne nazie obtiendra notamment une aide substantielle dans son économique provoquant la colère des alliés et leur blocus contre la Suisse.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La Suisse entourée par un seul belligérant est le seul pays n’ayant pas été occupé. Rappard relève que la neutralité ne peut être respectée que s’il y a équilibre des États entourant la Suisse. Rappard s’efforce de lutter contre une politique économique et commerciale du Conseil fédéral qu’il juge trop laxiste vis-à-vis de l’Allemagne nazie. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Envoyé à Londres en 1942, tentant de desserrer le blocus allié, Rappard remarque que la Suisse jouit d’une forte sympathie. Il rencontre De Gaulle disposé à l’égard de la confédération méritant de ne pas avoir cédée aux dictâtes des puissances de l’Axe. Les alliés mettent cependant tout en œuvre pour entraver les livraisons de produits Suisses aux puissances de l’Axe.  &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
{{citation bloc|C'est pour cela que tout en consentant à notre ravitaillement dans la mesure, peut-être réduite, du nécessaire et du possible, on tient à resserrer à nos dépens le blocus économique. «Si vous voulez des matières premières, propres à alimenter vos industries et à vous prévenir du chômage», nous répète-t-on sans cesse, «réduisez vos exportations en denrées alimentaires, en machines et notamment en armes et en munitions à destination de nos ennemis. Nous comprenons les nécessités de votre propre défense nationale et nous n'ignorons pas les besoins de votre marché du travail, mais nous n'entendons pas nous priver de nos ressources de plus en plus limitées en tonnage, en matières premières et surtout en métaux, pour vous faciliter la tâche de collaborer indirectement à la destruction de nos avions, de nos tanks, de nos villes, et à la perte de nos soldats.&amp;lt;ref&amp;gt;Le Professeur W. Rappard au Chef du Département de l'Économie publique, W. Stampf, Londres, 1er  juin 1942 (Membre de la délégation suisse à Londres) url: http://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc.do?ID=60006477&amp;lt;/ref&amp;gt;}}&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Rappard explique qu’il est impossible de tenir rigueur aux alliés de cette attitude, assurant que leur engagement doit faire taire les critiques. 2dd doivent faire taire en nous leurs critiques à notre égard.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
En 1945, les alliés dépêchent à Berne une délégation ayant pour but d’amener la Suisse à rompre avec l’Allemagne. La Suisse doit regagner sa crédibilité auprès des alliés. Rappard est présent lors des négociations, il gagne la confiance des deux parties en défendant les intérêts des alliés, mais aussi en plaidant la cause de la Suisse. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Au terme de ces négociations, la délégation des alliées a pu se rendre compte que le peuple suisse n’avait été nullement des complices volontaires de l’Axe, mais des sympathisants de la cause des alliés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’après-guerre ==&lt;br /&gt;
Alors que les alliés planchent sur la réorganisation du monde, Rappard s’interroge sur la neutralité de la Suisse. Il considère que l’Organisation des Nations Unies n’est en l’état pas capable d’assurer la sécurité du nouvel ordre international. La neutralité de la Suisse serait un obstacle à l’entrée de la Suisse dans cette organisation. Pour éviter l’isolement, la Suisse collabore étroitement avec tous les organes techniques de l’ONU qu’ils soient économiques, sociaux ou juridiques. Cette voie prônée par Rappard est la voie que les autorités suisses vont suivre.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
En conclusion, après la Première guerre mondiale, Rappard est d’abord convaincu que les divergences entre les alliés vont permettre de renforcer la neutralité de la Suisse. C’est pourquoi il a privilégié l’adhésion avec une neutralité différentielle plutôt que la neutralité intégrale, considérant qu’elle ne serait plus nécessaire en raison de la sécurité engendrée par ce nouvel ordre mondial. Au sortir de la deuxième guerre mondiale et au moment de la création de l'ONU, la menace soviétique lui dicte, à travers son expérience, de ne pas adhérer aux Nations Unies et de maintenir le régime de neutralité suisse.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les obligations de la Suisse ne doivent pas faire oublier aux Helvètes qu’ils ne peuvent déroger à leurs engagements. L'attitude des jeunes suisses qui voient la neutralité comme une lâcheté est certes l’indice d’une certaine générosité, mais aussi due à un manque de connaissances historiques et politiques.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La neutralité était d’abord une sécurité afin que la France n’attaque pas l’Autriche, tandis que la France savait que la neutralité de la Suisse permettait de se protéger des Habsbourg et du Saint-Empire. C’est sur cette garantie que s’est construite la neutralité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Annexes =&lt;br /&gt;
*ForumPolitique.com : [http://forumpolitique.com/journal/politique-suisse-232.htm La politique en Suisse]&lt;br /&gt;
*[http://mjp.univ-perp.fr/traites/1919versailles14.htm#XV Traité de Versailles] &lt;br /&gt;
*[http://lessuisses.rts.ch/#1385/en-direct-de-notre-passe-du-20-novembre-2013-le-dernier-mot-au-peuple-1874 Le dernier mot au peuple (1874)]&lt;br /&gt;
* [[Les principes fondamentaux des relations entre États{{!}}Quel est le contenu du droit de neutralité ?]]&lt;br /&gt;
* Monnet, Vincent. Willliam Rappard, l’homme de l’Atlantique. Université de Genève, Campus N°96. Url: http://www.unige.ch/communication/Campus/campus96/tetechercheuse/0tete.pdf&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Références =&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:droit]]&lt;br /&gt;
[[Category:Victor Monnier]] &lt;br /&gt;
[[Category:2011]] &lt;br /&gt;
[[Category:2012]]  &lt;br /&gt;
[[Category:2013]] &lt;br /&gt;
[[Category:2014]]&lt;br /&gt;
[[Category:2015]]&lt;br /&gt;
[[Category:2016]]&lt;br /&gt;
[[Category:2017]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>176.129.59.151</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://baripedia.org/index.php?title=La_mise_en_%C5%93uvre_d%E2%80%99une_loi&amp;diff=37729</id>
		<title>La mise en œuvre d’une loi</title>
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		<updated>2018-10-25T20:46:12Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;176.129.59.151 : /* La procédure pénale */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;= L’action et la juridiction =&lt;br /&gt;
Le droit n'est applicable que si on peut le faire respecter. Intervient pour cela '''le couple action / juridiction. '''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Action: '''Le domaine de la mise en œuvre du droit se définit comme la voie de droit destinée à assurer la sanction du droit avec l'aide des juridictions. Le droit existe que si le titulaire d’un droit à la possibilité de le faire respecter avec l’aide de l’État ou d’autres autorités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Juridiction: '''C’est l’activité de l’État qui dit le droit étendu aux organes institués pour exercer la mission de juger, de rendre la justice, par application du droit. Ces services sont confiés au pouvoir judiciaire afin de permettre de régler les conflits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi le système juridique permet un droit général d’action ; tout droit subjectif permet de mener une action auprès des organes de l’État pour le faire appliquer ou en constater l’existence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Les actions peuvent être civiles, pénales ou administratives.'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Les modes alternatifs des règles de conflit =&lt;br /&gt;
Il y a la possibilité de s’adresser à la juridiction, mais il existe aussi d’autres juridictions que celles de l’État.Cependant cela ne porte pas atteinte au juge de l’État. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
On ne peut y recourir que sur autorisation de l’État, il touche le droit privé, le droit public et le droit international.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Négociations et « pourparlers » ==&lt;br /&gt;
La négociation est un mode utilisé dans le domaine du droit international public. Les deux parties en conflits discutent en vue de résorber les divergences qui les opposent.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Au cours de négociations, il peut y avoir l’intervention d’un tiers qui se met à disposition des parties (bons offices). Il ne participe pas directement, mais par les moyens qu’il met à disposition des parties il favorise les discussions.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les « bons offices » permettent à un pays tiers de jouer un rôle d’intermédiaire permettant aux parties de négocier dans des conditions optimales ; les parties sont libres de négocier.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La Suisse a joué dans certaines crises le rôle de « bons-offices » notamment avec Cuba.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Médiation ==&lt;br /&gt;
La médiation consiste à s’en remettre à un médiateur choisi en fonction du prestige qu’il exerce. Il propose une solution, mais il ne l'impose pas aux parties en conflit qui ont le choix de l'accepter ou la refuser.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Généralement, la médiation touche autant le droit privé (conflit du travail, litiges familiaux) que le droit international.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La conciliation ==&lt;br /&gt;
La conciliation consiste à rapprocher les parties en conflit pour trouver une solution amiable. Le terme amiable vient du mot latin « amicabilis » qui n’appartient qu’au vocabulaire juridique.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La conciliation désigne une solution négociée qui ne peut s’en tenir strictement au droit, le juge ne tranche pas, mais cherche à s’entendre&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
C’est souvent la première mesure que prend le juge saisi d’un litige peut ou doit tenter (ex- droit de la famille). Cependant, l’acceptation relève toujours de la volonté des parties.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’arbitrage ==&lt;br /&gt;
L'arbitrage est la soumission d’un litige à un ou plusieurs arbitres choisis par les partis  qui aboutit à une décision obligatoire. À la différence de la juridiction, on peut choisir son juge.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
L’arbitrage peut être convenu avant la reconnaissance d’un litige d’après la clause compromissoire que s’il y a un litige, on prévoit que le conflit sera tranché par l’arbitrage.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
L’arbitrage peut-être conduit ad hoc c’est-à-dire qu’on l’applique à un cas spécial après qu’un litige soit survenu, alors les parties se mettent d’accord pour régler leur conflit par le mode alternatif de l’arbitrage.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le compromis arbitral est un compromis au moment du conflit, tranché par voie d’arbitrage.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
De nos jours, l’arbitrage est un moyen très utilisé en droit international. D’autre part, l’arbitrage a trouvé un terrain de prédilection dans la vie des grandes entreprises (procédure plus simple, efficace, rapide, discrète). Dans le domaine des affaires commerciales, 80% des contrats commerciaux internationaux prévoient une clause compromissoire. Ce sont les Chambres de commerces européennes qui ont organisé des juridictions arbitrales. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
À la différence des juges, les arbitres ont une grande expérience pratique notamment dans les affaires commerciales.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les parties choisissent les arbitres compétents dans les domaines où il y a des conflits.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Arbitrage de l’Alabama : 15 septembre 1872 la Grande-Bretagne est condamné à verser aux États-Unis une très lourde indemnité pour avoir manqué à ses obligations de stricte neutralité dans la guerre de Sécession. Coupable de négligence en tolérant la livraison aux sudistes d’une vingtaine de bateaux. Va contribuer à l’assise internationale de Genève.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Les partis au procès =&lt;br /&gt;
Le procès peut opposer deux partis c’est notamment le cas du procès civil :&lt;br /&gt;
*'''DEMANDEUR''' (demanderesse) est celui ou celle qui a pris l'initiative d'un procès&lt;br /&gt;
*'''DÉFENDEUR''' (défenderesse) est celui ou celle contre lequel une demande en justice est formée&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La mission de réprimer est révolue à l’État. L’action pénale est un peu différente, car elle a pour mission de réparer, c’est l’État qui s’en charge. Cette action est déclenchée d’office sur son initiative ou de la part d’un agent de l’État par le ministère public.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le ministère public désigne l'ensemble des magistrats chargés de représenter la loi et les intérêts de l'État devant les tribunaux.&lt;br /&gt;
*Dans les cantons : le ministère public est dirigé par un procureur général  élu par le peuple chargé des poursuites pénales.&lt;br /&gt;
*Dans la confédération : le ministère public est dirigé par le procureur général de la Confédération qui est élu par l’Assemblée fédérale.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
L’action est déclenchée d’office, le ministère public n’a pas besoin d’être préalablement demandé pour être mis en œuvre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= La procédure pénale =&lt;br /&gt;
Les règles de droit déclenchées par la procédure pénale sont totalement impératives, ce sont des règles de droit qui ont une forme stricte. Cela permet de garantir la sécurité du droit à l’inculpé. Par exemple, une perquisition doit respecter des règles strictes afin de défendre les intérêts de l’accusé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La procédure accusatoire et la procédure inquisitoire ==&lt;br /&gt;
La procédure pénale, aussi appelée instruction pénale, est la recherche et l’administration des preuves relatives à un crime ou à un délit.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
[[Fichier:Code pénal suisse - article 10.png|vignette|center|700px|[http://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19370083/ Code pénal suisse] - [http://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19370083/index.html#a10 article 10]]]&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
=== Accusatoire ===&lt;br /&gt;
C’est la procédure la plus ancienne, il tire son nom du fait que la procédure pénale est déclenchée par une accusation,elle se déroule sous forme d’un combat organisé selon des formes solennelles entre le demandeur et le défendeur qui est arbitré par un juge afin de mettre fin à ce combat simulé en donnant raison à l’une ou l’autre partie. Elle est l’expression des régimes politiques à forte participation des citoyens. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La poursuite lancée est mise en accusation, le juge est un arbitre. Il veille à ce que le combat entre les deux parties se passe bien il doit statuer sur les preuves qu’on lui produit.  &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Cette procédure est :&lt;br /&gt;
*orale ;&lt;br /&gt;
*publique ;&lt;br /&gt;
*contradictoire.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Elle prend en considération les deux partis sans pour autant ne prendre aucune initiative. Étant donné que la procédure est publique, le citoyen peut vérifier son bon déroulement.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La poursuite et la recherche des infractions sont laissées à l‘initiative des privés, car les moyens de l’accusation sont insuffisants. L’administration des preuves est lacunaire parce que le juge ne peut pas intervenir directement. En raison, les intérêts de l’accusé sont quelque peu lésés.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
D’autre part, il y a une absence d’instruction : Instruction, phase du procès pénal au cours de laquelle le magistrat instructeur  procède aux recherches tendant à identifier l’auteur de l’infraction, à éclairer sa personnalité, à établir les circonstances et les conséquences de cette infraction, afin de décider de la suite à donner à l’action publique. Cette procédure existe principalement aux États-Unis.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le droit de procédure a trait au règlement des conflits et des délits qui portent préjudice à une communauté (Criminalité). Dans son ''Germania'', Tacite parle de l'existence de tribunaux pour régler les différends; les principes, élus, étaient tenus de s'adjoindre des gens du peuple. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Selon le code des Francs saliens (vers 500), le juge dirigeait l'ensemble de la procédure, de la citation jusqu'à l'exécution, alors que la proposition de sentence appartenait aux « rachimbourgs », soit sept hommes choisis comme juges au sein de la communauté lésée, et devait être approuvée par le Thing, soit l'ensemble des hommes en droit de porter les armes (Lois barbares). D'après la loi des Alamans ([http://de.wikipedia.org/wiki/Lex_Alamannorum lex Alamannorum], vers 720),le juge devait être désigné par le duc et agréé par le peuple. La réforme judiciaire carolingienne (vers 770) déféra la capacité de prononcer le jugement à des échevins, juges permanents, et la sentence n'avait plus à être approuvée par le Thing. La subdivision procédurale en basse justice (causae minores) et haute justice ou justice criminelle (causae majores) est à l'origine de la distinction entre procédure civile et procédure pénale (Droit pénal).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Inquisitoire === &lt;br /&gt;
Cette procédure prend naissance dans les juridictions ecclésiastiques et le droit canonique. Elle se généralise dès le XIIIème siècle pour se répandre ensuite dans la plupart des juridictions laïques.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Ce système répond aux besoins d’un régime autoritaire qui place les intérêts de la société au-dessus de l’individu. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Cette procédure tire son nom d’une formalité initiale qui désigne le déroulement ultérieur d’une procédure d’un procès et pèse sur l’enquête, c’est l’inquisitio. L’enquête détermine le déroulement du procès. C’est le magistrat qui procède à cette enquête et elle débute d’office c’est-à-dire à l’initiative du magistrat ou d’un agent de l’État. D’autre part, le magistrat dirige les débats.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le pouvoir d’investigation du magistrat n’est pas limité aux conclusions des partis et détient un caractère secret, écrit, non contradictoire.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Avec l’enquête confiée à des juges, peu de coupables échappent à la sanction. En revanche, les inconvénients sont au fond que sans défense de l’accusé amènent à condamner des innocents. Du point de vue technique la procédure inquisitoire est trop longue, son caractère écrit abouti a une complète  déshumanisation du procès pénal. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Avec cette instruction, l’accusé a peu de chance de s’en sortir et l’audience du jugement n’est que pure finalité, car l’instruction occupe l’essentiel du temps. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La plupart des pays européens au cours du deuxième millénaire sont passés d’un système à un autre. Avec le siècle des Lumières et les résolutions, il y a eu un certain bouleversement. À partir du XIXème siècle, on assiste à un changement de système : on va prendre les meilleurs éléments des deux procédures afin de créer une procédure pénale qui reprend ces deux aspects. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Deux grandes procédures pénales : &lt;br /&gt;
*'''Phase préliminaire''' : type inquisitoire (secrète, écrite et non contradictoire), elle comporte l’enquête de police et l’instruction&lt;br /&gt;
*'''Phase décisoire''' : de type accusatoire, procès puis jugement&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
À partir du siècle des Lumières, on trouve un système mixte qui prend les avantages du type inquisitoire et accusatoire pour la phase décisoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les étapes de la procédure devant le juge ==&lt;br /&gt;
Les règles de fond et de la procédure pénale sont soumises au principe de la légalité &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
=== Principe de la légalité ===&lt;br /&gt;
Le principe de la légalité exige que l'administration n'agisse que dans le cadre fixé par la loi. D'une part, l'administration doit respecter, dans toutes ses activités, l'ensemble des prescriptions légales qui la régissent, ainsi que la hiérarchie de ces prescriptions: c'est le  principe de la primauté – ou, selon une terminologie plus traditionnelle, de la suprématie – de la loi. D'autre part, l'administration ne peut agir que si la loi le lui permet; en d'autres termes, toute action de l'administration doit avoir un fondement dans une loi: c'est le principe de l'exigence de la base légale.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
[[Fichier:Code pénal suisse - article 1.png|vignette|center|700px|[http://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19370083/ Code pénal suisse] - [http://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19370083/index.html#a1 article 1]]]&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La loi est la seule source du Code pénal, elle seule définit les infractions et les peines qui lui sont applicables. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Ce principe de la légalité implique trois conséquences : &lt;br /&gt;
*''nullum crimen sine lege'' : pas de crime sans loi ;&lt;br /&gt;
*''nulla poena sine lege'' : pas de peine sans loi ;&lt;br /&gt;
*''nulla poena sine crimine'' :pas de peine sans crime. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Ces conséquences impliquent que les règles de procédure doivent trouver leurs sources dans la loi et elles doivent être conformes au droit.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La règle de la légalité est un principe constitutionnel :&lt;br /&gt;
*principe de suprématie de la loi qui doit être appliqué par tous ;&lt;br /&gt;
*exigence de la base légale : toute activité de l’État doit être fondée et reposée sur la loi ;&lt;br /&gt;
*les règles de procédure doivent être appliquées selon le principe de la bonne foi.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La procédure ne doit pas devenir une fin en soi, car elle risque de supplanter la justice. Dès lors, il ne faut pas que les agents qui appliquent la procédure aillent à l’encontre du principe de la bonne foi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Principe de la bonne foi ===&lt;br /&gt;
Le principe de la bonne foi (bonne foi au sens objectif) est le principe qui oblige l’État et les particuliers à se comporter de manière honnête et loyale dans leurs relations juridiques (voir art. 5 al. 3 Cst. ; art. 2 al. 1 CC). La bonne foi au sens objectif doit être distinguée de la bonne foi au sens subjectif (art. 3 CC) qui désigne le fait qu’une personne ignore un vice juridique affectant un état de fait spécifique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 - article 5.png|vignette|center|400px|[http://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19995395/index.html Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999] - [http://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19995395/index.html#a5 article 5]]]&lt;br /&gt;
[[Fichier:Code civil suisse - article 2.png|vignette|center|400px|[http://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19070042/201307010000/210.pdf Code civil suisse] - [http://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19070042/index.html#a2 article 2]]]&lt;br /&gt;
[[Fichier:Code civil suisse - article 3.png|vignette|center|400px|[http://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19070042/201307010000/210.pdf Code civil suisse] - [http://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19070042/index.html#a3 article 3]]]  &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La loi doit conjuguer harmonieusement l’intérêt des individus et les intérêts de la société. Il importe donc que des dispositions de procédures ne soient ni trop sévères pour l’inculpé ni exagérément formalistes. Il faut que la défense s’exprime librement et c’est la procédure pénale qui l’indique sans toutefois qu’elle mette en péril la tâche de l’État et la tâche de la répression. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
D’autre part, la procédure pénale est mue et déterminée par un ensemble de principes qui imposent aux autorités pénales certains devoirs fondamentaux.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Ces principes découlent généralement de la constitution fédérale, mais également des traités internationaux comme par exemple la convention des droits de l’Homme ou les pactes de l’ONU concernant ce sujet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les étapes de la procédure pénale ==&lt;br /&gt;
Le premier janvier 2011, la procédure pénale est passée dans les mains de l’État fédéral. Cet évènement est marqué par l’entrée en vigueur des codes de procédures civiles et codes de procédure pénale.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
C’est le peuple et les cantons qui ont modifié la constitution en mars 2000 en faisant passer les compétences pénales dans le domaine de la confédération. L’État fédéral l'a exercée en mettant en place une loi de procédure civile et une loi de procédure pénale. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La procédure civile se caractérise par deux phases : &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
'''PHASE 1 : Préliminaire''' &lt;br /&gt;
*Investigation (enquête de police)&lt;br /&gt;
*Instruction &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le ministère public cantonal dirige les investigations, l’instruction et dresse l’acte d’accusation devant le tribunal.  Ainsi la mise en accusation,l’instruction et l’accusation ne relèvent que du ministère public. Cet organe va conférer une grande efficacité à la poursuite pénale.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le ministère public désigne l'ensemble des magistrats chargé de représenter la loi et les intérêts de l'État devant les tribunaux.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Instruction, phase du procès pénal au cours de laquelle le magistrat instructeur procède aux recherches tendant à identifier l’auteur de l’infraction, à éclairer sa personnalité, à établir les circonstances et les conséquences de cette infraction, afin de décider de la suite à donner à l’action publique.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Investigation&lt;br /&gt;
à la suite d’une dénonciation les autorités vont procéder a une investigation. Sur la base des investigations, le ministère public va déterminer s’il y a lieu d’ouvrir une instruction : il y a ouverture d’une instruction lorsqu’il y a des soupçons suffisants laissant présupposer qu’une infraction a bien été commise. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Ouverture de l’instruction &lt;br /&gt;
À la vue des éléments, le ministère public va prendre la décision de mettre le prévenu en accusation. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
'''PHASE 2 : Décisoire''' &lt;br /&gt;
La transmission de l’acte d’accusation déclenche la phase décisoire. Le ministère public devient une simple partie de l’accusation :accusateur public. Le président du tribunal est celui qui assure la direction de la procédure.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Première étape : l’examen de l’accusation (principe inquisitoire)&lt;br /&gt;
*le ministère public fait passer au tribunal l’acte d’accusation &lt;br /&gt;
*le tribunal vérifie si l’acte d’accusation a été élaboré régulièrement &lt;br /&gt;
*si le comportement dénoncé dans un acte d’accusation est punissable, s’il existe des soupçons suffisants permettant d’étayer un acte d’accusation alors le juge va initier le procès &lt;br /&gt;
*le président prépare les débats,met les dossiers en circulation, fixe la date du procès et convoques les personnes dans le cadre de l’affaire&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Deuxième étape : le débat devant le tribunal (principe accusatoire) &lt;br /&gt;
La procédure est accusatoire publique, orale . Le juge est l’acteur de cette phase, mais il est aussi arbitre.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les débats suivent une procédure précise :&lt;br /&gt;
*début : acte d’accusation&lt;br /&gt;
*procédure probatoire &lt;br /&gt;
*auditions des témoins, prévenus,experts&lt;br /&gt;
*examen des preuves &lt;br /&gt;
*plaidoiries : le ministère public commence suivit par la partie plaignante, un second tour de plaidoirie peut être demandée&lt;br /&gt;
*le dernier mot revient toujours au prévenu &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Troisième étape : jugement &lt;br /&gt;
Le tribunal se retire à huis clos afin d’établir le jugement &lt;br /&gt;
*La délibération est d’abord orale puis écrite&lt;br /&gt;
*comporte plusieurs questions : &lt;br /&gt;
#le prévenu est-il coupable ou non ? (art. 351 Code de procédure pénale) : le tribunal doit trancher en faveur de l’accusé (in dubio proreo : le doute profite à l’accusé)&lt;br /&gt;
#la sanction : fixation de la peine dans les limites légales en fonction des faits dont le prévenu a été déclaré coupable&lt;br /&gt;
#les intérêts civils : lorsque le lésé réclame des dommages et intérêts,le tribunal doit se prononcer sur les dommages et intérêts &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Procédure pénale.jpg|center|thumb|600px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= La justice des mineurs =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les modèles régissant la justice des mineurs ==&lt;br /&gt;
On distingue trois grands modèles : &lt;br /&gt;
*le modèle punitif (dans les pays anglo-saxons)&lt;br /&gt;
*le modèle protecteur (Brésil, Portugal,Espagne) &lt;br /&gt;
*le modèle intermédiaire (Suisse)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le '''modèle punitif''' ne fait pas de grandes différences avec la justice adulte. Dans ce système répressif, le mineur est frappé de lourdes sanctions et est placé dans des institutions fermées. Le juge ne s’occupe pas de protéger le délinquant mineur. L’objectif est de privilégier la protection de la société, sans se soucier de la protection du mineur. → 80% de récidive&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le '''modèle protecteur''', le juge va chercher à comprendre pourquoi le délinquant mineur a dérapé. Ce délinquant mineur est considéré comme une victime et a donc besoin d’être soigné et encadré. Le juge dispose d’une très grande marge d’appréciation. Ce modèle protecteur se désintéresse de la victime du délinquant mineur et privilégie la réinsertion de ce dernier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le '''modèle intermédiaire''' se situe entre les deux modèles précédents. Bien que se souciant de la protection de la société, ce modèle garde comme objectif premier l’éducation du délinquant mineur. Ainsi, le juge n’a pas à répondre par une seule et unique sanction à un délit commis par un mineur, mais il dispose de tout un éventail de mesures. → 35% à 45% de récidive&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le modèle du procureur des mineurs et le modèle du juge des mineurs ==&lt;br /&gt;
Le modèle du procureur des mineurs, qu’on retrouve dans la majorité des cantons alémaniques, prévoit qu’un magistrat mène l’enquête, tranche les cas les moins importants par une ordonnance pénale qui classe l’affaire (art. 32 de la procédure pénale pour les mineurs) et dans les autres cas, rédige lui-même l’acte d’accusation avant de le transmettre au tribunal des mineurs. Ce magistrat ne siège pas lui-même au sein du tribunal, il ne fait que soutenir l’accusation (partie accusatoire), mais il s’occupe aussi de l’après-jugement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le modèle du juge des mineurs, qu’on retrouve dans les cantons latins, prévoit que c’est le même juge qui mène et l’enquête, tranchent les cas les moins importants par une ordonnance pénale qui classe l’affaire(art. 32 de la procédure pénale pour les mineurs) et grande différence avec le modèle du procureur des mineurs, siège au sein du tribunal et donc participe pleinement au jugement du mineur. Ce modèle est à l’avantage du délinquant mineur, car le juge le connait personnellement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le système des peines et la médiation ==&lt;br /&gt;
Lorsqu’il retient que des infractions ont été commises, le tribunal pénal des mineurs peut prendre les décisions suivantes : ordonner des mesures de protection, exempter le mineur de peine ou alors prononcer une peine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Les mesures de protection (surveillance, assistance personnelle…) sont prévues à l’article 10 de la loi fédérale régissant la condition pénale des mineurs et ont pour but de protéger le délinquant mineur,qu’il soit coupable ou non. &lt;br /&gt;
*Selon l’article 21 de la loi fédérale régissant la condition pénale des mineurs, le tribunal peut renoncer à prononcer une peine si cette peine risque de compromettre l’objectif visé par une mesure de protection déjà ordonnée. &lt;br /&gt;
*La peine prononcée par le tribunal pénal des mineurs peut s’échelonner de la réprimande, à la prestation personnelle, ou à l’amende et dans les cas extrêmes à la privation de liberté. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ce cadre-là et selon l’article 16 de la loi de procédure pénale pour les mineurs, l’autorité d’instruction et le tribunal des mineurs peuvent tenter d’aboutir à une conciliation entre le lésé et le prévenu mineur lorsque la procédure porte sur une infraction poursuivie sur plainte (par exemple les dommages à la propriété, tels des graffitis). Si cette conciliation aboutit alors la procédure est classée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’article 17 prévoit lui la médiation : l’autorité d’instruction et les tribunaux peuvent en tout temps suspendre la procédure et charger une personne compétente dans le domaine de la médiation d’engager une procédure de médiation. Le médiateur ou la médiatrice est une personne indépendante de la justice. Si, grâce à la médiation, un accord intervient entre le prévenu mineur et le lésé, on renonce à toute poursuite pénale et la procédure est classée (article 5). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La médiation permet de montrer au mineur que son acte est une infraction qui viole la loi. Celui-ci va donc pouvoir se rendre compte du tort qu’il a causé et de ce qu’il doit faire pour se racheter de l’acte qu’il a commis. La médiation, dans le cadre de la justice pénale des mineurs, a avant tout une dimension sociale et a l’avantage d’intégrer toutes les parties concernées par le conflit. Cette médiation n’est toutefois pas obligatoire et n’est offerte qu’avec le consentement des deux parties. Elle peut être envisagée à tous les stades de la procédure et même pendant l’exécution des mesures, soit après le jugement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À travers la médiation, les personnes abordent les suites à donner à la procédure pénale en cours et envisagent leurs propres solutions afin d’aboutir à un accord, qui peut comprendre ou non le retrait de la plainte. Le contenu de la médiation (ce qui s’y est dit) est confidentiel à l’égard des autorités judiciaires, ces dernières n’étant informées que de l’éventuel accord trouvé lors la médiation. À la différence de la conciliation, ce sont les parties qui dans la médiation trouvent elles-mêmes les solutions. Ces solutions doivent ensuite être acceptées tant par la victime que par le mineur délinquant. Le médiateur n’impose donc pas de solutions aux parties. La médiation est en règle générale (70%) très appréciée par les personnes qui y ont eu recours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Les voies de recours =&lt;br /&gt;
'''Le recours''' désigne une demande dirigée contre une décision ou un acte quelconque.'' Le recours désigne également le document écrit porteur du recours. ''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les voies de recours se répartissent en deux catégories : les voies de recours ordinaires et les voies de recours&lt;br /&gt;
extraordinaires. En principe, le tribunal qui rend un jugement donne toutes les garanties de justice et de rectitude. Mais pour apporter une garantie supplémentaire, on a prévu les voies de recours qui fonctionnent selon la règle du double degré de juridiction ou de double instance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon cette procédure, un litige peut être traité en fait et en droit successivement par deux instances hiérarchisées : &lt;br /&gt;
*Une première fois par un tribunal de premier degré ou de première instance, qui rend un jugement. &lt;br /&gt;
*Une deuxième fois par une cour d’appel ou un tribunal de second degré, qui rend un arrêt exécutoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si les parties ne sont toujours pas satisfaites de ce second jugement, elles peuvent recourir à un moyen extraordinaire appelé le pourvoi en cassation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’appel ==&lt;br /&gt;
L’appel est la voie de recours ordinaire afin d’obtenir la réformation du procès de première instance. La possibilité de faire appel est la même dans tous les ordres juridiques. Il se peut toutefois qu’une décision de première instance soit rendue sans possibilité d’appel, notamment si l’enjeu social ou économique est négligeable. La justice est un service coûteux et sa mise en œuvre nécessite le respect de la proportionnalité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’appel a deux effets : un effet suspensif qui suspend le jugement de première instance, et un effet dévolutif qui impose au juge de première instance de transmettre au juge d’appel la connaissance de toute l’affaire. L’affaire sera au besoin rejugée de manière nouvelle. Dans ce cas, le juge va revoir et les faits et le droit, c’est-à-dire la forme et le fond. Une cour d’appel rend un arrêt exécutoire qui va se substituer au jugement de première instance. Cet arrêt ne pourra pas faire l’objet d’un nouveau recours ordinaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le pourvoi en cassation ==&lt;br /&gt;
Le pourvoi en cassation est un recours extraordinaire, par lequel une partie demande à une cour supérieure d’annuler un jugement parce qu’elle considère qu’il y a eu violation du droit. C’est pourquoi le recours n’est pas dévolutif et l’affaire n’est jugée qu’en droit, les faits étant considérés comme acquis. Le pourvoi en cassation n’a généralement pas d’effet suspensif, sauf dans le cas où le juge de cassation le déciderait. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En principe, le juge de cassation ne rend pas des arrêts exécutoires par les parties au procès. S’il estime que la décision déférée est correcte, il la confirme et dans ce cas c’est la décision de l’instance inférieure qui sera exécuté. Si, en revanche, il estime que la décision n’est pas conforme au droit, alors il la casse et renvoi l’affaire à la cour d’appel qui a prononcé le jugement en question. Le pouvoir de cassation est subsidiaire par rapport à l’appel et la loi énumère limitativement les moyens que le recourant peut invoquer en cassation. Il s’agit généralement de vices graves du droit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour résumer, le pourvoi est un moyen de recours extraordinaire par lequel une partie demande à une cour suprême d’annuler le jugement en cas de violation grave du droit. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La révision ==&lt;br /&gt;
C’est une voie de recours extraordinaire par laquelle une partie demande la reprise complète d’un procès étant déjà entré en force et ayant donc déjà été exécuté. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour faire réviser un procès, il faut pouvoir prouver que de nouveaux faits importants, qui n’ont pas pu être invoqués lors du procès précèdent, ont été découverts. Dans ce cas, la loi admet que lorsqu'un jugement est entaché d’un vice grave, il peut être révisé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Annexes =&lt;br /&gt;
*Kolb, Robert. [http://rbdi.bruylant.be/public/modele/rbdi/content/files/RBDI%201998/RBDI%201998-2/Etudes/RBDI%201998.2%20-%20pp.%20661%20%C3%A0%20732%20-%20Robert%20Kolb.pdf La Bonne Foi En Droit International Public: Contribution À L'étude Des Principes Généraux De Droit]. Genève: Institut Universitaire De Hautes Études Internationales, 1999.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Références =&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:droit]]&lt;br /&gt;
[[Category:Victor Monnier]] &lt;br /&gt;
[[Category:2011]] &lt;br /&gt;
[[Category:2012]]  &lt;br /&gt;
[[Category:2013]] &lt;br /&gt;
[[Category:2014]]&lt;br /&gt;
[[Category:2015]]&lt;br /&gt;
[[Category:2016]]&lt;br /&gt;
[[Category:2017]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>176.129.59.151</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://baripedia.org/index.php?title=Fonctionnalisme_et_Syst%C3%A9misme&amp;diff=37519</id>
		<title>Fonctionnalisme et Systémisme</title>
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		<updated>2018-10-08T18:18:44Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;176.129.59.151 : /* Jean-William Lapierre (1921 - 2007) */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;= Le Fonctionnalisme =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Image du corps humain, chaque organe a sa fonction. Dans le fonctionnalisme, on analyse les organes de la société par leur fonction. On interprète donc la société ou la politique comme un corps vivant. C'est par la coordination des fonctions et des organes que le développement s'effectue. Cette vision implique un concept d'efficacité et des processus de régulation. La fonction est à définir ici par son sens biologique : {{citation|c'est la contribution qu'apporte un élément à l'organisation ou à l'action de l'ensemble dont il fait partie}}&amp;lt;ref&amp;gt;G. Rocher, Introduction générale à la sociologie, p.165.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le courant apparaît dans les années 1930 et son âge d'or se situe dans les années 1960, principalement dans la sociologie anglo-saxonne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La théorie fonctionnaliste se base sur le principe fondateur suivant : sans considérer ses ressources matérielles et son architecture (organisation), toute société doit remplir certaines fonctions naturelles (universelle). Parmi elles : produire des biens et services (nourritures, logement, soins), se reproduire (organisation des unions, sexualité, famille), assurer la protection des membres (solidarité, défense). Ainsi, l’analyse fonctionnelle postule que chaque coutume, chaque objet matériel, chaque croyance remplit une fonction vitale, est une partie vitale d’un tout organique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On distingue alors les sociétés les unes des autres par leur façon de remplir ces fonctions et par la mise en place de leurs institutions culturelles. Selon les approches fonctionnalistes, des institutions différentes peuvent remplir des fonctions identiques. Par exemple, l’apprentissage des règles sociales peut se faire par un mode d’imitation, par fusion ou par transmission. On peut qualifier ces trois formes de socialisation d’« équivalents fonctionnels ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les fondateurs du fonctionnalisme sont à chercher dans le domaine de l’anthropologie, où Malinowski crée le néologisme. On voit apparaître trois courants principaux représentés par les auteurs suivants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bronislaw Malinovski (1884 - 1942) : Le fonctionnalisme anthropologique ou le fonctionnalisme absolu ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bronislaw Malinovski est polonais d’origine, étudiant l’anthropologie en particulier les sociétés premières, celles qui sont loin de nous et qui ont conservés des coutumes traditionnelles. Il entreprend des études à Cracovie de philosophie, fait un doctorat d’économie à la London School of Economics et se spécialise sur les peuples mélanésiens dans les iles afin de travailler sur des groupes humains protégés qui ont conservé leurs coutumes. Il va produire un certain nombre de livres sur les mélanésiens dit aussi les « Argonautes » dans une tradition d’anthropologue. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’anthropologie postule qu’il n’y a pas de connaissance immédiate ni du politique ni de la société. Il reste en immersions des années dans les îles Trobriand et va étudier un phénomène particulier qui existe dans ces tributs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les tribus des iles Trobriand pratiquent des échanges intertribaux, cela veut dire que cet échange va se faire entre les différentes tribus. Deux types d’objets circulent à savoir des coquillages rouges sous forme de colliers et des bracelets à travers un système d’échange social. Il met en exergue un principe qui s’énonce selon lequel  ces deux objets réapparaissent de façon continue et rentrent dans une économie de l’échange rapide, les familles ne doivent pas les conserver. Aussitôt qu’une autre fête est prononcée, ces objets sont remis en circulation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Phénomène de la kula.png|200px|vignette]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il décrit le '''phénomène de la Kula''' qui est le lieu où les individus vont échanger leurs présents. Tout homme qui rentre dans cet espace reçoit un ou plusieurs brassards et doit assez rapidement le transmettre à un autre à l’occasion d’un autre rassemblement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est intéressant, car c’est un phénomène original pour les Occidentaux, c’est aussi un principe qui se perpétue. C’est un objet qui n’est pas de l’ordre de la transaction ponctuelle, mais de l’ordre de la transition perpétuelle. Dans la Kula, il s’interroge sur la nature de cette transaction ; au fond, cette transaction  n’a pas de valeur particulière, mais elle s’accompagne d’un cérémonial et d’une capacité à penser la possession comme très limitée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la Kula, il s’interroge sur le fait que se joue un échange non pas financier, mais social encadré qui a une fonction précise qui est de fabriquer en permanence le lien social entre les individus et les communautés. Il y a une opération qui, vue de l’extérieur n’a aucun sens, mais vue de l’inférieur décrit une fonction de régulation par la nature même de l’échange.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Kula a une fonction régulatrice. Cet échange renvoie à un espace sociétal et politique, car ces échanges régulent des échanges symboliques qui régulent la collectivité. C‘est une activité sociale importante contrôlée précisément et encadrée par la magie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui est intéressant est que Bronislaw Malinovski prononce une analyse fonctionnaliste, ici la fonction n’est pas d’ordre économique, mais d’ordre sociétal et d’ordre fonctionnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’analyse de la Kula permet de constituer le discours sur l’analyse fonctionnelle des systèmes politiques ; la régulation sociale permet la cohésion collective des différentes tribus. À partir du moment où elle doit se dérouler de façon continue, elle empêche la guerre puisqu’elle oblige les gens à se rencontrer et échanger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Alfred Radcliffe-Brown : 1881 - 1955 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Radcliffe-Brown est un anthropologue britannique qui va étudier les systèmes politiques australiens des aborigènes ainsi que leurs organisations sociales.  Dans son livre Structure et Fonction dans la société primitive (1968) on voit apparaitre l‘analyse structuraliste qui est de dire que nos sociétés sont traversées par des structures invisibles qui perdurent dans leurs organisations sociales, spatiales et politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il va reconnaitre le message structuraliste et y ajoute le fonctionnalisme donnant le structuralo-fonctionnalisme : toute société est élaborée et construite à partir de structures, mais qui ont des fonctions précises.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les structures d’une société peuvent être fonctionnalistes, elles ont pour but de fabriquer du lien et de la rationalité, elles ont des objectifs de fonctionnalité. La structure n’est pas simplement quelque chose de pesant, mais qui organise, alors elles ont une portée fonctionnaliste afin de réguler le vivre ensemble.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi tout  processus de la vie sociale est un système adaptatif, les structures subsistent, mais peuvent évoluer .L’adaptabilité se manifeste à trois niveaux :&lt;br /&gt;
*écologique ;&lt;br /&gt;
*institutionnel ;&lt;br /&gt;
*culturel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au fond c’est à travers ces trois niveaux que se construit et s’élabore la société.Dès lors les institutions fonctionnent à partir de structures sociales constituées d’individus, mais sont reliées par des actions sociales à l’intérieur d’un tout. C’est une vision organiciste et d’interrelations ; les institutions politiques fonctionnent dans des structures sociales, la société ce sont des individus qui sont reliés par des relations sociales à l’intérieur d’un tout, c’est-à-dire que les individus ne sont jamais isolés, ils font partie d’un ensemble de social. En découle la notion de système social, le social n’est pas qu’une somme d’individu c’est aussi une organisation, quand on parle de système social on parle de valeurs collectives qui font société. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Apparait derrière la notion de système social la notion d’organisation de la société  et de règles implicites qui font que nous adhérons à une société et que nous en acceptons ses valeurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Radcliffe-Brown poursuit la réflexion sur l’adaptabilité, le système et le lien entre structure et fonction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Talcott Parsons : 1902 - 1979 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Talcott Parsons.jpg|thumb|150px|Talcott Parsons.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parsons est un biologiste qui a soutenu  un doctorant à l’Université de Heidelberg en sociologie et en économie. Il est intéressant, car il va poursuivre ses travaux en cherchant à faire le lien entre l’action,la structure, et puis le fonctionnalisme. En 1969, il publie &amp;quot;''Politics and Social Structure&amp;quot; qui traite des structures sociales et politiques, en 1977, sur les systèmes sociaux, il publie ''Social Systems and the Evolution of Action  Theory'' et en 1978 un ouvrage traitant de l’action et de la condition humaine ''Action Theory and the Human Condition''.''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est un auteur intéressant, car il pose l’action non pas comme quelque chose d’individuel, mais comme étant incorporée dans un système de l’action. Si nous sommes dans une interprétation systémique de la société et du politique, l’action ne dépend plus d’un individu, mais d’un système d’action. Du coup, apparaissent des notions importantes sur l’analyse de la gouvernementalité et la mise en place de systèmes, car ce ne sont jamais uniquement celles d’un individu, mais c’est aussi un ensemble de données dans un système plus global renvoyant à la question du système.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un système d’action est un élément, des unités ou des parties d’unités qui doivent fabriquer entre eux des rapports afin de pouvoir arriver à des choix d’actions. Un système d’action va engager tout un ensemble d’activités qui relient des choix individuels à des choix collectifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, Parsons met en exergue quatre fonctions ou dimensions du système d’action :&lt;br /&gt;
#'''adaptation''' : consiste à puiser dans les systèmes extérieurs les diverses ressources dont le système a besoin. C’est aller chercher des ressources et les adapter aux besoins.  &lt;br /&gt;
# '''poursuite des buts''' : capacité de se fixer des buts et de les poursuivre méthodiquement. Dans un système d’action, il faut d’abord s’adapter à la situation réelle puis définir des buts ; il faut les fixer puis se donner les moyens de les atteindre. Il y a une dimension logiquement instrumentale. Les buts conditionnent les moyens et les instruments.&lt;br /&gt;
#'''intégration''' : protéger le système contre des changements brusques et des perturbations majeures. C’est s’interroger sur la mise en place d’un dispositif qui va pouvoir traverser des crises et perdurer dans l’action. Si on ne construit pas, il va être balloté par les crises,  c’est tout le rapport que nous avons aujourd’hui qui est la contradiction entre être présent dans l’immédiateté des évènements et poursuivre une action.&lt;br /&gt;
#'''latence''' : système de canalisation qui sert à la fois à accumuler de l’énergie sous forme de motivation et à la diffuser, elle est de l’ordre de la motivation, de l’ordre de la capacité à contenir la motivation dans la capacité d’agir. Dans les politiques publiques, on a souvent une déclaration d’intention sans la conscience des moyens pour la réaliser, en d’autres termes on fixe un objectif, mais on ne pense pas aux conditions mêmes de la résolution de la question mettant en exergue des contradictions institutionnelles. Il ne suffit pas de garder la motivation il faut la transposer, mais aussi fabriquer un dispositif qui permet de les résoudre. &lt;br /&gt;
                                                         &lt;br /&gt;
Le réel montre souvent que ces fonctions du système d’action ne sont pas remplies ou n’arrivent pas à se remplir presque naturellement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[fichier:Parson_moyen_but.png|center|thumb|500px]]&lt;br /&gt;
   &lt;br /&gt;
Le paradigme fonctionnel du système d’action est de dire que nous sommes dans une boucle qui fait qu’on doit s’adapter pour revenir aux buts qui favorisent la question de l’intégration (coordination, lutter contre les agents perturbateurs), ensuite on retombe sur la question de la latence et de la motivation et on revient à la question de l’intégration. On est dans un dispositif totalement circulaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Robert King Merton (1910 - 2003) : le structuralisme de moyenne portée ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Robert_K_Merton.jpg|thumb|Robert King Merton.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Influencé par [[Les approches en sciences politiques de Durkheim à Bourdieu|Durkheim]], il s’intéresse aux groupes sociaux et va raffermir ce modèle avec deux concepts importants :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*'''le rôle des individus '''&lt;br /&gt;
Dans une vision fonctionnaliste, il rajoute une dimension humaine en disant qu’il y a du fonctionnalisme, des fonctions, mais que les individus sont acteurs au niveau des fonctions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*'''la question de l’anomie et du dysfonctionnement social '''&lt;br /&gt;
Une anomie est un état de décomposition, d’échec, d’arrêt, de rupture dans un système. L’anomie signifie qu’à un moment donné un système social et politique peut connaitre des formes de ruptures qui vont faire partir le système en échec. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les systèmes fonctionnels ne sont pas garantis éternellement, ils peuvent connaitre des phénomènes de mutation ou de désagrégation interne qui mettent le système en échec. L’ensemble du système et de la fonction ne peuvent plus atteindre leur objectif, il y a dérégulation. Ainsi l’anomie se caractérise dans le dysfonctionnement social. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsqu’un système social ne peut plus réguler le rôle de chacun dans la société et la place et la fonction du politique dans ces échanges, à ce moment il peut y avoir une forme d’anomie c’est-à-dire que le dysfonctionnement social met en péril l’ensemble du dispositif. Il caractérise aussi l’anomie comme passage d’un ordre ancien à un ordre futur dont on ne connait pas les règles ; c’est le sentiment de quitter un modèle sans pour autant savoir dans quelle direction nous allons. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’anomie est décrite non seulement comme une structure sociale qui ne fonctionne plus, mais du coup comme des individus en attente de sens perdu et qui dans l’attente de ce sens perdu peuvent redéfinir des comportements spécifiques notamment des comportements de violence ou de déviance. La déviance étant un comportement qui ne répond plus aux comportements et aux aspirations de la société. La déviance surviendrait au moment où il y a disproportion entre les flux culturels considérés comme valables et les moyens légitimes auxquels les individus peuvent avoir accès pour atteindre ces buts. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En d’autres termes, la déviance intervient quand il y a une contradiction entre les finalités et les objectifs de la société et puis le fait qu’elle n’ait plus les moyens de les atteindre. À partir du moment où la société ne peut plus réguler le champ social, la mafia se substitue à la vacance d’un pourvoir de l’État dispensateur de travail et organisateur du champ social qui crée un autre pouvoir à l’intérieur qui est un pouvoir déviant. Donc il faut s’interroger sur ces questions de déviance, car ce sont des ruptures dans un système structuralo-fonctionnaliste qui montre un décalage et une tension entre l’évolution de la société et la réalité du modèle qui ne fonctionne plus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ''Contemporary Social Problems : An Introduction to the Sociology of Deviant Behavior and Social Disorganization'' écrit par Robert K. Merton et Robert A. Nisbet et publié en 1961 apparait une théorie sociologique des problèmes sociaux ou reprenant la question du normal et de l’anormal, du logique et de l’illogique disant qu’une même structure sociale et culturelle peut créer des comportements conformes, mais peut aussi créer des comportements de déviation et de désorganisation sociale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, ils s’interrogent sur la provenance de la désorganisation dans le système en distinguant trois éléments :&lt;br /&gt;
*les conflits institutionnels ;&lt;br /&gt;
*la mobilité sociale : c’est le fait qu’il y ait trop d’écart entre les individus et qu’il n’y ait plus de sentiment d’appartenance ;&lt;br /&gt;
*l’anomie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le fonctionnalisme explique les faits sociaux par leur fonction, puis s’interroge sur les fonctions et les faits sociaux dans un système social toujours rapporté à la façon dont ils sont liés les uns aux autres. Par exemple, la Kula est un système d’échange qui a une portée sociale et fonctionnelle très importante, car au-delà de l’échange c’est un jeu de construction d’une collectivité qui a pour fonction d’éviter les guerres et les conflits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un système, les individus font partie d’un dispositif dont ils servent les fins. Cependant dans ce dispositif il peut y avoir des stratégies d’intégration et de déviance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= La théorie systémique =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la théorie systémique, l’action sociale ou humaine engage quatre systèmes principaux :&lt;br /&gt;
*'''système biologique''' : motivations élémentaires de l’individu ;&lt;br /&gt;
*'''système de la personnalité''' : organisation psychique de l’individu ;&lt;br /&gt;
*'''système social''' : ensemble des rapports d’interaction ;&lt;br /&gt;
*'''système culturel''' : ensemble des valeurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Quelle est la différence entre une approche de politique traditionnelle et une approche systémique ?'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans '''l’approche traditionnelle de l’analyse du politique''' on étudie les acteurs en tant que tels et les prises de décisions alors que dans l’analyse systémique du politique on va réfléchir en termes d’interactions entre les acteurs, en termes de processus de répartition des ressources puis réfléchir en termes de puissance d’acteur ou des avantages sociaux des acteurs c’est-à-dire en fonction du poids des acteurs dans le système. Dans l’analyse systémique, on va interroger plutôt le champ des compétitivités, de relations, de conflictualité des acteurs dans les dispositifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans '''l’analyse systémique''' du politique on part de l’hypothèse que chaque groupe d’acteurs est doté de normes, de processus spécifiques d’action et de processus de répartition des modes d‘action afin de catégoriser les acteurs dans un processus plus complexe. Dans une analyse systémique, on met en place une analyse des interactions dans l’environnement même dans lequel se produisent ces interactions en donnant plus de place dans l’interaction entre action et environnement qui se contextualise dans la notion de système.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l’analyse systémique, on garde l’hypothèse de cohérence, il faut que le processus soit cohérent. On va étudier les systèmes d’acteurs, les systèmes de cohérence ainsi que la cohérence entre les différents sous-systèmes, c’est-à-dire que l’on va analyser le processus de décisions de processus politiques comme un ensemble d’acteur et d’agent dont découlent des sous-systèmes à travers lesquels ils agissent. Nous sommes dans une analyse rétroactive ce qui signifie qu’un processus de décision est rarement un processus linéaire. Un processus d’action pose une question d’action et ensuite, cherche à définir les processus d’action, il commence à agir pour enfin revisiter les conditions de son action. Cela veut dire qu’il s’interroge pour voir si les conditions fonctionnent bien. Si ce processus ne fonctionne pas, il faut s’interroger sur la rétroaction afin de la changer. C’est ce que l’on appelle une causalité non linéaire.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
== David Easton (1917 - 2014) : la théorie systémique en sciences politiques ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Easton s’intéresse à l’invention et à la constitution d’une théorie systémique en sciences politiques. Il va chercher à utiliser  cette vision systémique des sciences sociales afin d’essayer d’analyser ce qu’est le politique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son ouvrage ''The Political System'' publié en 1953 il dit qu’au fond, cette théorie se fait dans l’interprétation de la politique comme universalité, il y a de la politique partout, mais étant dans un système on peut comparer tous les systèmes par rapport aux autres. On l’éloigne beaucoup de la vision de l’anthropologie qui est relativiste. La pensée fondamentale de l’anthropologie est le relativisme culturel, il y a des gouvernements politiques différents et ce qui est intéressant est de comprendre la nature et leurs fonctions propres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La vision systémique  en sciences politiques va partir de l’autre côté en nous tirant  du côté d’une théorie politique qui considère que l’on peut bâtir des connaissances universelles d’autant plus facilement qu’elle reconnait que la vision de système politique est mondiale. En sciences-politiques quand on analyse des systèmes politiques  on est dans une analyse comparative des systèmes, s’il y a des différences c’est que ce sont toujours des systèmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’hypothèse d’Easton est de dire que l’on peut construire une théorie politique par l’avancement des sciences politiques sur la base de productions de modèles de compréhensions systémiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, il voit la société contemporaine comme un chaos auquel l’homme pourra mettre fin s’il applique la méthode scientifique à l’analyse des phénomènes politiques afin de les caractériser tel qu’ils se sont conçus et développé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est pour une théorie systémique globale,il faut décortiquer dans la société contemporaine quelles sont les différents systèmes à l’œuvre.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les principales fonctions de la théorie politique selon Easton :&lt;br /&gt;
#proposer des critères pour identifier les variables à analyser&lt;br /&gt;
#établir des relations entre ces variables&lt;br /&gt;
#expliquer ces relations&lt;br /&gt;
#élaborer un réseau de généralisation&lt;br /&gt;
#découvrir de nouveaux phénomènes &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au fond, on est dans une vision très globale de l’analyse du champ du système dans lequel rentrent ces critères entre les différents éléments des sous-systèmes. C’est une science politique qui va décortiquer les grands systèmes sociopolitiques et qui peut avoir des interrelations avec la qualification des types de régimes concernés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Jean-William Lapierre (1921 - 2007) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lapierre part de l’hypothèse de l’analyse des systèmes politiques dans son ouvrage ''L’analyse des systèmes politiques'' publié en 1973.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour analyser les systèmes politiques, il faut partir sur l’idée d’une universalité des systèmes politiques, nous sommes dans une société globale qui est constituée par des systèmes sociaux que l’on peut analyser. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Lapierre, un système politique est un système, une organisation dans laquelle les éléments sont mis en interrelations. Tout système politique est inscrit dans une vision naturaliste ; les systèmes politiques sont des inputs et des outputs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* '''input''' : un système politique ne peut fonctionner qu’en intégrant l’information et les données au sein de la société afin de les transformer. &lt;br /&gt;
*'''output''' : reconstruit les données en processus d’action de normes, de techniques, de lois, de règles, de jugements.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le processus politique c’est la captation de ressources. Une des explications de la Révolution française est la marginalisation du roi de la société française. Au début du XVIIIème siècle, Louis XIV et Louis XV ont peur d’émeutes parisiennes. Louis XIV va construire Versailles en tant qu’extraterritorialité pour empêcher les nobles de se rebeller en province, mais sort du territoire et ne dispose plus d’inputs pour comprendre ce qui se passe à Paris. Quand les grandes épidémies liées aux grandes crises agricoles sont arrivées le peuple s’est réveillé et a fait la révolution. Nous pouvons noter ce bref échange entre Louis XVI et La Rochefoucauld : {{citation|-monsieur le roi, il s’est passé quelque chose. –c’est une révolte ?, -non sire, c’est une révolution !}}&amp;lt;ref&amp;gt;Guy Chaussinand-Nogaret, La Bastille est prise, Paris, Éditions Complexe, 1988, p. 102.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le rapport entre input et output est intéressant dans le sens ou un système politique doit traiter les informations en s’en saisissant, au contraire il ne peut y avoir de gestion adaptée du territoire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce sont des images qui posent le champ du politique dans la confrontation entre les inputs et les outputs dans la gestion des risques calculés, c’est-à-dire qu’on a des ressources à prendre, mais elles viennent avec des contraintes qu’il faut restituer dans un espace de projet en tenant compte des contraintes héritées, si nous n’avons plus d’inputs on peut se demander qu’elle est la nature des outputs, c’est-à-dire que les réponses seront hors de la réalité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lapierre désigne le système politique comme un système décisionnel c’est un système qui, même s’il est programmé de manière idéologique, doit tenir compte de la réalité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette théorie est intéressante, car tout système politique doit être décisionnel, mais il n’est pas programmé parce qu’il doit évoluer, s’adapter, traiter l’information dont il dispose, aussi incomplète soit-elle, car elles lui permettent de définir les outputs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès lors, un système politique selon Lapierre c’est un système d’action conditionné par des ressources et des contraintes dans  une situation d’informations incomplètes et d’incertitude sur les objectifs. Ainsi, on peut définir les moyens à mobiliser et anticiper les répercussions de l’action.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au fond, un système politique cherche à gérer au mieux les intérêts de l’organisme et l’ensemble des contraintes dont il hérite. En d’autres termes, il faut parfois chercher à gérer le « moins mal ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Les limites de ces deux approches =&lt;br /&gt;
== Limites de l’approche fonctionnaliste ==&lt;br /&gt;
C’est de tout considérer à partir de fonctions, c’est une réduction trop fonctionnaliste qui peut amener à interpréter le système d’action comme étant totalement fonctionnaliste alors qu’en réalité cela en est loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Limites de l’approche systémique ==&lt;br /&gt;
Tout n’est pas systèmes politiques pour faire des comparaisons. La logique est de nous mener vers des jugements de valeur, c’est-à-dire nous faire réinterpréter  la valeur d’un système politique en tant que tel en fonction de catégories au détriment d’autres. Le danger serait de nous engager trop rapidement sur des analyses comparatives de systèmes politiques ou de critères de définitions des systèmes politiques. Elle globalise trop et de nous laisse imaginer que tout est comparable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Annexes =&lt;br /&gt;
* [http://classiques.uqac.ca/classiques/malinowsli/malinowski.html Œuvres en ligne de Malinowski] sur le site des « Classiques des Sciences sociales »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Références =&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:science politique]]&lt;br /&gt;
[[Category:théorie politique]]&lt;br /&gt;
[[Category:Rémi Baudoui]]&lt;br /&gt;
[[Category:2011]] &lt;br /&gt;
[[Category:2012]]  &lt;br /&gt;
[[Category:2013]] &lt;br /&gt;
[[Category:2014]]&lt;br /&gt;
[[Category:2015]]&lt;br /&gt;
[[Category:2016]]&lt;br /&gt;
[[Category:2017]]&lt;br /&gt;
[[Category:2018]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>176.129.59.151</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://baripedia.org/index.php?title=Fonctionnalisme_et_Syst%C3%A9misme&amp;diff=37518</id>
		<title>Fonctionnalisme et Systémisme</title>
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		<updated>2018-10-08T18:04:45Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;176.129.59.151 : /* David Easton (1917 - 2014) : la théorie systémique en sciences politiques */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;= Le Fonctionnalisme =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Image du corps humain, chaque organe a sa fonction. Dans le fonctionnalisme, on analyse les organes de la société par leur fonction. On interprète donc la société ou la politique comme un corps vivant. C'est par la coordination des fonctions et des organes que le développement s'effectue. Cette vision implique un concept d'efficacité et des processus de régulation. La fonction est à définir ici par son sens biologique : {{citation|c'est la contribution qu'apporte un élément à l'organisation ou à l'action de l'ensemble dont il fait partie}}&amp;lt;ref&amp;gt;G. Rocher, Introduction générale à la sociologie, p.165.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le courant apparaît dans les années 1930 et son âge d'or se situe dans les années 1960, principalement dans la sociologie anglo-saxonne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La théorie fonctionnaliste se base sur le principe fondateur suivant : sans considérer ses ressources matérielles et son architecture (organisation), toute société doit remplir certaines fonctions naturelles (universelle). Parmi elles : produire des biens et services (nourritures, logement, soins), se reproduire (organisation des unions, sexualité, famille), assurer la protection des membres (solidarité, défense). Ainsi, l’analyse fonctionnelle postule que chaque coutume, chaque objet matériel, chaque croyance remplit une fonction vitale, est une partie vitale d’un tout organique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On distingue alors les sociétés les unes des autres par leur façon de remplir ces fonctions et par la mise en place de leurs institutions culturelles. Selon les approches fonctionnalistes, des institutions différentes peuvent remplir des fonctions identiques. Par exemple, l’apprentissage des règles sociales peut se faire par un mode d’imitation, par fusion ou par transmission. On peut qualifier ces trois formes de socialisation d’« équivalents fonctionnels ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les fondateurs du fonctionnalisme sont à chercher dans le domaine de l’anthropologie, où Malinowski crée le néologisme. On voit apparaître trois courants principaux représentés par les auteurs suivants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bronislaw Malinovski (1884 - 1942) : Le fonctionnalisme anthropologique ou le fonctionnalisme absolu ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bronislaw Malinovski est polonais d’origine, étudiant l’anthropologie en particulier les sociétés premières, celles qui sont loin de nous et qui ont conservés des coutumes traditionnelles. Il entreprend des études à Cracovie de philosophie, fait un doctorat d’économie à la London School of Economics et se spécialise sur les peuples mélanésiens dans les iles afin de travailler sur des groupes humains protégés qui ont conservé leurs coutumes. Il va produire un certain nombre de livres sur les mélanésiens dit aussi les « Argonautes » dans une tradition d’anthropologue. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’anthropologie postule qu’il n’y a pas de connaissance immédiate ni du politique ni de la société. Il reste en immersions des années dans les îles Trobriand et va étudier un phénomène particulier qui existe dans ces tributs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les tribus des iles Trobriand pratiquent des échanges intertribaux, cela veut dire que cet échange va se faire entre les différentes tribus. Deux types d’objets circulent à savoir des coquillages rouges sous forme de colliers et des bracelets à travers un système d’échange social. Il met en exergue un principe qui s’énonce selon lequel  ces deux objets réapparaissent de façon continue et rentrent dans une économie de l’échange rapide, les familles ne doivent pas les conserver. Aussitôt qu’une autre fête est prononcée, ces objets sont remis en circulation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Phénomène de la kula.png|200px|vignette]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il décrit le '''phénomène de la Kula''' qui est le lieu où les individus vont échanger leurs présents. Tout homme qui rentre dans cet espace reçoit un ou plusieurs brassards et doit assez rapidement le transmettre à un autre à l’occasion d’un autre rassemblement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est intéressant, car c’est un phénomène original pour les Occidentaux, c’est aussi un principe qui se perpétue. C’est un objet qui n’est pas de l’ordre de la transaction ponctuelle, mais de l’ordre de la transition perpétuelle. Dans la Kula, il s’interroge sur la nature de cette transaction ; au fond, cette transaction  n’a pas de valeur particulière, mais elle s’accompagne d’un cérémonial et d’une capacité à penser la possession comme très limitée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la Kula, il s’interroge sur le fait que se joue un échange non pas financier, mais social encadré qui a une fonction précise qui est de fabriquer en permanence le lien social entre les individus et les communautés. Il y a une opération qui, vue de l’extérieur n’a aucun sens, mais vue de l’inférieur décrit une fonction de régulation par la nature même de l’échange.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Kula a une fonction régulatrice. Cet échange renvoie à un espace sociétal et politique, car ces échanges régulent des échanges symboliques qui régulent la collectivité. C‘est une activité sociale importante contrôlée précisément et encadrée par la magie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui est intéressant est que Bronislaw Malinovski prononce une analyse fonctionnaliste, ici la fonction n’est pas d’ordre économique, mais d’ordre sociétal et d’ordre fonctionnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’analyse de la Kula permet de constituer le discours sur l’analyse fonctionnelle des systèmes politiques ; la régulation sociale permet la cohésion collective des différentes tribus. À partir du moment où elle doit se dérouler de façon continue, elle empêche la guerre puisqu’elle oblige les gens à se rencontrer et échanger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Alfred Radcliffe-Brown : 1881 - 1955 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Radcliffe-Brown est un anthropologue britannique qui va étudier les systèmes politiques australiens des aborigènes ainsi que leurs organisations sociales.  Dans son livre Structure et Fonction dans la société primitive (1968) on voit apparaitre l‘analyse structuraliste qui est de dire que nos sociétés sont traversées par des structures invisibles qui perdurent dans leurs organisations sociales, spatiales et politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il va reconnaitre le message structuraliste et y ajoute le fonctionnalisme donnant le structuralo-fonctionnalisme : toute société est élaborée et construite à partir de structures, mais qui ont des fonctions précises.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les structures d’une société peuvent être fonctionnalistes, elles ont pour but de fabriquer du lien et de la rationalité, elles ont des objectifs de fonctionnalité. La structure n’est pas simplement quelque chose de pesant, mais qui organise, alors elles ont une portée fonctionnaliste afin de réguler le vivre ensemble.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi tout  processus de la vie sociale est un système adaptatif, les structures subsistent, mais peuvent évoluer .L’adaptabilité se manifeste à trois niveaux :&lt;br /&gt;
*écologique ;&lt;br /&gt;
*institutionnel ;&lt;br /&gt;
*culturel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au fond c’est à travers ces trois niveaux que se construit et s’élabore la société.Dès lors les institutions fonctionnent à partir de structures sociales constituées d’individus, mais sont reliées par des actions sociales à l’intérieur d’un tout. C’est une vision organiciste et d’interrelations ; les institutions politiques fonctionnent dans des structures sociales, la société ce sont des individus qui sont reliés par des relations sociales à l’intérieur d’un tout, c’est-à-dire que les individus ne sont jamais isolés, ils font partie d’un ensemble de social. En découle la notion de système social, le social n’est pas qu’une somme d’individu c’est aussi une organisation, quand on parle de système social on parle de valeurs collectives qui font société. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Apparait derrière la notion de système social la notion d’organisation de la société  et de règles implicites qui font que nous adhérons à une société et que nous en acceptons ses valeurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Radcliffe-Brown poursuit la réflexion sur l’adaptabilité, le système et le lien entre structure et fonction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Talcott Parsons : 1902 - 1979 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Talcott Parsons.jpg|thumb|150px|Talcott Parsons.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parsons est un biologiste qui a soutenu  un doctorant à l’Université de Heidelberg en sociologie et en économie. Il est intéressant, car il va poursuivre ses travaux en cherchant à faire le lien entre l’action,la structure, et puis le fonctionnalisme. En 1969, il publie &amp;quot;''Politics and Social Structure&amp;quot; qui traite des structures sociales et politiques, en 1977, sur les systèmes sociaux, il publie ''Social Systems and the Evolution of Action  Theory'' et en 1978 un ouvrage traitant de l’action et de la condition humaine ''Action Theory and the Human Condition''.''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est un auteur intéressant, car il pose l’action non pas comme quelque chose d’individuel, mais comme étant incorporée dans un système de l’action. Si nous sommes dans une interprétation systémique de la société et du politique, l’action ne dépend plus d’un individu, mais d’un système d’action. Du coup, apparaissent des notions importantes sur l’analyse de la gouvernementalité et la mise en place de systèmes, car ce ne sont jamais uniquement celles d’un individu, mais c’est aussi un ensemble de données dans un système plus global renvoyant à la question du système.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un système d’action est un élément, des unités ou des parties d’unités qui doivent fabriquer entre eux des rapports afin de pouvoir arriver à des choix d’actions. Un système d’action va engager tout un ensemble d’activités qui relient des choix individuels à des choix collectifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, Parsons met en exergue quatre fonctions ou dimensions du système d’action :&lt;br /&gt;
#'''adaptation''' : consiste à puiser dans les systèmes extérieurs les diverses ressources dont le système a besoin. C’est aller chercher des ressources et les adapter aux besoins.  &lt;br /&gt;
# '''poursuite des buts''' : capacité de se fixer des buts et de les poursuivre méthodiquement. Dans un système d’action, il faut d’abord s’adapter à la situation réelle puis définir des buts ; il faut les fixer puis se donner les moyens de les atteindre. Il y a une dimension logiquement instrumentale. Les buts conditionnent les moyens et les instruments.&lt;br /&gt;
#'''intégration''' : protéger le système contre des changements brusques et des perturbations majeures. C’est s’interroger sur la mise en place d’un dispositif qui va pouvoir traverser des crises et perdurer dans l’action. Si on ne construit pas, il va être balloté par les crises,  c’est tout le rapport que nous avons aujourd’hui qui est la contradiction entre être présent dans l’immédiateté des évènements et poursuivre une action.&lt;br /&gt;
#'''latence''' : système de canalisation qui sert à la fois à accumuler de l’énergie sous forme de motivation et à la diffuser, elle est de l’ordre de la motivation, de l’ordre de la capacité à contenir la motivation dans la capacité d’agir. Dans les politiques publiques, on a souvent une déclaration d’intention sans la conscience des moyens pour la réaliser, en d’autres termes on fixe un objectif, mais on ne pense pas aux conditions mêmes de la résolution de la question mettant en exergue des contradictions institutionnelles. Il ne suffit pas de garder la motivation il faut la transposer, mais aussi fabriquer un dispositif qui permet de les résoudre. &lt;br /&gt;
                                                         &lt;br /&gt;
Le réel montre souvent que ces fonctions du système d’action ne sont pas remplies ou n’arrivent pas à se remplir presque naturellement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[fichier:Parson_moyen_but.png|center|thumb|500px]]&lt;br /&gt;
   &lt;br /&gt;
Le paradigme fonctionnel du système d’action est de dire que nous sommes dans une boucle qui fait qu’on doit s’adapter pour revenir aux buts qui favorisent la question de l’intégration (coordination, lutter contre les agents perturbateurs), ensuite on retombe sur la question de la latence et de la motivation et on revient à la question de l’intégration. On est dans un dispositif totalement circulaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Robert King Merton (1910 - 2003) : le structuralisme de moyenne portée ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Robert_K_Merton.jpg|thumb|Robert King Merton.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Influencé par [[Les approches en sciences politiques de Durkheim à Bourdieu|Durkheim]], il s’intéresse aux groupes sociaux et va raffermir ce modèle avec deux concepts importants :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*'''le rôle des individus '''&lt;br /&gt;
Dans une vision fonctionnaliste, il rajoute une dimension humaine en disant qu’il y a du fonctionnalisme, des fonctions, mais que les individus sont acteurs au niveau des fonctions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*'''la question de l’anomie et du dysfonctionnement social '''&lt;br /&gt;
Une anomie est un état de décomposition, d’échec, d’arrêt, de rupture dans un système. L’anomie signifie qu’à un moment donné un système social et politique peut connaitre des formes de ruptures qui vont faire partir le système en échec. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les systèmes fonctionnels ne sont pas garantis éternellement, ils peuvent connaitre des phénomènes de mutation ou de désagrégation interne qui mettent le système en échec. L’ensemble du système et de la fonction ne peuvent plus atteindre leur objectif, il y a dérégulation. Ainsi l’anomie se caractérise dans le dysfonctionnement social. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsqu’un système social ne peut plus réguler le rôle de chacun dans la société et la place et la fonction du politique dans ces échanges, à ce moment il peut y avoir une forme d’anomie c’est-à-dire que le dysfonctionnement social met en péril l’ensemble du dispositif. Il caractérise aussi l’anomie comme passage d’un ordre ancien à un ordre futur dont on ne connait pas les règles ; c’est le sentiment de quitter un modèle sans pour autant savoir dans quelle direction nous allons. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’anomie est décrite non seulement comme une structure sociale qui ne fonctionne plus, mais du coup comme des individus en attente de sens perdu et qui dans l’attente de ce sens perdu peuvent redéfinir des comportements spécifiques notamment des comportements de violence ou de déviance. La déviance étant un comportement qui ne répond plus aux comportements et aux aspirations de la société. La déviance surviendrait au moment où il y a disproportion entre les flux culturels considérés comme valables et les moyens légitimes auxquels les individus peuvent avoir accès pour atteindre ces buts. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En d’autres termes, la déviance intervient quand il y a une contradiction entre les finalités et les objectifs de la société et puis le fait qu’elle n’ait plus les moyens de les atteindre. À partir du moment où la société ne peut plus réguler le champ social, la mafia se substitue à la vacance d’un pourvoir de l’État dispensateur de travail et organisateur du champ social qui crée un autre pouvoir à l’intérieur qui est un pouvoir déviant. Donc il faut s’interroger sur ces questions de déviance, car ce sont des ruptures dans un système structuralo-fonctionnaliste qui montre un décalage et une tension entre l’évolution de la société et la réalité du modèle qui ne fonctionne plus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ''Contemporary Social Problems : An Introduction to the Sociology of Deviant Behavior and Social Disorganization'' écrit par Robert K. Merton et Robert A. Nisbet et publié en 1961 apparait une théorie sociologique des problèmes sociaux ou reprenant la question du normal et de l’anormal, du logique et de l’illogique disant qu’une même structure sociale et culturelle peut créer des comportements conformes, mais peut aussi créer des comportements de déviation et de désorganisation sociale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, ils s’interrogent sur la provenance de la désorganisation dans le système en distinguant trois éléments :&lt;br /&gt;
*les conflits institutionnels ;&lt;br /&gt;
*la mobilité sociale : c’est le fait qu’il y ait trop d’écart entre les individus et qu’il n’y ait plus de sentiment d’appartenance ;&lt;br /&gt;
*l’anomie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le fonctionnalisme explique les faits sociaux par leur fonction, puis s’interroge sur les fonctions et les faits sociaux dans un système social toujours rapporté à la façon dont ils sont liés les uns aux autres. Par exemple, la Kula est un système d’échange qui a une portée sociale et fonctionnelle très importante, car au-delà de l’échange c’est un jeu de construction d’une collectivité qui a pour fonction d’éviter les guerres et les conflits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un système, les individus font partie d’un dispositif dont ils servent les fins. Cependant dans ce dispositif il peut y avoir des stratégies d’intégration et de déviance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= La théorie systémique =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la théorie systémique, l’action sociale ou humaine engage quatre systèmes principaux :&lt;br /&gt;
*'''système biologique''' : motivations élémentaires de l’individu ;&lt;br /&gt;
*'''système de la personnalité''' : organisation psychique de l’individu ;&lt;br /&gt;
*'''système social''' : ensemble des rapports d’interaction ;&lt;br /&gt;
*'''système culturel''' : ensemble des valeurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Quelle est la différence entre une approche de politique traditionnelle et une approche systémique ?'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans '''l’approche traditionnelle de l’analyse du politique''' on étudie les acteurs en tant que tels et les prises de décisions alors que dans l’analyse systémique du politique on va réfléchir en termes d’interactions entre les acteurs, en termes de processus de répartition des ressources puis réfléchir en termes de puissance d’acteur ou des avantages sociaux des acteurs c’est-à-dire en fonction du poids des acteurs dans le système. Dans l’analyse systémique, on va interroger plutôt le champ des compétitivités, de relations, de conflictualité des acteurs dans les dispositifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans '''l’analyse systémique''' du politique on part de l’hypothèse que chaque groupe d’acteurs est doté de normes, de processus spécifiques d’action et de processus de répartition des modes d‘action afin de catégoriser les acteurs dans un processus plus complexe. Dans une analyse systémique, on met en place une analyse des interactions dans l’environnement même dans lequel se produisent ces interactions en donnant plus de place dans l’interaction entre action et environnement qui se contextualise dans la notion de système.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l’analyse systémique, on garde l’hypothèse de cohérence, il faut que le processus soit cohérent. On va étudier les systèmes d’acteurs, les systèmes de cohérence ainsi que la cohérence entre les différents sous-systèmes, c’est-à-dire que l’on va analyser le processus de décisions de processus politiques comme un ensemble d’acteur et d’agent dont découlent des sous-systèmes à travers lesquels ils agissent. Nous sommes dans une analyse rétroactive ce qui signifie qu’un processus de décision est rarement un processus linéaire. Un processus d’action pose une question d’action et ensuite, cherche à définir les processus d’action, il commence à agir pour enfin revisiter les conditions de son action. Cela veut dire qu’il s’interroge pour voir si les conditions fonctionnent bien. Si ce processus ne fonctionne pas, il faut s’interroger sur la rétroaction afin de la changer. C’est ce que l’on appelle une causalité non linéaire.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
== David Easton (1917 - 2014) : la théorie systémique en sciences politiques ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Easton s’intéresse à l’invention et à la constitution d’une théorie systémique en sciences politiques. Il va chercher à utiliser  cette vision systémique des sciences sociales afin d’essayer d’analyser ce qu’est le politique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son ouvrage ''The Political System'' publié en 1953 il dit qu’au fond, cette théorie se fait dans l’interprétation de la politique comme universalité, il y a de la politique partout, mais étant dans un système on peut comparer tous les systèmes par rapport aux autres. On l’éloigne beaucoup de la vision de l’anthropologie qui est relativiste. La pensée fondamentale de l’anthropologie est le relativisme culturel, il y a des gouvernements politiques différents et ce qui est intéressant est de comprendre la nature et leurs fonctions propres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La vision systémique  en sciences politiques va partir de l’autre côté en nous tirant  du côté d’une théorie politique qui considère que l’on peut bâtir des connaissances universelles d’autant plus facilement qu’elle reconnait que la vision de système politique est mondiale. En sciences-politiques quand on analyse des systèmes politiques  on est dans une analyse comparative des systèmes, s’il y a des différences c’est que ce sont toujours des systèmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’hypothèse d’Easton est de dire que l’on peut construire une théorie politique par l’avancement des sciences politiques sur la base de productions de modèles de compréhensions systémiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, il voit la société contemporaine comme un chaos auquel l’homme pourra mettre fin s’il applique la méthode scientifique à l’analyse des phénomènes politiques afin de les caractériser tel qu’ils se sont conçus et développé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est pour une théorie systémique globale,il faut décortiquer dans la société contemporaine quelles sont les différents systèmes à l’œuvre.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les principales fonctions de la théorie politique selon Easton :&lt;br /&gt;
#proposer des critères pour identifier les variables à analyser&lt;br /&gt;
#établir des relations entre ces variables&lt;br /&gt;
#expliquer ces relations&lt;br /&gt;
#élaborer un réseau de généralisation&lt;br /&gt;
#découvrir de nouveaux phénomènes &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au fond, on est dans une vision très globale de l’analyse du champ du système dans lequel rentrent ces critères entre les différents éléments des sous-systèmes. C’est une science politique qui va décortiquer les grands systèmes sociopolitiques et qui peut avoir des interrelations avec la qualification des types de régimes concernés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Jean-William Lapierre (1921 - 2007) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lapierre part de l’hypothèse de l’analyse des systèmes politiques dans son ouvrage ''L’analyse des systèmes politiques'' publié en 1973.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour analyser les systèmes politiques, il faut partir sur l’idée d’une universalité des systèmes politiques, nous sommes dans une société globale qui est constituée par des systèmes sociaux que l’on peut analyser &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Lapierre, un système politique est un système, une organisions dans lequel les éléments sont mis en interrelations. Tout système politique  est inscrit dans une vision naturaliste ; les systèmes politiques sont des inputs et des outputs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* '''input''' : un système politique ne peut fonctionner qu’en intégrant l’information et les données au sein de la société afin de les transformer. &lt;br /&gt;
*'''output''' : reconstruit les données en processus d’action de normes, de techniques, de lois, de règles, de jugements.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le processus politique c’est la captation de ressources. Une des explications de la Révolution française est la marginalisation du roi de la société française. Au début du XVIIIème siècle, Louis XIV et Louis XV ont peur d’émeutes parisiennes. Louis XIV va construire Versailles en tant qu’extraterritorialité pour empêcher les nobles de se rebeller en province, mais sort du territoire et ne dispose plus d’inputs pour comprendre ce qui se passe à Paris. Quand les grandes épidémies liées aux grandes crises agricoles sont arrivées le peuple s’est réveillait et a fait la révolution. Nous pouvons noter ce bref échange entre Louis XVI et La Rochefoucauld : {{citation|-monsieur le roi, il s’est passé quelque chose. –c’est une révolte ?, -non sire, c’est une révolution !}}&amp;lt;ref&amp;gt;Guy Chaussinand-Nogaret, La Bastille est prise, Paris, Éditions Complexe, 1988, p. 102.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le rapport entre input et output est intéressant dans le sens ou un système politique doit traiter les informations en s’en saisissant, au contraire il ne peut y avoir de gestion adaptée du territoire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce sont des images qui posent le champ du politique dans la confrontation entre les inputs et les outputs dans la gestion des risques calculés, c’est-à-dire qu’on a des ressources à prendre, mais elles viennent avec des contraintes qu’il faut restituer dans un espace de projet en tenant compte des contraintes héritées, si nous n’avons plus d’inputs on peut se demander qu’elle est la nature des outputs, c’est-à-dire que les réponses seront hors de la réalité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lapierre désigne le système politique comme un système décisionnel c’est un système qui a une ; même s’il est programmé manière idéologique il doit tenir compte de la réalité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette théorie est intéressante, car tout système politique doit être décisionnel, mais il n’est pas programmé parce qu’il doit évoluer, s’adapter, traiter l’information dont il dispose, aussi incomplète soit-elle, car elles lui permettent de définir les outputs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès lors, un système politique selon Lapierre c’est un système d’action conditionné par des ressources et des contraintes dans  une situation d’informations incomplètes et d’incertitude sur les objectifs. Ainsi, on peut définir les moyens à mobiliser et anticiper les répercussions de l’action.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au fond, un système politique cherche à gérer au mieux les intérêts de l’organisme et l’ensemble des contraintes dont il hérite. En d’autres termes, il faut parfois chercher à gérer le « moins mal ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Les limites de ces deux approches =&lt;br /&gt;
== Limites de l’approche fonctionnaliste ==&lt;br /&gt;
C’est de tout considérer à partir de fonctions, c’est une réduction trop fonctionnaliste qui peut amener à interpréter le système d’action comme étant totalement fonctionnaliste alors qu’en réalité cela en est loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Limites de l’approche systémique ==&lt;br /&gt;
Tout n’est pas systèmes politiques pour faire des comparaisons. La logique est de nous mener vers des jugements de valeur, c’est-à-dire nous faire réinterpréter  la valeur d’un système politique en tant que tel en fonction de catégories au détriment d’autres. Le danger serait de nous engager trop rapidement sur des analyses comparatives de systèmes politiques ou de critères de définitions des systèmes politiques. Elle globalise trop et de nous laisse imaginer que tout est comparable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Annexes =&lt;br /&gt;
* [http://classiques.uqac.ca/classiques/malinowsli/malinowski.html Œuvres en ligne de Malinowski] sur le site des « Classiques des Sciences sociales »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Références =&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:science politique]]&lt;br /&gt;
[[Category:théorie politique]]&lt;br /&gt;
[[Category:Rémi Baudoui]]&lt;br /&gt;
[[Category:2011]] &lt;br /&gt;
[[Category:2012]]  &lt;br /&gt;
[[Category:2013]] &lt;br /&gt;
[[Category:2014]]&lt;br /&gt;
[[Category:2015]]&lt;br /&gt;
[[Category:2016]]&lt;br /&gt;
[[Category:2017]]&lt;br /&gt;
[[Category:2018]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>176.129.59.151</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://baripedia.org/index.php?title=Fonctionnalisme_et_Syst%C3%A9misme&amp;diff=37517</id>
		<title>Fonctionnalisme et Systémisme</title>
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		<updated>2018-10-08T18:01:52Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;176.129.59.151 : /* La théorie systémique */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;= Le Fonctionnalisme =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Image du corps humain, chaque organe a sa fonction. Dans le fonctionnalisme, on analyse les organes de la société par leur fonction. On interprète donc la société ou la politique comme un corps vivant. C'est par la coordination des fonctions et des organes que le développement s'effectue. Cette vision implique un concept d'efficacité et des processus de régulation. La fonction est à définir ici par son sens biologique : {{citation|c'est la contribution qu'apporte un élément à l'organisation ou à l'action de l'ensemble dont il fait partie}}&amp;lt;ref&amp;gt;G. Rocher, Introduction générale à la sociologie, p.165.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le courant apparaît dans les années 1930 et son âge d'or se situe dans les années 1960, principalement dans la sociologie anglo-saxonne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La théorie fonctionnaliste se base sur le principe fondateur suivant : sans considérer ses ressources matérielles et son architecture (organisation), toute société doit remplir certaines fonctions naturelles (universelle). Parmi elles : produire des biens et services (nourritures, logement, soins), se reproduire (organisation des unions, sexualité, famille), assurer la protection des membres (solidarité, défense). Ainsi, l’analyse fonctionnelle postule que chaque coutume, chaque objet matériel, chaque croyance remplit une fonction vitale, est une partie vitale d’un tout organique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On distingue alors les sociétés les unes des autres par leur façon de remplir ces fonctions et par la mise en place de leurs institutions culturelles. Selon les approches fonctionnalistes, des institutions différentes peuvent remplir des fonctions identiques. Par exemple, l’apprentissage des règles sociales peut se faire par un mode d’imitation, par fusion ou par transmission. On peut qualifier ces trois formes de socialisation d’« équivalents fonctionnels ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les fondateurs du fonctionnalisme sont à chercher dans le domaine de l’anthropologie, où Malinowski crée le néologisme. On voit apparaître trois courants principaux représentés par les auteurs suivants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bronislaw Malinovski (1884 - 1942) : Le fonctionnalisme anthropologique ou le fonctionnalisme absolu ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bronislaw Malinovski est polonais d’origine, étudiant l’anthropologie en particulier les sociétés premières, celles qui sont loin de nous et qui ont conservés des coutumes traditionnelles. Il entreprend des études à Cracovie de philosophie, fait un doctorat d’économie à la London School of Economics et se spécialise sur les peuples mélanésiens dans les iles afin de travailler sur des groupes humains protégés qui ont conservé leurs coutumes. Il va produire un certain nombre de livres sur les mélanésiens dit aussi les « Argonautes » dans une tradition d’anthropologue. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’anthropologie postule qu’il n’y a pas de connaissance immédiate ni du politique ni de la société. Il reste en immersions des années dans les îles Trobriand et va étudier un phénomène particulier qui existe dans ces tributs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les tribus des iles Trobriand pratiquent des échanges intertribaux, cela veut dire que cet échange va se faire entre les différentes tribus. Deux types d’objets circulent à savoir des coquillages rouges sous forme de colliers et des bracelets à travers un système d’échange social. Il met en exergue un principe qui s’énonce selon lequel  ces deux objets réapparaissent de façon continue et rentrent dans une économie de l’échange rapide, les familles ne doivent pas les conserver. Aussitôt qu’une autre fête est prononcée, ces objets sont remis en circulation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Phénomène de la kula.png|200px|vignette]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il décrit le '''phénomène de la Kula''' qui est le lieu où les individus vont échanger leurs présents. Tout homme qui rentre dans cet espace reçoit un ou plusieurs brassards et doit assez rapidement le transmettre à un autre à l’occasion d’un autre rassemblement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est intéressant, car c’est un phénomène original pour les Occidentaux, c’est aussi un principe qui se perpétue. C’est un objet qui n’est pas de l’ordre de la transaction ponctuelle, mais de l’ordre de la transition perpétuelle. Dans la Kula, il s’interroge sur la nature de cette transaction ; au fond, cette transaction  n’a pas de valeur particulière, mais elle s’accompagne d’un cérémonial et d’une capacité à penser la possession comme très limitée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la Kula, il s’interroge sur le fait que se joue un échange non pas financier, mais social encadré qui a une fonction précise qui est de fabriquer en permanence le lien social entre les individus et les communautés. Il y a une opération qui, vue de l’extérieur n’a aucun sens, mais vue de l’inférieur décrit une fonction de régulation par la nature même de l’échange.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Kula a une fonction régulatrice. Cet échange renvoie à un espace sociétal et politique, car ces échanges régulent des échanges symboliques qui régulent la collectivité. C‘est une activité sociale importante contrôlée précisément et encadrée par la magie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui est intéressant est que Bronislaw Malinovski prononce une analyse fonctionnaliste, ici la fonction n’est pas d’ordre économique, mais d’ordre sociétal et d’ordre fonctionnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’analyse de la Kula permet de constituer le discours sur l’analyse fonctionnelle des systèmes politiques ; la régulation sociale permet la cohésion collective des différentes tribus. À partir du moment où elle doit se dérouler de façon continue, elle empêche la guerre puisqu’elle oblige les gens à se rencontrer et échanger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Alfred Radcliffe-Brown : 1881 - 1955 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Radcliffe-Brown est un anthropologue britannique qui va étudier les systèmes politiques australiens des aborigènes ainsi que leurs organisations sociales.  Dans son livre Structure et Fonction dans la société primitive (1968) on voit apparaitre l‘analyse structuraliste qui est de dire que nos sociétés sont traversées par des structures invisibles qui perdurent dans leurs organisations sociales, spatiales et politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il va reconnaitre le message structuraliste et y ajoute le fonctionnalisme donnant le structuralo-fonctionnalisme : toute société est élaborée et construite à partir de structures, mais qui ont des fonctions précises.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les structures d’une société peuvent être fonctionnalistes, elles ont pour but de fabriquer du lien et de la rationalité, elles ont des objectifs de fonctionnalité. La structure n’est pas simplement quelque chose de pesant, mais qui organise, alors elles ont une portée fonctionnaliste afin de réguler le vivre ensemble.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi tout  processus de la vie sociale est un système adaptatif, les structures subsistent, mais peuvent évoluer .L’adaptabilité se manifeste à trois niveaux :&lt;br /&gt;
*écologique ;&lt;br /&gt;
*institutionnel ;&lt;br /&gt;
*culturel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au fond c’est à travers ces trois niveaux que se construit et s’élabore la société.Dès lors les institutions fonctionnent à partir de structures sociales constituées d’individus, mais sont reliées par des actions sociales à l’intérieur d’un tout. C’est une vision organiciste et d’interrelations ; les institutions politiques fonctionnent dans des structures sociales, la société ce sont des individus qui sont reliés par des relations sociales à l’intérieur d’un tout, c’est-à-dire que les individus ne sont jamais isolés, ils font partie d’un ensemble de social. En découle la notion de système social, le social n’est pas qu’une somme d’individu c’est aussi une organisation, quand on parle de système social on parle de valeurs collectives qui font société. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Apparait derrière la notion de système social la notion d’organisation de la société  et de règles implicites qui font que nous adhérons à une société et que nous en acceptons ses valeurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Radcliffe-Brown poursuit la réflexion sur l’adaptabilité, le système et le lien entre structure et fonction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Talcott Parsons : 1902 - 1979 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Talcott Parsons.jpg|thumb|150px|Talcott Parsons.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parsons est un biologiste qui a soutenu  un doctorant à l’Université de Heidelberg en sociologie et en économie. Il est intéressant, car il va poursuivre ses travaux en cherchant à faire le lien entre l’action,la structure, et puis le fonctionnalisme. En 1969, il publie &amp;quot;''Politics and Social Structure&amp;quot; qui traite des structures sociales et politiques, en 1977, sur les systèmes sociaux, il publie ''Social Systems and the Evolution of Action  Theory'' et en 1978 un ouvrage traitant de l’action et de la condition humaine ''Action Theory and the Human Condition''.''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est un auteur intéressant, car il pose l’action non pas comme quelque chose d’individuel, mais comme étant incorporée dans un système de l’action. Si nous sommes dans une interprétation systémique de la société et du politique, l’action ne dépend plus d’un individu, mais d’un système d’action. Du coup, apparaissent des notions importantes sur l’analyse de la gouvernementalité et la mise en place de systèmes, car ce ne sont jamais uniquement celles d’un individu, mais c’est aussi un ensemble de données dans un système plus global renvoyant à la question du système.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un système d’action est un élément, des unités ou des parties d’unités qui doivent fabriquer entre eux des rapports afin de pouvoir arriver à des choix d’actions. Un système d’action va engager tout un ensemble d’activités qui relient des choix individuels à des choix collectifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, Parsons met en exergue quatre fonctions ou dimensions du système d’action :&lt;br /&gt;
#'''adaptation''' : consiste à puiser dans les systèmes extérieurs les diverses ressources dont le système a besoin. C’est aller chercher des ressources et les adapter aux besoins.  &lt;br /&gt;
# '''poursuite des buts''' : capacité de se fixer des buts et de les poursuivre méthodiquement. Dans un système d’action, il faut d’abord s’adapter à la situation réelle puis définir des buts ; il faut les fixer puis se donner les moyens de les atteindre. Il y a une dimension logiquement instrumentale. Les buts conditionnent les moyens et les instruments.&lt;br /&gt;
#'''intégration''' : protéger le système contre des changements brusques et des perturbations majeures. C’est s’interroger sur la mise en place d’un dispositif qui va pouvoir traverser des crises et perdurer dans l’action. Si on ne construit pas, il va être balloté par les crises,  c’est tout le rapport que nous avons aujourd’hui qui est la contradiction entre être présent dans l’immédiateté des évènements et poursuivre une action.&lt;br /&gt;
#'''latence''' : système de canalisation qui sert à la fois à accumuler de l’énergie sous forme de motivation et à la diffuser, elle est de l’ordre de la motivation, de l’ordre de la capacité à contenir la motivation dans la capacité d’agir. Dans les politiques publiques, on a souvent une déclaration d’intention sans la conscience des moyens pour la réaliser, en d’autres termes on fixe un objectif, mais on ne pense pas aux conditions mêmes de la résolution de la question mettant en exergue des contradictions institutionnelles. Il ne suffit pas de garder la motivation il faut la transposer, mais aussi fabriquer un dispositif qui permet de les résoudre. &lt;br /&gt;
                                                         &lt;br /&gt;
Le réel montre souvent que ces fonctions du système d’action ne sont pas remplies ou n’arrivent pas à se remplir presque naturellement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[fichier:Parson_moyen_but.png|center|thumb|500px]]&lt;br /&gt;
   &lt;br /&gt;
Le paradigme fonctionnel du système d’action est de dire que nous sommes dans une boucle qui fait qu’on doit s’adapter pour revenir aux buts qui favorisent la question de l’intégration (coordination, lutter contre les agents perturbateurs), ensuite on retombe sur la question de la latence et de la motivation et on revient à la question de l’intégration. On est dans un dispositif totalement circulaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Robert King Merton (1910 - 2003) : le structuralisme de moyenne portée ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Robert_K_Merton.jpg|thumb|Robert King Merton.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Influencé par [[Les approches en sciences politiques de Durkheim à Bourdieu|Durkheim]], il s’intéresse aux groupes sociaux et va raffermir ce modèle avec deux concepts importants :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*'''le rôle des individus '''&lt;br /&gt;
Dans une vision fonctionnaliste, il rajoute une dimension humaine en disant qu’il y a du fonctionnalisme, des fonctions, mais que les individus sont acteurs au niveau des fonctions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*'''la question de l’anomie et du dysfonctionnement social '''&lt;br /&gt;
Une anomie est un état de décomposition, d’échec, d’arrêt, de rupture dans un système. L’anomie signifie qu’à un moment donné un système social et politique peut connaitre des formes de ruptures qui vont faire partir le système en échec. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les systèmes fonctionnels ne sont pas garantis éternellement, ils peuvent connaitre des phénomènes de mutation ou de désagrégation interne qui mettent le système en échec. L’ensemble du système et de la fonction ne peuvent plus atteindre leur objectif, il y a dérégulation. Ainsi l’anomie se caractérise dans le dysfonctionnement social. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsqu’un système social ne peut plus réguler le rôle de chacun dans la société et la place et la fonction du politique dans ces échanges, à ce moment il peut y avoir une forme d’anomie c’est-à-dire que le dysfonctionnement social met en péril l’ensemble du dispositif. Il caractérise aussi l’anomie comme passage d’un ordre ancien à un ordre futur dont on ne connait pas les règles ; c’est le sentiment de quitter un modèle sans pour autant savoir dans quelle direction nous allons. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’anomie est décrite non seulement comme une structure sociale qui ne fonctionne plus, mais du coup comme des individus en attente de sens perdu et qui dans l’attente de ce sens perdu peuvent redéfinir des comportements spécifiques notamment des comportements de violence ou de déviance. La déviance étant un comportement qui ne répond plus aux comportements et aux aspirations de la société. La déviance surviendrait au moment où il y a disproportion entre les flux culturels considérés comme valables et les moyens légitimes auxquels les individus peuvent avoir accès pour atteindre ces buts. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En d’autres termes, la déviance intervient quand il y a une contradiction entre les finalités et les objectifs de la société et puis le fait qu’elle n’ait plus les moyens de les atteindre. À partir du moment où la société ne peut plus réguler le champ social, la mafia se substitue à la vacance d’un pourvoir de l’État dispensateur de travail et organisateur du champ social qui crée un autre pouvoir à l’intérieur qui est un pouvoir déviant. Donc il faut s’interroger sur ces questions de déviance, car ce sont des ruptures dans un système structuralo-fonctionnaliste qui montre un décalage et une tension entre l’évolution de la société et la réalité du modèle qui ne fonctionne plus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ''Contemporary Social Problems : An Introduction to the Sociology of Deviant Behavior and Social Disorganization'' écrit par Robert K. Merton et Robert A. Nisbet et publié en 1961 apparait une théorie sociologique des problèmes sociaux ou reprenant la question du normal et de l’anormal, du logique et de l’illogique disant qu’une même structure sociale et culturelle peut créer des comportements conformes, mais peut aussi créer des comportements de déviation et de désorganisation sociale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, ils s’interrogent sur la provenance de la désorganisation dans le système en distinguant trois éléments :&lt;br /&gt;
*les conflits institutionnels ;&lt;br /&gt;
*la mobilité sociale : c’est le fait qu’il y ait trop d’écart entre les individus et qu’il n’y ait plus de sentiment d’appartenance ;&lt;br /&gt;
*l’anomie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le fonctionnalisme explique les faits sociaux par leur fonction, puis s’interroge sur les fonctions et les faits sociaux dans un système social toujours rapporté à la façon dont ils sont liés les uns aux autres. Par exemple, la Kula est un système d’échange qui a une portée sociale et fonctionnelle très importante, car au-delà de l’échange c’est un jeu de construction d’une collectivité qui a pour fonction d’éviter les guerres et les conflits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un système, les individus font partie d’un dispositif dont ils servent les fins. Cependant dans ce dispositif il peut y avoir des stratégies d’intégration et de déviance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= La théorie systémique =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la théorie systémique, l’action sociale ou humaine engage quatre systèmes principaux :&lt;br /&gt;
*'''système biologique''' : motivations élémentaires de l’individu ;&lt;br /&gt;
*'''système de la personnalité''' : organisation psychique de l’individu ;&lt;br /&gt;
*'''système social''' : ensemble des rapports d’interaction ;&lt;br /&gt;
*'''système culturel''' : ensemble des valeurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Quelle est la différence entre une approche de politique traditionnelle et une approche systémique ?'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans '''l’approche traditionnelle de l’analyse du politique''' on étudie les acteurs en tant que tels et les prises de décisions alors que dans l’analyse systémique du politique on va réfléchir en termes d’interactions entre les acteurs, en termes de processus de répartition des ressources puis réfléchir en termes de puissance d’acteur ou des avantages sociaux des acteurs c’est-à-dire en fonction du poids des acteurs dans le système. Dans l’analyse systémique, on va interroger plutôt le champ des compétitivités, de relations, de conflictualité des acteurs dans les dispositifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans '''l’analyse systémique''' du politique on part de l’hypothèse que chaque groupe d’acteurs est doté de normes, de processus spécifiques d’action et de processus de répartition des modes d‘action afin de catégoriser les acteurs dans un processus plus complexe. Dans une analyse systémique, on met en place une analyse des interactions dans l’environnement même dans lequel se produisent ces interactions en donnant plus de place dans l’interaction entre action et environnement qui se contextualise dans la notion de système.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l’analyse systémique, on garde l’hypothèse de cohérence, il faut que le processus soit cohérent. On va étudier les systèmes d’acteurs, les systèmes de cohérence ainsi que la cohérence entre les différents sous-systèmes, c’est-à-dire que l’on va analyser le processus de décisions de processus politiques comme un ensemble d’acteur et d’agent dont découlent des sous-systèmes à travers lesquels ils agissent. Nous sommes dans une analyse rétroactive ce qui signifie qu’un processus de décision est rarement un processus linéaire. Un processus d’action pose une question d’action et ensuite, cherche à définir les processus d’action, il commence à agir pour enfin revisiter les conditions de son action. Cela veut dire qu’il s’interroge pour voir si les conditions fonctionnent bien. Si ce processus ne fonctionne pas, il faut s’interroger sur la rétroaction afin de la changer. C’est ce que l’on appelle une causalité non linéaire.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
== David Easton (1917 - 2014) : la théorie systémique en sciences politiques ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Easton s’intéresse à l’invention et à la constitution d’une théorie systémique en sciences politiques. Il va chercher à utiliser  cette vision systémique des sciences sociales afin d’essayer d’analyser ce qu’est le politique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son ouvrage ''The Political System'' publié en 1953 il dit qu’au fond cette théorie se fait dans l’interprétation de la politique comme universalité, il y a de la politique partout, mais comme étant dans un système on peut comparer tous les systèmes par rapport aux autres. On l’éloigne beaucoup de la vision de l’anthropologie qui est relativiste. La pensée fondamentale de l’anthropologie est le relativisme culturel, il y a des gouvernements politiques différents et ce qui est intéressant est de comprendre la nature et leurs fonctions propres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La vision systémique  en sciences politiques va partir de l’autre côté en nous tirant  du côté d’une théorie politique qui considère que l’on peut bâtir des connaissances universelles d’autant plus facilement qu’elle reconnait que la vision de système politique et mondial. En sciences-politiques quand on analyse des systèmes politiques  on est dans une analyse comparative des systèmes, s’il y a des différences c’est que ce sont toujours des systèmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’hypothèse d’Easton est de dire que l’on peut construire une théorie politique par l’avancement des sciences politiques sur la base de productions de modèles de compréhensions systémiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, il voit la société contemporaine comme un chaos auquel l’homme pourra mettre fin s’il applique la méthode scientifique à l’analyse des phénomènes politiques afin de les caractériser tel qu’ils se sont conçus et développé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est pour une théorie systémique globale,il faut décortiquer dans la société contemporaine quelles sont les différents systèmes à l’œuvre.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les principales fonctions de la théorie politique selon Easton :&lt;br /&gt;
#proposer des critères pour identifier les variables à analyser&lt;br /&gt;
#établir des relations entre ces variables&lt;br /&gt;
#expliquer ces relations&lt;br /&gt;
#élaborer un réseau de généralisation&lt;br /&gt;
#découvrir de nouveaux phénomènes &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au fond, on est dans une vision très globale de l’analyse du champ du système dans lequel rentrent ces critères entre les différents éléments des sous-systèmes. C’est une science politique qui va décortiquer les grands systèmes sociopolitiques et qui peut avoir des interrelations avec la qualification des types de régimes concernés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Jean-William Lapierre (1921 - 2007) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lapierre part de l’hypothèse de l’analyse des systèmes politiques dans son ouvrage ''L’analyse des systèmes politiques'' publié en 1973.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour analyser les systèmes politiques, il faut partir sur l’idée d’une universalité des systèmes politiques, nous sommes dans une société globale qui est constituée par des systèmes sociaux que l’on peut analyser &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Lapierre, un système politique est un système, une organisions dans lequel les éléments sont mis en interrelations. Tout système politique  est inscrit dans une vision naturaliste ; les systèmes politiques sont des inputs et des outputs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* '''input''' : un système politique ne peut fonctionner qu’en intégrant l’information et les données au sein de la société afin de les transformer. &lt;br /&gt;
*'''output''' : reconstruit les données en processus d’action de normes, de techniques, de lois, de règles, de jugements.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le processus politique c’est la captation de ressources. Une des explications de la Révolution française est la marginalisation du roi de la société française. Au début du XVIIIème siècle, Louis XIV et Louis XV ont peur d’émeutes parisiennes. Louis XIV va construire Versailles en tant qu’extraterritorialité pour empêcher les nobles de se rebeller en province, mais sort du territoire et ne dispose plus d’inputs pour comprendre ce qui se passe à Paris. Quand les grandes épidémies liées aux grandes crises agricoles sont arrivées le peuple s’est réveillait et a fait la révolution. Nous pouvons noter ce bref échange entre Louis XVI et La Rochefoucauld : {{citation|-monsieur le roi, il s’est passé quelque chose. –c’est une révolte ?, -non sire, c’est une révolution !}}&amp;lt;ref&amp;gt;Guy Chaussinand-Nogaret, La Bastille est prise, Paris, Éditions Complexe, 1988, p. 102.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le rapport entre input et output est intéressant dans le sens ou un système politique doit traiter les informations en s’en saisissant, au contraire il ne peut y avoir de gestion adaptée du territoire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce sont des images qui posent le champ du politique dans la confrontation entre les inputs et les outputs dans la gestion des risques calculés, c’est-à-dire qu’on a des ressources à prendre, mais elles viennent avec des contraintes qu’il faut restituer dans un espace de projet en tenant compte des contraintes héritées, si nous n’avons plus d’inputs on peut se demander qu’elle est la nature des outputs, c’est-à-dire que les réponses seront hors de la réalité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lapierre désigne le système politique comme un système décisionnel c’est un système qui a une ; même s’il est programmé manière idéologique il doit tenir compte de la réalité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette théorie est intéressante, car tout système politique doit être décisionnel, mais il n’est pas programmé parce qu’il doit évoluer, s’adapter, traiter l’information dont il dispose, aussi incomplète soit-elle, car elles lui permettent de définir les outputs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès lors, un système politique selon Lapierre c’est un système d’action conditionné par des ressources et des contraintes dans  une situation d’informations incomplètes et d’incertitude sur les objectifs. Ainsi, on peut définir les moyens à mobiliser et anticiper les répercussions de l’action.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au fond, un système politique cherche à gérer au mieux les intérêts de l’organisme et l’ensemble des contraintes dont il hérite. En d’autres termes, il faut parfois chercher à gérer le « moins mal ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Les limites de ces deux approches =&lt;br /&gt;
== Limites de l’approche fonctionnaliste ==&lt;br /&gt;
C’est de tout considérer à partir de fonctions, c’est une réduction trop fonctionnaliste qui peut amener à interpréter le système d’action comme étant totalement fonctionnaliste alors qu’en réalité cela en est loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Limites de l’approche systémique ==&lt;br /&gt;
Tout n’est pas systèmes politiques pour faire des comparaisons. La logique est de nous mener vers des jugements de valeur, c’est-à-dire nous faire réinterpréter  la valeur d’un système politique en tant que tel en fonction de catégories au détriment d’autres. Le danger serait de nous engager trop rapidement sur des analyses comparatives de systèmes politiques ou de critères de définitions des systèmes politiques. Elle globalise trop et de nous laisse imaginer que tout est comparable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Annexes =&lt;br /&gt;
* [http://classiques.uqac.ca/classiques/malinowsli/malinowski.html Œuvres en ligne de Malinowski] sur le site des « Classiques des Sciences sociales »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Références =&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:science politique]]&lt;br /&gt;
[[Category:théorie politique]]&lt;br /&gt;
[[Category:Rémi Baudoui]]&lt;br /&gt;
[[Category:2011]] &lt;br /&gt;
[[Category:2012]]  &lt;br /&gt;
[[Category:2013]] &lt;br /&gt;
[[Category:2014]]&lt;br /&gt;
[[Category:2015]]&lt;br /&gt;
[[Category:2016]]&lt;br /&gt;
[[Category:2017]]&lt;br /&gt;
[[Category:2018]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>176.129.59.151</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://baripedia.org/index.php?title=Fonctionnalisme_et_Syst%C3%A9misme&amp;diff=37516</id>
		<title>Fonctionnalisme et Systémisme</title>
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		<updated>2018-10-08T17:48:47Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;176.129.59.151 : /* Robert King Merton (1910 - 2003) : le structuralisme de moyenne portée */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;= Le Fonctionnalisme =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Image du corps humain, chaque organe a sa fonction. Dans le fonctionnalisme, on analyse les organes de la société par leur fonction. On interprète donc la société ou la politique comme un corps vivant. C'est par la coordination des fonctions et des organes que le développement s'effectue. Cette vision implique un concept d'efficacité et des processus de régulation. La fonction est à définir ici par son sens biologique : {{citation|c'est la contribution qu'apporte un élément à l'organisation ou à l'action de l'ensemble dont il fait partie}}&amp;lt;ref&amp;gt;G. Rocher, Introduction générale à la sociologie, p.165.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le courant apparaît dans les années 1930 et son âge d'or se situe dans les années 1960, principalement dans la sociologie anglo-saxonne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La théorie fonctionnaliste se base sur le principe fondateur suivant : sans considérer ses ressources matérielles et son architecture (organisation), toute société doit remplir certaines fonctions naturelles (universelle). Parmi elles : produire des biens et services (nourritures, logement, soins), se reproduire (organisation des unions, sexualité, famille), assurer la protection des membres (solidarité, défense). Ainsi, l’analyse fonctionnelle postule que chaque coutume, chaque objet matériel, chaque croyance remplit une fonction vitale, est une partie vitale d’un tout organique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On distingue alors les sociétés les unes des autres par leur façon de remplir ces fonctions et par la mise en place de leurs institutions culturelles. Selon les approches fonctionnalistes, des institutions différentes peuvent remplir des fonctions identiques. Par exemple, l’apprentissage des règles sociales peut se faire par un mode d’imitation, par fusion ou par transmission. On peut qualifier ces trois formes de socialisation d’« équivalents fonctionnels ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les fondateurs du fonctionnalisme sont à chercher dans le domaine de l’anthropologie, où Malinowski crée le néologisme. On voit apparaître trois courants principaux représentés par les auteurs suivants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bronislaw Malinovski (1884 - 1942) : Le fonctionnalisme anthropologique ou le fonctionnalisme absolu ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bronislaw Malinovski est polonais d’origine, étudiant l’anthropologie en particulier les sociétés premières, celles qui sont loin de nous et qui ont conservés des coutumes traditionnelles. Il entreprend des études à Cracovie de philosophie, fait un doctorat d’économie à la London School of Economics et se spécialise sur les peuples mélanésiens dans les iles afin de travailler sur des groupes humains protégés qui ont conservé leurs coutumes. Il va produire un certain nombre de livres sur les mélanésiens dit aussi les « Argonautes » dans une tradition d’anthropologue. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’anthropologie postule qu’il n’y a pas de connaissance immédiate ni du politique ni de la société. Il reste en immersions des années dans les îles Trobriand et va étudier un phénomène particulier qui existe dans ces tributs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les tribus des iles Trobriand pratiquent des échanges intertribaux, cela veut dire que cet échange va se faire entre les différentes tribus. Deux types d’objets circulent à savoir des coquillages rouges sous forme de colliers et des bracelets à travers un système d’échange social. Il met en exergue un principe qui s’énonce selon lequel  ces deux objets réapparaissent de façon continue et rentrent dans une économie de l’échange rapide, les familles ne doivent pas les conserver. Aussitôt qu’une autre fête est prononcée, ces objets sont remis en circulation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Phénomène de la kula.png|200px|vignette]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il décrit le '''phénomène de la Kula''' qui est le lieu où les individus vont échanger leurs présents. Tout homme qui rentre dans cet espace reçoit un ou plusieurs brassards et doit assez rapidement le transmettre à un autre à l’occasion d’un autre rassemblement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est intéressant, car c’est un phénomène original pour les Occidentaux, c’est aussi un principe qui se perpétue. C’est un objet qui n’est pas de l’ordre de la transaction ponctuelle, mais de l’ordre de la transition perpétuelle. Dans la Kula, il s’interroge sur la nature de cette transaction ; au fond, cette transaction  n’a pas de valeur particulière, mais elle s’accompagne d’un cérémonial et d’une capacité à penser la possession comme très limitée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la Kula, il s’interroge sur le fait que se joue un échange non pas financier, mais social encadré qui a une fonction précise qui est de fabriquer en permanence le lien social entre les individus et les communautés. Il y a une opération qui, vue de l’extérieur n’a aucun sens, mais vue de l’inférieur décrit une fonction de régulation par la nature même de l’échange.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Kula a une fonction régulatrice. Cet échange renvoie à un espace sociétal et politique, car ces échanges régulent des échanges symboliques qui régulent la collectivité. C‘est une activité sociale importante contrôlée précisément et encadrée par la magie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui est intéressant est que Bronislaw Malinovski prononce une analyse fonctionnaliste, ici la fonction n’est pas d’ordre économique, mais d’ordre sociétal et d’ordre fonctionnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’analyse de la Kula permet de constituer le discours sur l’analyse fonctionnelle des systèmes politiques ; la régulation sociale permet la cohésion collective des différentes tribus. À partir du moment où elle doit se dérouler de façon continue, elle empêche la guerre puisqu’elle oblige les gens à se rencontrer et échanger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Alfred Radcliffe-Brown : 1881 - 1955 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Radcliffe-Brown est un anthropologue britannique qui va étudier les systèmes politiques australiens des aborigènes ainsi que leurs organisations sociales.  Dans son livre Structure et Fonction dans la société primitive (1968) on voit apparaitre l‘analyse structuraliste qui est de dire que nos sociétés sont traversées par des structures invisibles qui perdurent dans leurs organisations sociales, spatiales et politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il va reconnaitre le message structuraliste et y ajoute le fonctionnalisme donnant le structuralo-fonctionnalisme : toute société est élaborée et construite à partir de structures, mais qui ont des fonctions précises.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les structures d’une société peuvent être fonctionnalistes, elles ont pour but de fabriquer du lien et de la rationalité, elles ont des objectifs de fonctionnalité. La structure n’est pas simplement quelque chose de pesant, mais qui organise, alors elles ont une portée fonctionnaliste afin de réguler le vivre ensemble.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi tout  processus de la vie sociale est un système adaptatif, les structures subsistent, mais peuvent évoluer .L’adaptabilité se manifeste à trois niveaux :&lt;br /&gt;
*écologique ;&lt;br /&gt;
*institutionnel ;&lt;br /&gt;
*culturel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au fond c’est à travers ces trois niveaux que se construit et s’élabore la société.Dès lors les institutions fonctionnent à partir de structures sociales constituées d’individus, mais sont reliées par des actions sociales à l’intérieur d’un tout. C’est une vision organiciste et d’interrelations ; les institutions politiques fonctionnent dans des structures sociales, la société ce sont des individus qui sont reliés par des relations sociales à l’intérieur d’un tout, c’est-à-dire que les individus ne sont jamais isolés, ils font partie d’un ensemble de social. En découle la notion de système social, le social n’est pas qu’une somme d’individu c’est aussi une organisation, quand on parle de système social on parle de valeurs collectives qui font société. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Apparait derrière la notion de système social la notion d’organisation de la société  et de règles implicites qui font que nous adhérons à une société et que nous en acceptons ses valeurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Radcliffe-Brown poursuit la réflexion sur l’adaptabilité, le système et le lien entre structure et fonction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Talcott Parsons : 1902 - 1979 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Talcott Parsons.jpg|thumb|150px|Talcott Parsons.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parsons est un biologiste qui a soutenu  un doctorant à l’Université de Heidelberg en sociologie et en économie. Il est intéressant, car il va poursuivre ses travaux en cherchant à faire le lien entre l’action,la structure, et puis le fonctionnalisme. En 1969, il publie &amp;quot;''Politics and Social Structure&amp;quot; qui traite des structures sociales et politiques, en 1977, sur les systèmes sociaux, il publie ''Social Systems and the Evolution of Action  Theory'' et en 1978 un ouvrage traitant de l’action et de la condition humaine ''Action Theory and the Human Condition''.''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est un auteur intéressant, car il pose l’action non pas comme quelque chose d’individuel, mais comme étant incorporée dans un système de l’action. Si nous sommes dans une interprétation systémique de la société et du politique, l’action ne dépend plus d’un individu, mais d’un système d’action. Du coup, apparaissent des notions importantes sur l’analyse de la gouvernementalité et la mise en place de systèmes, car ce ne sont jamais uniquement celles d’un individu, mais c’est aussi un ensemble de données dans un système plus global renvoyant à la question du système.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un système d’action est un élément, des unités ou des parties d’unités qui doivent fabriquer entre eux des rapports afin de pouvoir arriver à des choix d’actions. Un système d’action va engager tout un ensemble d’activités qui relient des choix individuels à des choix collectifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, Parsons met en exergue quatre fonctions ou dimensions du système d’action :&lt;br /&gt;
#'''adaptation''' : consiste à puiser dans les systèmes extérieurs les diverses ressources dont le système a besoin. C’est aller chercher des ressources et les adapter aux besoins.  &lt;br /&gt;
# '''poursuite des buts''' : capacité de se fixer des buts et de les poursuivre méthodiquement. Dans un système d’action, il faut d’abord s’adapter à la situation réelle puis définir des buts ; il faut les fixer puis se donner les moyens de les atteindre. Il y a une dimension logiquement instrumentale. Les buts conditionnent les moyens et les instruments.&lt;br /&gt;
#'''intégration''' : protéger le système contre des changements brusques et des perturbations majeures. C’est s’interroger sur la mise en place d’un dispositif qui va pouvoir traverser des crises et perdurer dans l’action. Si on ne construit pas, il va être balloté par les crises,  c’est tout le rapport que nous avons aujourd’hui qui est la contradiction entre être présent dans l’immédiateté des évènements et poursuivre une action.&lt;br /&gt;
#'''latence''' : système de canalisation qui sert à la fois à accumuler de l’énergie sous forme de motivation et à la diffuser, elle est de l’ordre de la motivation, de l’ordre de la capacité à contenir la motivation dans la capacité d’agir. Dans les politiques publiques, on a souvent une déclaration d’intention sans la conscience des moyens pour la réaliser, en d’autres termes on fixe un objectif, mais on ne pense pas aux conditions mêmes de la résolution de la question mettant en exergue des contradictions institutionnelles. Il ne suffit pas de garder la motivation il faut la transposer, mais aussi fabriquer un dispositif qui permet de les résoudre. &lt;br /&gt;
                                                         &lt;br /&gt;
Le réel montre souvent que ces fonctions du système d’action ne sont pas remplies ou n’arrivent pas à se remplir presque naturellement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[fichier:Parson_moyen_but.png|center|thumb|500px]]&lt;br /&gt;
   &lt;br /&gt;
Le paradigme fonctionnel du système d’action est de dire que nous sommes dans une boucle qui fait qu’on doit s’adapter pour revenir aux buts qui favorisent la question de l’intégration (coordination, lutter contre les agents perturbateurs), ensuite on retombe sur la question de la latence et de la motivation et on revient à la question de l’intégration. On est dans un dispositif totalement circulaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Robert King Merton (1910 - 2003) : le structuralisme de moyenne portée ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Robert_K_Merton.jpg|thumb|Robert King Merton.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Influencé par [[Les approches en sciences politiques de Durkheim à Bourdieu|Durkheim]], il s’intéresse aux groupes sociaux et va raffermir ce modèle avec deux concepts importants :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*'''le rôle des individus '''&lt;br /&gt;
Dans une vision fonctionnaliste, il rajoute une dimension humaine en disant qu’il y a du fonctionnalisme, des fonctions, mais que les individus sont acteurs au niveau des fonctions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*'''la question de l’anomie et du dysfonctionnement social '''&lt;br /&gt;
Une anomie est un état de décomposition, d’échec, d’arrêt, de rupture dans un système. L’anomie signifie qu’à un moment donné un système social et politique peut connaitre des formes de ruptures qui vont faire partir le système en échec. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les systèmes fonctionnels ne sont pas garantis éternellement, ils peuvent connaitre des phénomènes de mutation ou de désagrégation interne qui mettent le système en échec. L’ensemble du système et de la fonction ne peuvent plus atteindre leur objectif, il y a dérégulation. Ainsi l’anomie se caractérise dans le dysfonctionnement social. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsqu’un système social ne peut plus réguler le rôle de chacun dans la société et la place et la fonction du politique dans ces échanges, à ce moment il peut y avoir une forme d’anomie c’est-à-dire que le dysfonctionnement social met en péril l’ensemble du dispositif. Il caractérise aussi l’anomie comme passage d’un ordre ancien à un ordre futur dont on ne connait pas les règles ; c’est le sentiment de quitter un modèle sans pour autant savoir dans quelle direction nous allons. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’anomie est décrite non seulement comme une structure sociale qui ne fonctionne plus, mais du coup comme des individus en attente de sens perdu et qui dans l’attente de ce sens perdu peuvent redéfinir des comportements spécifiques notamment des comportements de violence ou de déviance. La déviance étant un comportement qui ne répond plus aux comportements et aux aspirations de la société. La déviance surviendrait au moment où il y a disproportion entre les flux culturels considérés comme valables et les moyens légitimes auxquels les individus peuvent avoir accès pour atteindre ces buts. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En d’autres termes, la déviance intervient quand il y a une contradiction entre les finalités et les objectifs de la société et puis le fait qu’elle n’ait plus les moyens de les atteindre. À partir du moment où la société ne peut plus réguler le champ social, la mafia se substitue à la vacance d’un pourvoir de l’État dispensateur de travail et organisateur du champ social qui crée un autre pouvoir à l’intérieur qui est un pouvoir déviant. Donc il faut s’interroger sur ces questions de déviance, car ce sont des ruptures dans un système structuralo-fonctionnaliste qui montre un décalage et une tension entre l’évolution de la société et la réalité du modèle qui ne fonctionne plus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ''Contemporary Social Problems : An Introduction to the Sociology of Deviant Behavior and Social Disorganization'' écrit par Robert K. Merton et Robert A. Nisbet et publié en 1961 apparait une théorie sociologique des problèmes sociaux ou reprenant la question du normal et de l’anormal, du logique et de l’illogique disant qu’une même structure sociale et culturelle peut créer des comportements conformes, mais peut aussi créer des comportements de déviation et de désorganisation sociale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, ils s’interrogent sur la provenance de la désorganisation dans le système en distinguant trois éléments :&lt;br /&gt;
*les conflits institutionnels ;&lt;br /&gt;
*la mobilité sociale : c’est le fait qu’il y ait trop d’écart entre les individus et qu’il n’y ait plus de sentiment d’appartenance ;&lt;br /&gt;
*l’anomie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le fonctionnalisme explique les faits sociaux par leur fonction, puis s’interroge sur les fonctions et les faits sociaux dans un système social toujours rapporté à la façon dont ils sont liés les uns aux autres. Par exemple, la Kula est un système d’échange qui a une portée sociale et fonctionnelle très importante, car au-delà de l’échange c’est un jeu de construction d’une collectivité qui a pour fonction d’éviter les guerres et les conflits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un système, les individus font partie d’un dispositif dont ils servent les fins. Cependant dans ce dispositif il peut y avoir des stratégies d’intégration et de déviance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= La théorie systémique =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la théorie systémique, l’action sociale ou humaine engage quatre systèmes principaux :&lt;br /&gt;
*'''système biologique''' : motivations élémentaires de l’individu ;&lt;br /&gt;
*'''système de la personnalité''' : organisation psychique de l’individu ;&lt;br /&gt;
*'''système social''' : ensemble des rapports d’interaction ;&lt;br /&gt;
*'''système culturel''' : ensemble des valeurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Quelle est la différence entre une approche de politique traditionnelle et une approche systémique ?'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans '''l’approche traditionnelle de l’analyse du politique''' on étudie les acteurs en tant que tels et les prises de décisions alors que dans l’analyse systémique du politique on va réfléchir en termes d’interactions entre les acteurs, en termes de processus de répartition des ressources puis réfléchir en termes de puissance d’acteur ou des avantages sociaux des acteurs c’est-à-dire en fonction du poids des acteurs dans le système. Dans l’analyse systémique, on va interroger plutôt le champ des compétitivités, de relations, de conflictualité des acteurs dans les dispositifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans '''l’analyse systémique''', l’analyse systémique du politique on part de l’hypothèse que chaque groupe d’acteurs est doté de normes, de processus spécifiques d’action et de processus de répartition des modes d‘action afin de catégoriser les acteurs dans un processus plus complexe. Dans une analyse systémique, on met en place une analyse des interactions dans l’environnement même dans lequel se produisent ces interactions en donnant plus de place dans l’interaction entre action et environnement qui se contextualise dans la notion de système.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l’analyse systémique, on garde l’hypothèse de cohérence, il faut que le processus soit cohérent. On va étudier les systèmes d’acteurs, les systèmes de cohérence ainsi que la cohérence entre les différents sous-systèmes, c’est-à-dire que l’on va analyser le processus de décisions de processus politiques comme un ensemble d’acteur et d’agent dont découlent des sous-systèmes à travers lesquels ils agissent. Nous sommes dans une analyse rétroactive ce qui signifie qu’un processus de décision et rarement un processus linéaire. Un processus d’action pose une question d’action et ensuite il cherche à définir les processus d’action, commence à agir pour enfin revisiter les conditions de son action.Cela veut dire qu’il s’interroge pour voir si les conditions fonctionnent bien,si le processus ne fonctionne pas il faut s’interroger sur la rétroaction afin de la changer. C’est ce que l’on appelle une causalité non linéaire.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
== David Easton (1917 - 2014) : la théorie systémique en sciences politiques ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Easton s’intéresse à l’invention et à la constitution d’une théorie systémique en sciences politiques. Il va chercher à utiliser  cette vision systémique des sciences sociales afin d’essayer d’analyser ce qu’est le politique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son ouvrage ''The Political System'' publié en 1953 il dit qu’au fond cette théorie se fait dans l’interprétation de la politique comme universalité, il y a de la politique partout, mais comme étant dans un système on peut comparer tous les systèmes par rapport aux autres. On l’éloigne beaucoup de la vision de l’anthropologie qui est relativiste. La pensée fondamentale de l’anthropologie est le relativisme culturel, il y a des gouvernements politiques différents et ce qui est intéressant est de comprendre la nature et leurs fonctions propres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La vision systémique  en sciences politiques va partir de l’autre côté en nous tirant  du côté d’une théorie politique qui considère que l’on peut bâtir des connaissances universelles d’autant plus facilement qu’elle reconnait que la vision de système politique et mondial. En sciences-politiques quand on analyse des systèmes politiques  on est dans une analyse comparative des systèmes, s’il y a des différences c’est que ce sont toujours des systèmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’hypothèse d’Easton est de dire que l’on peut construire une théorie politique par l’avancement des sciences politiques sur la base de productions de modèles de compréhensions systémiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, il voit la société contemporaine comme un chaos auquel l’homme pourra mettre fin s’il applique la méthode scientifique à l’analyse des phénomènes politiques afin de les caractériser tel qu’ils se sont conçus et développé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est pour une théorie systémique globale,il faut décortiquer dans la société contemporaine quelles sont les différents systèmes à l’œuvre.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les principales fonctions de la théorie politique selon Easton :&lt;br /&gt;
#proposer des critères pour identifier les variables à analyser&lt;br /&gt;
#établir des relations entre ces variables&lt;br /&gt;
#expliquer ces relations&lt;br /&gt;
#élaborer un réseau de généralisation&lt;br /&gt;
#découvrir de nouveaux phénomènes &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au fond, on est dans une vision très globale de l’analyse du champ du système dans lequel rentrent ces critères entre les différents éléments des sous-systèmes. C’est une science politique qui va décortiquer les grands systèmes sociopolitiques et qui peut avoir des interrelations avec la qualification des types de régimes concernés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Jean-William Lapierre (1921 - 2007) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lapierre part de l’hypothèse de l’analyse des systèmes politiques dans son ouvrage ''L’analyse des systèmes politiques'' publié en 1973.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour analyser les systèmes politiques, il faut partir sur l’idée d’une universalité des systèmes politiques, nous sommes dans une société globale qui est constituée par des systèmes sociaux que l’on peut analyser &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Lapierre, un système politique est un système, une organisions dans lequel les éléments sont mis en interrelations. Tout système politique  est inscrit dans une vision naturaliste ; les systèmes politiques sont des inputs et des outputs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* '''input''' : un système politique ne peut fonctionner qu’en intégrant l’information et les données au sein de la société afin de les transformer. &lt;br /&gt;
*'''output''' : reconstruit les données en processus d’action de normes, de techniques, de lois, de règles, de jugements.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le processus politique c’est la captation de ressources. Une des explications de la Révolution française est la marginalisation du roi de la société française. Au début du XVIIIème siècle, Louis XIV et Louis XV ont peur d’émeutes parisiennes. Louis XIV va construire Versailles en tant qu’extraterritorialité pour empêcher les nobles de se rebeller en province, mais sort du territoire et ne dispose plus d’inputs pour comprendre ce qui se passe à Paris. Quand les grandes épidémies liées aux grandes crises agricoles sont arrivées le peuple s’est réveillait et a fait la révolution. Nous pouvons noter ce bref échange entre Louis XVI et La Rochefoucauld : {{citation|-monsieur le roi, il s’est passé quelque chose. –c’est une révolte ?, -non sire, c’est une révolution !}}&amp;lt;ref&amp;gt;Guy Chaussinand-Nogaret, La Bastille est prise, Paris, Éditions Complexe, 1988, p. 102.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le rapport entre input et output est intéressant dans le sens ou un système politique doit traiter les informations en s’en saisissant, au contraire il ne peut y avoir de gestion adaptée du territoire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce sont des images qui posent le champ du politique dans la confrontation entre les inputs et les outputs dans la gestion des risques calculés, c’est-à-dire qu’on a des ressources à prendre, mais elles viennent avec des contraintes qu’il faut restituer dans un espace de projet en tenant compte des contraintes héritées, si nous n’avons plus d’inputs on peut se demander qu’elle est la nature des outputs, c’est-à-dire que les réponses seront hors de la réalité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lapierre désigne le système politique comme un système décisionnel c’est un système qui a une ; même s’il est programmé manière idéologique il doit tenir compte de la réalité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette théorie est intéressante, car tout système politique doit être décisionnel, mais il n’est pas programmé parce qu’il doit évoluer, s’adapter, traiter l’information dont il dispose, aussi incomplète soit-elle, car elles lui permettent de définir les outputs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès lors, un système politique selon Lapierre c’est un système d’action conditionné par des ressources et des contraintes dans  une situation d’informations incomplètes et d’incertitude sur les objectifs. Ainsi, on peut définir les moyens à mobiliser et anticiper les répercussions de l’action.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au fond, un système politique cherche à gérer au mieux les intérêts de l’organisme et l’ensemble des contraintes dont il hérite. En d’autres termes, il faut parfois chercher à gérer le « moins mal ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Les limites de ces deux approches =&lt;br /&gt;
== Limites de l’approche fonctionnaliste ==&lt;br /&gt;
C’est de tout considérer à partir de fonctions, c’est une réduction trop fonctionnaliste qui peut amener à interpréter le système d’action comme étant totalement fonctionnaliste alors qu’en réalité cela en est loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Limites de l’approche systémique ==&lt;br /&gt;
Tout n’est pas systèmes politiques pour faire des comparaisons. La logique est de nous mener vers des jugements de valeur, c’est-à-dire nous faire réinterpréter  la valeur d’un système politique en tant que tel en fonction de catégories au détriment d’autres. Le danger serait de nous engager trop rapidement sur des analyses comparatives de systèmes politiques ou de critères de définitions des systèmes politiques. Elle globalise trop et de nous laisse imaginer que tout est comparable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Annexes =&lt;br /&gt;
* [http://classiques.uqac.ca/classiques/malinowsli/malinowski.html Œuvres en ligne de Malinowski] sur le site des « Classiques des Sciences sociales »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Références =&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:science politique]]&lt;br /&gt;
[[Category:théorie politique]]&lt;br /&gt;
[[Category:Rémi Baudoui]]&lt;br /&gt;
[[Category:2011]] &lt;br /&gt;
[[Category:2012]]  &lt;br /&gt;
[[Category:2013]] &lt;br /&gt;
[[Category:2014]]&lt;br /&gt;
[[Category:2015]]&lt;br /&gt;
[[Category:2016]]&lt;br /&gt;
[[Category:2017]]&lt;br /&gt;
[[Category:2018]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>176.129.59.151</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://baripedia.org/index.php?title=Fonctionnalisme_et_Syst%C3%A9misme&amp;diff=37515</id>
		<title>Fonctionnalisme et Systémisme</title>
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		<updated>2018-10-08T17:41:07Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;176.129.59.151 : /* Talcott Parsons : 1902 - 1979 */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;= Le Fonctionnalisme =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Image du corps humain, chaque organe a sa fonction. Dans le fonctionnalisme, on analyse les organes de la société par leur fonction. On interprète donc la société ou la politique comme un corps vivant. C'est par la coordination des fonctions et des organes que le développement s'effectue. Cette vision implique un concept d'efficacité et des processus de régulation. La fonction est à définir ici par son sens biologique : {{citation|c'est la contribution qu'apporte un élément à l'organisation ou à l'action de l'ensemble dont il fait partie}}&amp;lt;ref&amp;gt;G. Rocher, Introduction générale à la sociologie, p.165.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le courant apparaît dans les années 1930 et son âge d'or se situe dans les années 1960, principalement dans la sociologie anglo-saxonne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La théorie fonctionnaliste se base sur le principe fondateur suivant : sans considérer ses ressources matérielles et son architecture (organisation), toute société doit remplir certaines fonctions naturelles (universelle). Parmi elles : produire des biens et services (nourritures, logement, soins), se reproduire (organisation des unions, sexualité, famille), assurer la protection des membres (solidarité, défense). Ainsi, l’analyse fonctionnelle postule que chaque coutume, chaque objet matériel, chaque croyance remplit une fonction vitale, est une partie vitale d’un tout organique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On distingue alors les sociétés les unes des autres par leur façon de remplir ces fonctions et par la mise en place de leurs institutions culturelles. Selon les approches fonctionnalistes, des institutions différentes peuvent remplir des fonctions identiques. Par exemple, l’apprentissage des règles sociales peut se faire par un mode d’imitation, par fusion ou par transmission. On peut qualifier ces trois formes de socialisation d’« équivalents fonctionnels ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les fondateurs du fonctionnalisme sont à chercher dans le domaine de l’anthropologie, où Malinowski crée le néologisme. On voit apparaître trois courants principaux représentés par les auteurs suivants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bronislaw Malinovski (1884 - 1942) : Le fonctionnalisme anthropologique ou le fonctionnalisme absolu ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bronislaw Malinovski est polonais d’origine, étudiant l’anthropologie en particulier les sociétés premières, celles qui sont loin de nous et qui ont conservés des coutumes traditionnelles. Il entreprend des études à Cracovie de philosophie, fait un doctorat d’économie à la London School of Economics et se spécialise sur les peuples mélanésiens dans les iles afin de travailler sur des groupes humains protégés qui ont conservé leurs coutumes. Il va produire un certain nombre de livres sur les mélanésiens dit aussi les « Argonautes » dans une tradition d’anthropologue. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’anthropologie postule qu’il n’y a pas de connaissance immédiate ni du politique ni de la société. Il reste en immersions des années dans les îles Trobriand et va étudier un phénomène particulier qui existe dans ces tributs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les tribus des iles Trobriand pratiquent des échanges intertribaux, cela veut dire que cet échange va se faire entre les différentes tribus. Deux types d’objets circulent à savoir des coquillages rouges sous forme de colliers et des bracelets à travers un système d’échange social. Il met en exergue un principe qui s’énonce selon lequel  ces deux objets réapparaissent de façon continue et rentrent dans une économie de l’échange rapide, les familles ne doivent pas les conserver. Aussitôt qu’une autre fête est prononcée, ces objets sont remis en circulation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Phénomène de la kula.png|200px|vignette]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il décrit le '''phénomène de la Kula''' qui est le lieu où les individus vont échanger leurs présents. Tout homme qui rentre dans cet espace reçoit un ou plusieurs brassards et doit assez rapidement le transmettre à un autre à l’occasion d’un autre rassemblement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est intéressant, car c’est un phénomène original pour les Occidentaux, c’est aussi un principe qui se perpétue. C’est un objet qui n’est pas de l’ordre de la transaction ponctuelle, mais de l’ordre de la transition perpétuelle. Dans la Kula, il s’interroge sur la nature de cette transaction ; au fond, cette transaction  n’a pas de valeur particulière, mais elle s’accompagne d’un cérémonial et d’une capacité à penser la possession comme très limitée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la Kula, il s’interroge sur le fait que se joue un échange non pas financier, mais social encadré qui a une fonction précise qui est de fabriquer en permanence le lien social entre les individus et les communautés. Il y a une opération qui, vue de l’extérieur n’a aucun sens, mais vue de l’inférieur décrit une fonction de régulation par la nature même de l’échange.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Kula a une fonction régulatrice. Cet échange renvoie à un espace sociétal et politique, car ces échanges régulent des échanges symboliques qui régulent la collectivité. C‘est une activité sociale importante contrôlée précisément et encadrée par la magie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui est intéressant est que Bronislaw Malinovski prononce une analyse fonctionnaliste, ici la fonction n’est pas d’ordre économique, mais d’ordre sociétal et d’ordre fonctionnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’analyse de la Kula permet de constituer le discours sur l’analyse fonctionnelle des systèmes politiques ; la régulation sociale permet la cohésion collective des différentes tribus. À partir du moment où elle doit se dérouler de façon continue, elle empêche la guerre puisqu’elle oblige les gens à se rencontrer et échanger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Alfred Radcliffe-Brown : 1881 - 1955 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Radcliffe-Brown est un anthropologue britannique qui va étudier les systèmes politiques australiens des aborigènes ainsi que leurs organisations sociales.  Dans son livre Structure et Fonction dans la société primitive (1968) on voit apparaitre l‘analyse structuraliste qui est de dire que nos sociétés sont traversées par des structures invisibles qui perdurent dans leurs organisations sociales, spatiales et politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il va reconnaitre le message structuraliste et y ajoute le fonctionnalisme donnant le structuralo-fonctionnalisme : toute société est élaborée et construite à partir de structures, mais qui ont des fonctions précises.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les structures d’une société peuvent être fonctionnalistes, elles ont pour but de fabriquer du lien et de la rationalité, elles ont des objectifs de fonctionnalité. La structure n’est pas simplement quelque chose de pesant, mais qui organise, alors elles ont une portée fonctionnaliste afin de réguler le vivre ensemble.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi tout  processus de la vie sociale est un système adaptatif, les structures subsistent, mais peuvent évoluer .L’adaptabilité se manifeste à trois niveaux :&lt;br /&gt;
*écologique ;&lt;br /&gt;
*institutionnel ;&lt;br /&gt;
*culturel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au fond c’est à travers ces trois niveaux que se construit et s’élabore la société.Dès lors les institutions fonctionnent à partir de structures sociales constituées d’individus, mais sont reliées par des actions sociales à l’intérieur d’un tout. C’est une vision organiciste et d’interrelations ; les institutions politiques fonctionnent dans des structures sociales, la société ce sont des individus qui sont reliés par des relations sociales à l’intérieur d’un tout, c’est-à-dire que les individus ne sont jamais isolés, ils font partie d’un ensemble de social. En découle la notion de système social, le social n’est pas qu’une somme d’individu c’est aussi une organisation, quand on parle de système social on parle de valeurs collectives qui font société. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Apparait derrière la notion de système social la notion d’organisation de la société  et de règles implicites qui font que nous adhérons à une société et que nous en acceptons ses valeurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Radcliffe-Brown poursuit la réflexion sur l’adaptabilité, le système et le lien entre structure et fonction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Talcott Parsons : 1902 - 1979 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Talcott Parsons.jpg|thumb|150px|Talcott Parsons.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parsons est un biologiste qui a soutenu  un doctorant à l’Université de Heidelberg en sociologie et en économie. Il est intéressant, car il va poursuivre ses travaux en cherchant à faire le lien entre l’action,la structure, et puis le fonctionnalisme. En 1969, il publie &amp;quot;''Politics and Social Structure&amp;quot; qui traite des structures sociales et politiques, en 1977, sur les systèmes sociaux, il publie ''Social Systems and the Evolution of Action  Theory'' et en 1978 un ouvrage traitant de l’action et de la condition humaine ''Action Theory and the Human Condition''.''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est un auteur intéressant, car il pose l’action non pas comme quelque chose d’individuel, mais comme étant incorporée dans un système de l’action. Si nous sommes dans une interprétation systémique de la société et du politique, l’action ne dépend plus d’un individu, mais d’un système d’action. Du coup, apparaissent des notions importantes sur l’analyse de la gouvernementalité et la mise en place de systèmes, car ce ne sont jamais uniquement celles d’un individu, mais c’est aussi un ensemble de données dans un système plus global renvoyant à la question du système.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un système d’action est un élément, des unités ou des parties d’unités qui doivent fabriquer entre eux des rapports afin de pouvoir arriver à des choix d’actions. Un système d’action va engager tout un ensemble d’activités qui relient des choix individuels à des choix collectifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, Parsons met en exergue quatre fonctions ou dimensions du système d’action :&lt;br /&gt;
#'''adaptation''' : consiste à puiser dans les systèmes extérieurs les diverses ressources dont le système a besoin. C’est aller chercher des ressources et les adapter aux besoins.  &lt;br /&gt;
# '''poursuite des buts''' : capacité de se fixer des buts et de les poursuivre méthodiquement. Dans un système d’action, il faut d’abord s’adapter à la situation réelle puis définir des buts ; il faut les fixer puis se donner les moyens de les atteindre. Il y a une dimension logiquement instrumentale. Les buts conditionnent les moyens et les instruments.&lt;br /&gt;
#'''intégration''' : protéger le système contre des changements brusques et des perturbations majeures. C’est s’interroger sur la mise en place d’un dispositif qui va pouvoir traverser des crises et perdurer dans l’action. Si on ne construit pas, il va être balloté par les crises,  c’est tout le rapport que nous avons aujourd’hui qui est la contradiction entre être présent dans l’immédiateté des évènements et poursuivre une action.&lt;br /&gt;
#'''latence''' : système de canalisation qui sert à la fois à accumuler de l’énergie sous forme de motivation et à la diffuser, elle est de l’ordre de la motivation, de l’ordre de la capacité à contenir la motivation dans la capacité d’agir. Dans les politiques publiques, on a souvent une déclaration d’intention sans la conscience des moyens pour la réaliser, en d’autres termes on fixe un objectif, mais on ne pense pas aux conditions mêmes de la résolution de la question mettant en exergue des contradictions institutionnelles. Il ne suffit pas de garder la motivation il faut la transposer, mais aussi fabriquer un dispositif qui permet de les résoudre. &lt;br /&gt;
                                                         &lt;br /&gt;
Le réel montre souvent que ces fonctions du système d’action ne sont pas remplies ou n’arrivent pas à se remplir presque naturellement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[fichier:Parson_moyen_but.png|center|thumb|500px]]&lt;br /&gt;
   &lt;br /&gt;
Le paradigme fonctionnel du système d’action est de dire que nous sommes dans une boucle qui fait qu’on doit s’adapter pour revenir aux buts qui favorisent la question de l’intégration (coordination, lutter contre les agents perturbateurs), ensuite on retombe sur la question de la latence et de la motivation et on revient à la question de l’intégration. On est dans un dispositif totalement circulaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Robert King Merton (1910 - 2003) : le structuralisme de moyenne portée ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Robert_K_Merton.jpg|thumb|Robert King Merton.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Influencé par [[Les approches en sciences politiques de Durkheim à Bourdieu|Durkheim]], il s’intéresse aux groupes sociaux et va raffermir ce modèle avec deux concepts importants :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*'''le rôle des individus '''&lt;br /&gt;
Dans une vision fonctionnaliste, il rajoute une dimension humaine en disant qu’il y a du fonctionnalisme, des fonctions, mais que les individus sont acteurs au niveau des fonctions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*'''la question de l’anomie et du dysfonctionnement social '''&lt;br /&gt;
Une anomie est un état de décomposition, d’échec, d’arrêt, de rupture dans un système. L’anomie signifie qu’à un moment donné un système social et politique peut connaitre des formes de ruptures qui vont faire partir le système en échec. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les systèmes fonctionnels ne sont pas garantis éternellement, ils peuvent connaitre des phénomènes de mutation ou de désagrégation interne qui mettent le système en échec. L’ensemble du système et de la fonction ne peuvent plus atteindre leur objectif, il y a dérégulation. Ainsi l’anomie se caractérise dans le dysfonctionnement social. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsqu’un système social ne peut plus réguler le rôle de chacun dans la société et la place et la fonction du politique dans ces échanges, à ce moment il peut y avoir une forme d’anomie c’est-à-dire que le dysfonctionnement social met en péril l’ensemble du dispositif. Il caractérise aussi l’anomie comme passage d’un ordre ancien à un ordre futur dont on ne connait pas les règles ; c’est le sentiment de quitter un modèle sans pour autant savoir dans quelle direction nous allons. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’anomie est décrite non seulement comme une structure sociale qui ne fonctionne plus, mais du coup comme des individus en attente de sens perdu et qui dans l’attente de ce sens perdu peuvent redéfinir des comportements spécifiques notamment des comportements de violence ou de déviance. La déviance étant un comportement qui ne répond plus aux comportements et aux aspirations de la société. La déviance surviendrait au moment où il y a disproportion entre les flux culturels considérés comme valables et les moyens légitimes auxquels les individus peuvent avoir accès pour atteindre ces buts. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En d’autres termes, la déviance intervient quand il y a une contradiction entre les finalités et les objectifs de la société et puis le fait qu’elle n’ait plus les moyens de les atteindre. À partir du moment où la société ne peut plus réguler le champ social, la mafia se substitue à la vacance d’un pourvoir de l’État dispensateur de travail et organisateur du champ social qui crée un autre pouvoir à l’intérieur qui est un pouvoir déviant. Donc il faut s’interroger sur ces questions de déviance, car ce sont des ruptures dans un système structuralo-fonctionnaliste qui montre un décalage et une tension entre l’évolution de la société et la réalité du modèle qui ne fonctionne plus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ''Contemporary Social Problems : An Introduction to the Sociology of Deviant Behavior and Social Disorganization'' écrit par Robert K. Merton et Robert A. Nisbet et publié en 1961 apparait une théorie sociologique des problèmes sociaux ou reprenant la question du normal et de l’anormal, du logique et de l’illogique disant qu’une même structure sociale et culturelle peut créer des comportements conformes, mais peut aussi créer des comportements de déviation et de désorganisation sociale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, ils s’interrogent sur la provenance de la désorganisation dans le système en distinguant trois éléments :&lt;br /&gt;
*les conflits institutionnels ;&lt;br /&gt;
*la mobilité sociale : c’est le fait qu’il y ait trop d’écart entre les individus et qu’il n’y ait plus de sentiment d’appartenance ;&lt;br /&gt;
*l’anomie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le fonctionnalisme explique les faits sociaux par leur fonction, puis s’interroger sur les fonctions et les faits sociaux dans un système social toujours rapporté à la façon dont ils sont liés les uns aux autres. Par exemple, la Kula est un système d’échange qui a une portée sociale et fonctionnelle très important, car au-delà de l’échange c’est un jeu de construction d’une collectivité qui a pour fonction d’éviter les guerres et les conflits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un système, les individus font partie d’un dispositif dont ils servent les fins. Cependant dans ce dispositif il peut y avoir des stratégies d’intégration et de déviance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= La théorie systémique =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la théorie systémique, l’action sociale ou humaine engage quatre systèmes principaux :&lt;br /&gt;
*'''système biologique''' : motivations élémentaires de l’individu ;&lt;br /&gt;
*'''système de la personnalité''' : organisation psychique de l’individu ;&lt;br /&gt;
*'''système social''' : ensemble des rapports d’interaction ;&lt;br /&gt;
*'''système culturel''' : ensemble des valeurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Quelle est la différence entre une approche de politique traditionnelle et une approche systémique ?'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans '''l’approche traditionnelle de l’analyse du politique''' on étudie les acteurs en tant que tels et les prises de décisions alors que dans l’analyse systémique du politique on va réfléchir en termes d’interactions entre les acteurs, en termes de processus de répartition des ressources puis réfléchir en termes de puissance d’acteur ou des avantages sociaux des acteurs c’est-à-dire en fonction du poids des acteurs dans le système. Dans l’analyse systémique, on va interroger plutôt le champ des compétitivités, de relations, de conflictualité des acteurs dans les dispositifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans '''l’analyse systémique''', l’analyse systémique du politique on part de l’hypothèse que chaque groupe d’acteurs est doté de normes, de processus spécifiques d’action et de processus de répartition des modes d‘action afin de catégoriser les acteurs dans un processus plus complexe. Dans une analyse systémique, on met en place une analyse des interactions dans l’environnement même dans lequel se produisent ces interactions en donnant plus de place dans l’interaction entre action et environnement qui se contextualise dans la notion de système.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l’analyse systémique, on garde l’hypothèse de cohérence, il faut que le processus soit cohérent. On va étudier les systèmes d’acteurs, les systèmes de cohérence ainsi que la cohérence entre les différents sous-systèmes, c’est-à-dire que l’on va analyser le processus de décisions de processus politiques comme un ensemble d’acteur et d’agent dont découlent des sous-systèmes à travers lesquels ils agissent. Nous sommes dans une analyse rétroactive ce qui signifie qu’un processus de décision et rarement un processus linéaire. Un processus d’action pose une question d’action et ensuite il cherche à définir les processus d’action, commence à agir pour enfin revisiter les conditions de son action.Cela veut dire qu’il s’interroge pour voir si les conditions fonctionnent bien,si le processus ne fonctionne pas il faut s’interroger sur la rétroaction afin de la changer. C’est ce que l’on appelle une causalité non linéaire.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
== David Easton (1917 - 2014) : la théorie systémique en sciences politiques ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Easton s’intéresse à l’invention et à la constitution d’une théorie systémique en sciences politiques. Il va chercher à utiliser  cette vision systémique des sciences sociales afin d’essayer d’analyser ce qu’est le politique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son ouvrage ''The Political System'' publié en 1953 il dit qu’au fond cette théorie se fait dans l’interprétation de la politique comme universalité, il y a de la politique partout, mais comme étant dans un système on peut comparer tous les systèmes par rapport aux autres. On l’éloigne beaucoup de la vision de l’anthropologie qui est relativiste. La pensée fondamentale de l’anthropologie est le relativisme culturel, il y a des gouvernements politiques différents et ce qui est intéressant est de comprendre la nature et leurs fonctions propres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La vision systémique  en sciences politiques va partir de l’autre côté en nous tirant  du côté d’une théorie politique qui considère que l’on peut bâtir des connaissances universelles d’autant plus facilement qu’elle reconnait que la vision de système politique et mondial. En sciences-politiques quand on analyse des systèmes politiques  on est dans une analyse comparative des systèmes, s’il y a des différences c’est que ce sont toujours des systèmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’hypothèse d’Easton est de dire que l’on peut construire une théorie politique par l’avancement des sciences politiques sur la base de productions de modèles de compréhensions systémiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, il voit la société contemporaine comme un chaos auquel l’homme pourra mettre fin s’il applique la méthode scientifique à l’analyse des phénomènes politiques afin de les caractériser tel qu’ils se sont conçus et développé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est pour une théorie systémique globale,il faut décortiquer dans la société contemporaine quelles sont les différents systèmes à l’œuvre.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les principales fonctions de la théorie politique selon Easton :&lt;br /&gt;
#proposer des critères pour identifier les variables à analyser&lt;br /&gt;
#établir des relations entre ces variables&lt;br /&gt;
#expliquer ces relations&lt;br /&gt;
#élaborer un réseau de généralisation&lt;br /&gt;
#découvrir de nouveaux phénomènes &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au fond, on est dans une vision très globale de l’analyse du champ du système dans lequel rentrent ces critères entre les différents éléments des sous-systèmes. C’est une science politique qui va décortiquer les grands systèmes sociopolitiques et qui peut avoir des interrelations avec la qualification des types de régimes concernés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Jean-William Lapierre (1921 - 2007) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lapierre part de l’hypothèse de l’analyse des systèmes politiques dans son ouvrage ''L’analyse des systèmes politiques'' publié en 1973.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour analyser les systèmes politiques, il faut partir sur l’idée d’une universalité des systèmes politiques, nous sommes dans une société globale qui est constituée par des systèmes sociaux que l’on peut analyser &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Lapierre, un système politique est un système, une organisions dans lequel les éléments sont mis en interrelations. Tout système politique  est inscrit dans une vision naturaliste ; les systèmes politiques sont des inputs et des outputs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* '''input''' : un système politique ne peut fonctionner qu’en intégrant l’information et les données au sein de la société afin de les transformer. &lt;br /&gt;
*'''output''' : reconstruit les données en processus d’action de normes, de techniques, de lois, de règles, de jugements.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le processus politique c’est la captation de ressources. Une des explications de la Révolution française est la marginalisation du roi de la société française. Au début du XVIIIème siècle, Louis XIV et Louis XV ont peur d’émeutes parisiennes. Louis XIV va construire Versailles en tant qu’extraterritorialité pour empêcher les nobles de se rebeller en province, mais sort du territoire et ne dispose plus d’inputs pour comprendre ce qui se passe à Paris. Quand les grandes épidémies liées aux grandes crises agricoles sont arrivées le peuple s’est réveillait et a fait la révolution. Nous pouvons noter ce bref échange entre Louis XVI et La Rochefoucauld : {{citation|-monsieur le roi, il s’est passé quelque chose. –c’est une révolte ?, -non sire, c’est une révolution !}}&amp;lt;ref&amp;gt;Guy Chaussinand-Nogaret, La Bastille est prise, Paris, Éditions Complexe, 1988, p. 102.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le rapport entre input et output est intéressant dans le sens ou un système politique doit traiter les informations en s’en saisissant, au contraire il ne peut y avoir de gestion adaptée du territoire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce sont des images qui posent le champ du politique dans la confrontation entre les inputs et les outputs dans la gestion des risques calculés, c’est-à-dire qu’on a des ressources à prendre, mais elles viennent avec des contraintes qu’il faut restituer dans un espace de projet en tenant compte des contraintes héritées, si nous n’avons plus d’inputs on peut se demander qu’elle est la nature des outputs, c’est-à-dire que les réponses seront hors de la réalité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lapierre désigne le système politique comme un système décisionnel c’est un système qui a une ; même s’il est programmé manière idéologique il doit tenir compte de la réalité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette théorie est intéressante, car tout système politique doit être décisionnel, mais il n’est pas programmé parce qu’il doit évoluer, s’adapter, traiter l’information dont il dispose, aussi incomplète soit-elle, car elles lui permettent de définir les outputs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès lors, un système politique selon Lapierre c’est un système d’action conditionné par des ressources et des contraintes dans  une situation d’informations incomplètes et d’incertitude sur les objectifs. Ainsi, on peut définir les moyens à mobiliser et anticiper les répercussions de l’action.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au fond, un système politique cherche à gérer au mieux les intérêts de l’organisme et l’ensemble des contraintes dont il hérite. En d’autres termes, il faut parfois chercher à gérer le « moins mal ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Les limites de ces deux approches =&lt;br /&gt;
== Limites de l’approche fonctionnaliste ==&lt;br /&gt;
C’est de tout considérer à partir de fonctions, c’est une réduction trop fonctionnaliste qui peut amener à interpréter le système d’action comme étant totalement fonctionnaliste alors qu’en réalité cela en est loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Limites de l’approche systémique ==&lt;br /&gt;
Tout n’est pas systèmes politiques pour faire des comparaisons. La logique est de nous mener vers des jugements de valeur, c’est-à-dire nous faire réinterpréter  la valeur d’un système politique en tant que tel en fonction de catégories au détriment d’autres. Le danger serait de nous engager trop rapidement sur des analyses comparatives de systèmes politiques ou de critères de définitions des systèmes politiques. Elle globalise trop et de nous laisse imaginer que tout est comparable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Annexes =&lt;br /&gt;
* [http://classiques.uqac.ca/classiques/malinowsli/malinowski.html Œuvres en ligne de Malinowski] sur le site des « Classiques des Sciences sociales »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Références =&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:science politique]]&lt;br /&gt;
[[Category:théorie politique]]&lt;br /&gt;
[[Category:Rémi Baudoui]]&lt;br /&gt;
[[Category:2011]] &lt;br /&gt;
[[Category:2012]]  &lt;br /&gt;
[[Category:2013]] &lt;br /&gt;
[[Category:2014]]&lt;br /&gt;
[[Category:2015]]&lt;br /&gt;
[[Category:2016]]&lt;br /&gt;
[[Category:2017]]&lt;br /&gt;
[[Category:2018]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>176.129.59.151</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://baripedia.org/index.php?title=Fonctionnalisme_et_Syst%C3%A9misme&amp;diff=37514</id>
		<title>Fonctionnalisme et Systémisme</title>
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		<updated>2018-10-08T17:38:30Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;176.129.59.151 : /* Talcott Parsons : 1902 - 1979 */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;= Le Fonctionnalisme =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Image du corps humain, chaque organe a sa fonction. Dans le fonctionnalisme, on analyse les organes de la société par leur fonction. On interprète donc la société ou la politique comme un corps vivant. C'est par la coordination des fonctions et des organes que le développement s'effectue. Cette vision implique un concept d'efficacité et des processus de régulation. La fonction est à définir ici par son sens biologique : {{citation|c'est la contribution qu'apporte un élément à l'organisation ou à l'action de l'ensemble dont il fait partie}}&amp;lt;ref&amp;gt;G. Rocher, Introduction générale à la sociologie, p.165.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le courant apparaît dans les années 1930 et son âge d'or se situe dans les années 1960, principalement dans la sociologie anglo-saxonne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La théorie fonctionnaliste se base sur le principe fondateur suivant : sans considérer ses ressources matérielles et son architecture (organisation), toute société doit remplir certaines fonctions naturelles (universelle). Parmi elles : produire des biens et services (nourritures, logement, soins), se reproduire (organisation des unions, sexualité, famille), assurer la protection des membres (solidarité, défense). Ainsi, l’analyse fonctionnelle postule que chaque coutume, chaque objet matériel, chaque croyance remplit une fonction vitale, est une partie vitale d’un tout organique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On distingue alors les sociétés les unes des autres par leur façon de remplir ces fonctions et par la mise en place de leurs institutions culturelles. Selon les approches fonctionnalistes, des institutions différentes peuvent remplir des fonctions identiques. Par exemple, l’apprentissage des règles sociales peut se faire par un mode d’imitation, par fusion ou par transmission. On peut qualifier ces trois formes de socialisation d’« équivalents fonctionnels ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les fondateurs du fonctionnalisme sont à chercher dans le domaine de l’anthropologie, où Malinowski crée le néologisme. On voit apparaître trois courants principaux représentés par les auteurs suivants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bronislaw Malinovski (1884 - 1942) : Le fonctionnalisme anthropologique ou le fonctionnalisme absolu ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bronislaw Malinovski est polonais d’origine, étudiant l’anthropologie en particulier les sociétés premières, celles qui sont loin de nous et qui ont conservés des coutumes traditionnelles. Il entreprend des études à Cracovie de philosophie, fait un doctorat d’économie à la London School of Economics et se spécialise sur les peuples mélanésiens dans les iles afin de travailler sur des groupes humains protégés qui ont conservé leurs coutumes. Il va produire un certain nombre de livres sur les mélanésiens dit aussi les « Argonautes » dans une tradition d’anthropologue. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’anthropologie postule qu’il n’y a pas de connaissance immédiate ni du politique ni de la société. Il reste en immersions des années dans les îles Trobriand et va étudier un phénomène particulier qui existe dans ces tributs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les tribus des iles Trobriand pratiquent des échanges intertribaux, cela veut dire que cet échange va se faire entre les différentes tribus. Deux types d’objets circulent à savoir des coquillages rouges sous forme de colliers et des bracelets à travers un système d’échange social. Il met en exergue un principe qui s’énonce selon lequel  ces deux objets réapparaissent de façon continue et rentrent dans une économie de l’échange rapide, les familles ne doivent pas les conserver. Aussitôt qu’une autre fête est prononcée, ces objets sont remis en circulation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Phénomène de la kula.png|200px|vignette]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il décrit le '''phénomène de la Kula''' qui est le lieu où les individus vont échanger leurs présents. Tout homme qui rentre dans cet espace reçoit un ou plusieurs brassards et doit assez rapidement le transmettre à un autre à l’occasion d’un autre rassemblement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est intéressant, car c’est un phénomène original pour les Occidentaux, c’est aussi un principe qui se perpétue. C’est un objet qui n’est pas de l’ordre de la transaction ponctuelle, mais de l’ordre de la transition perpétuelle. Dans la Kula, il s’interroge sur la nature de cette transaction ; au fond, cette transaction  n’a pas de valeur particulière, mais elle s’accompagne d’un cérémonial et d’une capacité à penser la possession comme très limitée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la Kula, il s’interroge sur le fait que se joue un échange non pas financier, mais social encadré qui a une fonction précise qui est de fabriquer en permanence le lien social entre les individus et les communautés. Il y a une opération qui, vue de l’extérieur n’a aucun sens, mais vue de l’inférieur décrit une fonction de régulation par la nature même de l’échange.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Kula a une fonction régulatrice. Cet échange renvoie à un espace sociétal et politique, car ces échanges régulent des échanges symboliques qui régulent la collectivité. C‘est une activité sociale importante contrôlée précisément et encadrée par la magie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui est intéressant est que Bronislaw Malinovski prononce une analyse fonctionnaliste, ici la fonction n’est pas d’ordre économique, mais d’ordre sociétal et d’ordre fonctionnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’analyse de la Kula permet de constituer le discours sur l’analyse fonctionnelle des systèmes politiques ; la régulation sociale permet la cohésion collective des différentes tribus. À partir du moment où elle doit se dérouler de façon continue, elle empêche la guerre puisqu’elle oblige les gens à se rencontrer et échanger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Alfred Radcliffe-Brown : 1881 - 1955 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Radcliffe-Brown est un anthropologue britannique qui va étudier les systèmes politiques australiens des aborigènes ainsi que leurs organisations sociales.  Dans son livre Structure et Fonction dans la société primitive (1968) on voit apparaitre l‘analyse structuraliste qui est de dire que nos sociétés sont traversées par des structures invisibles qui perdurent dans leurs organisations sociales, spatiales et politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il va reconnaitre le message structuraliste et y ajoute le fonctionnalisme donnant le structuralo-fonctionnalisme : toute société est élaborée et construite à partir de structures, mais qui ont des fonctions précises.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les structures d’une société peuvent être fonctionnalistes, elles ont pour but de fabriquer du lien et de la rationalité, elles ont des objectifs de fonctionnalité. La structure n’est pas simplement quelque chose de pesant, mais qui organise, alors elles ont une portée fonctionnaliste afin de réguler le vivre ensemble.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi tout  processus de la vie sociale est un système adaptatif, les structures subsistent, mais peuvent évoluer .L’adaptabilité se manifeste à trois niveaux :&lt;br /&gt;
*écologique ;&lt;br /&gt;
*institutionnel ;&lt;br /&gt;
*culturel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au fond c’est à travers ces trois niveaux que se construit et s’élabore la société.Dès lors les institutions fonctionnent à partir de structures sociales constituées d’individus, mais sont reliées par des actions sociales à l’intérieur d’un tout. C’est une vision organiciste et d’interrelations ; les institutions politiques fonctionnent dans des structures sociales, la société ce sont des individus qui sont reliés par des relations sociales à l’intérieur d’un tout, c’est-à-dire que les individus ne sont jamais isolés, ils font partie d’un ensemble de social. En découle la notion de système social, le social n’est pas qu’une somme d’individu c’est aussi une organisation, quand on parle de système social on parle de valeurs collectives qui font société. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Apparait derrière la notion de système social la notion d’organisation de la société  et de règles implicites qui font que nous adhérons à une société et que nous en acceptons ses valeurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Radcliffe-Brown poursuit la réflexion sur l’adaptabilité, le système et le lien entre structure et fonction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Talcott Parsons : 1902 - 1979 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Talcott Parsons.jpg|thumb|150px|Talcott Parsons.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parsons est un biologiste qui a soutenu  un doctorant à l’Université de Heidelberg en sociologie et en économie. Il est intéressant, car il va poursuivre ses travaux en cherchant à faire le lien entre l’action,la structure, et puis le fonctionnalisme. En 1969, il publie &amp;quot;''Politics and Social Structure&amp;quot; qui traite des structures sociales et politiques, en 1977, sur les systèmes sociaux, il publie ''Social Systems and the Evolution of Action  Theory'' et en 1978 un ouvrage traitant de l’action et de la condition humaine ''Action Theory and the Human Condition''.''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est un auteur intéressant, car il pose l’action non pas comme quelque chose d’individuel, mais comme étant incorporée dans un système de l’action. Si nous sommes dans une interprétation systémique de la société et du politique, l’action ne dépend plus d’un individu, mais d’un système d’action. Du coup, apparaissent des notions importantes sur l’analyse de la gouvernementalité et la mise en place de systèmes, car ce ne sont jamais uniquement celles d’un individu, mais c’est aussi un ensemble de données dans un système plus global renvoyant à la question du système.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un système d’action est un élément, des unités ou des parties d’unités qui doivent fabriquer entre eux des rapports afin de pouvoir arriver à des choix d’actions. Un système d’action va engager tout un ensemble d’activités qui relient des choix individuels à des choix collectifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, Parsons met en exergue quatre fonctions ou dimensions du système d’action :&lt;br /&gt;
#'''adaptation''' : consiste à puiser dans les systèmes extérieurs les diverses ressources dont le système a besoin. C’est aller chercher des ressources et les adapter aux besoins.  &lt;br /&gt;
# '''poursuite des buts''' : capacité de se fixer des buts et de les poursuivre méthodiquement. Dans un système d’action, il faut d’abord s’adapter à la situation réelle puis définir des buts ; il faut les fixer puis se donner les moyens de les atteindre. Il y a une dimension logiquement instrumentale. Les buts conditionnent les moyens et les instruments.&lt;br /&gt;
#'''intégration''' : protéger le système contre des changements brusques et des perturbations majeures. C’est s’interroger sur la mise en place d’un dispositif qui va pouvoir traverser des crises et perdurer dans l’action. Si on ne construit pas, il va être balloté par les crises,  c’est tout le rapport que nous avons aujourd’hui qui est la contradiction entre être présent dans l’immédiateté des évènements et poursuivre une action.&lt;br /&gt;
#'''latence''' : système de canalisation qui sert à la fois à accumuler de l’énergie sous forme de motivation et à la diffuser, elle est de l’ordre de la motivation, de l’ordre de la capacité à contenir la motivation dans la capacité d’agir. Dans les politiques publiques, on a souvent une déclaration d’intention sans la conscience des moyens pour la réaliser, en d’autres termes on fixe un objectif, mais on ne pense pas aux conditions mêmes de la résolution de la question mettant en exergue des contradictions institutionnelles. Il ne suffit pas de garder la motivation il faut la transposer, mais aussi fabriquer un dispositif qui permette de les résoudre. &lt;br /&gt;
                                                         &lt;br /&gt;
Le réel montre souvent que ces fonctions du système d’action ne sont pas remplies ou n’arrivent pas à se remplir presque naturellement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[fichier:Parson_moyen_but.png|center|thumb|500px]]&lt;br /&gt;
   &lt;br /&gt;
Le paradigme fonctionnel du système d’action est de dire que nous sommes dans une boucle qui fait qu’on doit s’adapter pour revenir aux buts qui favorisent la question de l’intégration (coordination, lutter contre les agents perturbateurs), ensuite on retombe sur la question de la latence et de la motivation et on revient la question de l’intégration. On est dans un dispositif totalement circulaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Robert King Merton (1910 - 2003) : le structuralisme de moyenne portée ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Robert_K_Merton.jpg|thumb|Robert King Merton.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Influencé par [[Les approches en sciences politiques de Durkheim à Bourdieu|Durkheim]], il s’intéresse aux groupes sociaux et va raffermir ce modèle avec deux concepts importants :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*'''le rôle des individus '''&lt;br /&gt;
Dans une vision fonctionnaliste, il rajoute une dimension humaine en disant qu’il y a du fonctionnalisme, des fonctions, mais que les individus sont acteurs au niveau des fonctions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*'''la question de l’anomie et du dysfonctionnement social '''&lt;br /&gt;
Une anomie est un état de décomposition, d’échec, d’arrêt, de rupture dans un système. L’anomie signifie qu’à un moment donné un système social et politique peut connaitre des formes de ruptures qui vont faire partir le système en échec. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les systèmes fonctionnels ne sont pas garantis éternellement, ils peuvent connaitre des phénomènes de mutation ou de désagrégation interne qui mettent le système en échec. L’ensemble du système et de la fonction ne peuvent plus atteindre leur objectif, il y a dérégulation. Ainsi l’anomie se caractérise dans le dysfonctionnement social. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsqu’un système social ne peut plus réguler le rôle de chacun dans la société et la place et la fonction du politique dans ces échanges, à ce moment il peut y avoir une forme d’anomie c’est-à-dire que le dysfonctionnement social met en péril l’ensemble du dispositif. Il caractérise aussi l’anomie comme passage d’un ordre ancien à un ordre futur dont on ne connait pas les règles ; c’est le sentiment de quitter un modèle sans pour autant savoir dans quelle direction nous allons. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’anomie est décrite non seulement comme une structure sociale qui ne fonctionne plus, mais du coup comme des individus en attente de sens perdu et qui dans l’attente de ce sens perdu peuvent redéfinir des comportements spécifiques notamment des comportements de violence ou de déviance. La déviance étant un comportement qui ne répond plus aux comportements et aux aspirations de la société. La déviance surviendrait au moment où il y a disproportion entre les flux culturels considérés comme valables et les moyens légitimes auxquels les individus peuvent avoir accès pour atteindre ces buts. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En d’autres termes, la déviance intervient quand il y a une contradiction entre les finalités et les objectifs de la société et puis le fait qu’elle n’ait plus les moyens de les atteindre. À partir du moment où la société ne peut plus réguler le champ social, la mafia se substitue à la vacance d’un pourvoir de l’État dispensateur de travail et organisateur du champ social qui crée un autre pouvoir à l’intérieur qui est un pouvoir déviant. Donc il faut s’interroger sur ces questions de déviance, car ce sont des ruptures dans un système structuralo-fonctionnaliste qui montre un décalage et une tension entre l’évolution de la société et la réalité du modèle qui ne fonctionne plus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ''Contemporary Social Problems : An Introduction to the Sociology of Deviant Behavior and Social Disorganization'' écrit par Robert K. Merton et Robert A. Nisbet et publié en 1961 apparait une théorie sociologique des problèmes sociaux ou reprenant la question du normal et de l’anormal, du logique et de l’illogique disant qu’une même structure sociale et culturelle peut créer des comportements conformes, mais peut aussi créer des comportements de déviation et de désorganisation sociale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, ils s’interrogent sur la provenance de la désorganisation dans le système en distinguant trois éléments :&lt;br /&gt;
*les conflits institutionnels ;&lt;br /&gt;
*la mobilité sociale : c’est le fait qu’il y ait trop d’écart entre les individus et qu’il n’y ait plus de sentiment d’appartenance ;&lt;br /&gt;
*l’anomie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le fonctionnalisme explique les faits sociaux par leur fonction, puis s’interroger sur les fonctions et les faits sociaux dans un système social toujours rapporté à la façon dont ils sont liés les uns aux autres. Par exemple, la Kula est un système d’échange qui a une portée sociale et fonctionnelle très important, car au-delà de l’échange c’est un jeu de construction d’une collectivité qui a pour fonction d’éviter les guerres et les conflits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un système, les individus font partie d’un dispositif dont ils servent les fins. Cependant dans ce dispositif il peut y avoir des stratégies d’intégration et de déviance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= La théorie systémique =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la théorie systémique, l’action sociale ou humaine engage quatre systèmes principaux :&lt;br /&gt;
*'''système biologique''' : motivations élémentaires de l’individu ;&lt;br /&gt;
*'''système de la personnalité''' : organisation psychique de l’individu ;&lt;br /&gt;
*'''système social''' : ensemble des rapports d’interaction ;&lt;br /&gt;
*'''système culturel''' : ensemble des valeurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Quelle est la différence entre une approche de politique traditionnelle et une approche systémique ?'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans '''l’approche traditionnelle de l’analyse du politique''' on étudie les acteurs en tant que tels et les prises de décisions alors que dans l’analyse systémique du politique on va réfléchir en termes d’interactions entre les acteurs, en termes de processus de répartition des ressources puis réfléchir en termes de puissance d’acteur ou des avantages sociaux des acteurs c’est-à-dire en fonction du poids des acteurs dans le système. Dans l’analyse systémique, on va interroger plutôt le champ des compétitivités, de relations, de conflictualité des acteurs dans les dispositifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans '''l’analyse systémique''', l’analyse systémique du politique on part de l’hypothèse que chaque groupe d’acteurs est doté de normes, de processus spécifiques d’action et de processus de répartition des modes d‘action afin de catégoriser les acteurs dans un processus plus complexe. Dans une analyse systémique, on met en place une analyse des interactions dans l’environnement même dans lequel se produisent ces interactions en donnant plus de place dans l’interaction entre action et environnement qui se contextualise dans la notion de système.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l’analyse systémique, on garde l’hypothèse de cohérence, il faut que le processus soit cohérent. On va étudier les systèmes d’acteurs, les systèmes de cohérence ainsi que la cohérence entre les différents sous-systèmes, c’est-à-dire que l’on va analyser le processus de décisions de processus politiques comme un ensemble d’acteur et d’agent dont découlent des sous-systèmes à travers lesquels ils agissent. Nous sommes dans une analyse rétroactive ce qui signifie qu’un processus de décision et rarement un processus linéaire. Un processus d’action pose une question d’action et ensuite il cherche à définir les processus d’action, commence à agir pour enfin revisiter les conditions de son action.Cela veut dire qu’il s’interroge pour voir si les conditions fonctionnent bien,si le processus ne fonctionne pas il faut s’interroger sur la rétroaction afin de la changer. C’est ce que l’on appelle une causalité non linéaire.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
== David Easton (1917 - 2014) : la théorie systémique en sciences politiques ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Easton s’intéresse à l’invention et à la constitution d’une théorie systémique en sciences politiques. Il va chercher à utiliser  cette vision systémique des sciences sociales afin d’essayer d’analyser ce qu’est le politique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son ouvrage ''The Political System'' publié en 1953 il dit qu’au fond cette théorie se fait dans l’interprétation de la politique comme universalité, il y a de la politique partout, mais comme étant dans un système on peut comparer tous les systèmes par rapport aux autres. On l’éloigne beaucoup de la vision de l’anthropologie qui est relativiste. La pensée fondamentale de l’anthropologie est le relativisme culturel, il y a des gouvernements politiques différents et ce qui est intéressant est de comprendre la nature et leurs fonctions propres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La vision systémique  en sciences politiques va partir de l’autre côté en nous tirant  du côté d’une théorie politique qui considère que l’on peut bâtir des connaissances universelles d’autant plus facilement qu’elle reconnait que la vision de système politique et mondial. En sciences-politiques quand on analyse des systèmes politiques  on est dans une analyse comparative des systèmes, s’il y a des différences c’est que ce sont toujours des systèmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’hypothèse d’Easton est de dire que l’on peut construire une théorie politique par l’avancement des sciences politiques sur la base de productions de modèles de compréhensions systémiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, il voit la société contemporaine comme un chaos auquel l’homme pourra mettre fin s’il applique la méthode scientifique à l’analyse des phénomènes politiques afin de les caractériser tel qu’ils se sont conçus et développé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est pour une théorie systémique globale,il faut décortiquer dans la société contemporaine quelles sont les différents systèmes à l’œuvre.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les principales fonctions de la théorie politique selon Easton :&lt;br /&gt;
#proposer des critères pour identifier les variables à analyser&lt;br /&gt;
#établir des relations entre ces variables&lt;br /&gt;
#expliquer ces relations&lt;br /&gt;
#élaborer un réseau de généralisation&lt;br /&gt;
#découvrir de nouveaux phénomènes &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au fond, on est dans une vision très globale de l’analyse du champ du système dans lequel rentrent ces critères entre les différents éléments des sous-systèmes. C’est une science politique qui va décortiquer les grands systèmes sociopolitiques et qui peut avoir des interrelations avec la qualification des types de régimes concernés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Jean-William Lapierre (1921 - 2007) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lapierre part de l’hypothèse de l’analyse des systèmes politiques dans son ouvrage ''L’analyse des systèmes politiques'' publié en 1973.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour analyser les systèmes politiques, il faut partir sur l’idée d’une universalité des systèmes politiques, nous sommes dans une société globale qui est constituée par des systèmes sociaux que l’on peut analyser &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Lapierre, un système politique est un système, une organisions dans lequel les éléments sont mis en interrelations. Tout système politique  est inscrit dans une vision naturaliste ; les systèmes politiques sont des inputs et des outputs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* '''input''' : un système politique ne peut fonctionner qu’en intégrant l’information et les données au sein de la société afin de les transformer. &lt;br /&gt;
*'''output''' : reconstruit les données en processus d’action de normes, de techniques, de lois, de règles, de jugements.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le processus politique c’est la captation de ressources. Une des explications de la Révolution française est la marginalisation du roi de la société française. Au début du XVIIIème siècle, Louis XIV et Louis XV ont peur d’émeutes parisiennes. Louis XIV va construire Versailles en tant qu’extraterritorialité pour empêcher les nobles de se rebeller en province, mais sort du territoire et ne dispose plus d’inputs pour comprendre ce qui se passe à Paris. Quand les grandes épidémies liées aux grandes crises agricoles sont arrivées le peuple s’est réveillait et a fait la révolution. Nous pouvons noter ce bref échange entre Louis XVI et La Rochefoucauld : {{citation|-monsieur le roi, il s’est passé quelque chose. –c’est une révolte ?, -non sire, c’est une révolution !}}&amp;lt;ref&amp;gt;Guy Chaussinand-Nogaret, La Bastille est prise, Paris, Éditions Complexe, 1988, p. 102.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le rapport entre input et output est intéressant dans le sens ou un système politique doit traiter les informations en s’en saisissant, au contraire il ne peut y avoir de gestion adaptée du territoire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce sont des images qui posent le champ du politique dans la confrontation entre les inputs et les outputs dans la gestion des risques calculés, c’est-à-dire qu’on a des ressources à prendre, mais elles viennent avec des contraintes qu’il faut restituer dans un espace de projet en tenant compte des contraintes héritées, si nous n’avons plus d’inputs on peut se demander qu’elle est la nature des outputs, c’est-à-dire que les réponses seront hors de la réalité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lapierre désigne le système politique comme un système décisionnel c’est un système qui a une ; même s’il est programmé manière idéologique il doit tenir compte de la réalité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette théorie est intéressante, car tout système politique doit être décisionnel, mais il n’est pas programmé parce qu’il doit évoluer, s’adapter, traiter l’information dont il dispose, aussi incomplète soit-elle, car elles lui permettent de définir les outputs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès lors, un système politique selon Lapierre c’est un système d’action conditionné par des ressources et des contraintes dans  une situation d’informations incomplètes et d’incertitude sur les objectifs. Ainsi, on peut définir les moyens à mobiliser et anticiper les répercussions de l’action.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au fond, un système politique cherche à gérer au mieux les intérêts de l’organisme et l’ensemble des contraintes dont il hérite. En d’autres termes, il faut parfois chercher à gérer le « moins mal ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Les limites de ces deux approches =&lt;br /&gt;
== Limites de l’approche fonctionnaliste ==&lt;br /&gt;
C’est de tout considérer à partir de fonctions, c’est une réduction trop fonctionnaliste qui peut amener à interpréter le système d’action comme étant totalement fonctionnaliste alors qu’en réalité cela en est loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Limites de l’approche systémique ==&lt;br /&gt;
Tout n’est pas systèmes politiques pour faire des comparaisons. La logique est de nous mener vers des jugements de valeur, c’est-à-dire nous faire réinterpréter  la valeur d’un système politique en tant que tel en fonction de catégories au détriment d’autres. Le danger serait de nous engager trop rapidement sur des analyses comparatives de systèmes politiques ou de critères de définitions des systèmes politiques. Elle globalise trop et de nous laisse imaginer que tout est comparable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Annexes =&lt;br /&gt;
* [http://classiques.uqac.ca/classiques/malinowsli/malinowski.html Œuvres en ligne de Malinowski] sur le site des « Classiques des Sciences sociales »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Références =&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:science politique]]&lt;br /&gt;
[[Category:théorie politique]]&lt;br /&gt;
[[Category:Rémi Baudoui]]&lt;br /&gt;
[[Category:2011]] &lt;br /&gt;
[[Category:2012]]  &lt;br /&gt;
[[Category:2013]] &lt;br /&gt;
[[Category:2014]]&lt;br /&gt;
[[Category:2015]]&lt;br /&gt;
[[Category:2016]]&lt;br /&gt;
[[Category:2017]]&lt;br /&gt;
[[Category:2018]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>176.129.59.151</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://baripedia.org/index.php?title=Fonctionnalisme_et_Syst%C3%A9misme&amp;diff=37513</id>
		<title>Fonctionnalisme et Systémisme</title>
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		<updated>2018-10-08T17:35:54Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;176.129.59.151 : /* Talcott Parsons : 1902 - 1979 */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;= Le Fonctionnalisme =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Image du corps humain, chaque organe a sa fonction. Dans le fonctionnalisme, on analyse les organes de la société par leur fonction. On interprète donc la société ou la politique comme un corps vivant. C'est par la coordination des fonctions et des organes que le développement s'effectue. Cette vision implique un concept d'efficacité et des processus de régulation. La fonction est à définir ici par son sens biologique : {{citation|c'est la contribution qu'apporte un élément à l'organisation ou à l'action de l'ensemble dont il fait partie}}&amp;lt;ref&amp;gt;G. Rocher, Introduction générale à la sociologie, p.165.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le courant apparaît dans les années 1930 et son âge d'or se situe dans les années 1960, principalement dans la sociologie anglo-saxonne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La théorie fonctionnaliste se base sur le principe fondateur suivant : sans considérer ses ressources matérielles et son architecture (organisation), toute société doit remplir certaines fonctions naturelles (universelle). Parmi elles : produire des biens et services (nourritures, logement, soins), se reproduire (organisation des unions, sexualité, famille), assurer la protection des membres (solidarité, défense). Ainsi, l’analyse fonctionnelle postule que chaque coutume, chaque objet matériel, chaque croyance remplit une fonction vitale, est une partie vitale d’un tout organique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On distingue alors les sociétés les unes des autres par leur façon de remplir ces fonctions et par la mise en place de leurs institutions culturelles. Selon les approches fonctionnalistes, des institutions différentes peuvent remplir des fonctions identiques. Par exemple, l’apprentissage des règles sociales peut se faire par un mode d’imitation, par fusion ou par transmission. On peut qualifier ces trois formes de socialisation d’« équivalents fonctionnels ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les fondateurs du fonctionnalisme sont à chercher dans le domaine de l’anthropologie, où Malinowski crée le néologisme. On voit apparaître trois courants principaux représentés par les auteurs suivants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bronislaw Malinovski (1884 - 1942) : Le fonctionnalisme anthropologique ou le fonctionnalisme absolu ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bronislaw Malinovski est polonais d’origine, étudiant l’anthropologie en particulier les sociétés premières, celles qui sont loin de nous et qui ont conservés des coutumes traditionnelles. Il entreprend des études à Cracovie de philosophie, fait un doctorat d’économie à la London School of Economics et se spécialise sur les peuples mélanésiens dans les iles afin de travailler sur des groupes humains protégés qui ont conservé leurs coutumes. Il va produire un certain nombre de livres sur les mélanésiens dit aussi les « Argonautes » dans une tradition d’anthropologue. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’anthropologie postule qu’il n’y a pas de connaissance immédiate ni du politique ni de la société. Il reste en immersions des années dans les îles Trobriand et va étudier un phénomène particulier qui existe dans ces tributs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les tribus des iles Trobriand pratiquent des échanges intertribaux, cela veut dire que cet échange va se faire entre les différentes tribus. Deux types d’objets circulent à savoir des coquillages rouges sous forme de colliers et des bracelets à travers un système d’échange social. Il met en exergue un principe qui s’énonce selon lequel  ces deux objets réapparaissent de façon continue et rentrent dans une économie de l’échange rapide, les familles ne doivent pas les conserver. Aussitôt qu’une autre fête est prononcée, ces objets sont remis en circulation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Phénomène de la kula.png|200px|vignette]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il décrit le '''phénomène de la Kula''' qui est le lieu où les individus vont échanger leurs présents. Tout homme qui rentre dans cet espace reçoit un ou plusieurs brassards et doit assez rapidement le transmettre à un autre à l’occasion d’un autre rassemblement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est intéressant, car c’est un phénomène original pour les Occidentaux, c’est aussi un principe qui se perpétue. C’est un objet qui n’est pas de l’ordre de la transaction ponctuelle, mais de l’ordre de la transition perpétuelle. Dans la Kula, il s’interroge sur la nature de cette transaction ; au fond, cette transaction  n’a pas de valeur particulière, mais elle s’accompagne d’un cérémonial et d’une capacité à penser la possession comme très limitée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la Kula, il s’interroge sur le fait que se joue un échange non pas financier, mais social encadré qui a une fonction précise qui est de fabriquer en permanence le lien social entre les individus et les communautés. Il y a une opération qui, vue de l’extérieur n’a aucun sens, mais vue de l’inférieur décrit une fonction de régulation par la nature même de l’échange.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Kula a une fonction régulatrice. Cet échange renvoie à un espace sociétal et politique, car ces échanges régulent des échanges symboliques qui régulent la collectivité. C‘est une activité sociale importante contrôlée précisément et encadrée par la magie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui est intéressant est que Bronislaw Malinovski prononce une analyse fonctionnaliste, ici la fonction n’est pas d’ordre économique, mais d’ordre sociétal et d’ordre fonctionnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’analyse de la Kula permet de constituer le discours sur l’analyse fonctionnelle des systèmes politiques ; la régulation sociale permet la cohésion collective des différentes tribus. À partir du moment où elle doit se dérouler de façon continue, elle empêche la guerre puisqu’elle oblige les gens à se rencontrer et échanger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Alfred Radcliffe-Brown : 1881 - 1955 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Radcliffe-Brown est un anthropologue britannique qui va étudier les systèmes politiques australiens des aborigènes ainsi que leurs organisations sociales.  Dans son livre Structure et Fonction dans la société primitive (1968) on voit apparaitre l‘analyse structuraliste qui est de dire que nos sociétés sont traversées par des structures invisibles qui perdurent dans leurs organisations sociales, spatiales et politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il va reconnaitre le message structuraliste et y ajoute le fonctionnalisme donnant le structuralo-fonctionnalisme : toute société est élaborée et construite à partir de structures, mais qui ont des fonctions précises.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les structures d’une société peuvent être fonctionnalistes, elles ont pour but de fabriquer du lien et de la rationalité, elles ont des objectifs de fonctionnalité. La structure n’est pas simplement quelque chose de pesant, mais qui organise, alors elles ont une portée fonctionnaliste afin de réguler le vivre ensemble.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi tout  processus de la vie sociale est un système adaptatif, les structures subsistent, mais peuvent évoluer .L’adaptabilité se manifeste à trois niveaux :&lt;br /&gt;
*écologique ;&lt;br /&gt;
*institutionnel ;&lt;br /&gt;
*culturel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au fond c’est à travers ces trois niveaux que se construit et s’élabore la société.Dès lors les institutions fonctionnent à partir de structures sociales constituées d’individus, mais sont reliées par des actions sociales à l’intérieur d’un tout. C’est une vision organiciste et d’interrelations ; les institutions politiques fonctionnent dans des structures sociales, la société ce sont des individus qui sont reliés par des relations sociales à l’intérieur d’un tout, c’est-à-dire que les individus ne sont jamais isolés, ils font partie d’un ensemble de social. En découle la notion de système social, le social n’est pas qu’une somme d’individu c’est aussi une organisation, quand on parle de système social on parle de valeurs collectives qui font société. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Apparait derrière la notion de système social la notion d’organisation de la société  et de règles implicites qui font que nous adhérons à une société et que nous en acceptons ses valeurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Radcliffe-Brown poursuit la réflexion sur l’adaptabilité, le système et le lien entre structure et fonction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Talcott Parsons : 1902 - 1979 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Talcott Parsons.jpg|thumb|150px|Talcott Parsons.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parsons est un biologiste qui a soutenu  un doctorant à l’Université de Heidelberg en sociologie et en économie. Il est intéressant, car il va poursuivre ses travaux en cherchant à faire le lien entre l’action,la structure, et puis le fonctionnalisme. En 1969, il publie &amp;quot;''Politics and Social Structure&amp;quot; qui traite des structures sociales et politiques, en 1977, sur les systèmes sociaux, il publie ''Social Systems and the Evolution of Action  Theory'' et en 1978 un ouvrage traitant de l’action et de la condition humaine ''Action Theory and the Human Condition''.''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est un auteur intéressant, car il pose l’action non pas comme quelque chose d’individuel, mais comme étant incorporée dans un système de l’action. Si nous sommes dans une interprétation systémique de la société et du politique, l’action ne dépend plus d’un individu, mais d’un système d’action. Du coup, apparaissent des notions importantes sur l’analyse de la gouvernementalité et la mise en place de systèmes, car ce ne sont jamais uniquement celles d’un individu, mais c’est aussi un ensemble de données dans un système plus global renvoyant à la question du système.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un système d’action est un élément, des unités ou des parties d’unités qui doivent fabriquer entre eux des rapports afin de pouvoir arriver à des choix d’actions. Un système d’action va engager tout un ensemble d’activités qui relient des choix individuels à des choix collectifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, Parsons met en exergue quatre fonctions ou dimensions du système d’action :&lt;br /&gt;
#'''adaptation''' : consiste à puiser dans les systèmes extérieurs les diverses ressources dont le système a besoin. C’est allé chercher des ressources et les adapter aux besoins.  &lt;br /&gt;
# '''poursuite des buts''' : capacité de se fixer des buts et de les poursuivre méthodiquement. Dans un système d’action, il faut d’abord s’adapter à la situation réelle puis définir des buts ; il faut les fixer puis se donner les moyens de les atteindre. Il y a une dimension logiquement instrumentale. Les buts conditionnent les moyens et les instruments.&lt;br /&gt;
#'''intégration''' : protéger le système contre des changements brusques et des perturbations majeures. C’est s’interroger sur la mise en place d’un dispositif qui va pouvoir traverser des crises et perdurer dans l’action. Si on ne construit pas, il va être balloté par les crises,  c’est tout le rapport que nous avons aujourd’hui qui est la contradiction entre être présent dans l’immédiateté des évènements et poursuivre une action.&lt;br /&gt;
#'''latence''' : système de canalisation qui sert à la fois à accumuler de l’énergie sous forme de motivation et à la diffuser, elle est de l’ordre de la motivation, de l’ordre de la capacité à contenir la motivation dans la capacité d’agir. Dans les politiques publiques, on a souvent une déclaration d’intention sans la conscience des moyens pour la réaliser, en d’autres termes on fixe un objectif, mais on ne pense pas aux conditions mêmes de la résolution de la question mettant en exergue des contradictions institutionnelles. Il ne suffit pas de garder la motivation il faut la transposer, mais aussi fabriquer un dispositif qui permette de les résoudre. &lt;br /&gt;
                                                         &lt;br /&gt;
Le réel montre souvent que ces fonctions du système d’action ne sont pas remplies ou n’arrivent pas à se remplir presque naturellement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[fichier:Parson_moyen_but.png|center|thumb|500px]]&lt;br /&gt;
   &lt;br /&gt;
Le paradigme fonctionnel du système d’action est de dire que nous sommes dans une boucle qui fait qu’on doit s’adapter pour revenir aux buts qui favorisent la question de l’intégration (coordination, lutter contre les agents perturbateurs), ensuite on retombe sur la question de la latence et de la motivation et on revient la question de l’intégration. On est dans un dispositif totalement circulaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Robert King Merton (1910 - 2003) : le structuralisme de moyenne portée ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Robert_K_Merton.jpg|thumb|Robert King Merton.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Influencé par [[Les approches en sciences politiques de Durkheim à Bourdieu|Durkheim]], il s’intéresse aux groupes sociaux et va raffermir ce modèle avec deux concepts importants :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*'''le rôle des individus '''&lt;br /&gt;
Dans une vision fonctionnaliste, il rajoute une dimension humaine en disant qu’il y a du fonctionnalisme, des fonctions, mais que les individus sont acteurs au niveau des fonctions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*'''la question de l’anomie et du dysfonctionnement social '''&lt;br /&gt;
Une anomie est un état de décomposition, d’échec, d’arrêt, de rupture dans un système. L’anomie signifie qu’à un moment donné un système social et politique peut connaitre des formes de ruptures qui vont faire partir le système en échec. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les systèmes fonctionnels ne sont pas garantis éternellement, ils peuvent connaitre des phénomènes de mutation ou de désagrégation interne qui mettent le système en échec. L’ensemble du système et de la fonction ne peuvent plus atteindre leur objectif, il y a dérégulation. Ainsi l’anomie se caractérise dans le dysfonctionnement social. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsqu’un système social ne peut plus réguler le rôle de chacun dans la société et la place et la fonction du politique dans ces échanges, à ce moment il peut y avoir une forme d’anomie c’est-à-dire que le dysfonctionnement social met en péril l’ensemble du dispositif. Il caractérise aussi l’anomie comme passage d’un ordre ancien à un ordre futur dont on ne connait pas les règles ; c’est le sentiment de quitter un modèle sans pour autant savoir dans quelle direction nous allons. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’anomie est décrite non seulement comme une structure sociale qui ne fonctionne plus, mais du coup comme des individus en attente de sens perdu et qui dans l’attente de ce sens perdu peuvent redéfinir des comportements spécifiques notamment des comportements de violence ou de déviance. La déviance étant un comportement qui ne répond plus aux comportements et aux aspirations de la société. La déviance surviendrait au moment où il y a disproportion entre les flux culturels considérés comme valables et les moyens légitimes auxquels les individus peuvent avoir accès pour atteindre ces buts. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En d’autres termes, la déviance intervient quand il y a une contradiction entre les finalités et les objectifs de la société et puis le fait qu’elle n’ait plus les moyens de les atteindre. À partir du moment où la société ne peut plus réguler le champ social, la mafia se substitue à la vacance d’un pourvoir de l’État dispensateur de travail et organisateur du champ social qui crée un autre pouvoir à l’intérieur qui est un pouvoir déviant. Donc il faut s’interroger sur ces questions de déviance, car ce sont des ruptures dans un système structuralo-fonctionnaliste qui montre un décalage et une tension entre l’évolution de la société et la réalité du modèle qui ne fonctionne plus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ''Contemporary Social Problems : An Introduction to the Sociology of Deviant Behavior and Social Disorganization'' écrit par Robert K. Merton et Robert A. Nisbet et publié en 1961 apparait une théorie sociologique des problèmes sociaux ou reprenant la question du normal et de l’anormal, du logique et de l’illogique disant qu’une même structure sociale et culturelle peut créer des comportements conformes, mais peut aussi créer des comportements de déviation et de désorganisation sociale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, ils s’interrogent sur la provenance de la désorganisation dans le système en distinguant trois éléments :&lt;br /&gt;
*les conflits institutionnels ;&lt;br /&gt;
*la mobilité sociale : c’est le fait qu’il y ait trop d’écart entre les individus et qu’il n’y ait plus de sentiment d’appartenance ;&lt;br /&gt;
*l’anomie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le fonctionnalisme explique les faits sociaux par leur fonction, puis s’interroger sur les fonctions et les faits sociaux dans un système social toujours rapporté à la façon dont ils sont liés les uns aux autres. Par exemple, la Kula est un système d’échange qui a une portée sociale et fonctionnelle très important, car au-delà de l’échange c’est un jeu de construction d’une collectivité qui a pour fonction d’éviter les guerres et les conflits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un système, les individus font partie d’un dispositif dont ils servent les fins. Cependant dans ce dispositif il peut y avoir des stratégies d’intégration et de déviance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= La théorie systémique =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la théorie systémique, l’action sociale ou humaine engage quatre systèmes principaux :&lt;br /&gt;
*'''système biologique''' : motivations élémentaires de l’individu ;&lt;br /&gt;
*'''système de la personnalité''' : organisation psychique de l’individu ;&lt;br /&gt;
*'''système social''' : ensemble des rapports d’interaction ;&lt;br /&gt;
*'''système culturel''' : ensemble des valeurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Quelle est la différence entre une approche de politique traditionnelle et une approche systémique ?'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans '''l’approche traditionnelle de l’analyse du politique''' on étudie les acteurs en tant que tels et les prises de décisions alors que dans l’analyse systémique du politique on va réfléchir en termes d’interactions entre les acteurs, en termes de processus de répartition des ressources puis réfléchir en termes de puissance d’acteur ou des avantages sociaux des acteurs c’est-à-dire en fonction du poids des acteurs dans le système. Dans l’analyse systémique, on va interroger plutôt le champ des compétitivités, de relations, de conflictualité des acteurs dans les dispositifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans '''l’analyse systémique''', l’analyse systémique du politique on part de l’hypothèse que chaque groupe d’acteurs est doté de normes, de processus spécifiques d’action et de processus de répartition des modes d‘action afin de catégoriser les acteurs dans un processus plus complexe. Dans une analyse systémique, on met en place une analyse des interactions dans l’environnement même dans lequel se produisent ces interactions en donnant plus de place dans l’interaction entre action et environnement qui se contextualise dans la notion de système.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l’analyse systémique, on garde l’hypothèse de cohérence, il faut que le processus soit cohérent. On va étudier les systèmes d’acteurs, les systèmes de cohérence ainsi que la cohérence entre les différents sous-systèmes, c’est-à-dire que l’on va analyser le processus de décisions de processus politiques comme un ensemble d’acteur et d’agent dont découlent des sous-systèmes à travers lesquels ils agissent. Nous sommes dans une analyse rétroactive ce qui signifie qu’un processus de décision et rarement un processus linéaire. Un processus d’action pose une question d’action et ensuite il cherche à définir les processus d’action, commence à agir pour enfin revisiter les conditions de son action.Cela veut dire qu’il s’interroge pour voir si les conditions fonctionnent bien,si le processus ne fonctionne pas il faut s’interroger sur la rétroaction afin de la changer. C’est ce que l’on appelle une causalité non linéaire.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
== David Easton (1917 - 2014) : la théorie systémique en sciences politiques ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Easton s’intéresse à l’invention et à la constitution d’une théorie systémique en sciences politiques. Il va chercher à utiliser  cette vision systémique des sciences sociales afin d’essayer d’analyser ce qu’est le politique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son ouvrage ''The Political System'' publié en 1953 il dit qu’au fond cette théorie se fait dans l’interprétation de la politique comme universalité, il y a de la politique partout, mais comme étant dans un système on peut comparer tous les systèmes par rapport aux autres. On l’éloigne beaucoup de la vision de l’anthropologie qui est relativiste. La pensée fondamentale de l’anthropologie est le relativisme culturel, il y a des gouvernements politiques différents et ce qui est intéressant est de comprendre la nature et leurs fonctions propres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La vision systémique  en sciences politiques va partir de l’autre côté en nous tirant  du côté d’une théorie politique qui considère que l’on peut bâtir des connaissances universelles d’autant plus facilement qu’elle reconnait que la vision de système politique et mondial. En sciences-politiques quand on analyse des systèmes politiques  on est dans une analyse comparative des systèmes, s’il y a des différences c’est que ce sont toujours des systèmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’hypothèse d’Easton est de dire que l’on peut construire une théorie politique par l’avancement des sciences politiques sur la base de productions de modèles de compréhensions systémiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, il voit la société contemporaine comme un chaos auquel l’homme pourra mettre fin s’il applique la méthode scientifique à l’analyse des phénomènes politiques afin de les caractériser tel qu’ils se sont conçus et développé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est pour une théorie systémique globale,il faut décortiquer dans la société contemporaine quelles sont les différents systèmes à l’œuvre.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les principales fonctions de la théorie politique selon Easton :&lt;br /&gt;
#proposer des critères pour identifier les variables à analyser&lt;br /&gt;
#établir des relations entre ces variables&lt;br /&gt;
#expliquer ces relations&lt;br /&gt;
#élaborer un réseau de généralisation&lt;br /&gt;
#découvrir de nouveaux phénomènes &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au fond, on est dans une vision très globale de l’analyse du champ du système dans lequel rentrent ces critères entre les différents éléments des sous-systèmes. C’est une science politique qui va décortiquer les grands systèmes sociopolitiques et qui peut avoir des interrelations avec la qualification des types de régimes concernés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Jean-William Lapierre (1921 - 2007) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lapierre part de l’hypothèse de l’analyse des systèmes politiques dans son ouvrage ''L’analyse des systèmes politiques'' publié en 1973.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour analyser les systèmes politiques, il faut partir sur l’idée d’une universalité des systèmes politiques, nous sommes dans une société globale qui est constituée par des systèmes sociaux que l’on peut analyser &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Lapierre, un système politique est un système, une organisions dans lequel les éléments sont mis en interrelations. Tout système politique  est inscrit dans une vision naturaliste ; les systèmes politiques sont des inputs et des outputs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* '''input''' : un système politique ne peut fonctionner qu’en intégrant l’information et les données au sein de la société afin de les transformer. &lt;br /&gt;
*'''output''' : reconstruit les données en processus d’action de normes, de techniques, de lois, de règles, de jugements.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le processus politique c’est la captation de ressources. Une des explications de la Révolution française est la marginalisation du roi de la société française. Au début du XVIIIème siècle, Louis XIV et Louis XV ont peur d’émeutes parisiennes. Louis XIV va construire Versailles en tant qu’extraterritorialité pour empêcher les nobles de se rebeller en province, mais sort du territoire et ne dispose plus d’inputs pour comprendre ce qui se passe à Paris. Quand les grandes épidémies liées aux grandes crises agricoles sont arrivées le peuple s’est réveillait et a fait la révolution. Nous pouvons noter ce bref échange entre Louis XVI et La Rochefoucauld : {{citation|-monsieur le roi, il s’est passé quelque chose. –c’est une révolte ?, -non sire, c’est une révolution !}}&amp;lt;ref&amp;gt;Guy Chaussinand-Nogaret, La Bastille est prise, Paris, Éditions Complexe, 1988, p. 102.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le rapport entre input et output est intéressant dans le sens ou un système politique doit traiter les informations en s’en saisissant, au contraire il ne peut y avoir de gestion adaptée du territoire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce sont des images qui posent le champ du politique dans la confrontation entre les inputs et les outputs dans la gestion des risques calculés, c’est-à-dire qu’on a des ressources à prendre, mais elles viennent avec des contraintes qu’il faut restituer dans un espace de projet en tenant compte des contraintes héritées, si nous n’avons plus d’inputs on peut se demander qu’elle est la nature des outputs, c’est-à-dire que les réponses seront hors de la réalité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lapierre désigne le système politique comme un système décisionnel c’est un système qui a une ; même s’il est programmé manière idéologique il doit tenir compte de la réalité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette théorie est intéressante, car tout système politique doit être décisionnel, mais il n’est pas programmé parce qu’il doit évoluer, s’adapter, traiter l’information dont il dispose, aussi incomplète soit-elle, car elles lui permettent de définir les outputs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès lors, un système politique selon Lapierre c’est un système d’action conditionné par des ressources et des contraintes dans  une situation d’informations incomplètes et d’incertitude sur les objectifs. Ainsi, on peut définir les moyens à mobiliser et anticiper les répercussions de l’action.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au fond, un système politique cherche à gérer au mieux les intérêts de l’organisme et l’ensemble des contraintes dont il hérite. En d’autres termes, il faut parfois chercher à gérer le « moins mal ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Les limites de ces deux approches =&lt;br /&gt;
== Limites de l’approche fonctionnaliste ==&lt;br /&gt;
C’est de tout considérer à partir de fonctions, c’est une réduction trop fonctionnaliste qui peut amener à interpréter le système d’action comme étant totalement fonctionnaliste alors qu’en réalité cela en est loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Limites de l’approche systémique ==&lt;br /&gt;
Tout n’est pas systèmes politiques pour faire des comparaisons. La logique est de nous mener vers des jugements de valeur, c’est-à-dire nous faire réinterpréter  la valeur d’un système politique en tant que tel en fonction de catégories au détriment d’autres. Le danger serait de nous engager trop rapidement sur des analyses comparatives de systèmes politiques ou de critères de définitions des systèmes politiques. Elle globalise trop et de nous laisse imaginer que tout est comparable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Annexes =&lt;br /&gt;
* [http://classiques.uqac.ca/classiques/malinowsli/malinowski.html Œuvres en ligne de Malinowski] sur le site des « Classiques des Sciences sociales »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Références =&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:science politique]]&lt;br /&gt;
[[Category:théorie politique]]&lt;br /&gt;
[[Category:Rémi Baudoui]]&lt;br /&gt;
[[Category:2011]] &lt;br /&gt;
[[Category:2012]]  &lt;br /&gt;
[[Category:2013]] &lt;br /&gt;
[[Category:2014]]&lt;br /&gt;
[[Category:2015]]&lt;br /&gt;
[[Category:2016]]&lt;br /&gt;
[[Category:2017]]&lt;br /&gt;
[[Category:2018]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>176.129.59.151</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://baripedia.org/index.php?title=Fonctionnalisme_et_Syst%C3%A9misme&amp;diff=37512</id>
		<title>Fonctionnalisme et Systémisme</title>
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		<updated>2018-10-08T17:33:39Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;176.129.59.151 : /* Alfred Radcliffe-Brown : 1881 - 1955 */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;= Le Fonctionnalisme =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Image du corps humain, chaque organe a sa fonction. Dans le fonctionnalisme, on analyse les organes de la société par leur fonction. On interprète donc la société ou la politique comme un corps vivant. C'est par la coordination des fonctions et des organes que le développement s'effectue. Cette vision implique un concept d'efficacité et des processus de régulation. La fonction est à définir ici par son sens biologique : {{citation|c'est la contribution qu'apporte un élément à l'organisation ou à l'action de l'ensemble dont il fait partie}}&amp;lt;ref&amp;gt;G. Rocher, Introduction générale à la sociologie, p.165.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le courant apparaît dans les années 1930 et son âge d'or se situe dans les années 1960, principalement dans la sociologie anglo-saxonne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La théorie fonctionnaliste se base sur le principe fondateur suivant : sans considérer ses ressources matérielles et son architecture (organisation), toute société doit remplir certaines fonctions naturelles (universelle). Parmi elles : produire des biens et services (nourritures, logement, soins), se reproduire (organisation des unions, sexualité, famille), assurer la protection des membres (solidarité, défense). Ainsi, l’analyse fonctionnelle postule que chaque coutume, chaque objet matériel, chaque croyance remplit une fonction vitale, est une partie vitale d’un tout organique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On distingue alors les sociétés les unes des autres par leur façon de remplir ces fonctions et par la mise en place de leurs institutions culturelles. Selon les approches fonctionnalistes, des institutions différentes peuvent remplir des fonctions identiques. Par exemple, l’apprentissage des règles sociales peut se faire par un mode d’imitation, par fusion ou par transmission. On peut qualifier ces trois formes de socialisation d’« équivalents fonctionnels ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les fondateurs du fonctionnalisme sont à chercher dans le domaine de l’anthropologie, où Malinowski crée le néologisme. On voit apparaître trois courants principaux représentés par les auteurs suivants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bronislaw Malinovski (1884 - 1942) : Le fonctionnalisme anthropologique ou le fonctionnalisme absolu ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bronislaw Malinovski est polonais d’origine, étudiant l’anthropologie en particulier les sociétés premières, celles qui sont loin de nous et qui ont conservés des coutumes traditionnelles. Il entreprend des études à Cracovie de philosophie, fait un doctorat d’économie à la London School of Economics et se spécialise sur les peuples mélanésiens dans les iles afin de travailler sur des groupes humains protégés qui ont conservé leurs coutumes. Il va produire un certain nombre de livres sur les mélanésiens dit aussi les « Argonautes » dans une tradition d’anthropologue. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’anthropologie postule qu’il n’y a pas de connaissance immédiate ni du politique ni de la société. Il reste en immersions des années dans les îles Trobriand et va étudier un phénomène particulier qui existe dans ces tributs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les tribus des iles Trobriand pratiquent des échanges intertribaux, cela veut dire que cet échange va se faire entre les différentes tribus. Deux types d’objets circulent à savoir des coquillages rouges sous forme de colliers et des bracelets à travers un système d’échange social. Il met en exergue un principe qui s’énonce selon lequel  ces deux objets réapparaissent de façon continue et rentrent dans une économie de l’échange rapide, les familles ne doivent pas les conserver. Aussitôt qu’une autre fête est prononcée, ces objets sont remis en circulation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Phénomène de la kula.png|200px|vignette]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il décrit le '''phénomène de la Kula''' qui est le lieu où les individus vont échanger leurs présents. Tout homme qui rentre dans cet espace reçoit un ou plusieurs brassards et doit assez rapidement le transmettre à un autre à l’occasion d’un autre rassemblement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est intéressant, car c’est un phénomène original pour les Occidentaux, c’est aussi un principe qui se perpétue. C’est un objet qui n’est pas de l’ordre de la transaction ponctuelle, mais de l’ordre de la transition perpétuelle. Dans la Kula, il s’interroge sur la nature de cette transaction ; au fond, cette transaction  n’a pas de valeur particulière, mais elle s’accompagne d’un cérémonial et d’une capacité à penser la possession comme très limitée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la Kula, il s’interroge sur le fait que se joue un échange non pas financier, mais social encadré qui a une fonction précise qui est de fabriquer en permanence le lien social entre les individus et les communautés. Il y a une opération qui, vue de l’extérieur n’a aucun sens, mais vue de l’inférieur décrit une fonction de régulation par la nature même de l’échange.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Kula a une fonction régulatrice. Cet échange renvoie à un espace sociétal et politique, car ces échanges régulent des échanges symboliques qui régulent la collectivité. C‘est une activité sociale importante contrôlée précisément et encadrée par la magie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui est intéressant est que Bronislaw Malinovski prononce une analyse fonctionnaliste, ici la fonction n’est pas d’ordre économique, mais d’ordre sociétal et d’ordre fonctionnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’analyse de la Kula permet de constituer le discours sur l’analyse fonctionnelle des systèmes politiques ; la régulation sociale permet la cohésion collective des différentes tribus. À partir du moment où elle doit se dérouler de façon continue, elle empêche la guerre puisqu’elle oblige les gens à se rencontrer et échanger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Alfred Radcliffe-Brown : 1881 - 1955 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Radcliffe-Brown est un anthropologue britannique qui va étudier les systèmes politiques australiens des aborigènes ainsi que leurs organisations sociales.  Dans son livre Structure et Fonction dans la société primitive (1968) on voit apparaitre l‘analyse structuraliste qui est de dire que nos sociétés sont traversées par des structures invisibles qui perdurent dans leurs organisations sociales, spatiales et politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il va reconnaitre le message structuraliste et y ajoute le fonctionnalisme donnant le structuralo-fonctionnalisme : toute société est élaborée et construite à partir de structures, mais qui ont des fonctions précises.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les structures d’une société peuvent être fonctionnalistes, elles ont pour but de fabriquer du lien et de la rationalité, elles ont des objectifs de fonctionnalité. La structure n’est pas simplement quelque chose de pesant, mais qui organise, alors elles ont une portée fonctionnaliste afin de réguler le vivre ensemble.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi tout  processus de la vie sociale est un système adaptatif, les structures subsistent, mais peuvent évoluer .L’adaptabilité se manifeste à trois niveaux :&lt;br /&gt;
*écologique ;&lt;br /&gt;
*institutionnel ;&lt;br /&gt;
*culturel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au fond c’est à travers ces trois niveaux que se construit et s’élabore la société.Dès lors les institutions fonctionnent à partir de structures sociales constituées d’individus, mais sont reliées par des actions sociales à l’intérieur d’un tout. C’est une vision organiciste et d’interrelations ; les institutions politiques fonctionnent dans des structures sociales, la société ce sont des individus qui sont reliés par des relations sociales à l’intérieur d’un tout, c’est-à-dire que les individus ne sont jamais isolés, ils font partie d’un ensemble de social. En découle la notion de système social, le social n’est pas qu’une somme d’individu c’est aussi une organisation, quand on parle de système social on parle de valeurs collectives qui font société. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Apparait derrière la notion de système social la notion d’organisation de la société  et de règles implicites qui font que nous adhérons à une société et que nous en acceptons ses valeurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Radcliffe-Brown poursuit la réflexion sur l’adaptabilité, le système et le lien entre structure et fonction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Talcott Parsons : 1902 - 1979 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Talcott Parsons.jpg|thumb|150px|Talcott Parsons.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parsons est un biologiste qui a soutenu  un doctorant à l’Université de Heidelberg en sociologie et en économie. Il est intéressant, car il va poursuivre ses travaux en cherchant à faire le lien entre l’action,la structure, et puis le fonctionnalisme. En 1969, il publie ''Politics and Social Structure’’ qui traite des structures sociales et politiques, en 1977, sur les systèmes sociaux, il publie ''Social Systems and the Evolution of Action  Theory'' et en 1978 un ouvrage traitant de l’action et de la condition humaine ''Action Theory and the Human Condition''.''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est un auteur intéressant, car il pose l’action non pas comme quelque chose d’individuel, mais comme étant incorporée dans un système de l’action. Si nous sommes dans une interprétation systémique de la société et du politique, l’action ne dépend plus d’un individu, mais d’un système d’action. Du coup, apparaissent des notions importantes sur l’analyse de la gouvernementalité et la mise en place de systèmes, car ce ne sont jamais uniquement celles d’un individu, mais c’est aussi un ensemble de données dans un système plus global renvoyant à la question du système.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un système d’action est un élément, des unités ou des parties d’unités qui doivent fabriquer entre eux des rapports afin de pouvoir arriver à des choix d’actions. Un système d’action va engager tout un ensemble d’activités qui relient des choix individuels à des choix collectifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, Parsons met en exergue quatre fonctions ou dimensions du système d’action :&lt;br /&gt;
#'''adaptation''' : consiste à puiser dans les systèmes extérieurs les diverses ressources dont le système a besoin. C’est allé chercher des ressources et les adapter aux besoins.  &lt;br /&gt;
# '''poursuite des buts''' : capacité de se fixer des buts et de les poursuivre méthodiquement. Dans un système d’action, il faut d’abord s’adapter à la situation réelle puis définir des buts ; il faut les fixer puis se donner les moyens de les atteindre. Il y a une dimension logiquement instrumentale. Les buts conditionnent les moyens et les instruments.&lt;br /&gt;
#'''intégration''' : protéger le système contre des changements brusques et des perturbations majeures. C’est s’interroger sur la mise en place d’un dispositif qui va pouvoir traverser des crises et perdurer dans l’action. Si on ne construit pas, il va être balloté par les crises,  c’est tout le rapport que nous avons aujourd’hui qui est la contradiction entre être présent dans l’immédiateté des évènements et poursuivre une action.&lt;br /&gt;
#'''latence''' : système de canalisation qui sert à la fois à accumuler de l’énergie sous forme de motivation et à la diffuser, elle est de l’ordre de la motivation, de l’ordre de la capacité à contenir la motivation dans la capacité d’agir. Dans les politiques publiques, on a souvent une déclaration d’intention sans la conscience des moyens pour la réaliser, en d’autres termes on fixe un objectif, mais on ne pense pas aux conditions mêmes de la résolution de la question mettant en exergue des contradictions institutionnelles. Il ne suffit pas de garder la motivation il faut la transposer, mais aussi fabriquer un dispositif qui permette de les résoudre. &lt;br /&gt;
                                                         &lt;br /&gt;
Le réel montre souvent que ces fonctions du système d’action ne sont pas remplies ou n’arrivent pas à se remplir presque naturellement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[fichier:Parson_moyen_but.png|center|thumb|500px]]&lt;br /&gt;
   &lt;br /&gt;
Le paradigme fonctionnel du système d’action est de dire que nous sommes dans une boucle qui fait qu’on doit s’adapter pour revenir aux buts qui favorisent la question de l’intégration (coordination, lutter contre les agents perturbateurs), ensuite on retombe sur la question de la latence et de la motivation et on revient la question de l’intégration. On est dans un dispositif totalement circulaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Robert King Merton (1910 - 2003) : le structuralisme de moyenne portée ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Robert_K_Merton.jpg|thumb|Robert King Merton.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Influencé par [[Les approches en sciences politiques de Durkheim à Bourdieu|Durkheim]], il s’intéresse aux groupes sociaux et va raffermir ce modèle avec deux concepts importants :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*'''le rôle des individus '''&lt;br /&gt;
Dans une vision fonctionnaliste, il rajoute une dimension humaine en disant qu’il y a du fonctionnalisme, des fonctions, mais que les individus sont acteurs au niveau des fonctions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*'''la question de l’anomie et du dysfonctionnement social '''&lt;br /&gt;
Une anomie est un état de décomposition, d’échec, d’arrêt, de rupture dans un système. L’anomie signifie qu’à un moment donné un système social et politique peut connaitre des formes de ruptures qui vont faire partir le système en échec. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les systèmes fonctionnels ne sont pas garantis éternellement, ils peuvent connaitre des phénomènes de mutation ou de désagrégation interne qui mettent le système en échec. L’ensemble du système et de la fonction ne peuvent plus atteindre leur objectif, il y a dérégulation. Ainsi l’anomie se caractérise dans le dysfonctionnement social. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsqu’un système social ne peut plus réguler le rôle de chacun dans la société et la place et la fonction du politique dans ces échanges, à ce moment il peut y avoir une forme d’anomie c’est-à-dire que le dysfonctionnement social met en péril l’ensemble du dispositif. Il caractérise aussi l’anomie comme passage d’un ordre ancien à un ordre futur dont on ne connait pas les règles ; c’est le sentiment de quitter un modèle sans pour autant savoir dans quelle direction nous allons. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’anomie est décrite non seulement comme une structure sociale qui ne fonctionne plus, mais du coup comme des individus en attente de sens perdu et qui dans l’attente de ce sens perdu peuvent redéfinir des comportements spécifiques notamment des comportements de violence ou de déviance. La déviance étant un comportement qui ne répond plus aux comportements et aux aspirations de la société. La déviance surviendrait au moment où il y a disproportion entre les flux culturels considérés comme valables et les moyens légitimes auxquels les individus peuvent avoir accès pour atteindre ces buts. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En d’autres termes, la déviance intervient quand il y a une contradiction entre les finalités et les objectifs de la société et puis le fait qu’elle n’ait plus les moyens de les atteindre. À partir du moment où la société ne peut plus réguler le champ social, la mafia se substitue à la vacance d’un pourvoir de l’État dispensateur de travail et organisateur du champ social qui crée un autre pouvoir à l’intérieur qui est un pouvoir déviant. Donc il faut s’interroger sur ces questions de déviance, car ce sont des ruptures dans un système structuralo-fonctionnaliste qui montre un décalage et une tension entre l’évolution de la société et la réalité du modèle qui ne fonctionne plus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ''Contemporary Social Problems : An Introduction to the Sociology of Deviant Behavior and Social Disorganization'' écrit par Robert K. Merton et Robert A. Nisbet et publié en 1961 apparait une théorie sociologique des problèmes sociaux ou reprenant la question du normal et de l’anormal, du logique et de l’illogique disant qu’une même structure sociale et culturelle peut créer des comportements conformes, mais peut aussi créer des comportements de déviation et de désorganisation sociale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, ils s’interrogent sur la provenance de la désorganisation dans le système en distinguant trois éléments :&lt;br /&gt;
*les conflits institutionnels ;&lt;br /&gt;
*la mobilité sociale : c’est le fait qu’il y ait trop d’écart entre les individus et qu’il n’y ait plus de sentiment d’appartenance ;&lt;br /&gt;
*l’anomie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le fonctionnalisme explique les faits sociaux par leur fonction, puis s’interroger sur les fonctions et les faits sociaux dans un système social toujours rapporté à la façon dont ils sont liés les uns aux autres. Par exemple, la Kula est un système d’échange qui a une portée sociale et fonctionnelle très important, car au-delà de l’échange c’est un jeu de construction d’une collectivité qui a pour fonction d’éviter les guerres et les conflits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un système, les individus font partie d’un dispositif dont ils servent les fins. Cependant dans ce dispositif il peut y avoir des stratégies d’intégration et de déviance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= La théorie systémique =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la théorie systémique, l’action sociale ou humaine engage quatre systèmes principaux :&lt;br /&gt;
*'''système biologique''' : motivations élémentaires de l’individu ;&lt;br /&gt;
*'''système de la personnalité''' : organisation psychique de l’individu ;&lt;br /&gt;
*'''système social''' : ensemble des rapports d’interaction ;&lt;br /&gt;
*'''système culturel''' : ensemble des valeurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Quelle est la différence entre une approche de politique traditionnelle et une approche systémique ?'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans '''l’approche traditionnelle de l’analyse du politique''' on étudie les acteurs en tant que tels et les prises de décisions alors que dans l’analyse systémique du politique on va réfléchir en termes d’interactions entre les acteurs, en termes de processus de répartition des ressources puis réfléchir en termes de puissance d’acteur ou des avantages sociaux des acteurs c’est-à-dire en fonction du poids des acteurs dans le système. Dans l’analyse systémique, on va interroger plutôt le champ des compétitivités, de relations, de conflictualité des acteurs dans les dispositifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans '''l’analyse systémique''', l’analyse systémique du politique on part de l’hypothèse que chaque groupe d’acteurs est doté de normes, de processus spécifiques d’action et de processus de répartition des modes d‘action afin de catégoriser les acteurs dans un processus plus complexe. Dans une analyse systémique, on met en place une analyse des interactions dans l’environnement même dans lequel se produisent ces interactions en donnant plus de place dans l’interaction entre action et environnement qui se contextualise dans la notion de système.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l’analyse systémique, on garde l’hypothèse de cohérence, il faut que le processus soit cohérent. On va étudier les systèmes d’acteurs, les systèmes de cohérence ainsi que la cohérence entre les différents sous-systèmes, c’est-à-dire que l’on va analyser le processus de décisions de processus politiques comme un ensemble d’acteur et d’agent dont découlent des sous-systèmes à travers lesquels ils agissent. Nous sommes dans une analyse rétroactive ce qui signifie qu’un processus de décision et rarement un processus linéaire. Un processus d’action pose une question d’action et ensuite il cherche à définir les processus d’action, commence à agir pour enfin revisiter les conditions de son action.Cela veut dire qu’il s’interroge pour voir si les conditions fonctionnent bien,si le processus ne fonctionne pas il faut s’interroger sur la rétroaction afin de la changer. C’est ce que l’on appelle une causalité non linéaire.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
== David Easton (1917 - 2014) : la théorie systémique en sciences politiques ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Easton s’intéresse à l’invention et à la constitution d’une théorie systémique en sciences politiques. Il va chercher à utiliser  cette vision systémique des sciences sociales afin d’essayer d’analyser ce qu’est le politique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son ouvrage ''The Political System'' publié en 1953 il dit qu’au fond cette théorie se fait dans l’interprétation de la politique comme universalité, il y a de la politique partout, mais comme étant dans un système on peut comparer tous les systèmes par rapport aux autres. On l’éloigne beaucoup de la vision de l’anthropologie qui est relativiste. La pensée fondamentale de l’anthropologie est le relativisme culturel, il y a des gouvernements politiques différents et ce qui est intéressant est de comprendre la nature et leurs fonctions propres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La vision systémique  en sciences politiques va partir de l’autre côté en nous tirant  du côté d’une théorie politique qui considère que l’on peut bâtir des connaissances universelles d’autant plus facilement qu’elle reconnait que la vision de système politique et mondial. En sciences-politiques quand on analyse des systèmes politiques  on est dans une analyse comparative des systèmes, s’il y a des différences c’est que ce sont toujours des systèmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’hypothèse d’Easton est de dire que l’on peut construire une théorie politique par l’avancement des sciences politiques sur la base de productions de modèles de compréhensions systémiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, il voit la société contemporaine comme un chaos auquel l’homme pourra mettre fin s’il applique la méthode scientifique à l’analyse des phénomènes politiques afin de les caractériser tel qu’ils se sont conçus et développé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est pour une théorie systémique globale,il faut décortiquer dans la société contemporaine quelles sont les différents systèmes à l’œuvre.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les principales fonctions de la théorie politique selon Easton :&lt;br /&gt;
#proposer des critères pour identifier les variables à analyser&lt;br /&gt;
#établir des relations entre ces variables&lt;br /&gt;
#expliquer ces relations&lt;br /&gt;
#élaborer un réseau de généralisation&lt;br /&gt;
#découvrir de nouveaux phénomènes &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au fond, on est dans une vision très globale de l’analyse du champ du système dans lequel rentrent ces critères entre les différents éléments des sous-systèmes. C’est une science politique qui va décortiquer les grands systèmes sociopolitiques et qui peut avoir des interrelations avec la qualification des types de régimes concernés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Jean-William Lapierre (1921 - 2007) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lapierre part de l’hypothèse de l’analyse des systèmes politiques dans son ouvrage ''L’analyse des systèmes politiques'' publié en 1973.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour analyser les systèmes politiques, il faut partir sur l’idée d’une universalité des systèmes politiques, nous sommes dans une société globale qui est constituée par des systèmes sociaux que l’on peut analyser &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Lapierre, un système politique est un système, une organisions dans lequel les éléments sont mis en interrelations. Tout système politique  est inscrit dans une vision naturaliste ; les systèmes politiques sont des inputs et des outputs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* '''input''' : un système politique ne peut fonctionner qu’en intégrant l’information et les données au sein de la société afin de les transformer. &lt;br /&gt;
*'''output''' : reconstruit les données en processus d’action de normes, de techniques, de lois, de règles, de jugements.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le processus politique c’est la captation de ressources. Une des explications de la Révolution française est la marginalisation du roi de la société française. Au début du XVIIIème siècle, Louis XIV et Louis XV ont peur d’émeutes parisiennes. Louis XIV va construire Versailles en tant qu’extraterritorialité pour empêcher les nobles de se rebeller en province, mais sort du territoire et ne dispose plus d’inputs pour comprendre ce qui se passe à Paris. Quand les grandes épidémies liées aux grandes crises agricoles sont arrivées le peuple s’est réveillait et a fait la révolution. Nous pouvons noter ce bref échange entre Louis XVI et La Rochefoucauld : {{citation|-monsieur le roi, il s’est passé quelque chose. –c’est une révolte ?, -non sire, c’est une révolution !}}&amp;lt;ref&amp;gt;Guy Chaussinand-Nogaret, La Bastille est prise, Paris, Éditions Complexe, 1988, p. 102.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le rapport entre input et output est intéressant dans le sens ou un système politique doit traiter les informations en s’en saisissant, au contraire il ne peut y avoir de gestion adaptée du territoire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce sont des images qui posent le champ du politique dans la confrontation entre les inputs et les outputs dans la gestion des risques calculés, c’est-à-dire qu’on a des ressources à prendre, mais elles viennent avec des contraintes qu’il faut restituer dans un espace de projet en tenant compte des contraintes héritées, si nous n’avons plus d’inputs on peut se demander qu’elle est la nature des outputs, c’est-à-dire que les réponses seront hors de la réalité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lapierre désigne le système politique comme un système décisionnel c’est un système qui a une ; même s’il est programmé manière idéologique il doit tenir compte de la réalité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette théorie est intéressante, car tout système politique doit être décisionnel, mais il n’est pas programmé parce qu’il doit évoluer, s’adapter, traiter l’information dont il dispose, aussi incomplète soit-elle, car elles lui permettent de définir les outputs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès lors, un système politique selon Lapierre c’est un système d’action conditionné par des ressources et des contraintes dans  une situation d’informations incomplètes et d’incertitude sur les objectifs. Ainsi, on peut définir les moyens à mobiliser et anticiper les répercussions de l’action.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au fond, un système politique cherche à gérer au mieux les intérêts de l’organisme et l’ensemble des contraintes dont il hérite. En d’autres termes, il faut parfois chercher à gérer le « moins mal ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Les limites de ces deux approches =&lt;br /&gt;
== Limites de l’approche fonctionnaliste ==&lt;br /&gt;
C’est de tout considérer à partir de fonctions, c’est une réduction trop fonctionnaliste qui peut amener à interpréter le système d’action comme étant totalement fonctionnaliste alors qu’en réalité cela en est loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Limites de l’approche systémique ==&lt;br /&gt;
Tout n’est pas systèmes politiques pour faire des comparaisons. La logique est de nous mener vers des jugements de valeur, c’est-à-dire nous faire réinterpréter  la valeur d’un système politique en tant que tel en fonction de catégories au détriment d’autres. Le danger serait de nous engager trop rapidement sur des analyses comparatives de systèmes politiques ou de critères de définitions des systèmes politiques. Elle globalise trop et de nous laisse imaginer que tout est comparable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Annexes =&lt;br /&gt;
* [http://classiques.uqac.ca/classiques/malinowsli/malinowski.html Œuvres en ligne de Malinowski] sur le site des « Classiques des Sciences sociales »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Références =&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:science politique]]&lt;br /&gt;
[[Category:théorie politique]]&lt;br /&gt;
[[Category:Rémi Baudoui]]&lt;br /&gt;
[[Category:2011]] &lt;br /&gt;
[[Category:2012]]  &lt;br /&gt;
[[Category:2013]] &lt;br /&gt;
[[Category:2014]]&lt;br /&gt;
[[Category:2015]]&lt;br /&gt;
[[Category:2016]]&lt;br /&gt;
[[Category:2017]]&lt;br /&gt;
[[Category:2018]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>176.129.59.151</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://baripedia.org/index.php?title=Fonctionnalisme_et_Syst%C3%A9misme&amp;diff=37511</id>
		<title>Fonctionnalisme et Systémisme</title>
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		<updated>2018-10-08T17:31:23Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;176.129.59.151 : /* Bronislaw Malinovski (1884 - 1942) : Le fonctionnalisme anthropologique ou le fonctionnalisme absolu */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;= Le Fonctionnalisme =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Image du corps humain, chaque organe a sa fonction. Dans le fonctionnalisme, on analyse les organes de la société par leur fonction. On interprète donc la société ou la politique comme un corps vivant. C'est par la coordination des fonctions et des organes que le développement s'effectue. Cette vision implique un concept d'efficacité et des processus de régulation. La fonction est à définir ici par son sens biologique : {{citation|c'est la contribution qu'apporte un élément à l'organisation ou à l'action de l'ensemble dont il fait partie}}&amp;lt;ref&amp;gt;G. Rocher, Introduction générale à la sociologie, p.165.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le courant apparaît dans les années 1930 et son âge d'or se situe dans les années 1960, principalement dans la sociologie anglo-saxonne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La théorie fonctionnaliste se base sur le principe fondateur suivant : sans considérer ses ressources matérielles et son architecture (organisation), toute société doit remplir certaines fonctions naturelles (universelle). Parmi elles : produire des biens et services (nourritures, logement, soins), se reproduire (organisation des unions, sexualité, famille), assurer la protection des membres (solidarité, défense). Ainsi, l’analyse fonctionnelle postule que chaque coutume, chaque objet matériel, chaque croyance remplit une fonction vitale, est une partie vitale d’un tout organique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On distingue alors les sociétés les unes des autres par leur façon de remplir ces fonctions et par la mise en place de leurs institutions culturelles. Selon les approches fonctionnalistes, des institutions différentes peuvent remplir des fonctions identiques. Par exemple, l’apprentissage des règles sociales peut se faire par un mode d’imitation, par fusion ou par transmission. On peut qualifier ces trois formes de socialisation d’« équivalents fonctionnels ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les fondateurs du fonctionnalisme sont à chercher dans le domaine de l’anthropologie, où Malinowski crée le néologisme. On voit apparaître trois courants principaux représentés par les auteurs suivants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bronislaw Malinovski (1884 - 1942) : Le fonctionnalisme anthropologique ou le fonctionnalisme absolu ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bronislaw Malinovski est polonais d’origine, étudiant l’anthropologie en particulier les sociétés premières, celles qui sont loin de nous et qui ont conservés des coutumes traditionnelles. Il entreprend des études à Cracovie de philosophie, fait un doctorat d’économie à la London School of Economics et se spécialise sur les peuples mélanésiens dans les iles afin de travailler sur des groupes humains protégés qui ont conservé leurs coutumes. Il va produire un certain nombre de livres sur les mélanésiens dit aussi les « Argonautes » dans une tradition d’anthropologue. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’anthropologie postule qu’il n’y a pas de connaissance immédiate ni du politique ni de la société. Il reste en immersions des années dans les îles Trobriand et va étudier un phénomène particulier qui existe dans ces tributs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les tribus des iles Trobriand pratiquent des échanges intertribaux, cela veut dire que cet échange va se faire entre les différentes tribus. Deux types d’objets circulent à savoir des coquillages rouges sous forme de colliers et des bracelets à travers un système d’échange social. Il met en exergue un principe qui s’énonce selon lequel  ces deux objets réapparaissent de façon continue et rentrent dans une économie de l’échange rapide, les familles ne doivent pas les conserver. Aussitôt qu’une autre fête est prononcée, ces objets sont remis en circulation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Phénomène de la kula.png|200px|vignette]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il décrit le '''phénomène de la Kula''' qui est le lieu où les individus vont échanger leurs présents. Tout homme qui rentre dans cet espace reçoit un ou plusieurs brassards et doit assez rapidement le transmettre à un autre à l’occasion d’un autre rassemblement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est intéressant, car c’est un phénomène original pour les Occidentaux, c’est aussi un principe qui se perpétue. C’est un objet qui n’est pas de l’ordre de la transaction ponctuelle, mais de l’ordre de la transition perpétuelle. Dans la Kula, il s’interroge sur la nature de cette transaction ; au fond, cette transaction  n’a pas de valeur particulière, mais elle s’accompagne d’un cérémonial et d’une capacité à penser la possession comme très limitée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la Kula, il s’interroge sur le fait que se joue un échange non pas financier, mais social encadré qui a une fonction précise qui est de fabriquer en permanence le lien social entre les individus et les communautés. Il y a une opération qui, vue de l’extérieur n’a aucun sens, mais vue de l’inférieur décrit une fonction de régulation par la nature même de l’échange.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Kula a une fonction régulatrice. Cet échange renvoie à un espace sociétal et politique, car ces échanges régulent des échanges symboliques qui régulent la collectivité. C‘est une activité sociale importante contrôlée précisément et encadrée par la magie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui est intéressant est que Bronislaw Malinovski prononce une analyse fonctionnaliste, ici la fonction n’est pas d’ordre économique, mais d’ordre sociétal et d’ordre fonctionnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’analyse de la Kula permet de constituer le discours sur l’analyse fonctionnelle des systèmes politiques ; la régulation sociale permet la cohésion collective des différentes tribus. À partir du moment où elle doit se dérouler de façon continue, elle empêche la guerre puisqu’elle oblige les gens à se rencontrer et échanger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Alfred Radcliffe-Brown : 1881 - 1955 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Radcliffe-Brown est un anthropologue britannique qui va étudier les systèmes politiques australiens des aborigènes ainsi que leurs organisations sociales.  Dans son livre Structure et Fonction dans la société primitive (1968) on voit apparaitre l‘analyse structuraliste qui est de dire que nos sociétés sont traversées par des structures invisibles qui perdurent dans leurs organisations sociales, spatiales et politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il va reconnaitre le message structuraliste et y ajoute le fonctionnalisme donnant le structuralo-fonctionnalisme : toute société est élaborée et construite à partir de structures, mais qui ont des fonctions précises.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les structures d’une société peuvent être fonctionnalistes, elles ont pour but de fabriquer du lien et de la rationalité, elles ont des objectifs de fonctionnalité.La structure n’est pas simplement quelque chose de pesant, mais qui organise, alors elles ont une portée fonctionnaliste afin de réguler le vivre ensemble.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi tout  processus de la vie sociale est un système adaptatif, les structures subsistent, mais peuvent évoluer . L’adaptabilité se manifeste à trois niveaux :&lt;br /&gt;
*écologique ;&lt;br /&gt;
*institutionnel ;&lt;br /&gt;
*culturel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au fond c’est à travers ces trois niveaux que se construit et s’élabore la société.Dès lors les institutions fonctionnent à partir de structures sociales constituées d’individus, mais sont reliées par des actions sociales à l’intérieur d’un tout. C’est une vision organiciste et d’interrelations ; les institutions politiques fonctionnent dans des structures sociales, la société ce sont des individus qui sont reliés par des relations sociales à l’intérieur d’un tout, c’est-à-dire que les individus ne sont jamais isolés, ils font partie d’un ensemble de social. En découle la notion de système social, le social n’est pas qu’une somme d’individu c’est aussi une organisation, quand on parle de système social on parle de valeurs collectives qui font société. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Apparait derrière la notion de système social la notion d’organisation de la société  et de règles implicites qui font que nous adhérons à une société et que nous en acceptons ses valeurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Radcliffe-Brown poursuit la réflexion sur l’adaptabilité, le système et le lien entre structure et fonction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Talcott Parsons : 1902 - 1979 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Talcott Parsons.jpg|thumb|150px|Talcott Parsons.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parsons est un biologiste qui a soutenu  un doctorant à l’Université de Heidelberg en sociologie et en économie. Il est intéressant, car il va poursuivre ses travaux en cherchant à faire le lien entre l’action,la structure, et puis le fonctionnalisme. En 1969, il publie ''Politics and Social Structure’’ qui traite des structures sociales et politiques, en 1977, sur les systèmes sociaux, il publie ''Social Systems and the Evolution of Action  Theory'' et en 1978 un ouvrage traitant de l’action et de la condition humaine ''Action Theory and the Human Condition''.''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est un auteur intéressant, car il pose l’action non pas comme quelque chose d’individuel, mais comme étant incorporée dans un système de l’action. Si nous sommes dans une interprétation systémique de la société et du politique, l’action ne dépend plus d’un individu, mais d’un système d’action. Du coup, apparaissent des notions importantes sur l’analyse de la gouvernementalité et la mise en place de systèmes, car ce ne sont jamais uniquement celles d’un individu, mais c’est aussi un ensemble de données dans un système plus global renvoyant à la question du système.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un système d’action est un élément, des unités ou des parties d’unités qui doivent fabriquer entre eux des rapports afin de pouvoir arriver à des choix d’actions. Un système d’action va engager tout un ensemble d’activités qui relient des choix individuels à des choix collectifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, Parsons met en exergue quatre fonctions ou dimensions du système d’action :&lt;br /&gt;
#'''adaptation''' : consiste à puiser dans les systèmes extérieurs les diverses ressources dont le système a besoin. C’est allé chercher des ressources et les adapter aux besoins.  &lt;br /&gt;
# '''poursuite des buts''' : capacité de se fixer des buts et de les poursuivre méthodiquement. Dans un système d’action, il faut d’abord s’adapter à la situation réelle puis définir des buts ; il faut les fixer puis se donner les moyens de les atteindre. Il y a une dimension logiquement instrumentale. Les buts conditionnent les moyens et les instruments.&lt;br /&gt;
#'''intégration''' : protéger le système contre des changements brusques et des perturbations majeures. C’est s’interroger sur la mise en place d’un dispositif qui va pouvoir traverser des crises et perdurer dans l’action. Si on ne construit pas, il va être balloté par les crises,  c’est tout le rapport que nous avons aujourd’hui qui est la contradiction entre être présent dans l’immédiateté des évènements et poursuivre une action.&lt;br /&gt;
#'''latence''' : système de canalisation qui sert à la fois à accumuler de l’énergie sous forme de motivation et à la diffuser, elle est de l’ordre de la motivation, de l’ordre de la capacité à contenir la motivation dans la capacité d’agir. Dans les politiques publiques, on a souvent une déclaration d’intention sans la conscience des moyens pour la réaliser, en d’autres termes on fixe un objectif, mais on ne pense pas aux conditions mêmes de la résolution de la question mettant en exergue des contradictions institutionnelles. Il ne suffit pas de garder la motivation il faut la transposer, mais aussi fabriquer un dispositif qui permette de les résoudre. &lt;br /&gt;
                                                         &lt;br /&gt;
Le réel montre souvent que ces fonctions du système d’action ne sont pas remplies ou n’arrivent pas à se remplir presque naturellement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[fichier:Parson_moyen_but.png|center|thumb|500px]]&lt;br /&gt;
   &lt;br /&gt;
Le paradigme fonctionnel du système d’action est de dire que nous sommes dans une boucle qui fait qu’on doit s’adapter pour revenir aux buts qui favorisent la question de l’intégration (coordination, lutter contre les agents perturbateurs), ensuite on retombe sur la question de la latence et de la motivation et on revient la question de l’intégration. On est dans un dispositif totalement circulaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Robert King Merton (1910 - 2003) : le structuralisme de moyenne portée ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Robert_K_Merton.jpg|thumb|Robert King Merton.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Influencé par [[Les approches en sciences politiques de Durkheim à Bourdieu|Durkheim]], il s’intéresse aux groupes sociaux et va raffermir ce modèle avec deux concepts importants :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*'''le rôle des individus '''&lt;br /&gt;
Dans une vision fonctionnaliste, il rajoute une dimension humaine en disant qu’il y a du fonctionnalisme, des fonctions, mais que les individus sont acteurs au niveau des fonctions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*'''la question de l’anomie et du dysfonctionnement social '''&lt;br /&gt;
Une anomie est un état de décomposition, d’échec, d’arrêt, de rupture dans un système. L’anomie signifie qu’à un moment donné un système social et politique peut connaitre des formes de ruptures qui vont faire partir le système en échec. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les systèmes fonctionnels ne sont pas garantis éternellement, ils peuvent connaitre des phénomènes de mutation ou de désagrégation interne qui mettent le système en échec. L’ensemble du système et de la fonction ne peuvent plus atteindre leur objectif, il y a dérégulation. Ainsi l’anomie se caractérise dans le dysfonctionnement social. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsqu’un système social ne peut plus réguler le rôle de chacun dans la société et la place et la fonction du politique dans ces échanges, à ce moment il peut y avoir une forme d’anomie c’est-à-dire que le dysfonctionnement social met en péril l’ensemble du dispositif. Il caractérise aussi l’anomie comme passage d’un ordre ancien à un ordre futur dont on ne connait pas les règles ; c’est le sentiment de quitter un modèle sans pour autant savoir dans quelle direction nous allons. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’anomie est décrite non seulement comme une structure sociale qui ne fonctionne plus, mais du coup comme des individus en attente de sens perdu et qui dans l’attente de ce sens perdu peuvent redéfinir des comportements spécifiques notamment des comportements de violence ou de déviance. La déviance étant un comportement qui ne répond plus aux comportements et aux aspirations de la société. La déviance surviendrait au moment où il y a disproportion entre les flux culturels considérés comme valables et les moyens légitimes auxquels les individus peuvent avoir accès pour atteindre ces buts. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En d’autres termes, la déviance intervient quand il y a une contradiction entre les finalités et les objectifs de la société et puis le fait qu’elle n’ait plus les moyens de les atteindre. À partir du moment où la société ne peut plus réguler le champ social, la mafia se substitue à la vacance d’un pourvoir de l’État dispensateur de travail et organisateur du champ social qui crée un autre pouvoir à l’intérieur qui est un pouvoir déviant. Donc il faut s’interroger sur ces questions de déviance, car ce sont des ruptures dans un système structuralo-fonctionnaliste qui montre un décalage et une tension entre l’évolution de la société et la réalité du modèle qui ne fonctionne plus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ''Contemporary Social Problems : An Introduction to the Sociology of Deviant Behavior and Social Disorganization'' écrit par Robert K. Merton et Robert A. Nisbet et publié en 1961 apparait une théorie sociologique des problèmes sociaux ou reprenant la question du normal et de l’anormal, du logique et de l’illogique disant qu’une même structure sociale et culturelle peut créer des comportements conformes, mais peut aussi créer des comportements de déviation et de désorganisation sociale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, ils s’interrogent sur la provenance de la désorganisation dans le système en distinguant trois éléments :&lt;br /&gt;
*les conflits institutionnels ;&lt;br /&gt;
*la mobilité sociale : c’est le fait qu’il y ait trop d’écart entre les individus et qu’il n’y ait plus de sentiment d’appartenance ;&lt;br /&gt;
*l’anomie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le fonctionnalisme explique les faits sociaux par leur fonction, puis s’interroger sur les fonctions et les faits sociaux dans un système social toujours rapporté à la façon dont ils sont liés les uns aux autres. Par exemple, la Kula est un système d’échange qui a une portée sociale et fonctionnelle très important, car au-delà de l’échange c’est un jeu de construction d’une collectivité qui a pour fonction d’éviter les guerres et les conflits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un système, les individus font partie d’un dispositif dont ils servent les fins. Cependant dans ce dispositif il peut y avoir des stratégies d’intégration et de déviance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= La théorie systémique =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la théorie systémique, l’action sociale ou humaine engage quatre systèmes principaux :&lt;br /&gt;
*'''système biologique''' : motivations élémentaires de l’individu ;&lt;br /&gt;
*'''système de la personnalité''' : organisation psychique de l’individu ;&lt;br /&gt;
*'''système social''' : ensemble des rapports d’interaction ;&lt;br /&gt;
*'''système culturel''' : ensemble des valeurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Quelle est la différence entre une approche de politique traditionnelle et une approche systémique ?'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans '''l’approche traditionnelle de l’analyse du politique''' on étudie les acteurs en tant que tels et les prises de décisions alors que dans l’analyse systémique du politique on va réfléchir en termes d’interactions entre les acteurs, en termes de processus de répartition des ressources puis réfléchir en termes de puissance d’acteur ou des avantages sociaux des acteurs c’est-à-dire en fonction du poids des acteurs dans le système. Dans l’analyse systémique, on va interroger plutôt le champ des compétitivités, de relations, de conflictualité des acteurs dans les dispositifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans '''l’analyse systémique''', l’analyse systémique du politique on part de l’hypothèse que chaque groupe d’acteurs est doté de normes, de processus spécifiques d’action et de processus de répartition des modes d‘action afin de catégoriser les acteurs dans un processus plus complexe. Dans une analyse systémique, on met en place une analyse des interactions dans l’environnement même dans lequel se produisent ces interactions en donnant plus de place dans l’interaction entre action et environnement qui se contextualise dans la notion de système.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l’analyse systémique, on garde l’hypothèse de cohérence, il faut que le processus soit cohérent. On va étudier les systèmes d’acteurs, les systèmes de cohérence ainsi que la cohérence entre les différents sous-systèmes, c’est-à-dire que l’on va analyser le processus de décisions de processus politiques comme un ensemble d’acteur et d’agent dont découlent des sous-systèmes à travers lesquels ils agissent. Nous sommes dans une analyse rétroactive ce qui signifie qu’un processus de décision et rarement un processus linéaire. Un processus d’action pose une question d’action et ensuite il cherche à définir les processus d’action, commence à agir pour enfin revisiter les conditions de son action.Cela veut dire qu’il s’interroge pour voir si les conditions fonctionnent bien,si le processus ne fonctionne pas il faut s’interroger sur la rétroaction afin de la changer. C’est ce que l’on appelle une causalité non linéaire.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
== David Easton (1917 - 2014) : la théorie systémique en sciences politiques ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Easton s’intéresse à l’invention et à la constitution d’une théorie systémique en sciences politiques. Il va chercher à utiliser  cette vision systémique des sciences sociales afin d’essayer d’analyser ce qu’est le politique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son ouvrage ''The Political System'' publié en 1953 il dit qu’au fond cette théorie se fait dans l’interprétation de la politique comme universalité, il y a de la politique partout, mais comme étant dans un système on peut comparer tous les systèmes par rapport aux autres. On l’éloigne beaucoup de la vision de l’anthropologie qui est relativiste. La pensée fondamentale de l’anthropologie est le relativisme culturel, il y a des gouvernements politiques différents et ce qui est intéressant est de comprendre la nature et leurs fonctions propres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La vision systémique  en sciences politiques va partir de l’autre côté en nous tirant  du côté d’une théorie politique qui considère que l’on peut bâtir des connaissances universelles d’autant plus facilement qu’elle reconnait que la vision de système politique et mondial. En sciences-politiques quand on analyse des systèmes politiques  on est dans une analyse comparative des systèmes, s’il y a des différences c’est que ce sont toujours des systèmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’hypothèse d’Easton est de dire que l’on peut construire une théorie politique par l’avancement des sciences politiques sur la base de productions de modèles de compréhensions systémiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, il voit la société contemporaine comme un chaos auquel l’homme pourra mettre fin s’il applique la méthode scientifique à l’analyse des phénomènes politiques afin de les caractériser tel qu’ils se sont conçus et développé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est pour une théorie systémique globale,il faut décortiquer dans la société contemporaine quelles sont les différents systèmes à l’œuvre.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les principales fonctions de la théorie politique selon Easton :&lt;br /&gt;
#proposer des critères pour identifier les variables à analyser&lt;br /&gt;
#établir des relations entre ces variables&lt;br /&gt;
#expliquer ces relations&lt;br /&gt;
#élaborer un réseau de généralisation&lt;br /&gt;
#découvrir de nouveaux phénomènes &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au fond, on est dans une vision très globale de l’analyse du champ du système dans lequel rentrent ces critères entre les différents éléments des sous-systèmes. C’est une science politique qui va décortiquer les grands systèmes sociopolitiques et qui peut avoir des interrelations avec la qualification des types de régimes concernés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Jean-William Lapierre (1921 - 2007) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lapierre part de l’hypothèse de l’analyse des systèmes politiques dans son ouvrage ''L’analyse des systèmes politiques'' publié en 1973.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour analyser les systèmes politiques, il faut partir sur l’idée d’une universalité des systèmes politiques, nous sommes dans une société globale qui est constituée par des systèmes sociaux que l’on peut analyser &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Lapierre, un système politique est un système, une organisions dans lequel les éléments sont mis en interrelations. Tout système politique  est inscrit dans une vision naturaliste ; les systèmes politiques sont des inputs et des outputs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* '''input''' : un système politique ne peut fonctionner qu’en intégrant l’information et les données au sein de la société afin de les transformer. &lt;br /&gt;
*'''output''' : reconstruit les données en processus d’action de normes, de techniques, de lois, de règles, de jugements.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le processus politique c’est la captation de ressources. Une des explications de la Révolution française est la marginalisation du roi de la société française. Au début du XVIIIème siècle, Louis XIV et Louis XV ont peur d’émeutes parisiennes. Louis XIV va construire Versailles en tant qu’extraterritorialité pour empêcher les nobles de se rebeller en province, mais sort du territoire et ne dispose plus d’inputs pour comprendre ce qui se passe à Paris. Quand les grandes épidémies liées aux grandes crises agricoles sont arrivées le peuple s’est réveillait et a fait la révolution. Nous pouvons noter ce bref échange entre Louis XVI et La Rochefoucauld : {{citation|-monsieur le roi, il s’est passé quelque chose. –c’est une révolte ?, -non sire, c’est une révolution !}}&amp;lt;ref&amp;gt;Guy Chaussinand-Nogaret, La Bastille est prise, Paris, Éditions Complexe, 1988, p. 102.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le rapport entre input et output est intéressant dans le sens ou un système politique doit traiter les informations en s’en saisissant, au contraire il ne peut y avoir de gestion adaptée du territoire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce sont des images qui posent le champ du politique dans la confrontation entre les inputs et les outputs dans la gestion des risques calculés, c’est-à-dire qu’on a des ressources à prendre, mais elles viennent avec des contraintes qu’il faut restituer dans un espace de projet en tenant compte des contraintes héritées, si nous n’avons plus d’inputs on peut se demander qu’elle est la nature des outputs, c’est-à-dire que les réponses seront hors de la réalité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lapierre désigne le système politique comme un système décisionnel c’est un système qui a une ; même s’il est programmé manière idéologique il doit tenir compte de la réalité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette théorie est intéressante, car tout système politique doit être décisionnel, mais il n’est pas programmé parce qu’il doit évoluer, s’adapter, traiter l’information dont il dispose, aussi incomplète soit-elle, car elles lui permettent de définir les outputs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès lors, un système politique selon Lapierre c’est un système d’action conditionné par des ressources et des contraintes dans  une situation d’informations incomplètes et d’incertitude sur les objectifs. Ainsi, on peut définir les moyens à mobiliser et anticiper les répercussions de l’action.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au fond, un système politique cherche à gérer au mieux les intérêts de l’organisme et l’ensemble des contraintes dont il hérite. En d’autres termes, il faut parfois chercher à gérer le « moins mal ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Les limites de ces deux approches =&lt;br /&gt;
== Limites de l’approche fonctionnaliste ==&lt;br /&gt;
C’est de tout considérer à partir de fonctions, c’est une réduction trop fonctionnaliste qui peut amener à interpréter le système d’action comme étant totalement fonctionnaliste alors qu’en réalité cela en est loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Limites de l’approche systémique ==&lt;br /&gt;
Tout n’est pas systèmes politiques pour faire des comparaisons. La logique est de nous mener vers des jugements de valeur, c’est-à-dire nous faire réinterpréter  la valeur d’un système politique en tant que tel en fonction de catégories au détriment d’autres. Le danger serait de nous engager trop rapidement sur des analyses comparatives de systèmes politiques ou de critères de définitions des systèmes politiques. Elle globalise trop et de nous laisse imaginer que tout est comparable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Annexes =&lt;br /&gt;
* [http://classiques.uqac.ca/classiques/malinowsli/malinowski.html Œuvres en ligne de Malinowski] sur le site des « Classiques des Sciences sociales »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Références =&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:science politique]]&lt;br /&gt;
[[Category:théorie politique]]&lt;br /&gt;
[[Category:Rémi Baudoui]]&lt;br /&gt;
[[Category:2011]] &lt;br /&gt;
[[Category:2012]]  &lt;br /&gt;
[[Category:2013]] &lt;br /&gt;
[[Category:2014]]&lt;br /&gt;
[[Category:2015]]&lt;br /&gt;
[[Category:2016]]&lt;br /&gt;
[[Category:2017]]&lt;br /&gt;
[[Category:2018]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>176.129.59.151</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://baripedia.org/index.php?title=Fonctionnalisme_et_Syst%C3%A9misme&amp;diff=37510</id>
		<title>Fonctionnalisme et Systémisme</title>
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		<updated>2018-10-08T17:29:40Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;176.129.59.151 : /* Bronislaw Malinovski (1884 - 1942) : Le fonctionnalisme anthropologique ou le fonctionnalisme absolu */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;= Le Fonctionnalisme =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Image du corps humain, chaque organe a sa fonction. Dans le fonctionnalisme, on analyse les organes de la société par leur fonction. On interprète donc la société ou la politique comme un corps vivant. C'est par la coordination des fonctions et des organes que le développement s'effectue. Cette vision implique un concept d'efficacité et des processus de régulation. La fonction est à définir ici par son sens biologique : {{citation|c'est la contribution qu'apporte un élément à l'organisation ou à l'action de l'ensemble dont il fait partie}}&amp;lt;ref&amp;gt;G. Rocher, Introduction générale à la sociologie, p.165.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le courant apparaît dans les années 1930 et son âge d'or se situe dans les années 1960, principalement dans la sociologie anglo-saxonne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La théorie fonctionnaliste se base sur le principe fondateur suivant : sans considérer ses ressources matérielles et son architecture (organisation), toute société doit remplir certaines fonctions naturelles (universelle). Parmi elles : produire des biens et services (nourritures, logement, soins), se reproduire (organisation des unions, sexualité, famille), assurer la protection des membres (solidarité, défense). Ainsi, l’analyse fonctionnelle postule que chaque coutume, chaque objet matériel, chaque croyance remplit une fonction vitale, est une partie vitale d’un tout organique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On distingue alors les sociétés les unes des autres par leur façon de remplir ces fonctions et par la mise en place de leurs institutions culturelles. Selon les approches fonctionnalistes, des institutions différentes peuvent remplir des fonctions identiques. Par exemple, l’apprentissage des règles sociales peut se faire par un mode d’imitation, par fusion ou par transmission. On peut qualifier ces trois formes de socialisation d’« équivalents fonctionnels ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les fondateurs du fonctionnalisme sont à chercher dans le domaine de l’anthropologie, où Malinowski crée le néologisme. On voit apparaître trois courants principaux représentés par les auteurs suivants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bronislaw Malinovski (1884 - 1942) : Le fonctionnalisme anthropologique ou le fonctionnalisme absolu ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bronislaw Malinovski est polonais d’origine, étudiant l’anthropologie en particulier les sociétés premières, celles qui sont loin de nous et qui ont conservés des coutumes traditionnelles. Il entreprend des études à Cracovie de philosophie, fait un doctorat d’économie à la London School of Economics et se spécialise sur les peuples mélanésiens dans les iles afin de travailler sur des groupes humains protégés qui ont conservé leurs coutumes. Il va produire un certain nombre de livres sur les mélanésiens dit aussi les « Argonautes » dans une tradition d’anthropologue. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’anthropologie postule qu’il n’y a pas de connaissance immédiate ni du politique ni de la société. Il reste en immersions des années dans les îles Trobriand et va étudier un phénomène particulier qui existe dans ces tributs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les tribus des iles Trobriand pratiquent des échanges intertribaux, cela veut dire que cet échange va se faire entre les différentes tribus. Deux types d’objets circulent à savoir des coquillages rouges sous forme de colliers et des bracelets à travers un système d’échange social. Il met en exergue un principe qui s’énonce selon lequel  ces deux objets réapparaissent de façon continue et rentrent dans une économie de l’échange rapide, les familles ne doivent pas les conserver. Aussitôt qu’une autre fête est prononcée, ces objets sont remis en circulation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Phénomène de la kula.png|200px|vignette]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il décrit le '''phénomène de la Kula''' qui est le lieu où les individus vont échanger leurs présents. Tout homme qui rentre dans cet espace reçoit un ou plusieurs brassards et doit assez rapidement le transmettre à un autre à l’occasion d’un autre rassemblement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est intéressant, car c’est un phénomène original pour les Occidentaux, c’est aussi un principe qui se perpétue. C’est un objet qui n’est pas de l’ordre de la transaction ponctuelle, mais de l’ordre de la transition perpétuelle. Dans la Kula, il s’interroge sur la nature de cette transaction ; au fond, cette transaction  n’a pas de valeur particulière, mais elle s’accompagne d’un cérémonial et d’une capacité à penser la possession comme très limitée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la Kula, il s’interroge sur le fait que se joue un échange non pas financier, mais social encadré qui a une fonction précise qui est de fabriquer en permanence le lien social entre les individus et les communautés. Il y a une opération qui, vue de l’extérieur n’a aucun sens, mais vue de l’inférieur décrit une fonction de régulation par la nature même de l’échange.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Kula a une fonction régulatrice. Cet échange renvoie à un espace sociétal et politique, car ces échanges régulent des échanges symboliques qui régulent la collectivité. C‘est une activité sociale importante contrôlée précisément et encadrée par la magie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui est intéressant est que Bronislaw Malinovski prononce une analyse fonctionnaliste, ici la fonction n’est pas d’ordre économique, mais d’ordre sociétal et d’ordre fonctionnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’analyse de la Kula permet de constituer le discours sur l’analyse fonctionnelle des systèmes politiques ; la régulation sociale permet la cohésion collective des différentes tribus. À partir du moment où elle doit se dérouler de façon continue, elle empêche la guerre puis qu’elle oblige les gens à se rencontrer et échanger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Alfred Radcliffe-Brown : 1881 - 1955 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Radcliffe-Brown est un anthropologue britannique qui va étudier les systèmes politiques australiens des aborigènes ainsi que leurs organisations sociales.  Dans son livre Structure et Fonction dans la société primitive (1968) on voit apparaitre l‘analyse structuraliste qui est de dire que nos sociétés sont traversées par des structures invisibles qui perdurent dans leurs organisations sociales, spatiales et politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il va reconnaitre le message structuraliste et y ajoute le fonctionnalisme donnant le structuralo-fonctionnalisme : toute société est élaborée et construite à partir de structures, mais qui ont des fonctions précises.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les structures d’une société peuvent être fonctionnalistes, elles ont pour but de fabriquer du lien et de la rationalité, elles ont des objectifs de fonctionnalité.La structure n’est pas simplement quelque chose de pesant, mais qui organise, alors elles ont une portée fonctionnaliste afin de réguler le vivre ensemble.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi tout  processus de la vie sociale est un système adaptatif, les structures subsistent, mais peuvent évoluer . L’adaptabilité se manifeste à trois niveaux :&lt;br /&gt;
*écologique ;&lt;br /&gt;
*institutionnel ;&lt;br /&gt;
*culturel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au fond c’est à travers ces trois niveaux que se construit et s’élabore la société.Dès lors les institutions fonctionnent à partir de structures sociales constituées d’individus, mais sont reliées par des actions sociales à l’intérieur d’un tout. C’est une vision organiciste et d’interrelations ; les institutions politiques fonctionnent dans des structures sociales, la société ce sont des individus qui sont reliés par des relations sociales à l’intérieur d’un tout, c’est-à-dire que les individus ne sont jamais isolés, ils font partie d’un ensemble de social. En découle la notion de système social, le social n’est pas qu’une somme d’individu c’est aussi une organisation, quand on parle de système social on parle de valeurs collectives qui font société. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Apparait derrière la notion de système social la notion d’organisation de la société  et de règles implicites qui font que nous adhérons à une société et que nous en acceptons ses valeurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Radcliffe-Brown poursuit la réflexion sur l’adaptabilité, le système et le lien entre structure et fonction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Talcott Parsons : 1902 - 1979 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Talcott Parsons.jpg|thumb|150px|Talcott Parsons.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parsons est un biologiste qui a soutenu  un doctorant à l’Université de Heidelberg en sociologie et en économie. Il est intéressant, car il va poursuivre ses travaux en cherchant à faire le lien entre l’action,la structure, et puis le fonctionnalisme. En 1969, il publie ''Politics and Social Structure’’ qui traite des structures sociales et politiques, en 1977, sur les systèmes sociaux, il publie ''Social Systems and the Evolution of Action  Theory'' et en 1978 un ouvrage traitant de l’action et de la condition humaine ''Action Theory and the Human Condition''.''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est un auteur intéressant, car il pose l’action non pas comme quelque chose d’individuel, mais comme étant incorporée dans un système de l’action. Si nous sommes dans une interprétation systémique de la société et du politique, l’action ne dépend plus d’un individu, mais d’un système d’action. Du coup, apparaissent des notions importantes sur l’analyse de la gouvernementalité et la mise en place de systèmes, car ce ne sont jamais uniquement celles d’un individu, mais c’est aussi un ensemble de données dans un système plus global renvoyant à la question du système.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un système d’action est un élément, des unités ou des parties d’unités qui doivent fabriquer entre eux des rapports afin de pouvoir arriver à des choix d’actions. Un système d’action va engager tout un ensemble d’activités qui relient des choix individuels à des choix collectifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, Parsons met en exergue quatre fonctions ou dimensions du système d’action :&lt;br /&gt;
#'''adaptation''' : consiste à puiser dans les systèmes extérieurs les diverses ressources dont le système a besoin. C’est allé chercher des ressources et les adapter aux besoins.  &lt;br /&gt;
# '''poursuite des buts''' : capacité de se fixer des buts et de les poursuivre méthodiquement. Dans un système d’action, il faut d’abord s’adapter à la situation réelle puis définir des buts ; il faut les fixer puis se donner les moyens de les atteindre. Il y a une dimension logiquement instrumentale. Les buts conditionnent les moyens et les instruments.&lt;br /&gt;
#'''intégration''' : protéger le système contre des changements brusques et des perturbations majeures. C’est s’interroger sur la mise en place d’un dispositif qui va pouvoir traverser des crises et perdurer dans l’action. Si on ne construit pas, il va être balloté par les crises,  c’est tout le rapport que nous avons aujourd’hui qui est la contradiction entre être présent dans l’immédiateté des évènements et poursuivre une action.&lt;br /&gt;
#'''latence''' : système de canalisation qui sert à la fois à accumuler de l’énergie sous forme de motivation et à la diffuser, elle est de l’ordre de la motivation, de l’ordre de la capacité à contenir la motivation dans la capacité d’agir. Dans les politiques publiques, on a souvent une déclaration d’intention sans la conscience des moyens pour la réaliser, en d’autres termes on fixe un objectif, mais on ne pense pas aux conditions mêmes de la résolution de la question mettant en exergue des contradictions institutionnelles. Il ne suffit pas de garder la motivation il faut la transposer, mais aussi fabriquer un dispositif qui permette de les résoudre. &lt;br /&gt;
                                                         &lt;br /&gt;
Le réel montre souvent que ces fonctions du système d’action ne sont pas remplies ou n’arrivent pas à se remplir presque naturellement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[fichier:Parson_moyen_but.png|center|thumb|500px]]&lt;br /&gt;
   &lt;br /&gt;
Le paradigme fonctionnel du système d’action est de dire que nous sommes dans une boucle qui fait qu’on doit s’adapter pour revenir aux buts qui favorisent la question de l’intégration (coordination, lutter contre les agents perturbateurs), ensuite on retombe sur la question de la latence et de la motivation et on revient la question de l’intégration. On est dans un dispositif totalement circulaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Robert King Merton (1910 - 2003) : le structuralisme de moyenne portée ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Robert_K_Merton.jpg|thumb|Robert King Merton.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Influencé par [[Les approches en sciences politiques de Durkheim à Bourdieu|Durkheim]], il s’intéresse aux groupes sociaux et va raffermir ce modèle avec deux concepts importants :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*'''le rôle des individus '''&lt;br /&gt;
Dans une vision fonctionnaliste, il rajoute une dimension humaine en disant qu’il y a du fonctionnalisme, des fonctions, mais que les individus sont acteurs au niveau des fonctions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*'''la question de l’anomie et du dysfonctionnement social '''&lt;br /&gt;
Une anomie est un état de décomposition, d’échec, d’arrêt, de rupture dans un système. L’anomie signifie qu’à un moment donné un système social et politique peut connaitre des formes de ruptures qui vont faire partir le système en échec. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les systèmes fonctionnels ne sont pas garantis éternellement, ils peuvent connaitre des phénomènes de mutation ou de désagrégation interne qui mettent le système en échec. L’ensemble du système et de la fonction ne peuvent plus atteindre leur objectif, il y a dérégulation. Ainsi l’anomie se caractérise dans le dysfonctionnement social. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsqu’un système social ne peut plus réguler le rôle de chacun dans la société et la place et la fonction du politique dans ces échanges, à ce moment il peut y avoir une forme d’anomie c’est-à-dire que le dysfonctionnement social met en péril l’ensemble du dispositif. Il caractérise aussi l’anomie comme passage d’un ordre ancien à un ordre futur dont on ne connait pas les règles ; c’est le sentiment de quitter un modèle sans pour autant savoir dans quelle direction nous allons. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’anomie est décrite non seulement comme une structure sociale qui ne fonctionne plus, mais du coup comme des individus en attente de sens perdu et qui dans l’attente de ce sens perdu peuvent redéfinir des comportements spécifiques notamment des comportements de violence ou de déviance. La déviance étant un comportement qui ne répond plus aux comportements et aux aspirations de la société. La déviance surviendrait au moment où il y a disproportion entre les flux culturels considérés comme valables et les moyens légitimes auxquels les individus peuvent avoir accès pour atteindre ces buts. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En d’autres termes, la déviance intervient quand il y a une contradiction entre les finalités et les objectifs de la société et puis le fait qu’elle n’ait plus les moyens de les atteindre. À partir du moment où la société ne peut plus réguler le champ social, la mafia se substitue à la vacance d’un pourvoir de l’État dispensateur de travail et organisateur du champ social qui crée un autre pouvoir à l’intérieur qui est un pouvoir déviant. Donc il faut s’interroger sur ces questions de déviance, car ce sont des ruptures dans un système structuralo-fonctionnaliste qui montre un décalage et une tension entre l’évolution de la société et la réalité du modèle qui ne fonctionne plus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ''Contemporary Social Problems : An Introduction to the Sociology of Deviant Behavior and Social Disorganization'' écrit par Robert K. Merton et Robert A. Nisbet et publié en 1961 apparait une théorie sociologique des problèmes sociaux ou reprenant la question du normal et de l’anormal, du logique et de l’illogique disant qu’une même structure sociale et culturelle peut créer des comportements conformes, mais peut aussi créer des comportements de déviation et de désorganisation sociale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, ils s’interrogent sur la provenance de la désorganisation dans le système en distinguant trois éléments :&lt;br /&gt;
*les conflits institutionnels ;&lt;br /&gt;
*la mobilité sociale : c’est le fait qu’il y ait trop d’écart entre les individus et qu’il n’y ait plus de sentiment d’appartenance ;&lt;br /&gt;
*l’anomie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le fonctionnalisme explique les faits sociaux par leur fonction, puis s’interroger sur les fonctions et les faits sociaux dans un système social toujours rapporté à la façon dont ils sont liés les uns aux autres. Par exemple, la Kula est un système d’échange qui a une portée sociale et fonctionnelle très important, car au-delà de l’échange c’est un jeu de construction d’une collectivité qui a pour fonction d’éviter les guerres et les conflits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un système, les individus font partie d’un dispositif dont ils servent les fins. Cependant dans ce dispositif il peut y avoir des stratégies d’intégration et de déviance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= La théorie systémique =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la théorie systémique, l’action sociale ou humaine engage quatre systèmes principaux :&lt;br /&gt;
*'''système biologique''' : motivations élémentaires de l’individu ;&lt;br /&gt;
*'''système de la personnalité''' : organisation psychique de l’individu ;&lt;br /&gt;
*'''système social''' : ensemble des rapports d’interaction ;&lt;br /&gt;
*'''système culturel''' : ensemble des valeurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Quelle est la différence entre une approche de politique traditionnelle et une approche systémique ?'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans '''l’approche traditionnelle de l’analyse du politique''' on étudie les acteurs en tant que tels et les prises de décisions alors que dans l’analyse systémique du politique on va réfléchir en termes d’interactions entre les acteurs, en termes de processus de répartition des ressources puis réfléchir en termes de puissance d’acteur ou des avantages sociaux des acteurs c’est-à-dire en fonction du poids des acteurs dans le système. Dans l’analyse systémique, on va interroger plutôt le champ des compétitivités, de relations, de conflictualité des acteurs dans les dispositifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans '''l’analyse systémique''', l’analyse systémique du politique on part de l’hypothèse que chaque groupe d’acteurs est doté de normes, de processus spécifiques d’action et de processus de répartition des modes d‘action afin de catégoriser les acteurs dans un processus plus complexe. Dans une analyse systémique, on met en place une analyse des interactions dans l’environnement même dans lequel se produisent ces interactions en donnant plus de place dans l’interaction entre action et environnement qui se contextualise dans la notion de système.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l’analyse systémique, on garde l’hypothèse de cohérence, il faut que le processus soit cohérent. On va étudier les systèmes d’acteurs, les systèmes de cohérence ainsi que la cohérence entre les différents sous-systèmes, c’est-à-dire que l’on va analyser le processus de décisions de processus politiques comme un ensemble d’acteur et d’agent dont découlent des sous-systèmes à travers lesquels ils agissent. Nous sommes dans une analyse rétroactive ce qui signifie qu’un processus de décision et rarement un processus linéaire. Un processus d’action pose une question d’action et ensuite il cherche à définir les processus d’action, commence à agir pour enfin revisiter les conditions de son action.Cela veut dire qu’il s’interroge pour voir si les conditions fonctionnent bien,si le processus ne fonctionne pas il faut s’interroger sur la rétroaction afin de la changer. C’est ce que l’on appelle une causalité non linéaire.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
== David Easton (1917 - 2014) : la théorie systémique en sciences politiques ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Easton s’intéresse à l’invention et à la constitution d’une théorie systémique en sciences politiques. Il va chercher à utiliser  cette vision systémique des sciences sociales afin d’essayer d’analyser ce qu’est le politique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son ouvrage ''The Political System'' publié en 1953 il dit qu’au fond cette théorie se fait dans l’interprétation de la politique comme universalité, il y a de la politique partout, mais comme étant dans un système on peut comparer tous les systèmes par rapport aux autres. On l’éloigne beaucoup de la vision de l’anthropologie qui est relativiste. La pensée fondamentale de l’anthropologie est le relativisme culturel, il y a des gouvernements politiques différents et ce qui est intéressant est de comprendre la nature et leurs fonctions propres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La vision systémique  en sciences politiques va partir de l’autre côté en nous tirant  du côté d’une théorie politique qui considère que l’on peut bâtir des connaissances universelles d’autant plus facilement qu’elle reconnait que la vision de système politique et mondial. En sciences-politiques quand on analyse des systèmes politiques  on est dans une analyse comparative des systèmes, s’il y a des différences c’est que ce sont toujours des systèmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’hypothèse d’Easton est de dire que l’on peut construire une théorie politique par l’avancement des sciences politiques sur la base de productions de modèles de compréhensions systémiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, il voit la société contemporaine comme un chaos auquel l’homme pourra mettre fin s’il applique la méthode scientifique à l’analyse des phénomènes politiques afin de les caractériser tel qu’ils se sont conçus et développé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est pour une théorie systémique globale,il faut décortiquer dans la société contemporaine quelles sont les différents systèmes à l’œuvre.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les principales fonctions de la théorie politique selon Easton :&lt;br /&gt;
#proposer des critères pour identifier les variables à analyser&lt;br /&gt;
#établir des relations entre ces variables&lt;br /&gt;
#expliquer ces relations&lt;br /&gt;
#élaborer un réseau de généralisation&lt;br /&gt;
#découvrir de nouveaux phénomènes &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au fond, on est dans une vision très globale de l’analyse du champ du système dans lequel rentrent ces critères entre les différents éléments des sous-systèmes. C’est une science politique qui va décortiquer les grands systèmes sociopolitiques et qui peut avoir des interrelations avec la qualification des types de régimes concernés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Jean-William Lapierre (1921 - 2007) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lapierre part de l’hypothèse de l’analyse des systèmes politiques dans son ouvrage ''L’analyse des systèmes politiques'' publié en 1973.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour analyser les systèmes politiques, il faut partir sur l’idée d’une universalité des systèmes politiques, nous sommes dans une société globale qui est constituée par des systèmes sociaux que l’on peut analyser &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Lapierre, un système politique est un système, une organisions dans lequel les éléments sont mis en interrelations. Tout système politique  est inscrit dans une vision naturaliste ; les systèmes politiques sont des inputs et des outputs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* '''input''' : un système politique ne peut fonctionner qu’en intégrant l’information et les données au sein de la société afin de les transformer. &lt;br /&gt;
*'''output''' : reconstruit les données en processus d’action de normes, de techniques, de lois, de règles, de jugements.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le processus politique c’est la captation de ressources. Une des explications de la Révolution française est la marginalisation du roi de la société française. Au début du XVIIIème siècle, Louis XIV et Louis XV ont peur d’émeutes parisiennes. Louis XIV va construire Versailles en tant qu’extraterritorialité pour empêcher les nobles de se rebeller en province, mais sort du territoire et ne dispose plus d’inputs pour comprendre ce qui se passe à Paris. Quand les grandes épidémies liées aux grandes crises agricoles sont arrivées le peuple s’est réveillait et a fait la révolution. Nous pouvons noter ce bref échange entre Louis XVI et La Rochefoucauld : {{citation|-monsieur le roi, il s’est passé quelque chose. –c’est une révolte ?, -non sire, c’est une révolution !}}&amp;lt;ref&amp;gt;Guy Chaussinand-Nogaret, La Bastille est prise, Paris, Éditions Complexe, 1988, p. 102.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le rapport entre input et output est intéressant dans le sens ou un système politique doit traiter les informations en s’en saisissant, au contraire il ne peut y avoir de gestion adaptée du territoire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce sont des images qui posent le champ du politique dans la confrontation entre les inputs et les outputs dans la gestion des risques calculés, c’est-à-dire qu’on a des ressources à prendre, mais elles viennent avec des contraintes qu’il faut restituer dans un espace de projet en tenant compte des contraintes héritées, si nous n’avons plus d’inputs on peut se demander qu’elle est la nature des outputs, c’est-à-dire que les réponses seront hors de la réalité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lapierre désigne le système politique comme un système décisionnel c’est un système qui a une ; même s’il est programmé manière idéologique il doit tenir compte de la réalité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette théorie est intéressante, car tout système politique doit être décisionnel, mais il n’est pas programmé parce qu’il doit évoluer, s’adapter, traiter l’information dont il dispose, aussi incomplète soit-elle, car elles lui permettent de définir les outputs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès lors, un système politique selon Lapierre c’est un système d’action conditionné par des ressources et des contraintes dans  une situation d’informations incomplètes et d’incertitude sur les objectifs. Ainsi, on peut définir les moyens à mobiliser et anticiper les répercussions de l’action.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au fond, un système politique cherche à gérer au mieux les intérêts de l’organisme et l’ensemble des contraintes dont il hérite. En d’autres termes, il faut parfois chercher à gérer le « moins mal ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Les limites de ces deux approches =&lt;br /&gt;
== Limites de l’approche fonctionnaliste ==&lt;br /&gt;
C’est de tout considérer à partir de fonctions, c’est une réduction trop fonctionnaliste qui peut amener à interpréter le système d’action comme étant totalement fonctionnaliste alors qu’en réalité cela en est loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Limites de l’approche systémique ==&lt;br /&gt;
Tout n’est pas systèmes politiques pour faire des comparaisons. La logique est de nous mener vers des jugements de valeur, c’est-à-dire nous faire réinterpréter  la valeur d’un système politique en tant que tel en fonction de catégories au détriment d’autres. Le danger serait de nous engager trop rapidement sur des analyses comparatives de systèmes politiques ou de critères de définitions des systèmes politiques. Elle globalise trop et de nous laisse imaginer que tout est comparable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Annexes =&lt;br /&gt;
* [http://classiques.uqac.ca/classiques/malinowsli/malinowski.html Œuvres en ligne de Malinowski] sur le site des « Classiques des Sciences sociales »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Références =&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:science politique]]&lt;br /&gt;
[[Category:théorie politique]]&lt;br /&gt;
[[Category:Rémi Baudoui]]&lt;br /&gt;
[[Category:2011]] &lt;br /&gt;
[[Category:2012]]  &lt;br /&gt;
[[Category:2013]] &lt;br /&gt;
[[Category:2014]]&lt;br /&gt;
[[Category:2015]]&lt;br /&gt;
[[Category:2016]]&lt;br /&gt;
[[Category:2017]]&lt;br /&gt;
[[Category:2018]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>176.129.59.151</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://baripedia.org/index.php?title=Fonctionnalisme_et_Syst%C3%A9misme&amp;diff=37509</id>
		<title>Fonctionnalisme et Systémisme</title>
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		<updated>2018-10-08T17:26:19Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;176.129.59.151 : /* Bronislaw Malinovski (1884 - 1942) : Le fonctionnalisme anthropologique ou le fonctionnalisme absolu */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;= Le Fonctionnalisme =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Image du corps humain, chaque organe a sa fonction. Dans le fonctionnalisme, on analyse les organes de la société par leur fonction. On interprète donc la société ou la politique comme un corps vivant. C'est par la coordination des fonctions et des organes que le développement s'effectue. Cette vision implique un concept d'efficacité et des processus de régulation. La fonction est à définir ici par son sens biologique : {{citation|c'est la contribution qu'apporte un élément à l'organisation ou à l'action de l'ensemble dont il fait partie}}&amp;lt;ref&amp;gt;G. Rocher, Introduction générale à la sociologie, p.165.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le courant apparaît dans les années 1930 et son âge d'or se situe dans les années 1960, principalement dans la sociologie anglo-saxonne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La théorie fonctionnaliste se base sur le principe fondateur suivant : sans considérer ses ressources matérielles et son architecture (organisation), toute société doit remplir certaines fonctions naturelles (universelle). Parmi elles : produire des biens et services (nourritures, logement, soins), se reproduire (organisation des unions, sexualité, famille), assurer la protection des membres (solidarité, défense). Ainsi, l’analyse fonctionnelle postule que chaque coutume, chaque objet matériel, chaque croyance remplit une fonction vitale, est une partie vitale d’un tout organique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On distingue alors les sociétés les unes des autres par leur façon de remplir ces fonctions et par la mise en place de leurs institutions culturelles. Selon les approches fonctionnalistes, des institutions différentes peuvent remplir des fonctions identiques. Par exemple, l’apprentissage des règles sociales peut se faire par un mode d’imitation, par fusion ou par transmission. On peut qualifier ces trois formes de socialisation d’« équivalents fonctionnels ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les fondateurs du fonctionnalisme sont à chercher dans le domaine de l’anthropologie, où Malinowski crée le néologisme. On voit apparaître trois courants principaux représentés par les auteurs suivants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bronislaw Malinovski (1884 - 1942) : Le fonctionnalisme anthropologique ou le fonctionnalisme absolu ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bronislaw Malinovski est polonais d’origine, étudiant l’anthropologie en particulier les sociétés premières, celles qui sont loin de nous et qui ont conservés des coutumes traditionnelles. Il entreprend des études à Cracovie de philosophie, fait un doctorat d’économie à la London School of Economics et se spécialise sur les peuples mélanésiens dans les iles afin de travailler sur des groupes humains protégés qui ont conservé leurs coutumes. Il va produire un certain nombre de livres sur les mélanésiens dit aussi les « Argonautes » dans une tradition d’anthropologue. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’anthropologie postule qu’il n’y a pas de connaissance immédiate ni du politique ni de la société. Il reste en immersions des années dans les îles Trobriand et va étudier un phénomène particulier qui existe dans ces tributs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les tribus des iles Trobriand pratiquent des échanges intertribaux, cela veut dire que cet échange va se faire entre les différentes tribus. Deux types d’objets circulent à savoir des coquillages rouges sous forme de colliers et des bracelets à travers un système d’échange social. Il met en exergue un principe qui s’énonce selon lequel  ces deux objets réapparaissent de façon continue et rentrent dans une économie de l’échange rapide, les familles ne doivent pas les conserver. Aussitôt qu’une autre fête est prononcée, ces objets sont remis en circulation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Phénomène de la kula.png|200px|vignette]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il décrit le '''phénomène de la Kula''' qui est le lieu où les individus vont échanger leurs présents. Tout homme qui rentre dans cet espace reçoit un ou plusieurs brassards et doit assez rapidement le transmettre à un autre à l’occasion d’un autre rassemblement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est intéressant, car c’est un phénomène original pour les Occidentaux, c’est aussi un principe qui se perpétue.C’est un objet qui n’est pas de l’ordre de la transaction ponctuelle, mais de l’ordre de la transition perpétuelle. Dans la Kula, il s’interroge sur la nature de cette transaction ; au fond, cette transaction  n’a pas de valeur particulière, mais elle s’accompagne d’un cérémonial et d’une capacité à penser la possession comme très limitée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la Kula, il s’interroge sur le fait que se joue un échange non pas financier, mais social encadré qui a une fonction précise qui est fabriquée en permanence le lien social entre les individus et les communautés. Il y a une opération qui, vue de l’extérieur n’a aucun sens, mais vue de l’inférieur décrit une fonction de régulation par la nature même de l’échange.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Kula a une fonction régulatrice. Cet échange renvoie à un espace sociétal et politique, car ces échanges régulent des échanges symboliques qui régulent la collectivité. C‘est une activité sociale importante contrôlée précisément et encadrée par la magie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui est intéressant est que Bronislaw Malinovski prononce une analyse fonctionnaliste, ici la fonction n’est pas d’ordre économique, mais d’ordre sociétal et d’ordre fonctionnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’analyse de la Kula permet de constituer le discours sur l’analyse fonctionnelle des systèmes politiques ; la régulation sociale permet la cohésion collective des différentes tribus. À partir du moment où elle doit se dérouler de façon continue, elle empêche la guerre puis qu’elle oblige les gens à se rencontrer et échanger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Alfred Radcliffe-Brown : 1881 - 1955 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Radcliffe-Brown est un anthropologue britannique qui va étudier les systèmes politiques australiens des aborigènes ainsi que leurs organisations sociales.  Dans son livre Structure et Fonction dans la société primitive (1968) on voit apparaitre l‘analyse structuraliste qui est de dire que nos sociétés sont traversées par des structures invisibles qui perdurent dans leurs organisations sociales, spatiales et politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il va reconnaitre le message structuraliste et y ajoute le fonctionnalisme donnant le structuralo-fonctionnalisme : toute société est élaborée et construite à partir de structures, mais qui ont des fonctions précises.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les structures d’une société peuvent être fonctionnalistes, elles ont pour but de fabriquer du lien et de la rationalité, elles ont des objectifs de fonctionnalité.La structure n’est pas simplement quelque chose de pesant, mais qui organise, alors elles ont une portée fonctionnaliste afin de réguler le vivre ensemble.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi tout  processus de la vie sociale est un système adaptatif, les structures subsistent, mais peuvent évoluer . L’adaptabilité se manifeste à trois niveaux :&lt;br /&gt;
*écologique ;&lt;br /&gt;
*institutionnel ;&lt;br /&gt;
*culturel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au fond c’est à travers ces trois niveaux que se construit et s’élabore la société.Dès lors les institutions fonctionnent à partir de structures sociales constituées d’individus, mais sont reliées par des actions sociales à l’intérieur d’un tout. C’est une vision organiciste et d’interrelations ; les institutions politiques fonctionnent dans des structures sociales, la société ce sont des individus qui sont reliés par des relations sociales à l’intérieur d’un tout, c’est-à-dire que les individus ne sont jamais isolés, ils font partie d’un ensemble de social. En découle la notion de système social, le social n’est pas qu’une somme d’individu c’est aussi une organisation, quand on parle de système social on parle de valeurs collectives qui font société. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Apparait derrière la notion de système social la notion d’organisation de la société  et de règles implicites qui font que nous adhérons à une société et que nous en acceptons ses valeurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Radcliffe-Brown poursuit la réflexion sur l’adaptabilité, le système et le lien entre structure et fonction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Talcott Parsons : 1902 - 1979 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Talcott Parsons.jpg|thumb|150px|Talcott Parsons.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parsons est un biologiste qui a soutenu  un doctorant à l’Université de Heidelberg en sociologie et en économie. Il est intéressant, car il va poursuivre ses travaux en cherchant à faire le lien entre l’action,la structure, et puis le fonctionnalisme. En 1969, il publie ''Politics and Social Structure’’ qui traite des structures sociales et politiques, en 1977, sur les systèmes sociaux, il publie ''Social Systems and the Evolution of Action  Theory'' et en 1978 un ouvrage traitant de l’action et de la condition humaine ''Action Theory and the Human Condition''.''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est un auteur intéressant, car il pose l’action non pas comme quelque chose d’individuel, mais comme étant incorporée dans un système de l’action. Si nous sommes dans une interprétation systémique de la société et du politique, l’action ne dépend plus d’un individu, mais d’un système d’action. Du coup, apparaissent des notions importantes sur l’analyse de la gouvernementalité et la mise en place de systèmes, car ce ne sont jamais uniquement celles d’un individu, mais c’est aussi un ensemble de données dans un système plus global renvoyant à la question du système.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un système d’action est un élément, des unités ou des parties d’unités qui doivent fabriquer entre eux des rapports afin de pouvoir arriver à des choix d’actions. Un système d’action va engager tout un ensemble d’activités qui relient des choix individuels à des choix collectifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, Parsons met en exergue quatre fonctions ou dimensions du système d’action :&lt;br /&gt;
#'''adaptation''' : consiste à puiser dans les systèmes extérieurs les diverses ressources dont le système a besoin. C’est allé chercher des ressources et les adapter aux besoins.  &lt;br /&gt;
# '''poursuite des buts''' : capacité de se fixer des buts et de les poursuivre méthodiquement. Dans un système d’action, il faut d’abord s’adapter à la situation réelle puis définir des buts ; il faut les fixer puis se donner les moyens de les atteindre. Il y a une dimension logiquement instrumentale. Les buts conditionnent les moyens et les instruments.&lt;br /&gt;
#'''intégration''' : protéger le système contre des changements brusques et des perturbations majeures. C’est s’interroger sur la mise en place d’un dispositif qui va pouvoir traverser des crises et perdurer dans l’action. Si on ne construit pas, il va être balloté par les crises,  c’est tout le rapport que nous avons aujourd’hui qui est la contradiction entre être présent dans l’immédiateté des évènements et poursuivre une action.&lt;br /&gt;
#'''latence''' : système de canalisation qui sert à la fois à accumuler de l’énergie sous forme de motivation et à la diffuser, elle est de l’ordre de la motivation, de l’ordre de la capacité à contenir la motivation dans la capacité d’agir. Dans les politiques publiques, on a souvent une déclaration d’intention sans la conscience des moyens pour la réaliser, en d’autres termes on fixe un objectif, mais on ne pense pas aux conditions mêmes de la résolution de la question mettant en exergue des contradictions institutionnelles. Il ne suffit pas de garder la motivation il faut la transposer, mais aussi fabriquer un dispositif qui permette de les résoudre. &lt;br /&gt;
                                                         &lt;br /&gt;
Le réel montre souvent que ces fonctions du système d’action ne sont pas remplies ou n’arrivent pas à se remplir presque naturellement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[fichier:Parson_moyen_but.png|center|thumb|500px]]&lt;br /&gt;
   &lt;br /&gt;
Le paradigme fonctionnel du système d’action est de dire que nous sommes dans une boucle qui fait qu’on doit s’adapter pour revenir aux buts qui favorisent la question de l’intégration (coordination, lutter contre les agents perturbateurs), ensuite on retombe sur la question de la latence et de la motivation et on revient la question de l’intégration. On est dans un dispositif totalement circulaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Robert King Merton (1910 - 2003) : le structuralisme de moyenne portée ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Robert_K_Merton.jpg|thumb|Robert King Merton.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Influencé par [[Les approches en sciences politiques de Durkheim à Bourdieu|Durkheim]], il s’intéresse aux groupes sociaux et va raffermir ce modèle avec deux concepts importants :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*'''le rôle des individus '''&lt;br /&gt;
Dans une vision fonctionnaliste, il rajoute une dimension humaine en disant qu’il y a du fonctionnalisme, des fonctions, mais que les individus sont acteurs au niveau des fonctions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*'''la question de l’anomie et du dysfonctionnement social '''&lt;br /&gt;
Une anomie est un état de décomposition, d’échec, d’arrêt, de rupture dans un système. L’anomie signifie qu’à un moment donné un système social et politique peut connaitre des formes de ruptures qui vont faire partir le système en échec. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les systèmes fonctionnels ne sont pas garantis éternellement, ils peuvent connaitre des phénomènes de mutation ou de désagrégation interne qui mettent le système en échec. L’ensemble du système et de la fonction ne peuvent plus atteindre leur objectif, il y a dérégulation. Ainsi l’anomie se caractérise dans le dysfonctionnement social. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsqu’un système social ne peut plus réguler le rôle de chacun dans la société et la place et la fonction du politique dans ces échanges, à ce moment il peut y avoir une forme d’anomie c’est-à-dire que le dysfonctionnement social met en péril l’ensemble du dispositif. Il caractérise aussi l’anomie comme passage d’un ordre ancien à un ordre futur dont on ne connait pas les règles ; c’est le sentiment de quitter un modèle sans pour autant savoir dans quelle direction nous allons. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’anomie est décrite non seulement comme une structure sociale qui ne fonctionne plus, mais du coup comme des individus en attente de sens perdu et qui dans l’attente de ce sens perdu peuvent redéfinir des comportements spécifiques notamment des comportements de violence ou de déviance. La déviance étant un comportement qui ne répond plus aux comportements et aux aspirations de la société. La déviance surviendrait au moment où il y a disproportion entre les flux culturels considérés comme valables et les moyens légitimes auxquels les individus peuvent avoir accès pour atteindre ces buts. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En d’autres termes, la déviance intervient quand il y a une contradiction entre les finalités et les objectifs de la société et puis le fait qu’elle n’ait plus les moyens de les atteindre. À partir du moment où la société ne peut plus réguler le champ social, la mafia se substitue à la vacance d’un pourvoir de l’État dispensateur de travail et organisateur du champ social qui crée un autre pouvoir à l’intérieur qui est un pouvoir déviant. Donc il faut s’interroger sur ces questions de déviance, car ce sont des ruptures dans un système structuralo-fonctionnaliste qui montre un décalage et une tension entre l’évolution de la société et la réalité du modèle qui ne fonctionne plus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ''Contemporary Social Problems : An Introduction to the Sociology of Deviant Behavior and Social Disorganization'' écrit par Robert K. Merton et Robert A. Nisbet et publié en 1961 apparait une théorie sociologique des problèmes sociaux ou reprenant la question du normal et de l’anormal, du logique et de l’illogique disant qu’une même structure sociale et culturelle peut créer des comportements conformes, mais peut aussi créer des comportements de déviation et de désorganisation sociale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, ils s’interrogent sur la provenance de la désorganisation dans le système en distinguant trois éléments :&lt;br /&gt;
*les conflits institutionnels ;&lt;br /&gt;
*la mobilité sociale : c’est le fait qu’il y ait trop d’écart entre les individus et qu’il n’y ait plus de sentiment d’appartenance ;&lt;br /&gt;
*l’anomie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le fonctionnalisme explique les faits sociaux par leur fonction, puis s’interroger sur les fonctions et les faits sociaux dans un système social toujours rapporté à la façon dont ils sont liés les uns aux autres. Par exemple, la Kula est un système d’échange qui a une portée sociale et fonctionnelle très important, car au-delà de l’échange c’est un jeu de construction d’une collectivité qui a pour fonction d’éviter les guerres et les conflits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un système, les individus font partie d’un dispositif dont ils servent les fins. Cependant dans ce dispositif il peut y avoir des stratégies d’intégration et de déviance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= La théorie systémique =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la théorie systémique, l’action sociale ou humaine engage quatre systèmes principaux :&lt;br /&gt;
*'''système biologique''' : motivations élémentaires de l’individu ;&lt;br /&gt;
*'''système de la personnalité''' : organisation psychique de l’individu ;&lt;br /&gt;
*'''système social''' : ensemble des rapports d’interaction ;&lt;br /&gt;
*'''système culturel''' : ensemble des valeurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Quelle est la différence entre une approche de politique traditionnelle et une approche systémique ?'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans '''l’approche traditionnelle de l’analyse du politique''' on étudie les acteurs en tant que tels et les prises de décisions alors que dans l’analyse systémique du politique on va réfléchir en termes d’interactions entre les acteurs, en termes de processus de répartition des ressources puis réfléchir en termes de puissance d’acteur ou des avantages sociaux des acteurs c’est-à-dire en fonction du poids des acteurs dans le système. Dans l’analyse systémique, on va interroger plutôt le champ des compétitivités, de relations, de conflictualité des acteurs dans les dispositifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans '''l’analyse systémique''', l’analyse systémique du politique on part de l’hypothèse que chaque groupe d’acteurs est doté de normes, de processus spécifiques d’action et de processus de répartition des modes d‘action afin de catégoriser les acteurs dans un processus plus complexe. Dans une analyse systémique, on met en place une analyse des interactions dans l’environnement même dans lequel se produisent ces interactions en donnant plus de place dans l’interaction entre action et environnement qui se contextualise dans la notion de système.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l’analyse systémique, on garde l’hypothèse de cohérence, il faut que le processus soit cohérent. On va étudier les systèmes d’acteurs, les systèmes de cohérence ainsi que la cohérence entre les différents sous-systèmes, c’est-à-dire que l’on va analyser le processus de décisions de processus politiques comme un ensemble d’acteur et d’agent dont découlent des sous-systèmes à travers lesquels ils agissent. Nous sommes dans une analyse rétroactive ce qui signifie qu’un processus de décision et rarement un processus linéaire. Un processus d’action pose une question d’action et ensuite il cherche à définir les processus d’action, commence à agir pour enfin revisiter les conditions de son action.Cela veut dire qu’il s’interroge pour voir si les conditions fonctionnent bien,si le processus ne fonctionne pas il faut s’interroger sur la rétroaction afin de la changer. C’est ce que l’on appelle une causalité non linéaire.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
== David Easton (1917 - 2014) : la théorie systémique en sciences politiques ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Easton s’intéresse à l’invention et à la constitution d’une théorie systémique en sciences politiques. Il va chercher à utiliser  cette vision systémique des sciences sociales afin d’essayer d’analyser ce qu’est le politique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son ouvrage ''The Political System'' publié en 1953 il dit qu’au fond cette théorie se fait dans l’interprétation de la politique comme universalité, il y a de la politique partout, mais comme étant dans un système on peut comparer tous les systèmes par rapport aux autres. On l’éloigne beaucoup de la vision de l’anthropologie qui est relativiste. La pensée fondamentale de l’anthropologie est le relativisme culturel, il y a des gouvernements politiques différents et ce qui est intéressant est de comprendre la nature et leurs fonctions propres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La vision systémique  en sciences politiques va partir de l’autre côté en nous tirant  du côté d’une théorie politique qui considère que l’on peut bâtir des connaissances universelles d’autant plus facilement qu’elle reconnait que la vision de système politique et mondial. En sciences-politiques quand on analyse des systèmes politiques  on est dans une analyse comparative des systèmes, s’il y a des différences c’est que ce sont toujours des systèmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’hypothèse d’Easton est de dire que l’on peut construire une théorie politique par l’avancement des sciences politiques sur la base de productions de modèles de compréhensions systémiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, il voit la société contemporaine comme un chaos auquel l’homme pourra mettre fin s’il applique la méthode scientifique à l’analyse des phénomènes politiques afin de les caractériser tel qu’ils se sont conçus et développé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est pour une théorie systémique globale,il faut décortiquer dans la société contemporaine quelles sont les différents systèmes à l’œuvre.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les principales fonctions de la théorie politique selon Easton :&lt;br /&gt;
#proposer des critères pour identifier les variables à analyser&lt;br /&gt;
#établir des relations entre ces variables&lt;br /&gt;
#expliquer ces relations&lt;br /&gt;
#élaborer un réseau de généralisation&lt;br /&gt;
#découvrir de nouveaux phénomènes &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au fond, on est dans une vision très globale de l’analyse du champ du système dans lequel rentrent ces critères entre les différents éléments des sous-systèmes. C’est une science politique qui va décortiquer les grands systèmes sociopolitiques et qui peut avoir des interrelations avec la qualification des types de régimes concernés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Jean-William Lapierre (1921 - 2007) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lapierre part de l’hypothèse de l’analyse des systèmes politiques dans son ouvrage ''L’analyse des systèmes politiques'' publié en 1973.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour analyser les systèmes politiques, il faut partir sur l’idée d’une universalité des systèmes politiques, nous sommes dans une société globale qui est constituée par des systèmes sociaux que l’on peut analyser &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Lapierre, un système politique est un système, une organisions dans lequel les éléments sont mis en interrelations. Tout système politique  est inscrit dans une vision naturaliste ; les systèmes politiques sont des inputs et des outputs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* '''input''' : un système politique ne peut fonctionner qu’en intégrant l’information et les données au sein de la société afin de les transformer. &lt;br /&gt;
*'''output''' : reconstruit les données en processus d’action de normes, de techniques, de lois, de règles, de jugements.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le processus politique c’est la captation de ressources. Une des explications de la Révolution française est la marginalisation du roi de la société française. Au début du XVIIIème siècle, Louis XIV et Louis XV ont peur d’émeutes parisiennes. Louis XIV va construire Versailles en tant qu’extraterritorialité pour empêcher les nobles de se rebeller en province, mais sort du territoire et ne dispose plus d’inputs pour comprendre ce qui se passe à Paris. Quand les grandes épidémies liées aux grandes crises agricoles sont arrivées le peuple s’est réveillait et a fait la révolution. Nous pouvons noter ce bref échange entre Louis XVI et La Rochefoucauld : {{citation|-monsieur le roi, il s’est passé quelque chose. –c’est une révolte ?, -non sire, c’est une révolution !}}&amp;lt;ref&amp;gt;Guy Chaussinand-Nogaret, La Bastille est prise, Paris, Éditions Complexe, 1988, p. 102.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le rapport entre input et output est intéressant dans le sens ou un système politique doit traiter les informations en s’en saisissant, au contraire il ne peut y avoir de gestion adaptée du territoire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce sont des images qui posent le champ du politique dans la confrontation entre les inputs et les outputs dans la gestion des risques calculés, c’est-à-dire qu’on a des ressources à prendre, mais elles viennent avec des contraintes qu’il faut restituer dans un espace de projet en tenant compte des contraintes héritées, si nous n’avons plus d’inputs on peut se demander qu’elle est la nature des outputs, c’est-à-dire que les réponses seront hors de la réalité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lapierre désigne le système politique comme un système décisionnel c’est un système qui a une ; même s’il est programmé manière idéologique il doit tenir compte de la réalité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette théorie est intéressante, car tout système politique doit être décisionnel, mais il n’est pas programmé parce qu’il doit évoluer, s’adapter, traiter l’information dont il dispose, aussi incomplète soit-elle, car elles lui permettent de définir les outputs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès lors, un système politique selon Lapierre c’est un système d’action conditionné par des ressources et des contraintes dans  une situation d’informations incomplètes et d’incertitude sur les objectifs. Ainsi, on peut définir les moyens à mobiliser et anticiper les répercussions de l’action.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au fond, un système politique cherche à gérer au mieux les intérêts de l’organisme et l’ensemble des contraintes dont il hérite. En d’autres termes, il faut parfois chercher à gérer le « moins mal ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Les limites de ces deux approches =&lt;br /&gt;
== Limites de l’approche fonctionnaliste ==&lt;br /&gt;
C’est de tout considérer à partir de fonctions, c’est une réduction trop fonctionnaliste qui peut amener à interpréter le système d’action comme étant totalement fonctionnaliste alors qu’en réalité cela en est loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Limites de l’approche systémique ==&lt;br /&gt;
Tout n’est pas systèmes politiques pour faire des comparaisons. La logique est de nous mener vers des jugements de valeur, c’est-à-dire nous faire réinterpréter  la valeur d’un système politique en tant que tel en fonction de catégories au détriment d’autres. Le danger serait de nous engager trop rapidement sur des analyses comparatives de systèmes politiques ou de critères de définitions des systèmes politiques. Elle globalise trop et de nous laisse imaginer que tout est comparable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Annexes =&lt;br /&gt;
* [http://classiques.uqac.ca/classiques/malinowsli/malinowski.html Œuvres en ligne de Malinowski] sur le site des « Classiques des Sciences sociales »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Références =&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:science politique]]&lt;br /&gt;
[[Category:théorie politique]]&lt;br /&gt;
[[Category:Rémi Baudoui]]&lt;br /&gt;
[[Category:2011]] &lt;br /&gt;
[[Category:2012]]  &lt;br /&gt;
[[Category:2013]] &lt;br /&gt;
[[Category:2014]]&lt;br /&gt;
[[Category:2015]]&lt;br /&gt;
[[Category:2016]]&lt;br /&gt;
[[Category:2017]]&lt;br /&gt;
[[Category:2018]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>176.129.59.151</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://baripedia.org/index.php?title=Fonctionnalisme_et_Syst%C3%A9misme&amp;diff=37508</id>
		<title>Fonctionnalisme et Systémisme</title>
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		<updated>2018-10-08T17:24:34Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;176.129.59.151 : /* Bronislaw Malinovski (1884 - 1942) : Le fonctionnalisme anthropologique ou le fonctionnalisme absolu */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;= Le Fonctionnalisme =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Image du corps humain, chaque organe a sa fonction. Dans le fonctionnalisme, on analyse les organes de la société par leur fonction. On interprète donc la société ou la politique comme un corps vivant. C'est par la coordination des fonctions et des organes que le développement s'effectue. Cette vision implique un concept d'efficacité et des processus de régulation. La fonction est à définir ici par son sens biologique : {{citation|c'est la contribution qu'apporte un élément à l'organisation ou à l'action de l'ensemble dont il fait partie}}&amp;lt;ref&amp;gt;G. Rocher, Introduction générale à la sociologie, p.165.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le courant apparaît dans les années 1930 et son âge d'or se situe dans les années 1960, principalement dans la sociologie anglo-saxonne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La théorie fonctionnaliste se base sur le principe fondateur suivant : sans considérer ses ressources matérielles et son architecture (organisation), toute société doit remplir certaines fonctions naturelles (universelle). Parmi elles : produire des biens et services (nourritures, logement, soins), se reproduire (organisation des unions, sexualité, famille), assurer la protection des membres (solidarité, défense). Ainsi, l’analyse fonctionnelle postule que chaque coutume, chaque objet matériel, chaque croyance remplit une fonction vitale, est une partie vitale d’un tout organique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On distingue alors les sociétés les unes des autres par leur façon de remplir ces fonctions et par la mise en place de leurs institutions culturelles. Selon les approches fonctionnalistes, des institutions différentes peuvent remplir des fonctions identiques. Par exemple, l’apprentissage des règles sociales peut se faire par un mode d’imitation, par fusion ou par transmission. On peut qualifier ces trois formes de socialisation d’« équivalents fonctionnels ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les fondateurs du fonctionnalisme sont à chercher dans le domaine de l’anthropologie, où Malinowski crée le néologisme. On voit apparaître trois courants principaux représentés par les auteurs suivants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bronislaw Malinovski (1884 - 1942) : Le fonctionnalisme anthropologique ou le fonctionnalisme absolu ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bronislaw Malinovski est polonais d’origine, étudiant l’anthropologie en particulier les sociétés premières, celles qui sont loin de nous et qui ont conservés des coutumes traditionnelles. Il entreprend des études à Cracovie de philosophie, fait un doctorat d’économie à la London School of Economics et se spécialise sur les peuples mélanésiens dans les iles afin de travailler sur des groupes humains protégés qui ont conservé leurs coutumes. Il va produire un certain nombre de livres sur les mélanésiens dit aussi les « Argonautes » dans une tradition d’anthropologue. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’anthropologie postule qu’il n’y a pas de connaissance immédiate ni du politique ni de la société. Il reste en immersions des années dans les îles Trobriand et va étudier un phénomène particulier qui existe dans ces tributs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les tribus des iles Trobriand pratiquent des échanges intertribaux, cela veut dire que cet échange va se faire entre les différentes tribus. Deux types d’objets circulent à savoir des coquillages rouges sous forme de colliers et des bracelets à travers un système d’échange social. Il met en exergue un principe qui s’énonce selon lequel  ces deux objets réapparaissent de façon continue et rentrent dans une économie de l’échange rapide,les familles ne doivent pas les conserver. Aussitôt qu’une autre fête est prononcée, ces objets sont remis en circulation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Phénomène de la kula.png|200px|vignette]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il décrit le '''phénomène de la Kula''' qui est le lieu où les individus vont échanger leurs présents. Tout homme qui rentre dans cet espace reçoit un ou plusieurs brassards et doit assez rapidement le transmettre à un autre à l’occasion d’un autre rassemblement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est intéressant, car c’est un phénomène original pour les Occidentaux, c’est aussi un principe qui se perpétue.C’est un objet qui n’est pas de l’ordre de la transaction ponctuelle, mais de l’ordre de la transition perpétuelle. Dans la Kula, il s’interroge sur la nature de cette transaction ; au fond, cette transaction  n’a pas de valeur particulière, mais elle s’accompagne d’un cérémonial et d’une capacité à penser la possession comme très limitée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la Kula, il s’interroge sur le fait que se joue un échange non pas financier, mais social encadré qui a une fonction précise qui est fabriquée en permanence le lien social entre les individus et les communautés. Il y a une opération qui, vue de l’extérieur n’a aucun sens, mais vue de l’inférieur décrit une fonction de régulation par la nature même de l’échange.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Kula a une fonction régulatrice. Cet échange renvoie à un espace sociétal et politique, car ces échanges régulent des échanges symboliques qui régulent la collectivité. C‘est une activité sociale importante contrôlée précisément et encadrée par la magie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui est intéressant est que Bronislaw Malinovski prononce une analyse fonctionnaliste, ici la fonction n’est pas d’ordre économique, mais d’ordre sociétal et d’ordre fonctionnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’analyse de la Kula permet de constituer le discours sur l’analyse fonctionnelle des systèmes politiques ; la régulation sociale permet la cohésion collective des différentes tribus. À partir du moment où elle doit se dérouler de façon continue, elle empêche la guerre puis qu’elle oblige les gens à se rencontrer et échanger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Alfred Radcliffe-Brown : 1881 - 1955 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Radcliffe-Brown est un anthropologue britannique qui va étudier les systèmes politiques australiens des aborigènes ainsi que leurs organisations sociales.  Dans son livre Structure et Fonction dans la société primitive (1968) on voit apparaitre l‘analyse structuraliste qui est de dire que nos sociétés sont traversées par des structures invisibles qui perdurent dans leurs organisations sociales, spatiales et politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il va reconnaitre le message structuraliste et y ajoute le fonctionnalisme donnant le structuralo-fonctionnalisme : toute société est élaborée et construite à partir de structures, mais qui ont des fonctions précises.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les structures d’une société peuvent être fonctionnalistes, elles ont pour but de fabriquer du lien et de la rationalité, elles ont des objectifs de fonctionnalité.La structure n’est pas simplement quelque chose de pesant, mais qui organise, alors elles ont une portée fonctionnaliste afin de réguler le vivre ensemble.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi tout  processus de la vie sociale est un système adaptatif, les structures subsistent, mais peuvent évoluer . L’adaptabilité se manifeste à trois niveaux :&lt;br /&gt;
*écologique ;&lt;br /&gt;
*institutionnel ;&lt;br /&gt;
*culturel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au fond c’est à travers ces trois niveaux que se construit et s’élabore la société.Dès lors les institutions fonctionnent à partir de structures sociales constituées d’individus, mais sont reliées par des actions sociales à l’intérieur d’un tout. C’est une vision organiciste et d’interrelations ; les institutions politiques fonctionnent dans des structures sociales, la société ce sont des individus qui sont reliés par des relations sociales à l’intérieur d’un tout, c’est-à-dire que les individus ne sont jamais isolés, ils font partie d’un ensemble de social. En découle la notion de système social, le social n’est pas qu’une somme d’individu c’est aussi une organisation, quand on parle de système social on parle de valeurs collectives qui font société. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Apparait derrière la notion de système social la notion d’organisation de la société  et de règles implicites qui font que nous adhérons à une société et que nous en acceptons ses valeurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Radcliffe-Brown poursuit la réflexion sur l’adaptabilité, le système et le lien entre structure et fonction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Talcott Parsons : 1902 - 1979 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Talcott Parsons.jpg|thumb|150px|Talcott Parsons.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parsons est un biologiste qui a soutenu  un doctorant à l’Université de Heidelberg en sociologie et en économie. Il est intéressant, car il va poursuivre ses travaux en cherchant à faire le lien entre l’action,la structure, et puis le fonctionnalisme. En 1969, il publie ''Politics and Social Structure’’ qui traite des structures sociales et politiques, en 1977, sur les systèmes sociaux, il publie ''Social Systems and the Evolution of Action  Theory'' et en 1978 un ouvrage traitant de l’action et de la condition humaine ''Action Theory and the Human Condition''.''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est un auteur intéressant, car il pose l’action non pas comme quelque chose d’individuel, mais comme étant incorporée dans un système de l’action. Si nous sommes dans une interprétation systémique de la société et du politique, l’action ne dépend plus d’un individu, mais d’un système d’action. Du coup, apparaissent des notions importantes sur l’analyse de la gouvernementalité et la mise en place de systèmes, car ce ne sont jamais uniquement celles d’un individu, mais c’est aussi un ensemble de données dans un système plus global renvoyant à la question du système.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un système d’action est un élément, des unités ou des parties d’unités qui doivent fabriquer entre eux des rapports afin de pouvoir arriver à des choix d’actions. Un système d’action va engager tout un ensemble d’activités qui relient des choix individuels à des choix collectifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, Parsons met en exergue quatre fonctions ou dimensions du système d’action :&lt;br /&gt;
#'''adaptation''' : consiste à puiser dans les systèmes extérieurs les diverses ressources dont le système a besoin. C’est allé chercher des ressources et les adapter aux besoins.  &lt;br /&gt;
# '''poursuite des buts''' : capacité de se fixer des buts et de les poursuivre méthodiquement. Dans un système d’action, il faut d’abord s’adapter à la situation réelle puis définir des buts ; il faut les fixer puis se donner les moyens de les atteindre. Il y a une dimension logiquement instrumentale. Les buts conditionnent les moyens et les instruments.&lt;br /&gt;
#'''intégration''' : protéger le système contre des changements brusques et des perturbations majeures. C’est s’interroger sur la mise en place d’un dispositif qui va pouvoir traverser des crises et perdurer dans l’action. Si on ne construit pas, il va être balloté par les crises,  c’est tout le rapport que nous avons aujourd’hui qui est la contradiction entre être présent dans l’immédiateté des évènements et poursuivre une action.&lt;br /&gt;
#'''latence''' : système de canalisation qui sert à la fois à accumuler de l’énergie sous forme de motivation et à la diffuser, elle est de l’ordre de la motivation, de l’ordre de la capacité à contenir la motivation dans la capacité d’agir. Dans les politiques publiques, on a souvent une déclaration d’intention sans la conscience des moyens pour la réaliser, en d’autres termes on fixe un objectif, mais on ne pense pas aux conditions mêmes de la résolution de la question mettant en exergue des contradictions institutionnelles. Il ne suffit pas de garder la motivation il faut la transposer, mais aussi fabriquer un dispositif qui permette de les résoudre. &lt;br /&gt;
                                                         &lt;br /&gt;
Le réel montre souvent que ces fonctions du système d’action ne sont pas remplies ou n’arrivent pas à se remplir presque naturellement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[fichier:Parson_moyen_but.png|center|thumb|500px]]&lt;br /&gt;
   &lt;br /&gt;
Le paradigme fonctionnel du système d’action est de dire que nous sommes dans une boucle qui fait qu’on doit s’adapter pour revenir aux buts qui favorisent la question de l’intégration (coordination, lutter contre les agents perturbateurs), ensuite on retombe sur la question de la latence et de la motivation et on revient la question de l’intégration. On est dans un dispositif totalement circulaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Robert King Merton (1910 - 2003) : le structuralisme de moyenne portée ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Robert_K_Merton.jpg|thumb|Robert King Merton.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Influencé par [[Les approches en sciences politiques de Durkheim à Bourdieu|Durkheim]], il s’intéresse aux groupes sociaux et va raffermir ce modèle avec deux concepts importants :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*'''le rôle des individus '''&lt;br /&gt;
Dans une vision fonctionnaliste, il rajoute une dimension humaine en disant qu’il y a du fonctionnalisme, des fonctions, mais que les individus sont acteurs au niveau des fonctions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*'''la question de l’anomie et du dysfonctionnement social '''&lt;br /&gt;
Une anomie est un état de décomposition, d’échec, d’arrêt, de rupture dans un système. L’anomie signifie qu’à un moment donné un système social et politique peut connaitre des formes de ruptures qui vont faire partir le système en échec. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les systèmes fonctionnels ne sont pas garantis éternellement, ils peuvent connaitre des phénomènes de mutation ou de désagrégation interne qui mettent le système en échec. L’ensemble du système et de la fonction ne peuvent plus atteindre leur objectif, il y a dérégulation. Ainsi l’anomie se caractérise dans le dysfonctionnement social. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsqu’un système social ne peut plus réguler le rôle de chacun dans la société et la place et la fonction du politique dans ces échanges, à ce moment il peut y avoir une forme d’anomie c’est-à-dire que le dysfonctionnement social met en péril l’ensemble du dispositif. Il caractérise aussi l’anomie comme passage d’un ordre ancien à un ordre futur dont on ne connait pas les règles ; c’est le sentiment de quitter un modèle sans pour autant savoir dans quelle direction nous allons. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’anomie est décrite non seulement comme une structure sociale qui ne fonctionne plus, mais du coup comme des individus en attente de sens perdu et qui dans l’attente de ce sens perdu peuvent redéfinir des comportements spécifiques notamment des comportements de violence ou de déviance. La déviance étant un comportement qui ne répond plus aux comportements et aux aspirations de la société. La déviance surviendrait au moment où il y a disproportion entre les flux culturels considérés comme valables et les moyens légitimes auxquels les individus peuvent avoir accès pour atteindre ces buts. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En d’autres termes, la déviance intervient quand il y a une contradiction entre les finalités et les objectifs de la société et puis le fait qu’elle n’ait plus les moyens de les atteindre. À partir du moment où la société ne peut plus réguler le champ social, la mafia se substitue à la vacance d’un pourvoir de l’État dispensateur de travail et organisateur du champ social qui crée un autre pouvoir à l’intérieur qui est un pouvoir déviant. Donc il faut s’interroger sur ces questions de déviance, car ce sont des ruptures dans un système structuralo-fonctionnaliste qui montre un décalage et une tension entre l’évolution de la société et la réalité du modèle qui ne fonctionne plus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ''Contemporary Social Problems : An Introduction to the Sociology of Deviant Behavior and Social Disorganization'' écrit par Robert K. Merton et Robert A. Nisbet et publié en 1961 apparait une théorie sociologique des problèmes sociaux ou reprenant la question du normal et de l’anormal, du logique et de l’illogique disant qu’une même structure sociale et culturelle peut créer des comportements conformes, mais peut aussi créer des comportements de déviation et de désorganisation sociale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, ils s’interrogent sur la provenance de la désorganisation dans le système en distinguant trois éléments :&lt;br /&gt;
*les conflits institutionnels ;&lt;br /&gt;
*la mobilité sociale : c’est le fait qu’il y ait trop d’écart entre les individus et qu’il n’y ait plus de sentiment d’appartenance ;&lt;br /&gt;
*l’anomie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le fonctionnalisme explique les faits sociaux par leur fonction, puis s’interroger sur les fonctions et les faits sociaux dans un système social toujours rapporté à la façon dont ils sont liés les uns aux autres. Par exemple, la Kula est un système d’échange qui a une portée sociale et fonctionnelle très important, car au-delà de l’échange c’est un jeu de construction d’une collectivité qui a pour fonction d’éviter les guerres et les conflits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un système, les individus font partie d’un dispositif dont ils servent les fins. Cependant dans ce dispositif il peut y avoir des stratégies d’intégration et de déviance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= La théorie systémique =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la théorie systémique, l’action sociale ou humaine engage quatre systèmes principaux :&lt;br /&gt;
*'''système biologique''' : motivations élémentaires de l’individu ;&lt;br /&gt;
*'''système de la personnalité''' : organisation psychique de l’individu ;&lt;br /&gt;
*'''système social''' : ensemble des rapports d’interaction ;&lt;br /&gt;
*'''système culturel''' : ensemble des valeurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Quelle est la différence entre une approche de politique traditionnelle et une approche systémique ?'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans '''l’approche traditionnelle de l’analyse du politique''' on étudie les acteurs en tant que tels et les prises de décisions alors que dans l’analyse systémique du politique on va réfléchir en termes d’interactions entre les acteurs, en termes de processus de répartition des ressources puis réfléchir en termes de puissance d’acteur ou des avantages sociaux des acteurs c’est-à-dire en fonction du poids des acteurs dans le système. Dans l’analyse systémique, on va interroger plutôt le champ des compétitivités, de relations, de conflictualité des acteurs dans les dispositifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans '''l’analyse systémique''', l’analyse systémique du politique on part de l’hypothèse que chaque groupe d’acteurs est doté de normes, de processus spécifiques d’action et de processus de répartition des modes d‘action afin de catégoriser les acteurs dans un processus plus complexe. Dans une analyse systémique, on met en place une analyse des interactions dans l’environnement même dans lequel se produisent ces interactions en donnant plus de place dans l’interaction entre action et environnement qui se contextualise dans la notion de système.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l’analyse systémique, on garde l’hypothèse de cohérence, il faut que le processus soit cohérent. On va étudier les systèmes d’acteurs, les systèmes de cohérence ainsi que la cohérence entre les différents sous-systèmes, c’est-à-dire que l’on va analyser le processus de décisions de processus politiques comme un ensemble d’acteur et d’agent dont découlent des sous-systèmes à travers lesquels ils agissent. Nous sommes dans une analyse rétroactive ce qui signifie qu’un processus de décision et rarement un processus linéaire. Un processus d’action pose une question d’action et ensuite il cherche à définir les processus d’action, commence à agir pour enfin revisiter les conditions de son action.Cela veut dire qu’il s’interroge pour voir si les conditions fonctionnent bien,si le processus ne fonctionne pas il faut s’interroger sur la rétroaction afin de la changer. C’est ce que l’on appelle une causalité non linéaire.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
== David Easton (1917 - 2014) : la théorie systémique en sciences politiques ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Easton s’intéresse à l’invention et à la constitution d’une théorie systémique en sciences politiques. Il va chercher à utiliser  cette vision systémique des sciences sociales afin d’essayer d’analyser ce qu’est le politique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son ouvrage ''The Political System'' publié en 1953 il dit qu’au fond cette théorie se fait dans l’interprétation de la politique comme universalité, il y a de la politique partout, mais comme étant dans un système on peut comparer tous les systèmes par rapport aux autres. On l’éloigne beaucoup de la vision de l’anthropologie qui est relativiste. La pensée fondamentale de l’anthropologie est le relativisme culturel, il y a des gouvernements politiques différents et ce qui est intéressant est de comprendre la nature et leurs fonctions propres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La vision systémique  en sciences politiques va partir de l’autre côté en nous tirant  du côté d’une théorie politique qui considère que l’on peut bâtir des connaissances universelles d’autant plus facilement qu’elle reconnait que la vision de système politique et mondial. En sciences-politiques quand on analyse des systèmes politiques  on est dans une analyse comparative des systèmes, s’il y a des différences c’est que ce sont toujours des systèmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’hypothèse d’Easton est de dire que l’on peut construire une théorie politique par l’avancement des sciences politiques sur la base de productions de modèles de compréhensions systémiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, il voit la société contemporaine comme un chaos auquel l’homme pourra mettre fin s’il applique la méthode scientifique à l’analyse des phénomènes politiques afin de les caractériser tel qu’ils se sont conçus et développé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est pour une théorie systémique globale,il faut décortiquer dans la société contemporaine quelles sont les différents systèmes à l’œuvre.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les principales fonctions de la théorie politique selon Easton :&lt;br /&gt;
#proposer des critères pour identifier les variables à analyser&lt;br /&gt;
#établir des relations entre ces variables&lt;br /&gt;
#expliquer ces relations&lt;br /&gt;
#élaborer un réseau de généralisation&lt;br /&gt;
#découvrir de nouveaux phénomènes &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au fond, on est dans une vision très globale de l’analyse du champ du système dans lequel rentrent ces critères entre les différents éléments des sous-systèmes. C’est une science politique qui va décortiquer les grands systèmes sociopolitiques et qui peut avoir des interrelations avec la qualification des types de régimes concernés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Jean-William Lapierre (1921 - 2007) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lapierre part de l’hypothèse de l’analyse des systèmes politiques dans son ouvrage ''L’analyse des systèmes politiques'' publié en 1973.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour analyser les systèmes politiques, il faut partir sur l’idée d’une universalité des systèmes politiques, nous sommes dans une société globale qui est constituée par des systèmes sociaux que l’on peut analyser &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Lapierre, un système politique est un système, une organisions dans lequel les éléments sont mis en interrelations. Tout système politique  est inscrit dans une vision naturaliste ; les systèmes politiques sont des inputs et des outputs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* '''input''' : un système politique ne peut fonctionner qu’en intégrant l’information et les données au sein de la société afin de les transformer. &lt;br /&gt;
*'''output''' : reconstruit les données en processus d’action de normes, de techniques, de lois, de règles, de jugements.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le processus politique c’est la captation de ressources. Une des explications de la Révolution française est la marginalisation du roi de la société française. Au début du XVIIIème siècle, Louis XIV et Louis XV ont peur d’émeutes parisiennes. Louis XIV va construire Versailles en tant qu’extraterritorialité pour empêcher les nobles de se rebeller en province, mais sort du territoire et ne dispose plus d’inputs pour comprendre ce qui se passe à Paris. Quand les grandes épidémies liées aux grandes crises agricoles sont arrivées le peuple s’est réveillait et a fait la révolution. Nous pouvons noter ce bref échange entre Louis XVI et La Rochefoucauld : {{citation|-monsieur le roi, il s’est passé quelque chose. –c’est une révolte ?, -non sire, c’est une révolution !}}&amp;lt;ref&amp;gt;Guy Chaussinand-Nogaret, La Bastille est prise, Paris, Éditions Complexe, 1988, p. 102.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le rapport entre input et output est intéressant dans le sens ou un système politique doit traiter les informations en s’en saisissant, au contraire il ne peut y avoir de gestion adaptée du territoire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce sont des images qui posent le champ du politique dans la confrontation entre les inputs et les outputs dans la gestion des risques calculés, c’est-à-dire qu’on a des ressources à prendre, mais elles viennent avec des contraintes qu’il faut restituer dans un espace de projet en tenant compte des contraintes héritées, si nous n’avons plus d’inputs on peut se demander qu’elle est la nature des outputs, c’est-à-dire que les réponses seront hors de la réalité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lapierre désigne le système politique comme un système décisionnel c’est un système qui a une ; même s’il est programmé manière idéologique il doit tenir compte de la réalité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette théorie est intéressante, car tout système politique doit être décisionnel, mais il n’est pas programmé parce qu’il doit évoluer, s’adapter, traiter l’information dont il dispose, aussi incomplète soit-elle, car elles lui permettent de définir les outputs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès lors, un système politique selon Lapierre c’est un système d’action conditionné par des ressources et des contraintes dans  une situation d’informations incomplètes et d’incertitude sur les objectifs. Ainsi, on peut définir les moyens à mobiliser et anticiper les répercussions de l’action.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au fond, un système politique cherche à gérer au mieux les intérêts de l’organisme et l’ensemble des contraintes dont il hérite. En d’autres termes, il faut parfois chercher à gérer le « moins mal ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Les limites de ces deux approches =&lt;br /&gt;
== Limites de l’approche fonctionnaliste ==&lt;br /&gt;
C’est de tout considérer à partir de fonctions, c’est une réduction trop fonctionnaliste qui peut amener à interpréter le système d’action comme étant totalement fonctionnaliste alors qu’en réalité cela en est loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Limites de l’approche systémique ==&lt;br /&gt;
Tout n’est pas systèmes politiques pour faire des comparaisons. La logique est de nous mener vers des jugements de valeur, c’est-à-dire nous faire réinterpréter  la valeur d’un système politique en tant que tel en fonction de catégories au détriment d’autres. Le danger serait de nous engager trop rapidement sur des analyses comparatives de systèmes politiques ou de critères de définitions des systèmes politiques. Elle globalise trop et de nous laisse imaginer que tout est comparable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Annexes =&lt;br /&gt;
* [http://classiques.uqac.ca/classiques/malinowsli/malinowski.html Œuvres en ligne de Malinowski] sur le site des « Classiques des Sciences sociales »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Références =&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:science politique]]&lt;br /&gt;
[[Category:théorie politique]]&lt;br /&gt;
[[Category:Rémi Baudoui]]&lt;br /&gt;
[[Category:2011]] &lt;br /&gt;
[[Category:2012]]  &lt;br /&gt;
[[Category:2013]] &lt;br /&gt;
[[Category:2014]]&lt;br /&gt;
[[Category:2015]]&lt;br /&gt;
[[Category:2016]]&lt;br /&gt;
[[Category:2017]]&lt;br /&gt;
[[Category:2018]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>176.129.59.151</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://baripedia.org/index.php?title=Fonctionnalisme_et_Syst%C3%A9misme&amp;diff=37507</id>
		<title>Fonctionnalisme et Systémisme</title>
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		<updated>2018-10-08T17:23:29Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;176.129.59.151 : /* Le Fonctionnalisme */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;= Le Fonctionnalisme =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Image du corps humain, chaque organe a sa fonction. Dans le fonctionnalisme, on analyse les organes de la société par leur fonction. On interprète donc la société ou la politique comme un corps vivant. C'est par la coordination des fonctions et des organes que le développement s'effectue. Cette vision implique un concept d'efficacité et des processus de régulation. La fonction est à définir ici par son sens biologique : {{citation|c'est la contribution qu'apporte un élément à l'organisation ou à l'action de l'ensemble dont il fait partie}}&amp;lt;ref&amp;gt;G. Rocher, Introduction générale à la sociologie, p.165.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le courant apparaît dans les années 1930 et son âge d'or se situe dans les années 1960, principalement dans la sociologie anglo-saxonne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La théorie fonctionnaliste se base sur le principe fondateur suivant : sans considérer ses ressources matérielles et son architecture (organisation), toute société doit remplir certaines fonctions naturelles (universelle). Parmi elles : produire des biens et services (nourritures, logement, soins), se reproduire (organisation des unions, sexualité, famille), assurer la protection des membres (solidarité, défense). Ainsi, l’analyse fonctionnelle postule que chaque coutume, chaque objet matériel, chaque croyance remplit une fonction vitale, est une partie vitale d’un tout organique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On distingue alors les sociétés les unes des autres par leur façon de remplir ces fonctions et par la mise en place de leurs institutions culturelles. Selon les approches fonctionnalistes, des institutions différentes peuvent remplir des fonctions identiques. Par exemple, l’apprentissage des règles sociales peut se faire par un mode d’imitation, par fusion ou par transmission. On peut qualifier ces trois formes de socialisation d’« équivalents fonctionnels ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les fondateurs du fonctionnalisme sont à chercher dans le domaine de l’anthropologie, où Malinowski crée le néologisme. On voit apparaître trois courants principaux représentés par les auteurs suivants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bronislaw Malinovski (1884 - 1942) : Le fonctionnalisme anthropologique ou le fonctionnalisme absolu ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bronislaw Malinovski est polonais d’origine étudiant l’anthropologie en particulier les sociétés premières, celles qui sont loin de nous et qui ont conservés des coutumes traditionnelles. Il entreprend des études à Cracovie de philosophie, fait un doctorat d’économie à la London School of Economics et se spécialise sur les peuples mélanésiens dans les iles afin de travailler sur des groupes humains protégés qui ont conservé leurs coutumes. Il va produire un certain nombre de livres sur les mélanésiens dit aussi les « Argonautes » dans une tradition d’anthropologue. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’anthropologie postule qu’il n’y a pas de connaissance immédiate ni du politique ni de la société. Il reste en immersions des années dans les îles Trobriand et va étudier un phénomène particulier qui existe dans ces tributs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les tribus des iles Trobriand pratiquent des échanges intertribaux, cela veut dire que cet échange va se faire entre les différentes tribus. Deux types d’objets circulent à savoir des coquillages rouges sous forme de colliers et des bracelets à travers un système d’échange social. Il met en exergue un principe qui s’énonce selon lequel  ces deux objets réapparaissent de façon continue et rentrent dans une économie de l’échange rapide,les familles ne doivent pas les conserver. Aussitôt qu’une autre fête est prononcée, ces objets sont remis en circulation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Phénomène de la kula.png|200px|vignette]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il décrit le '''phénomène de la Kula''' qui est le lieu où les individus vont échanger leurs présents. Tout homme qui rentre dans cet espace reçoit un ou plusieurs brassards et doit assez rapidement le transmettre à un autre à l’occasion d’un autre rassemblement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est intéressant, car c’est un phénomène original pour les Occidentaux, c’est aussi un principe qui se perpétue.C’est un objet qui n’est pas de l’ordre de la transaction ponctuelle, mais de l’ordre de la transition perpétuelle. Dans la Kula, il s’interroge sur la nature de cette transaction ; au fond, cette transaction  n’a pas de valeur particulière, mais elle s’accompagne d’un cérémonial et d’une capacité à penser la possession comme très limitée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la Kula, il s’interroge sur le fait que se joue un échange non pas financier, mais social encadré qui a une fonction précise qui est fabriquée en permanence le lien social entre les individus et les communautés. Il y a une opération qui, vue de l’extérieur n’a aucun sens, mais vue de l’inférieur décrit une fonction de régulation par la nature même de l’échange.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Kula a une fonction régulatrice. Cet échange renvoie à un espace sociétal et politique, car ces échanges régulent des échanges symboliques qui régulent la collectivité. C‘est une activité sociale importante contrôlée précisément et encadrée par la magie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui est intéressant est que Bronislaw Malinovski prononce une analyse fonctionnaliste, ici la fonction n’est pas d’ordre économique, mais d’ordre sociétal et d’ordre fonctionnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’analyse de la Kula permet de constituer le discours sur l’analyse fonctionnelle des systèmes politiques ; la régulation sociale permet la cohésion collective des différentes tribus. À partir du moment où elle doit se dérouler de façon continue, elle empêche la guerre puis qu’elle oblige les gens à se rencontrer et échanger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Alfred Radcliffe-Brown : 1881 - 1955 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Radcliffe-Brown est un anthropologue britannique qui va étudier les systèmes politiques australiens des aborigènes ainsi que leurs organisations sociales.  Dans son livre Structure et Fonction dans la société primitive (1968) on voit apparaitre l‘analyse structuraliste qui est de dire que nos sociétés sont traversées par des structures invisibles qui perdurent dans leurs organisations sociales, spatiales et politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il va reconnaitre le message structuraliste et y ajoute le fonctionnalisme donnant le structuralo-fonctionnalisme : toute société est élaborée et construite à partir de structures, mais qui ont des fonctions précises.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les structures d’une société peuvent être fonctionnalistes, elles ont pour but de fabriquer du lien et de la rationalité, elles ont des objectifs de fonctionnalité.La structure n’est pas simplement quelque chose de pesant, mais qui organise, alors elles ont une portée fonctionnaliste afin de réguler le vivre ensemble.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi tout  processus de la vie sociale est un système adaptatif, les structures subsistent, mais peuvent évoluer . L’adaptabilité se manifeste à trois niveaux :&lt;br /&gt;
*écologique ;&lt;br /&gt;
*institutionnel ;&lt;br /&gt;
*culturel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au fond c’est à travers ces trois niveaux que se construit et s’élabore la société.Dès lors les institutions fonctionnent à partir de structures sociales constituées d’individus, mais sont reliées par des actions sociales à l’intérieur d’un tout. C’est une vision organiciste et d’interrelations ; les institutions politiques fonctionnent dans des structures sociales, la société ce sont des individus qui sont reliés par des relations sociales à l’intérieur d’un tout, c’est-à-dire que les individus ne sont jamais isolés, ils font partie d’un ensemble de social. En découle la notion de système social, le social n’est pas qu’une somme d’individu c’est aussi une organisation, quand on parle de système social on parle de valeurs collectives qui font société. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Apparait derrière la notion de système social la notion d’organisation de la société  et de règles implicites qui font que nous adhérons à une société et que nous en acceptons ses valeurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Radcliffe-Brown poursuit la réflexion sur l’adaptabilité, le système et le lien entre structure et fonction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Talcott Parsons : 1902 - 1979 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Talcott Parsons.jpg|thumb|150px|Talcott Parsons.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parsons est un biologiste qui a soutenu  un doctorant à l’Université de Heidelberg en sociologie et en économie. Il est intéressant, car il va poursuivre ses travaux en cherchant à faire le lien entre l’action,la structure, et puis le fonctionnalisme. En 1969, il publie ''Politics and Social Structure’’ qui traite des structures sociales et politiques, en 1977, sur les systèmes sociaux, il publie ''Social Systems and the Evolution of Action  Theory'' et en 1978 un ouvrage traitant de l’action et de la condition humaine ''Action Theory and the Human Condition''.''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est un auteur intéressant, car il pose l’action non pas comme quelque chose d’individuel, mais comme étant incorporée dans un système de l’action. Si nous sommes dans une interprétation systémique de la société et du politique, l’action ne dépend plus d’un individu, mais d’un système d’action. Du coup, apparaissent des notions importantes sur l’analyse de la gouvernementalité et la mise en place de systèmes, car ce ne sont jamais uniquement celles d’un individu, mais c’est aussi un ensemble de données dans un système plus global renvoyant à la question du système.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un système d’action est un élément, des unités ou des parties d’unités qui doivent fabriquer entre eux des rapports afin de pouvoir arriver à des choix d’actions. Un système d’action va engager tout un ensemble d’activités qui relient des choix individuels à des choix collectifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, Parsons met en exergue quatre fonctions ou dimensions du système d’action :&lt;br /&gt;
#'''adaptation''' : consiste à puiser dans les systèmes extérieurs les diverses ressources dont le système a besoin. C’est allé chercher des ressources et les adapter aux besoins.  &lt;br /&gt;
# '''poursuite des buts''' : capacité de se fixer des buts et de les poursuivre méthodiquement. Dans un système d’action, il faut d’abord s’adapter à la situation réelle puis définir des buts ; il faut les fixer puis se donner les moyens de les atteindre. Il y a une dimension logiquement instrumentale. Les buts conditionnent les moyens et les instruments.&lt;br /&gt;
#'''intégration''' : protéger le système contre des changements brusques et des perturbations majeures. C’est s’interroger sur la mise en place d’un dispositif qui va pouvoir traverser des crises et perdurer dans l’action. Si on ne construit pas, il va être balloté par les crises,  c’est tout le rapport que nous avons aujourd’hui qui est la contradiction entre être présent dans l’immédiateté des évènements et poursuivre une action.&lt;br /&gt;
#'''latence''' : système de canalisation qui sert à la fois à accumuler de l’énergie sous forme de motivation et à la diffuser, elle est de l’ordre de la motivation, de l’ordre de la capacité à contenir la motivation dans la capacité d’agir. Dans les politiques publiques, on a souvent une déclaration d’intention sans la conscience des moyens pour la réaliser, en d’autres termes on fixe un objectif, mais on ne pense pas aux conditions mêmes de la résolution de la question mettant en exergue des contradictions institutionnelles. Il ne suffit pas de garder la motivation il faut la transposer, mais aussi fabriquer un dispositif qui permette de les résoudre. &lt;br /&gt;
                                                         &lt;br /&gt;
Le réel montre souvent que ces fonctions du système d’action ne sont pas remplies ou n’arrivent pas à se remplir presque naturellement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[fichier:Parson_moyen_but.png|center|thumb|500px]]&lt;br /&gt;
   &lt;br /&gt;
Le paradigme fonctionnel du système d’action est de dire que nous sommes dans une boucle qui fait qu’on doit s’adapter pour revenir aux buts qui favorisent la question de l’intégration (coordination, lutter contre les agents perturbateurs), ensuite on retombe sur la question de la latence et de la motivation et on revient la question de l’intégration. On est dans un dispositif totalement circulaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Robert King Merton (1910 - 2003) : le structuralisme de moyenne portée ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Robert_K_Merton.jpg|thumb|Robert King Merton.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Influencé par [[Les approches en sciences politiques de Durkheim à Bourdieu|Durkheim]], il s’intéresse aux groupes sociaux et va raffermir ce modèle avec deux concepts importants :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*'''le rôle des individus '''&lt;br /&gt;
Dans une vision fonctionnaliste, il rajoute une dimension humaine en disant qu’il y a du fonctionnalisme, des fonctions, mais que les individus sont acteurs au niveau des fonctions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*'''la question de l’anomie et du dysfonctionnement social '''&lt;br /&gt;
Une anomie est un état de décomposition, d’échec, d’arrêt, de rupture dans un système. L’anomie signifie qu’à un moment donné un système social et politique peut connaitre des formes de ruptures qui vont faire partir le système en échec. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les systèmes fonctionnels ne sont pas garantis éternellement, ils peuvent connaitre des phénomènes de mutation ou de désagrégation interne qui mettent le système en échec. L’ensemble du système et de la fonction ne peuvent plus atteindre leur objectif, il y a dérégulation. Ainsi l’anomie se caractérise dans le dysfonctionnement social. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsqu’un système social ne peut plus réguler le rôle de chacun dans la société et la place et la fonction du politique dans ces échanges, à ce moment il peut y avoir une forme d’anomie c’est-à-dire que le dysfonctionnement social met en péril l’ensemble du dispositif. Il caractérise aussi l’anomie comme passage d’un ordre ancien à un ordre futur dont on ne connait pas les règles ; c’est le sentiment de quitter un modèle sans pour autant savoir dans quelle direction nous allons. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’anomie est décrite non seulement comme une structure sociale qui ne fonctionne plus, mais du coup comme des individus en attente de sens perdu et qui dans l’attente de ce sens perdu peuvent redéfinir des comportements spécifiques notamment des comportements de violence ou de déviance. La déviance étant un comportement qui ne répond plus aux comportements et aux aspirations de la société. La déviance surviendrait au moment où il y a disproportion entre les flux culturels considérés comme valables et les moyens légitimes auxquels les individus peuvent avoir accès pour atteindre ces buts. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En d’autres termes, la déviance intervient quand il y a une contradiction entre les finalités et les objectifs de la société et puis le fait qu’elle n’ait plus les moyens de les atteindre. À partir du moment où la société ne peut plus réguler le champ social, la mafia se substitue à la vacance d’un pourvoir de l’État dispensateur de travail et organisateur du champ social qui crée un autre pouvoir à l’intérieur qui est un pouvoir déviant. Donc il faut s’interroger sur ces questions de déviance, car ce sont des ruptures dans un système structuralo-fonctionnaliste qui montre un décalage et une tension entre l’évolution de la société et la réalité du modèle qui ne fonctionne plus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ''Contemporary Social Problems : An Introduction to the Sociology of Deviant Behavior and Social Disorganization'' écrit par Robert K. Merton et Robert A. Nisbet et publié en 1961 apparait une théorie sociologique des problèmes sociaux ou reprenant la question du normal et de l’anormal, du logique et de l’illogique disant qu’une même structure sociale et culturelle peut créer des comportements conformes, mais peut aussi créer des comportements de déviation et de désorganisation sociale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, ils s’interrogent sur la provenance de la désorganisation dans le système en distinguant trois éléments :&lt;br /&gt;
*les conflits institutionnels ;&lt;br /&gt;
*la mobilité sociale : c’est le fait qu’il y ait trop d’écart entre les individus et qu’il n’y ait plus de sentiment d’appartenance ;&lt;br /&gt;
*l’anomie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le fonctionnalisme explique les faits sociaux par leur fonction, puis s’interroger sur les fonctions et les faits sociaux dans un système social toujours rapporté à la façon dont ils sont liés les uns aux autres. Par exemple, la Kula est un système d’échange qui a une portée sociale et fonctionnelle très important, car au-delà de l’échange c’est un jeu de construction d’une collectivité qui a pour fonction d’éviter les guerres et les conflits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un système, les individus font partie d’un dispositif dont ils servent les fins. Cependant dans ce dispositif il peut y avoir des stratégies d’intégration et de déviance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= La théorie systémique =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la théorie systémique, l’action sociale ou humaine engage quatre systèmes principaux :&lt;br /&gt;
*'''système biologique''' : motivations élémentaires de l’individu ;&lt;br /&gt;
*'''système de la personnalité''' : organisation psychique de l’individu ;&lt;br /&gt;
*'''système social''' : ensemble des rapports d’interaction ;&lt;br /&gt;
*'''système culturel''' : ensemble des valeurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Quelle est la différence entre une approche de politique traditionnelle et une approche systémique ?'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans '''l’approche traditionnelle de l’analyse du politique''' on étudie les acteurs en tant que tels et les prises de décisions alors que dans l’analyse systémique du politique on va réfléchir en termes d’interactions entre les acteurs, en termes de processus de répartition des ressources puis réfléchir en termes de puissance d’acteur ou des avantages sociaux des acteurs c’est-à-dire en fonction du poids des acteurs dans le système. Dans l’analyse systémique, on va interroger plutôt le champ des compétitivités, de relations, de conflictualité des acteurs dans les dispositifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans '''l’analyse systémique''', l’analyse systémique du politique on part de l’hypothèse que chaque groupe d’acteurs est doté de normes, de processus spécifiques d’action et de processus de répartition des modes d‘action afin de catégoriser les acteurs dans un processus plus complexe. Dans une analyse systémique, on met en place une analyse des interactions dans l’environnement même dans lequel se produisent ces interactions en donnant plus de place dans l’interaction entre action et environnement qui se contextualise dans la notion de système.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l’analyse systémique, on garde l’hypothèse de cohérence, il faut que le processus soit cohérent. On va étudier les systèmes d’acteurs, les systèmes de cohérence ainsi que la cohérence entre les différents sous-systèmes, c’est-à-dire que l’on va analyser le processus de décisions de processus politiques comme un ensemble d’acteur et d’agent dont découlent des sous-systèmes à travers lesquels ils agissent. Nous sommes dans une analyse rétroactive ce qui signifie qu’un processus de décision et rarement un processus linéaire. Un processus d’action pose une question d’action et ensuite il cherche à définir les processus d’action, commence à agir pour enfin revisiter les conditions de son action.Cela veut dire qu’il s’interroge pour voir si les conditions fonctionnent bien,si le processus ne fonctionne pas il faut s’interroger sur la rétroaction afin de la changer. C’est ce que l’on appelle une causalité non linéaire.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
== David Easton (1917 - 2014) : la théorie systémique en sciences politiques ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Easton s’intéresse à l’invention et à la constitution d’une théorie systémique en sciences politiques. Il va chercher à utiliser  cette vision systémique des sciences sociales afin d’essayer d’analyser ce qu’est le politique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son ouvrage ''The Political System'' publié en 1953 il dit qu’au fond cette théorie se fait dans l’interprétation de la politique comme universalité, il y a de la politique partout, mais comme étant dans un système on peut comparer tous les systèmes par rapport aux autres. On l’éloigne beaucoup de la vision de l’anthropologie qui est relativiste. La pensée fondamentale de l’anthropologie est le relativisme culturel, il y a des gouvernements politiques différents et ce qui est intéressant est de comprendre la nature et leurs fonctions propres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La vision systémique  en sciences politiques va partir de l’autre côté en nous tirant  du côté d’une théorie politique qui considère que l’on peut bâtir des connaissances universelles d’autant plus facilement qu’elle reconnait que la vision de système politique et mondial. En sciences-politiques quand on analyse des systèmes politiques  on est dans une analyse comparative des systèmes, s’il y a des différences c’est que ce sont toujours des systèmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’hypothèse d’Easton est de dire que l’on peut construire une théorie politique par l’avancement des sciences politiques sur la base de productions de modèles de compréhensions systémiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, il voit la société contemporaine comme un chaos auquel l’homme pourra mettre fin s’il applique la méthode scientifique à l’analyse des phénomènes politiques afin de les caractériser tel qu’ils se sont conçus et développé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est pour une théorie systémique globale,il faut décortiquer dans la société contemporaine quelles sont les différents systèmes à l’œuvre.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les principales fonctions de la théorie politique selon Easton :&lt;br /&gt;
#proposer des critères pour identifier les variables à analyser&lt;br /&gt;
#établir des relations entre ces variables&lt;br /&gt;
#expliquer ces relations&lt;br /&gt;
#élaborer un réseau de généralisation&lt;br /&gt;
#découvrir de nouveaux phénomènes &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au fond, on est dans une vision très globale de l’analyse du champ du système dans lequel rentrent ces critères entre les différents éléments des sous-systèmes. C’est une science politique qui va décortiquer les grands systèmes sociopolitiques et qui peut avoir des interrelations avec la qualification des types de régimes concernés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Jean-William Lapierre (1921 - 2007) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lapierre part de l’hypothèse de l’analyse des systèmes politiques dans son ouvrage ''L’analyse des systèmes politiques'' publié en 1973.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour analyser les systèmes politiques, il faut partir sur l’idée d’une universalité des systèmes politiques, nous sommes dans une société globale qui est constituée par des systèmes sociaux que l’on peut analyser &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Lapierre, un système politique est un système, une organisions dans lequel les éléments sont mis en interrelations. Tout système politique  est inscrit dans une vision naturaliste ; les systèmes politiques sont des inputs et des outputs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* '''input''' : un système politique ne peut fonctionner qu’en intégrant l’information et les données au sein de la société afin de les transformer. &lt;br /&gt;
*'''output''' : reconstruit les données en processus d’action de normes, de techniques, de lois, de règles, de jugements.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le processus politique c’est la captation de ressources. Une des explications de la Révolution française est la marginalisation du roi de la société française. Au début du XVIIIème siècle, Louis XIV et Louis XV ont peur d’émeutes parisiennes. Louis XIV va construire Versailles en tant qu’extraterritorialité pour empêcher les nobles de se rebeller en province, mais sort du territoire et ne dispose plus d’inputs pour comprendre ce qui se passe à Paris. Quand les grandes épidémies liées aux grandes crises agricoles sont arrivées le peuple s’est réveillait et a fait la révolution. Nous pouvons noter ce bref échange entre Louis XVI et La Rochefoucauld : {{citation|-monsieur le roi, il s’est passé quelque chose. –c’est une révolte ?, -non sire, c’est une révolution !}}&amp;lt;ref&amp;gt;Guy Chaussinand-Nogaret, La Bastille est prise, Paris, Éditions Complexe, 1988, p. 102.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le rapport entre input et output est intéressant dans le sens ou un système politique doit traiter les informations en s’en saisissant, au contraire il ne peut y avoir de gestion adaptée du territoire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce sont des images qui posent le champ du politique dans la confrontation entre les inputs et les outputs dans la gestion des risques calculés, c’est-à-dire qu’on a des ressources à prendre, mais elles viennent avec des contraintes qu’il faut restituer dans un espace de projet en tenant compte des contraintes héritées, si nous n’avons plus d’inputs on peut se demander qu’elle est la nature des outputs, c’est-à-dire que les réponses seront hors de la réalité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lapierre désigne le système politique comme un système décisionnel c’est un système qui a une ; même s’il est programmé manière idéologique il doit tenir compte de la réalité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette théorie est intéressante, car tout système politique doit être décisionnel, mais il n’est pas programmé parce qu’il doit évoluer, s’adapter, traiter l’information dont il dispose, aussi incomplète soit-elle, car elles lui permettent de définir les outputs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès lors, un système politique selon Lapierre c’est un système d’action conditionné par des ressources et des contraintes dans  une situation d’informations incomplètes et d’incertitude sur les objectifs. Ainsi, on peut définir les moyens à mobiliser et anticiper les répercussions de l’action.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au fond, un système politique cherche à gérer au mieux les intérêts de l’organisme et l’ensemble des contraintes dont il hérite. En d’autres termes, il faut parfois chercher à gérer le « moins mal ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Les limites de ces deux approches =&lt;br /&gt;
== Limites de l’approche fonctionnaliste ==&lt;br /&gt;
C’est de tout considérer à partir de fonctions, c’est une réduction trop fonctionnaliste qui peut amener à interpréter le système d’action comme étant totalement fonctionnaliste alors qu’en réalité cela en est loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Limites de l’approche systémique ==&lt;br /&gt;
Tout n’est pas systèmes politiques pour faire des comparaisons. La logique est de nous mener vers des jugements de valeur, c’est-à-dire nous faire réinterpréter  la valeur d’un système politique en tant que tel en fonction de catégories au détriment d’autres. Le danger serait de nous engager trop rapidement sur des analyses comparatives de systèmes politiques ou de critères de définitions des systèmes politiques. Elle globalise trop et de nous laisse imaginer que tout est comparable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Annexes =&lt;br /&gt;
* [http://classiques.uqac.ca/classiques/malinowsli/malinowski.html Œuvres en ligne de Malinowski] sur le site des « Classiques des Sciences sociales »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Références =&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:science politique]]&lt;br /&gt;
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