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	<title>Baripedia - Contributions [fr]</title>
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	<updated>2026-04-27T19:25:20Z</updated>
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		<id>https://baripedia.org/index.php?title=L%27%C3%89conomie_Mondiale_en_Mutation_:_1973-2007&amp;diff=30742</id>
		<title>L'Économie Mondiale en Mutation : 1973-2007</title>
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		<updated>2016-01-20T18:22:26Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Marie Doan : /* L’éclatement de la bulle boursière */ typo&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;= Les chocs pétroliers et la prise de conscience planétaire =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le terme &amp;quot;écologie&amp;quot; fut inventé par le naturaliste allemand Ernst Haeckel en 1866. Dès 1825, Arrhenius théorise l’effet de serre, en 1864 un naturaliste britannique nommé Parkinson dénonce l’impact de l’activité humaine sur la nature. C’est un concept datant du XIXème siècle, mais sans impact direct et considération. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;gallery mode=&amp;quot;packed&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
Fichier:Ernst Haeckel 1860.jpg|Ernst Haeckel en 1860.&lt;br /&gt;
Fichier:Arrhenius2.jpg|Svante August Arrhenius.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/gallery&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le rapport du Club de Rome ''Halte à la croissance'' en 1972 réunissait des politiques, des académiques, des savants qui ont théorisé l’écologie scientifique. Ils ont modélisé des modèles d’action sur la nature et de rétroaction sur les humains. C’est la médiatisation d’un caractère fini d’un certain nombre de ressources essentielles comme par exemple le charbon ou encore la modélisation de la fin de gisements pétroliers. Il y a des ressources renouvelables, mais si on les surexploite, on va finir par les épuiser. Il y a des ressources non renouvelables au cœur de l’économie des pays occidentaux comme le pétrole.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1973, après la guerre israélo-arabe de Kippour, a lieu le premier choc pétrolier. Égyptiens et syriens attaquent Israël par solidarité des pays de l’OPEP réduisent la production et la commercialisation du pétrole . C’est la prise de conscience de la finitude des ressources qui donna légitimité au club de Rome. Le voyage sur la lune est un autre moment de rupture, c’est une externalisation de notre planète qui amène à une prise de conscience de l’existence d’une planète commune. C’est un élément de bouleversement des relations internationales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La conférence de Rio en 1992 pose le principe du développement durable qui permet de développer le bien-être des populations tout en préservant les ressources pour les générations futures. C’est un changement de paradigme et de penser le monde. La tension entre États-nations est mondialisation se fait par la base dans le système de représentation du monde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= La récession : 1973 - 1990 =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le monde occidental est marqué par la Grande dépression de la fin du XXème siècle. Elle a pris trois formes. Ce sont ces trois éléments qui donnent à la récession son originalité. Elle est d’une autre nature que précédemment. C'est le ralentissement de la croissance du PNB par habitant qui est tombé à 1,9% par an des 1971 et 1973 aux années 1991 et 1993 alors que de 1950 à 1971 la croissance était en moyenne de 3,1%. Ce ralentissement de la croissance n’est pas encore une crise même s'il y a de l’inflation et une hausse du chômage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le ralentissement de la croissance == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est un ralentissement qui n’est pas si éloigné du rythme de croissance de l’entre-deux-guerre. C’est une dépression du point de vue économique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Trois causes de ce ralentissement ==&lt;br /&gt;
{{Article détaillé|Monnaie, finance et l'économie mondiale : 1974 – 2000}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les chocs pétroliers de 1973 - 1974 et 1979 - 1980 ===&lt;br /&gt;
L'année 1973 est un frein pour les économies occidentales dépendantes du pétrole. Les armées arabes attaquent par surprise Israël avant de subir la contre-attaque israélienne. Ainsi, les pays arabes décident de diminuer drastiquement la production de pétrole et de faire exploser les prix du baril. Le prix du pétrole a été multiplié par trois en 1973 ce qui veut dire que le fonctionnement de l’économie occidentale est devenu plus cher.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1979 a lieu un second choc pétrolier qui rappelle aux européens qu’ils dépendent des importations et donc d’autres pays.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La fin des accords de Bretton Woods : 1973 ===&lt;br /&gt;
C’est la rupture du système monétaire internationale. Les taux de change vont flotter dans tous les sens. La stabilité des taux de change est fondamentale. Des monnaies considérées comme faibles ont subi la spéculation à la baisse. Comme le dollar n’est plus une référence, cela perturbe les échanges internationaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’Union européenne était essentiellement un marché de libre-échange et les variations de taux de change ne peuvent stabiliser les échanges. Plusieurs pays européens ont décidé de s’arrimer au Deutschemark et toutes les monnaies fluctuent autour des variations du Deutschemark. C’est le « serpent monétaire européen » qui a permis la création de l’Europe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce système est lié à la panique autour du choc pétrolier de 1973 et au fait que le baril de pétrole était labélisé en dollar. Ainsi, avec le « serpent monétaire européen », toutes les monnaies européennes étaient accordées autour du Deutschemark. L’euro était d’abord une monnaie financière avant d’être une monnaie réelle. C’est une simplification et une décision politique qui marque une avancée dans l’unification européenne. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le ralentissement des gains de productivité ===&lt;br /&gt;
L'économie peine à améliorer les gains de productivité. En Europe et aux États-Unis, il y avait un ralentissement des gains de productivité lié à un ralentissement de l’innovation. Ce ralentissement de la croissance s'accompagne d'une inflation et d'une hausse du chômage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’inflation ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'inflation cause la hausse des prix de détail. L’inflation est liée à la loi de l’offre et de la demande. Si on consomme et que l’offre ne suit pas, les prix augmentent. Si l’économie est capable de produire à bas prix, l’inflation est à peu près contrôlée. Pendant une période normale, une inflation de 9% est considérée comme étant énorme. Situé dans le contexte européen de cette époque, cela a une certaine légitimité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parfois, il peut y avoir de très fortes poussées de l’inflation directement comme avec les chocs pétroliers, sinon, la poussée inflationniste est dite substantielle. Certains pays ont beaucoup mieux géré l’inflation que d’autres comme la France et Allemagne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 1970, même malgré les bons résultats économiques, on trouve très peu d’augmentation de salaire et un contexte très instable. Vers 1985, tous les pays sont à peu près sortis du calvaire de l’inflation. Les politiques macroéconomiques ont repris le contrôle de l’inflation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a un contraste entre la crise économique et la crise sociale. Il y a une  petite crise économique vers les années 1980, mais sur le plan social, les salaires stagnent, il y a des licenciements et de l’inflation. C'est une crise de l’emploi et des salaires avec une augmentation du prix des denrées en même temps qu'une  diminution du salaire réel. Les blés américains créent la crise de l’agriculture, mais font diminuer les prix. Il y a donc une compensation. Les années 1973, 1980 et 1985 ont été de bonnes années pour la croissance, mais des années assez tendues sur le plan social. Cet antagonisme est appelé la stagflation qui est le fait d'avoir une stagnation et de l'inflation en même temps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le chômage ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En même temps que le chômage augmente, il devient persistant. Le chômage passe de conjoncturel à structurel. Concernant l’Allemagne, entre 1958 et 1962, son taux de chômage tombe à 1%. Certains pays ont réussi à arriver à des situations de plein-emploi pendant les Trente Glorieuses comme la Suisse et le Japon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le chômage frictionnel est beaucoup plus important aux États-Unis, car cela fait partie d'une forme de tradition de changer plusieurs fois de métiers rendant le marché du travail plus dynamique et plus mobile. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À terme, on n'arrive plus à revenir aux valeurs du plein-emploi. L'incapacité à revenir au plein-emploi marque la fin des Trente Glorieuses. Depuis deux siècles, la corrélation économique était claire : la production augmente, le chômage diminue et inversement. À partir de la dépression, on peut avoir une hausse de la production, mais pas forcément le recul du chômage. C'est la rupture d’une règle, certaines fois l’économie est génératrice d’emplois, d’autres fois pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Le chômage structurel, la fin du plein-emploi =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le retour à la croissance ==&lt;br /&gt;
Dans les années 1990, les États-Unis vont détenir un rôle économique hégémonique autant sur le plan international que sur le plan interne. Ils vont tenir une croissance forte sans inflation et qui est créatrice d’emploi. En d'autres termes, c’est une décennie de croissance de la richesse économique sans inflation et créatrice d’emploi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’éclatement de la bulle boursière ==&lt;br /&gt;
{{Article détaillé|Commerce et l'économie mondiale : 1974 – 2000}}&lt;br /&gt;
L’éclatement de la bulle boursière en 2001 a mis fin à cette hégémonie. Il va y avoir une crise spéculative menant à une crise boursière. On est passé de 4,1% à 1,2% de taux de croissance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le paradoxe américain est d’avoir une économie en pleine santé, mais qui est aussi fragile. Ce qui soutenait la croissance économique était aussi ce qui la menaçait. Le '''surendettement des ménages'''  dans les années 1990 fait que les ménages se sont remis à consommer à crédit grâce à la conjoncture positive qui a motivé les ménages à s’endetter. Cela a dopé l’économie de consommation et de production. Il y a également le '''surendettement des entreprises''' dynamiques pour investir et innover. Ce sont principalement dans les technologies de l'information et de la communication (TIC). Si les dettes ne peuvent plus être remboursées alors on est personnellement en crise tout autant que les prêteurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La '''bulle boursière''' a mené à une explosion de la valeur des actions des entreprises engagées en particulier dans les NTIC. Parallèlement à l’ouverture des marchés, des startups innovantes attirent les investissements autant des capitalistes que des petits créanciers engagés dans une spéculation. La formation d’une bulle spéculative est un divorce entre l’économie réelle et l’économie financière. C’est une distorsion entre la valeur financière et la valeur réelle. Ce fut un processus correctif brutal. Les valeurs étaient complètement surestimées. Les '''investisseurs spéculateurs''' sont autant des investisseurs privés qu'individuels. On parle de « capitalisme populaire » qui va mener à un désastre économique et social.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toute une série d’entreprises cotées en bourse avait menti sur leur bilan. Pour le capitalisme populaire, dès lors que l’on falsifiait les bilans comptables, on falsifie l’information. Cela met en avant le « démon structurel des États-Unis » à savoir miser sur l’endettement et de disposer d'un dollar à la fois étalon monétaire et monnaie nationale qui complexifient la gestion monétaire. Le surendettement des ménages, le surendettement des entreprises et la balance commerciale négative vont mener à la crise de 2008.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La crise de 2008 ==&lt;br /&gt;
La crise de 2008 est le résultat d'un surendettement, d'un déficit commercial, d'une falsification des bilans financiers qui fausse l’évaluation conjoncturelle et d'une distorsion entre économie financière et les fondamentaux économiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les fondements économiques ne sont plus le seul paramètre, maintenant, il y a le paramètre financier qui crée quelque chose de plus complexe et d'incertain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le chômage structurel, la fin du plein-emploi ==&lt;br /&gt;
Actuellement, une distorsion existe entre ceux qui veulent entrer dans le marché et ceux qui sont dedans. Cela est dû à un changement de système économique. La désindustrialisation représente un problème de reconversion professionnel. Depuis 1973, la désindustrialisation est une impasse pour les travailleurs manuels et inversement avec le tertiaire qui est un secteur en plein développement où se déversent de nouvelles compétences. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a un recul de l’emploi industriel et une montée relative de l’emploi dans les services. Auparavant, durant les Trente glorieuses, il y avait des secteurs obsolètes, mais compensés à l’intérieur du monde industriel. Quand le monde industriel est en crise, il y a une crise dans le secondaire, mais aussi un problème de reconversion vers le tertiaire. Les ouvriers sont les perdants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le phénomène de inside – outside signifie que le marché tend à se fermer sur lui-même. Entrer dans le marché du travail est compliqué tandis que se mouvoir à l’intérieur est plus facile. Les jeunes sont clairement défavorisés dans ce processus. La montée de l’emploi dans les services devrait être plutôt favorable à l’emploi féminin tandis que le recul dans le secondaire devrait être défavorable aux masculins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Annexes =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Références =&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Michel Oris]]&lt;br /&gt;
[[Category:histoire]]&lt;br /&gt;
[[Category:histoire économique]]&lt;br /&gt;
[[Category:2011]] &lt;br /&gt;
[[Category:2012]]  &lt;br /&gt;
[[Category:2013]] &lt;br /&gt;
[[Category:2014]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Marie Doan</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://baripedia.org/index.php?title=L%27%C3%82ge_d%27Or_de_l%27%C3%89conomie_Occidentale_:_Les_Trente_Glorieuses_(1945-1973)&amp;diff=30741</id>
		<title>L'Âge d'Or de l'Économie Occidentale : Les Trente Glorieuses (1945-1973)</title>
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		<updated>2016-01-20T18:13:30Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Marie Doan : /* Le triomphe du keynésianisme */ typo&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Les Trente Glorieuses est la période de forte croissance économique qu’a connu entre 1945 et 1973 la grande majorité des pays développés, membres pour la plupart de l’Organisation de coopération et de développement économique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’expression a été créée par Jean Fourastié dans son ouvrage ''Les Trente Glorieuses ou la révolution invisible de 1946 à 1975'' publié en 1979&amp;lt;ref&amp;gt;Jean Fourastié : ''Les Trente Glorieuses ou la révolution invisible de 1946 à 1975'', 1979.&amp;lt;/ref&amp;gt; en rappel des Trois Glorieuses, journées révolutionnaires des 27, 28 et 29 juillet 1830 qui avaient fait chuter Charles X.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= De la guerre à la croissance =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Coûts de la Seconde guerre mondiale ==&lt;br /&gt;
Le monde et l’Europe, qui a été le champ de bataille privilégié, sont profondément marqués par la Deuxième guerre mondiale qui fut d’une ampleur beaucoup plus considérable. Le tableau suivant récapitule quelques données clefs permettant de faire une brève comparaison entre la Première guerre mondiale et la Deuxième guerre mondiale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Morts	 || 14 à 16 millions || 37 à 44 millions&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Déplacés || 3 à 5 || 28 à 30&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certains économistes évaluent les destructions de 10 à 12 années de production pour revenir au niveau de 1939.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La situation dramatique se situe dans un contexte politique qui a énormément changé par l’émergence d’un monde bipolaire à savoir le monde libéral incarné par les États-Unis et le monde soviétique incarné par l'Union soviétique. C’est un affrontement interposé à travers des guerres locales. Avec la fin de la Deuxième guerre mondiale, le bloc soviétique s’oppose au bloc atlantiste. Ce sont deux pôles antagonistes qui vont s’opposer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La reconstruction ==&lt;br /&gt;
{{Article détaillé|Système de Bretton Woods : 1944 – 1973}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Image:Europe Plan Marshall. Poster 1947.JPG|200px|thumb]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La reconstruction est réalisée entre 3 ans et 4 ans alors que pour la Première guerre mondiale cela avait pris entre 7 ans et 9 ans. La reconstruction est plus rapide que les estimations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le plan Marshall est de 13,2 milliards de dollars sur une période allant de 1948 à 1952. Cela représente 2% de la richesse des États-Unis. C’est un  plan stratégique de reconstruction de l’Europe. En 1947, Marshall appelle les États-Unis à s’engager dans la reconstruction de l’Europe de l’Ouest afin de constituer un glacis défensif contre le bloc soviétique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les grands accords initient des pratiques économiques avec la mise en place d’un nouvel ordre économique international dominé par les États-Unis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les accords de [[Système de Bretton Woods : 1944 – 1973|Bretton Woods]] sont signés en juillet 1944 créant la BIRD (Banque internationale de reconstruction et de développement) ainsi que  le FMI (Fonds monétaire international). L’idée est de mettre en place un monde nouveau. Il y a une dynamique intellectuelle qui permet de mettre en place les institutions économiques qui sont aujourd’hui encore les régulateurs de l’économie internationale. Le dollar américain devient la monnaie de référence des échanges internationaux permettant une stabilisation des taux de change et une sécurisation de la valeur des échanges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le GATT (General Agreement on Tariffs and Trade) est signé en  janvier 1948. C’est  accord de libre-échange, de refus du protectionnisme et d’affirmation du libre-échange. En 1994, l'OMC remplace le GATT. Ces accords relèvent d'une forme d’intervention de l’État dans l’économie avec la mise en place de politiques « keynésiennes ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une croissance rapide et stable ==&lt;br /&gt;
La reconstruction est marquée par une évolution historique de la croissance concernant l'ensemble des pays développés. Entre 1750 et 1830, les pays développés connaissent une croissance de 0,3% durant de l'époque de la proto-industrie. Entre 1830 et 1913, la croissance est de 1,3% avec la généralisation et la diffusion de la révolution industrielle sur le continent européen. Entre 1920 et 1939, la croissance est de 2,0%, la performance moyenne est liée notamment à la diffusion du taylorisme et au rôle pionnier du fordisme. Après la guerre entre 1950 et 1973, la croissance des pays concernés est de 3,9% en faisant une croissance fantastique dans un contexte qui ne connait pratiquement aucun accident conjoncturel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins, la croissance du PNB par habitant entre 1950 et 1973 laisse apparaitre des disparités géographiques. L'ensemble pays développés connaît une croissance de 3,9% par an. Plus en détail, l'Europe occidentale a une croissance du PNB par habitant de 3,8%, les États-Unis de 2,1%, le Japon un taux élevé de 7,7% et enfin la croissance du PNB par habitant de l'Europe de l'Est oscille entre 6% et 7%.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La raison de la forte croissance en Europe de l’Est est que l’Europe de l’Est était plus pauvre que l’Europe de l’Ouest. Les pays d’Europe de l’Est ont été détruits de manière systématique et il fallait tout reconstruire permettant de dynamiser l’intensité économique. Quant au Japon, il a réussi là où l’Égypte de Mehmet Ali avait échoué.  C’est après la Deuxième guerre mondiale que le Japon a bâti sa puissance économique actuelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La reconstruction dynamise l’économie et permet d'améliorer considérablement le niveau de vie offrant une « sécurité d’existence ». En effet, la pauvreté recule et l’État-providence commence à se développer avec notamment la mise en place de systèmes de sécurité sociale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le développement de la société de consommation (équipement ménager, moyens de locomotion, etc.) permet de mettre en place une dynamique de consommation et de production.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que les États-Unis ont le leader du bloc atlantiste, leur performance n’est pas exceptionnelle en comparaison à l’Europe occidentale qui va faire presque deux fois mieux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut comprendre les trois facteurs économiques globaux derrière cette croissance à savoir la  libéralisation des échanges internationaux à travers des accords du GATT et sécurisé par les [[Système de Bretton Woods : 1944 – 1973|accords de Bretton Woods]] [1], la révolution des transports (naval, aérien, etc.) [2] et la Troisième révolution industrielle [3] qui est l'émergence de nouveaux secteurs comme l’électronique, l’automatisation et la maitrise de l’énergie atomique. D'autre part, la course aux armements dans le cadre de la « guerre froide » a permis de soutenir des industries archaïques en même temps que le développement de secteurs pointes. Ainsi, de nouveaux secteurs émergent tandis que d’autres, plus anciens, sont soutenus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= La revanche des vaincus : le « miracle » allemand =&lt;br /&gt;
De 1951 à 1960, l’Allemagne va réaliser une croissance de 9% par an. L’élément fondamental de ce miracle a été de mettre en place une économie sociale de marché. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’aide internationale ==&lt;br /&gt;
À partir de 1947, les pénalités sont suspendues. L’objectif est de contrer la domination soviétique de l’Est pour associer l’Allemagne de l’Ouest au camp libéral. C’est un politique d’endiguement du communisme. D'autre part, dès 1948, plan Marshall se met en place en 1948. 1,5 milliards de dollars vont être engagés dans l’économie allemande pour soutenir la reconstruction de l’Allemagne et mettre en place une économie performante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La mise en place de la  « soziale Marktwirtschaft » ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[image:Bundesarchiv Bild 183-R70674, Köln, Hohenzollernbrücke, Wiederaufbau.jpg|200px|right|thumb|miniatur|Wiederaufbau der Dom-Brücke im kriegszerstörten Köln. Nach der Fertigstellung rollten wieder täglich 360 Züge über die Brücke.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[image:Bundesarchiv Bild 183-H25292, Plakate zum Ankauf von Wertsachen.jpg|200px|right|thumb|miniatur|Werbegraphiker bei der Arbeit an neuen Plakaten. Die Wirtschaft Westdeutschlands richtet sich für den Tag der Währungsreform ein.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est une réflexion qui prend ses fondements dans les intellectuels allemands libéraux dans un mouvement que l’on appelle « ordo libéralisme ». Le libéralisme allemand de l’après-Deuxième guerre mondiale est différent des autres en se construisant en opposition au nazisme alors que traditionnellement le libéralisme se construit en opposition à la gauche. C'est une nouvelle forme de libéralisme qui donne un rôle légitime à l’État avec l'intégration d’une politique sociale et fondée sur un large consensus anticommuniste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une distinction entre le cadre et le processus ===&lt;br /&gt;
L’État impose les règles économiques tout en faisant respecter les règles de la concurrence afin de réguler le cadre, mais reste en dehors du processus. L'idée qu'il n'y ait pas de monopole, pas de dumping, que les contrats soient respectés, l’État se porte garant de la stabilité de la monnaie et enfin, l’État s'engage dans l’éducation en encourageant la recherche scientifique. À terme, cela permet à l’économie allemande de s’appuyer sur des techniciens de qualité à travers le développement d’universités techniques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a une protection de la liberté économique sans pour autant que l’État prenne contrôle du processus économique. C’est un État engagé dans les cadres de l’activité économique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une politique qui favorise l’investissement et la consommation ===&lt;br /&gt;
C’est une période de solde des comptes du nazisme. C’est la faillite de la monnaie allemande qui a en partie permis à Hitler d’aller chercher des électeurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au sortir de la guerre, le Deutsch Mark est dramatiquement dévalué. En 1948, le deutsche mark est réévalué. Désormais, 10 deutsche marks équivalent à 1 deutsche mark. C’est un arbitrage politique en faveur des salariés et des investissements, mais qui défavorise l’épargne. Cela favorise aussi la consommation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une politique constante favorable à l’investissement ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette politique se fonde sur trois axes :&lt;br /&gt;
#'''imposition sur les sociétés est faible''' : permet le profit ;&lt;br /&gt;
#'''maintien de charges sociales faibles''' : permet d’employer ;&lt;br /&gt;
#'''orthodoxie budgétaire''' : pas de budget à perte  en diminuant les emprunts  qui permet de diminuer l’inflation et ainsi de garantir des bénéfices.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela permet aux entreprises allemandes d’être compétitives ainsi de 1950 à 1970, la croissance annuelle des investissements est de 9,5%. C’est une économie qui explose que l’on continue à améliorer et qui attire aussi des capitaux étrangers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La modération salariale ===&lt;br /&gt;
C’est un choix économique ce qui fait que les salaires augmentent plus faiblement que dans les autres pays. Le contrôle de l’inflation permet un coût de la vie stable qui permet de sécuriser les investissements à terme. Le consensus social entre patronat et syndicats fait que les revendications sont modérées, car les syndicats allemands sont conscients que l’on est dans un cercle vertueux. D'autre part, l'abondance de main-d’œuvre fait que le chômage n’existe pas, il y a une situation de plein emploi. D’abord, il y a des réfugiés à savoir 10 millions d’allemand qui se sont réfugiés en Allemagne de l’ouest ce qui forme une main-d’œuvre peu exigeante. Puis, l'ascension sociale des allemands de l’ouest nécessite de faire venir une main-d’œuvre étrangère pour les remplacer à des postes moins élevés. Les Trente glorieuses sont la période des grands flux migratoires. Cela permet d’explicitement mettre en place des différences salariales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Libre-échange et ouverture européenne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La poussée spectaculaire du commerce allemand ====&lt;br /&gt;
L’Allemagne s’est transformée en ce positionnement sur les marchés internationaux. D’autre part, le marché intérieur allemand fait preuve d’un patriotisme économique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre 1950 et 1970, la part des exportations dans le PNB allemand passe de 8,5 % à 21 % tandis que la part de l'Allemagne dans les exportations mondiales sur la même période augmente de huit points passant de 3% à 11 %. Ainsi, le dynamisme allemand se fait sur les marchés extérieurs. Un autre exemple sont les exportations entre l’Allemagne et la France qui ont été multipliées par 25. Dès lors, nous pouvons remarquer que cette expansion s’est faite en collaboration avec les pays européens. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== L’intensification des échanges dans la CEE ====&lt;br /&gt;
Au XVIème siècle apparait le mercantilisme qui est associé à la royauté absolue qui considère que la grandeur de la nation et liée à la grandeur du roi. Dès lors, le peuple est un outil qui permet d’arriver à cette grandeur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les mercantilistes sont ceux qui ont théorisé la colonisation et le pacte colonial qui est typiquement un héritage du mercantilisme. La pensée fasciste est aussi un enfant du mercantilisme ou la nation est le haut lieu du sacrifice et de la gloire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En même temps apparaissent les physiocrates qui incluent le libéralisme anglais, mais aussi ceux qui vont faire la guerre d’indépendance des États-Unis. Ils ont aussi voulu théoriser la paix juste : la guerre n’est pas l’état naturel de l’humanité pour mettre fin aux conflits, il faut conclure la paix par des paix justes. Ensuite, il faut sortir de l’autarcie en faisant du commerce qui favorise les intérêts des nations. Les facteurs économiques internationaux sont vus comme des facteurs de paix. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le cas de la sortie de la Seconde guerre mondiale, ce fut une politique volontariste qui a été appropriée par les économistes. La multiplication des échanges entre français et allemands provient de cette mise en place des échanges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La spécialisation industrielle ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[image:1000000th beatle.jpg|thumb|150px|miniatur|Der einmillionste VW-Käfer am 5. August 1955: ein Exportschlager der deutschen Nachkriegswirtschaft und ein Symbol des so genannten Wirtschaftswunders.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec la spécialisation industrielle, on retrouve une idée de Gerschenkron à savoir que les allemands ne sont pas retardataires, mais qu'ils doivent repartir de zéro et tout reconstruire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vont émerger des infrastructures économiques à la pointe en mettant en place une stratégie spécifique. L'accent va être mis sur des produits à valeur ajoutée notamment des biens d’équipement (équipement industriel, équipement domestique). Va être mis en place le label de « qualité » allemande qui est le fait qu'un produit va être distingué par sa solidité, mais par l’efficacité du service après-vente. C’est une stratégie marketing et d’image de marque, c’est un concept marketing. L'industrie va connaître une spécialisation dans l’automobile qui est notamment la production de biens à forte valeur ajoutée. Il va y avoir un accroissement de la valeur ajoutée en se concentrant sur des produits à forte valeur ajoutée, mais aussi de haute-qualité (produit cher, mais bénéficiant d’un label qualité). Cette stratégie nécessite des travailleurs aux compétences à haute valeur ajoutée justifiants des investissements dans la formation professionnelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une politique sociale limitée, mais originale ===&lt;br /&gt;
L’État allemand privatise les sociétés nationalisées par les nazis notamment en développement de l’actionnariat à l’ensemble des entreprises : c’est le consensus allemand à travers la promotion d’un capitalisme populaire. De plus, l’État allemand a décidé de compenser les épargnants suite à la réévaluation de 1948 et notamment les personnes âgées. L'Allemagne va mettre en place un système d’État providence original. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le consensus allemand est une recherche d'arbitrage entre cogestion et limitation du droit  de grève. Un droit de cogestion de l’entreprise va être mis en place dans la mesure où des représentants du syndicat siègent au conseil d’administration. Les représentants des syndicats reçoivent les bilans comptables. Ils peuvent adapter leurs négociations et négocier à bon escient.  Le droit de cogestion a été mis en place avec des compris. Par exemple, pour une mettre en place une grève, il faut que 75% des ouvriers soient d’accord pour faire grève selon un vote à bulletin secret. Pour certains, c'est une limitation sévère du droit de grève.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une Suisse proche du modèle allemand ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Suisse présente de nombreux éléments économiques proches de ceux que l’on peut observer en Allemagne à savoir une abondance de main-d’œuvre notamment due au fait que la Suisse a passée un accord avec l’Italie. Si les infrastructures sont vétustes, cela est compensé par une immigration peu payée. Le franc suisse fort ainsi que le faible niveau d’inflation fait que le franc suisse est devenu une valeur refuge. Cela implique des investissements. Le label « qualité  Suisse » est le résultat d'une spécialisation de la production sur des produits à haute valeur ajoutée.  La Suisse est un pays où prime le consensus social qui fait que la politique sociale est faible permettant une « paix du travail » et une volonté de dépasser les tensions en désignant des arbitres au pouvoir contraignant afin de régler les conflits. L’ordonnance et l’organisation permettent de pacifier les tensions sociales par une discipline des comportements et des revendications. En 1937, la Fédération de la métallurgie et de la construction mécanique signent le premier accord de la « paix du travail » qui doit éluder les conflits selon la règle de la bonne foi. La « paix du travail » a duré pratiquement de manière absolue jusqu’aux années 1980. En 1948 a été mis en place une assurance vieillesse santé (AVS) et en 1976 une assurance chômage totale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une nouvelle géopolitique ==&lt;br /&gt;
Avant 1945 il y avait une cohérence des hégémonies économique et politique. L’Angleterre dominait le monde même si les États-Unis étaient une  puissance montante tandis que la  France et l’Allemagne se concurrençaient jusqu’à mener à la Première guerre mondiale. Après 1945, c'est une rupture du lien hégémonique avec la mise en place de l’ONU. Les membres permanents sont les vainqueurs de la Seconde guerre mondiale ce qui pose un problème de légitimité dans le contexte géopolitique actuel. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des acteurs commencent à être puissants sur la scène économique, mais restent insignifiants sur le plan international. La nouvelle politique économique va permettre l'émergence de sociétés d'abondance et de consommation de masse. Ce sont des sociétés qui veulent pacifier les relations sociales de manière systématique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= État-providence et société d’abondance : de Ford à Beveridge et Keynes =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’État-providence de Beveridge ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Sir W.H. Beveridge, head-and-shoulders portrait, facing left.jpg|thumb|150px|right|Lord William Beveridge.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette forme d’État-providence est élaborée en 1942 par Lord Beveridge à la demande du gouvernement britannique afin de mettre en place un système de sécurité sociale. La guerre a été à l'origine d'une dynamique intellectuelle extraordinaire qui a permis de réfléchir à un nouveau modèle de société après la guerre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lord William Beveridge qui vécu de 1879 à 1963, proposa un rapport en 1942 sur le modèle du &amp;quot;Cradle-to-Grave&amp;quot; : chaque individu va être suivi dans son parcours de vie, et veiller à le soutenir si nécessaire. C’est l’élaboration d’une sécurité d’existence liée à la situation économique favorable et à l’État-providence qui permet la mise en place une société de relative abondance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Beveridge va proposer d’ancrer tout système de sécurité sociale dans le principe des trois «U» :&lt;br /&gt;
*'''universalité ''': la couverture sociale s’étend à l’ensemble de la population et non plus seulement aux ouvriers ;&lt;br /&gt;
*'''unicité''' : un seul service public gère l’ensemble ;&lt;br /&gt;
*'''uniformité''' : les aides sont indépendantes du niveau de revenu. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce modèle est diffusé dans le monde occidental dit « développé ». Cependant, ce système est partiellement adopté en Suisse. L’État-providence va détenir une fonction politique (« full employment and free society »), c'est-à-dire changer la démocratie politique en une démocratie sociale. C’est le parlement qui vote le budget de la sécurité sociale. C’est un outil de politique sociale et politique géré par le gouvernement, contrôlé par le parlement et financé par l’impôt des contribuables. L’État garde ses caractéristiques libérales, mais garde un social en venant au recours aux accidentés de la vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D'autre part, l’inscription de la sécurité sociale va être adoptée dans la Déclaration universelle des droits de l’homme. Le 10 décembre 1948 est adoptée la déclaration universelle des Droits de l'Homme par l'Assemblée générale des Nations-Unies. L'article 25 établit que {{citation|toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille. Elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté}}.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le triomphe du keynésianisme ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Keynes.jpg|thumb|200px|John Maynard Keynes.]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Keynes théorise une politique économique qui va au-delà de l’ordo libéralisme allemand, car c’est une politique où l’État s’engage. Toute l’Europe de l’Ouest jusque dans les années 1980, à l’exception de l’Allemagne, va mener des politiques keynésiennes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'État va mener des politiques sociales en pensant aux effets économiques, d'une part en prônant la redistribution de la richesse par le biais de l’impôt notamment à travers la mise en place d'un impôt progressif sur le revenu, d'autre part, la redistribution des revenus permet de soutenir la consommation et les investissements. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Keynes, ce qui est fondamental n’est pas l’offre, mais la demande qui engendre de la consommation. L’idée est de doper la consommation, au contraire des ordo-libéraux  allemands qui étaient en faveur de l’investissement. Keynes est en faveur de l’impôt sur la fortune et de la baisse des taux d’intérêt afin de stimuler l’investissement. Vont être élaborés des politiques de grands investissements afin de relancer l’activité économique. C’est au cœur de la demande que se trouve la consommation, c‘est pourquoi Keynes élabore une théorie économique de la demande.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le multiplicateur keynésien commence par l’investissement de l’État. L'idée est d'investir et de s’endetter, mais également de les rembourser pour engendrer un cercle vertueux. L'investissement dans des infrastructures va permettre à l’économie de fonctionner de manière plus efficace. Le secteur privé va recruter des travailleurs menant à une augmentation du niveau d’emploi qui permet, en augmentant l’emploi, d’accroitre les salaires. Selon le principe expliqué, la consommation va se dynamiser et pour répondre à cette consommation, l’économie va devoir accélérer son fonctionnement. Le cercle de la croissance économique est vertueux. L’État verse des moindres aides sociales tandis que les rentrées fiscales sont plus nombreuses. Ainsi, le risque premier va être remboursé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Keynes, c’est un endettement producteur de richesse. Ce mécanisme a marché dans les pays occidentaux pendant les Trente glorieuses étant une des sources de financement de l’État-providence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’État-providence et la sécurité d’existence ==&lt;br /&gt;
Selon le mécanisme proposé par Keynes, l'État-providence peut être très généreux avec peu de chômeurs. C’est un élément qui a permis de dynamiser l’économie, c'est-à-dire que l'économie libérale est plus active à travers le système de protection sociale et initiatrice de la croissance économique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La croissance économique après la fin de la Seconde guerre mondiale permet de soutenir n’importe quelle politique d’État-providence &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La sécurité d’existence ===&lt;br /&gt;
La montée du niveau de vie est liée aux salaires réels qui augmentent engendrant par ailleurs une réduction des inégalités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La tertiarisation de la société permet de sécuriser et d’améliorer le niveau de vie. L’administration pérennise et sécurise le travailleur, la consommation permet de soutenir le niveau de vie et d’améliorer les conditions de vie. La misère d’existence est très largement éradiquée par l’État-providence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est un transformation de la sécurité sociale et un filet de protection qui sécurise l’existence. La dynamique économique des Trente glorieuses permet de soutenir et de compenser les secteurs économiques par le déversement de travailleurs entre secteurs. La théorie du déversement est une théorie économique qui indique que les progrès techniques améliorant la productivité engendrent un transfert (déversement) des emplois d'un secteur d'activité vers un autre. Cette thèse est formulée par l'économiste et démographe français Alfred Sauvy dans son ouvrage ''La machine et le chômage'' publié en 1980&amp;lt;ref&amp;gt;A SAUVY, La machine et le chômage, DUNOD, 1980&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Trois causes ou composantes ===&lt;br /&gt;
La première cause est '''l’importance relative des services.''' Depuis les années 1950, le secteur tertiaire n’a fait que progresser. Désormais, nous ne sommes plus dans une société de production, mais dans une société de la connaissance. Dans le tertiaire, il y a aussi tous les services liés à la consommation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La deuxième cause est '''le rôle grandissant des revenus de transfert'''. Ce sont les dépenses de l’État social et de l’État-providence. La tendance est à l’augmentation partout, ils sont de plus en plus considérables en poids économique. Ils sont stables et sécurisants, ils participent à la sécurisation d’existence. Soit, ils sont insensibles à la conjoncture. Les revenus de transfert sont proportionnels à la conjoncture ainsi cela permet de continuer à consommer. C’est un dispositif anticonjoncturel et anticyclique qui permet, en cas de récession, de limiter les dégâts et de maintien de la dynamique économique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La troisième cause est '''une intervention plus efficace de l’État dans un cadre multinational'''. Aujourd’hui, il y a une tension entre l’État sécurisant et l’inscription de la mondialisation. Auparavant, tout fonctionnait bien, l’État-Nation assume clairement sa fonction protectrice. L’État-providence est mis en place partout tandis que la planification keynésienne dope l’économie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La société de consommation ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Image:Fredmeyer edit 1.jpg|thumb|right|200px|Produits alimentaires présentés dans les linéaires d'un supermarché de Portland, Oregon, États-Unis.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aux États-Unis a été développé le welfare state qui est une forme de bien-être ancré dans la consommation. Tout converge vers la montée d’une société de consommation qui est au cœur de la théorie keynésienne. La société de consommation est un système économique qui pousse à la consommation et suscite sans cesse de nouveaux besoins dans des secteurs profitables. Elle ne satisfait pas que des besoins, elle en créée de nouveaux. Dans son ouvrage ''Le Nouvel État Industriel'' publié originellement en 1967, Galbraith parle de  théorie de la filière inversée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce système a commencé dans les années 1920 aux États-Unis qui puise ses origines dans la société américaine avec une économie politique et le fordisme qui font former l’American way of life.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce système passe par une extension de la gamme des produits et la mise en place de crédits populaires. La diversification des produits et l’augmentation des « besoins » ont en partie soutenu un système de « crédit aux ménages ». Pour consommer dans les centres de consommations, il faut un véhicule, mais aussi une sollicitation par la publicité. Dans les grands magasins, on trouve une masse de produits mis à disposition, il y a une extension de la gamme de produits grâce aux grands magasins, mais aussi grâce aux innovations techniques. Est aussi mis en place le crédit en corrélation avec la montée des classes moyennes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les dépenses alimentaires dans le budget vont devenir minoritaires dans le revenu des ménages. À la fin des années 1960, les dépenses alimentaires représentent une part du budget allant de 20% à 30 % aux États-Unis, tandis que pour l'Europe, elles sont comprises entre 30% à 40 %. De ce fait, les ménages américains et certains européens peuvent consacrer leurs revenus à la consommation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La société de consommation passe également par une révolution des modes de vie. Cela prolonge la dynamique de la société de consommation avec l’amélioration des services publics et du matériel ménagé qui permet de libérer du temps pour consommer, mais qui stimule aussi la montée d’une économie de loisir. Le mode de vie et de communication se transforme. Ainsi, l’affirmation de la société des loisirs couronne ce processus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'économiste canado-américain John Kenneth Galbraith considère que l’on a noyé tous les mouvements sociaux dans une orgie américaine d’auto félicitation et de consommation. Aux États-Unis, la limite se situe par rapport à la consommation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Annexes =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Références =&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Michel Oris]]&lt;br /&gt;
[[Category:histoire]]&lt;br /&gt;
[[Category:histoire économique]]&lt;br /&gt;
[[Category:2011]] &lt;br /&gt;
[[Category:2012]]  &lt;br /&gt;
[[Category:2013]] &lt;br /&gt;
[[Category:2014]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Marie Doan</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://baripedia.org/index.php?title=La_diffusion_de_la_r%C3%A9volution_industrielle_en_Europe_continentale&amp;diff=30739</id>
		<title>La diffusion de la révolution industrielle en Europe continentale</title>
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		<updated>2016-01-20T16:37:36Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Marie Doan : /* Les pays précocement industrialisés : Belgique, France et Suisse (1770 - 1810) */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;= En Europe continentale =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les pays précocement industrialisés : Belgique, France et Suisse (1770 - 1810) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Image:William Cockerill.jpg|thumb|Portrait de William Cockerill.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’Angleterre est le seul pays industrialisé au début, dans un monde encore agraire. La voie anglaise est une voie polarisée ; cette voie se base sur le développement de trois secteurs : le textile (coton), la sidérurgie et l’industrie mécanique. Ceci s’est accompagné d’une concentration géographique du changement (ex. Lancashire pour le textile, industrie métallurgique à Birmingham). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Viennent ensuite la Belgique, la France et la Suisse (ainsi que les États-Unis, que nous traiterons séparément). Ces pays suivent de très près l’Angleterre. La Belgique, la Suisse et la France décollent à peu près 10 ans après l’Angleterre (1770-1810), et à la fin des guerres napoléoniennes, la Belgique est déjà capable de concurrencer l’Angleterre. Le chemin suivi par ces trois pays est de très près celui du modèle anglais, et les entrepreneurs et techniciens anglais y jouent un rôle crucial. La logique mercantiliste qui se développe au cours du XVIIIème siècle oblige à adopter les méthodes anglaises afin de ne pas dépendre de l’étranger et afin de fournir du travail à la population. L’Angleterre attise la convoitise. Le savoir-faire est empirique, et il faut donc acquérir la technique par le biais de l’observation. La France et la Belgique accueillent donc des entrepreneurs anglais sur leur sol. On pense à Cockerill en Belgique ou aux frères Wilkinson : clairement, tout part du textile. Mais pour créer les machines nécessaires à l’industrie du textile, il faut du fer, et cela va donner naissance à la sidérurgie. Un exemple est le fils de William Cockerill qui crée les premières mines belges. Une fois avoir extrait le fer, on doit créer la taule avec des laminoirs. Au final, les entreprises Cockerill vont également créer des ateliers de mécanique et créer les premières locomotives en Belgique. On voit donc émerger des complexes industriels gigantesques, où tout le processus de production est dirigé par une seule entreprise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 1815, des ouvriers britanniques viennent développer la sidérurgie. L’espionnage sert aussi, on envoie des missions en Angleterre et on soudoie les ouvriers et les techniciens (une expédition d’espionnage française permet de soudoyer un ouvrier travaillant dans une fabrique de boutons à Birmingham). On copie l’organisation du travail et la division des tâches ainsi que les techniques de production. La méfiance se développe. La diffusion se poursuit donc à l’ombre des réseaux de sociabilité qui transcendent les frontières. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’Angleterre garde jalousement le secret de son développement (interdiction d’exporter des machines, artisans interdits de voyager), mais dès 1824, le parlement britannique commence à s’interroger sur la pertinence de ce protectionnisme pour une question de pragmatisme : les Anglais se rendent compte qu’ils peuvent gagner de l’argent en exportant des machines. Les usines étaient au départ un moyen de garder les secrets, mais les Anglais finissent par relâcher la contrainte (à partir de 1842 à peu près). La mécanisation se développe et les savoirs se transmettent encore à de nouveaux pays à partir du milieu du XIXème siècle. L’enchaînement du développement entre les secteurs se fait de manière plus linéaire en Belgique et en France qu’en Angleterre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Angleterre, il n’y a pas d’intervention massive de l’État dans l’industrialisation, tout le rôle est assumé par les entrepreneurs, tandis qu’en Belgique et en France, l’État ou certains groupements proches de l’État n’hésitent pas à appuyer des groupes d’espions et à encourager les entrepreneurs. L’État belge joue par exemple un rôle très actif dans la création de la Société Générale, tandis qu’en France: l’État est à l’origine de la création de la première usine sidérurgique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La révolution industrielle est plus fulgurante en Belgique qu’en France, bien que la France soit le pays le plus peuplé d’Europe occidentale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Les pays de la deuxième vague==&lt;br /&gt;
Les pays de la deuxième vagues sont '''L’Empire allemand''' (qui connaît une industrialisation fulgurante) et certaines parties de '''l’Empire austro-hongrois''' (Autriche et Bohème, soit Tchéquie). On peut y dater le démarrage de la révolution industrielle aux alentours de 1840-1860. Le retard est donc considérable par rapport à l’Angleterre. La transition s’y fait cependant très rapidement. L’Allemagne se spécialise dans la production de biens de production (machines). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quatre facteurs influencent la révolution industrielle allemande : &lt;br /&gt;
*La présence de techniciens et d’entrepreneurs anglais ou français voire belges, &lt;br /&gt;
*le rôle important de l’industrie lourde,&lt;br /&gt;
*l’intervention du capital étranger, &lt;br /&gt;
*le système bancaire plus élaboré et engagé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Français jouent un rôle particulièrement actif dans la diffusion de la révolution industrielle au reste de l’Europe. Le transfert des savoirs se fait de manière plus facile et plus active. Le financement des investissements provient de capitaux étrangers : les Français, les Belges, les Suisses et les Anglais ayant accumulé du capital étranger, ils peuvent lancer la révolution industrielle d’outre-Rhin. Les banques jouent un rôle important dans le financement de l’industrie allemande. Des places boursières sont déjà développées à Paris ou à Londres, ainsi que les banques…grâce à la capacité de collecte de l’épargne qui a suivi la révolution industrielle dans ces pays. &lt;br /&gt;
Vu que la révolution industrielle y apparaît plus tardivement, l’Allemagne bénéficie des innovations et inventions qui ont émergée en Angleterre, en France… L’industrie lourde (métallurgie, sidérurgie, industrie chimique, armement) est centrale dans la révolution industrielle en Allemagne (le textile est par exemple considéré comme étant une industrie légère). L’investissement est donc plus coûteux et se fait sur le long terme (vu que le capital fixe est plus important) et le chemin de fer joue un rôle central en Allemagne ; entre 1850 et 1870, l’Allemagne construit des milliers kilomètres de voie ferrée par an. La richesse des sous-sols aide l’Allemagne, notamment la présence du charbon dans la Ruhr (la production de charbon allemande égale celle de la France en 1840 avant de la devancer et de devenir 13 fois plus élevée en 1913. À la veille de la guerre mondiale, l’Allemagne produit 60% du charbon mondial).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le niveau d’éducation y est particulièrement élevé (seulement 20% de la pop adulte est illettrée, pour 44% en Angleterre et 46% en France), et le gouvernement met rapidement en place un système de formation technique et un enseignement généralisé.&lt;br /&gt;
Très tôt, Bismarck crée les assurances sociales et permet aux ouvriers de faire face aux maladies et aux aléas de l’existence. Vers 1890, l’emploi public en Allemagne est plus important qu’en Angleterre. La part des dépenses publiques dans le PIB  est deux fois supérieure qu’outre-Manche.&lt;br /&gt;
L’Allemagne s’industrialise de manière très rapide. À la veille de la Première guerre mondiale, l’Allemagne s’est hissée au premier rang des pays industrialisés d’Europe, tandis que l’Autriche-Hongrie, deuxième pays de la seconde vague, n’est qu’à la dixième place. L’Allemagne retourne dès 1869 à une forme de protectionnisme afin de protéger sa production (école de Friedrich Liest). Il y a une alliance plutôt favorable entre les grands propriétaires fonciers et les industriels, aucune des deux catégories n’ayant foi en le libre échange (le blé des États unis concurrence déjà les produits allemands).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les pays tard-venus : Espagne, Italie, Russie et Suède (1860 - 1890) ==&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
L’Espagne, l’Italie, la Suède et l’Empire russe. Ce sont des « pays de la périphérie ». La révolution industrielle n’y arrive qu’en 1860-1890. Ces pays sont partiellement industrialisés (certaines régions uniquement, ex. Catalogne en Espagne).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Russie est un cas intéressant. L’État joue un rôle extrêmement important, puisque la décision d’industrialiser le pays est venue du Tsar Alexandre II. La population russe est figée, il n’y a pas de dynamique entrepreneuriale, comme celle qui a fait la force de l’Angleterre, et cela bien que les élites russes avaient des contacts avec les pays d’Europe de l’Ouest. Le Tsar fait la constatation d’un retard très fort et prend la décision géostratégique de mettre la Russie sur la voie de l’industrialisation. L’enjeu est de maintenir la souveraineté nationale et d’impulser un secteur permettant de renforcer l’armée. L’approvisionnement commence auprès des partenaires, mais ceci devient problématique. L’abolition du servage afin que la main-d’œuvre ainsi libérée puisse se mouvoir vers le secteur industriel (à peu près 25 millions de personnes) devient prioritaire. La Russie est confrontée à la concurrence étrangère à cause de son industrialisation tardive. L’État actionne donc plusieurs politiques, telles que le financement de l’industrie (les capitaux étrangers demeurent très importants malgré tout) et assure par ses commandes des débouches aux produits nationaux. L’État ouvre la Russie aux capitaux étrangers pour le financement des chemins de fer. Les Français aident les Russes à se constituer un capital industriel conséquent. On considère en 1913 que 90% des mines appartiennent à des étrangers: 50% dans le textile, et 30-40% dans la métallurgie. 1/3 des capitaux étrangers en Russie sont français.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les pays qui ne se sont pas industrialisés au XIXème siècle ==&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
*Les pays complémentaires de la Grande-Bretagne : Pays-Bas, Portugal, Danemark.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
*Les anciennes colonies de l’Empire ottoman : Albanie, Bulgarie, Grèce, Roumanie et Ex-Yougoslavie.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
*Les futurs pays, mais qui font encore parti d’un empire (on parle de colonies intérieures : Pologne et Finlande (Russie), Hongrie (empire Austro-Hongrois), Irlande (Grande-Bretagne) et Norvège (Suède).&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Mais tous ces pays ne représentent que 10% de la population européenne. Donc, 90% de la population a basculé vers une civilisation industrielle et de plus en plus urbanisée. L’industrialisation a été rapide et a touché la quasi-totalité des européens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Alexander Gerschenkron == &lt;br /&gt;
Alexander Gerschenkron est un historien des années 1960, qui  met l’accent sur le retard, au lieu de glorifier les premiers pays à s’être industrialisés, construisant ainsi sa théorie par l’arrière. Pour lui, plus un pays était en retard, plus on a investi massivement et donc plus l’industrialisation a été rapide et les technologies seront modernes. L’Angleterre commence avec beaucoup de petites usines qui grandissent. En Allemagne, l’industrialisation débute tout de suite avec des investissements massifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plus un pays est en retard, plus sont fabriqués des biens de production, des biens industriels (le fer par exemple, en opposition aux biens de consommation comme le textile).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Angleterre, plus le temps passe, plus il y a d’innovations et plus les usines sont vieilles. Donc, les nouveaux pays qui s’industrialisent utilisent directement les nouvelles technologies et ont donc des usines plus performantes que les pays de la première vague.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plus un pays est en retard, plus le rôle des banques et de l’État sera important. L’État de l’Europe du XIXème siècle intervient rarement en temps qu’investisseur. Toutefois, c’est lui qui crée les écoles de formation, qui lance la construction de chemins de fer, ou l’armement, ce qui dynamise l’économie. Plus on avance dans la révolution, plus l'État a un rôle dans le développement. Les banques aussi jouent un rôle plus important, car les investissements sont de plus en plus importants, et les banques prêtent de plus en plus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plus le pays est en retard, plus les pressions sur les travailleurs sont importantes.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les trois éléments fondamentaux de la théorie de Gerschenkron :&lt;br /&gt;
*le développement européen a été la référence pour les pays du tiers monde. Or, Gerschenkron insiste sur le fait qu’il n’y a pas un seul type d’industrialisation. Par exemple, l’industrialisation n’a pas été la même que ce soit dans l’industrie lourde ou celle du textile. Il n’y a pas un seul mode de développement comme on l’a longtemps admis. Avec le temps, l’État s’investit de plus en plus dans l’économie et l’industrie ;&lt;br /&gt;
*le retard peut être avantageux, car ces pays disposent dès le début de leur industrialisation de technologies modernes ;&lt;br /&gt;
*un des reproches que l’on peut faire à la théorie de Gerschenkron est qu’il évoque le retard de développement sans pour autant le définir. De plus, sa théorie ne prend pas en compte le facteur humain et l’influence qu’il a eue sur l’industrialisation : par exemple, l’intérêt soudain des nobles britanniques pour l’agronomie, ce qui a permis le débloquement de la société agraire. Il ne prend pas en compte également le taux d’alphabétisation et d’éducation des population,s qui a parfois joué un rôle important comme au Danemark ou en Suisse, où à la fin du XIXème siècle 90% de la population sait lire et écrire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Les causes de la précocité de la révolution industrielle en Suisse =&lt;br /&gt;
La Suisse fait figure d’exception dans l’histoire de la révolution industrielle. Avant la révolution, elle présentait des désavantages, des handicaps par rapport aux autres pays comme la France et la Belgique.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
== Le paradoxe suisse et les handicaps du pays ==&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
*'''L’absence de matières premières''' &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La Suisse ne produit pas de charbon, or il est a priori indispensable à l’industrialisation étant donné que les machines tournent au charbon et il faut donc l’importer. Mais le charbon est lourd et le transport extrêmement cher. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
*'''Un territoire peu propice'''&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La Suisse est avant tout un pays alpin. La présence de montagnes a pour effet immédiat d’empêcher le développement d’une agriculture performante, car il n’y a pas de grandes plaines. De plus, la Suisse n’a aucun accès direct à la mer, ce qui rend le transport de marchandises encore plus difficile.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
*'''Un faible marché intérieur'''&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La Suisse de 1800 est peu peuplée, on y trouve à peine deux millions d’habitants.  On a donc un marché intérieur réduit, avec très peu de consommateurs potentiels. Dans les autres pays industrialisés, il y a des dizaines de millions d‘habitants et autant de consommateurs potentiels, ce qui leur donne une base solide contrairement à la Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*'''La position géographique'''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Suisse n'a pas d'accès à la mer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les atouts de la Suisse ==&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
*'''une main-d’œuvre abondante''' &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Durant très longtemps, on a cru que les Alpes étaient très pauvres. Mais dans les grands bassins industriels, si on meurt c’est avant tout à cause de la mauvaise hygiène, et particulièrement de la mauvaise qualité des eaux. Or en montagne, les eaux sont extrêmement pures, ce qui cause une mortalité moins forte, en particulier chez les enfants. De plus, les vaches permettent un accès rapide au lait, ce qui renforce les nourrissons et les enfants. Enfin, l’élevage n’a pas besoin de beaucoup de main d’œuvre. Les employeurs vont donc être attirés par cette main-d’œuvre abondante, car les salaires seront bas.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
*'''Une main-d’œuvre qualifiée'''&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
En Suisse, en 1900, 90% des adultes sont alphabétisés. Cela est dû à l’imbrication des catholiques et des protestants dans la société. La réforme protestante demande que tous les protestants sachent lire la Bible, et par logique la contre-réforme catholique insiste à l’alphabétisation pour ne pas perdre ses fidèles.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
*'''L’insuffisance des terres agricoles a poussé à l’activité industrielle''' &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
En Suisse, encore plus qu’ailleurs, les petits paysans ont complété leur revenu avec une activité proto-industrielle. On se retrouve donc, au début de la révolution industrielle, avec une masse de paysans qui n’ont plus de revenus, mais qui grâce à la proto-industrie savent manier des machines comme les métiers à tisser. Ils sont donc moins longs à former, et on sait comment la proto-industrie a bien préparé l’industrialisation.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
*'''La présence de ressources hydrauliques'''&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La Suisse profite, avec son environnement montagnard, de la présence de torrents, de rivières et autre cours d’eau qui produisent de l’énergie hydraulique. Ainsi, le désavantage de ne pas disposer de charbon est compensé par une autre source d’énergie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le choix d’une voie spécifique ==&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
*'''L’exportation'''&lt;br /&gt;
Avec un marché intérieur trop petit, la Suisse se lance dans l’exportation. Vers 1830, la Suisse exporte chaque année 18$ par habitant, contre 10$ pour le Royaume-Uni, 7$ pour la Belgique et 3$ en moyenne pour toute l’Europe. Pour être bon en exportation, il faut être meilleur que ses concurrents. Il faut donc se focaliser sur des marchés spécifiques pour faire en sorte que les produits &amp;quot;made in Suisse&amp;quot; soient les meilleurs sur le marché.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
*'''Une haute spécialisation : l’exemple du textile'''&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La Suisse ne va pas concurrencer l’Angleterre sur le textile de base, car cette dernière domine ce marché. La Suisse va proposer des textiles plus raffinés comme la soie, les tissus brodés qui sont des produits de très bonne qualité. Ce segment de marché est petit, mais la Suisse n’a pas besoin de vendre énormément pour se développer étant donné qu’il n’y a que deux millions d’habitants.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
*'''Une forte valeur ajoutée : l’exemple de l’horlogerie'''&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Pour fabriquer une montre, on a essentiellement besoin d’acier. L’importation est certes coûteuse, mais avec une petite quantité d’acier, il est possible de produire beaucoup de montres. De plus, avec une main-d’œuvre de qualité et hautement spécialisée, le prix va fortement augmenter par rapport au véritable coût de fabrication.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les étapes du démarrage ==&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
*'''la filature : 1800 - 1820'''&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
L’organisation de la production est différente en Suisse à cause de l’absence de charbon. De plus, pour se différencier des productions textiles de l’Angleterre notamment, on va chercher à ajouter de la valeur au textile en ayant recourt à la teinture, pour rendre l’objet plus attractif et plus rare, donc plus cher.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
*'''L’extension vers la métallurgie'''&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Avec un développement du chemin de fer au milieu du XIXème siècle, il devient possible d’amener vers la Suisse l’excédant de production de la sidérurgie belge ou française. Dès lors, la métallurgie peut commencer à se développer en Suisse. On commence à créer des machines-outils,qui remplacent le travail de l’artisan. La production est de plus en plus précise et pointue. La Suisse se dirige également petit à petit vers l’industrie de la chimie, avec la combinaison des machines-outils et du savoir acquis avec la teinture de textile. Enfin, le développement de la chimie permet la naissance de l’industrie de l’alimentaire et pharmaceutique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Suisse a une chaîne d’industrialisation plus longue qui dure une centaine d’années (1800 à 1900) contre 50 à 60 ans pour la France et la Belgique. Bien que la Suisse soit un &amp;quot;nain&amp;quot; dans la quantité exportée, soit dix fois moins que l’Angleterre, elle exporte 60 dollars par habitant par an en moyenne contre dix-huit en moyenne en Europe en 1910.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les caractéristiques majeures de la Suisse à la veille de la Première guerre mondiale ==&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
*'''Un niveau de vie élevé''' &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le PIB suisse est de 895$ par habitant contre 550$ par an en moyenne en Europe.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
*'''Une forte proportion d’étrangers'''&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
À Genève en 1910, 42% de la population est étrangère, ce chiffre était de 38% en 2005. Ces immigrés sont principalement allemands et italiens.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
*'''L’extraversion'''&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La Suisse est portée vers l’extérieur avec à cause de sa nécessité d’exporter. Mais les capitaux suisses sont également investis à l’extérieur du pays. La Suisse a été un des pays pionniers pour la création d’entreprises multinationales. L’administration est en Suisse, mais des usines sont rependues un peu partout en Europe. Nestlé, l’industrie pharmaceutique de Bale, Sulzer sont déjà toutes des multinationales en 1910.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
*'''Une faible urbanisation''' &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
En 1910, 57% de la population européenne habite en ville. En Suisse il n’y a à peine que 37% d’urbanisation. De plus, la Suisse n’a pas de grandes villes avec plus de 200 000 habitants en 1910. Cela s’explique par la présence de montagnes dans une majeure partie de la Suisse ce qui limite les possibilités de développer de grands centres urbains. De plus,l’industrialisation a été légère et éparpillée, contrairement au nord de la France où on a de grands bassins industriels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= La problématique du développement des petits pays européens =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Image:David ricardo.jpg|thumb|Portrait de David Ricardo.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce sont des petits pays dans lesquels la révolution industrielle n’est pas diffusée. Le Portugal et le Danemark sont des pays complémentaires à l’Angleterre qui ont leurs caractéristiques et leur voie de développement propres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Prenons les '''avantages comparatifs''' conceptualisée par David Riccardo : dans un marché parfait il est avantageux de produire ce dont quoi on est le meilleur, et abandonner toute autre production si autrui fait mieux ou moins cher. Il faut se spécialiser dans les produits là ou on a des avantages comparatifs.  Il faut vendre ces produits et acheter des produits à des pays qui ont un meilleur avantage comparatif. En d’autres termes, dans cette logique chacun se spécialise là où il a un avantage comparatif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une économie aura une productivité maximale si chacun se spécialisait là où il est le meilleur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{citation bloc|Dans un monde simplifié, composé de deux pays produisant deux biens, si le pays A doit renoncer à 3 unités du bien x pour produire une unité supplémentaire du bien y, tandis que le pays B doit renoncer à seulement 2 unités du bien x pour produire une unité de y, alors chaque pays s’enrichira si A se consacre à la production de x tandis que B se spécialise dans celle de y. En effet, le pays A pourra échanger une unité de x contre entre 1/3 et 1/2 d’unité de y (contre seulement 1/3 en autarcie), tandis que le pays B échangera une unité de y contre entre 2 et 3 unités de x (contre seulement 2 en autarcie).|Avantage comparatif. Wikipédia, l'encyclopédie libre. Url: http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Avantage_comparatif}}&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
== Le Portugal : le prototype de la complémentarité menant à la pauvreté ==&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Ricardo, dans son système économique, établie que dans un marché parfait, on a intérêt à produire ce dans quoi on est le meilleur soit où on peut produire le moins cher, ou où on peut produire la meilleure qualité en relation aux concurrents. Si on a cette aptitude, il faut se focaliser à 100% dessus, éliminer la concurrence et avec l’argent, acheter dans des secteurs où les autres sont les meilleurs pour se nourrir de cela et donc avoir accès à des produits de bonne qualité. Chacun se spécialise dans la production où il a un avantage en comparaison aux autres. Si tout le monde applique cette règle des avantages comparatifs, alors le monde serait parfait. Il prend pour exemple le traité de Methuen en 1703.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est un traité de libre-échange entre le Portugal et l’Angleterre. Les anglais sont libres de vendre de la laine anglaise au Portugal, sans que les agents douaniers leur fassent payer la moindre taxe. En échange, les portugais peuvent vendre en Angleterre leur vin également sans la moindre taxe. Les anglais vendaient la laine, ce dans quoi ils étaient les meilleurs. Au Portugal, on ne peut pas faire de la laine, mais ils font du vin mieux que n’importe qui. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais dans cet échange, on a d’un coté un produit manufacturé, issu de l’industrie britannique et de l’autre, on a un produit issu de l’agriculture. Ceci a pour conséquence que le Portugal est resté dans une économie agricole. Quand des petits entrepreneurs portugais on voulu concurrencer avec le textile anglais, ils n’ont pas pu rivaliser à cause de l’arrivé massive des produits britanniques, qui en plus n’étaient pas taxés.C’est là une des racines de la non-industrialisation du Portugal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1822, le Portugal perd le Brésil. Jusqu’alors, le Brésil était contraint d’acheter portugais, mais une fois libre, ils ont commencé à acheter des produits qui n’étaient pas issus de la métropole, car ils ont trouvé des produits équivalents et moins chers. Dès lors,le Portugal dépend totalement du marché anglais, car ils ne se sont pas industrialisés. En 1850, 80% des exportations portugaises sont vers l’Angleterre. On a une production monosectorielle (le vin) et dépendante des anglais. De plus à la fin du XIXème siècle, les anglais demandent de moins en moins de porto, ils se mettent à préférer le vin français. Le Portugal sombre, et les habitants gagnent à peine 400$ par an en 1910.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le Danemark : le prototype d’une complémentarité menant à la richesse ==&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
L’Angleterre commence à s’industrialiser en important des céréales de l’étranger grâce à sa flotte. Le Danemark, qui est l’un des greniers à blé de l’Angleterre, signe un traité de libre-échange avec elle. Au début du XIXème siècle, tout va bien au Danemark. Mais en 1873, le blé américain arrive en Europe ce qui a pour conséquence de créer une énorme crise agricole. Le Danemark est alors spécialisé dans l’agriculture, n’est pas industrialisé et n’a qu’un seul &amp;quot;gros&amp;quot; client : l’Angleterre. Cependant, au lieu de sombrer comme le Portugal, le Danemark a su se reconvertir. Il est resté dans l’agriculture, mais a développé le secteur de l’élevage ainsi que sa production de produits laitiers, de lard, d'œufs, que consomment les anglais (le petit-déjeuner anglais est d’ailleurs en réalité le petit-déjeuner typiquement danois). Le Danemark a donc gardé sa dépendance '''positive''' vis a vis de l’Angleterre.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Cela fut possible grâce à :&lt;br /&gt;
*Une main-d’œuvre paysanne éduquée : on a pu expliquer aux paysans danois les problèmes liés au blé venant d’Amérique, et on a également pu leur apprendre rapidement les règles de l’élevage, son fonctionnement, etc.&lt;br /&gt;
*Un gouvernement danois qui mène une politique économique et sociale. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le roi du Danemark et les nobles possédaient, à l'époque, toutes les terres agricoles. Le gouvernement a racheté les terres et les a données aux paysans. Il a pu les racheter car avec l’arrivée des céréales américaines, leur prix avait chuté étant donnée qu'elles rapportaient moins qu’avant. Donc, si le paysan produit plus, il en profite directement, et ne donne pas ses bénéfices aux nobles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’État a organisé les paysans en coopératives. On avait des fermes familiales, mais également des coopératives de paysans. Un paysan seul ne peut acheter une machine à traire ou une machine à pasteuriser, mais, dans une coopérative de paysans, on peut se le permettre, ce qui améliore les productions. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre 1873 et 1890, durant les années de dépression, l’État met en place l’assurance chômage (1886) pour permettre aux paysans de pouvoir passer la période de reconversion entre l'agriculture de céréales et celle de l'élevage. On met également en place une assurance vieillesse. Le gouvernement sait que les vieux paysans ne pourront pas se reconvertir, ils sont trop âgés, on leur accorde donc tout de même de l’argent pour ne pas les laisser démunis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1913, un danois gagne 885$ par an, contre 550$ en moyenne en Europe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Annexes =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Références =&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Michel Oris]]&lt;br /&gt;
[[Category:histoire]]&lt;br /&gt;
[[Category:histoire économique]]&lt;br /&gt;
[[Category:2011]] &lt;br /&gt;
[[Category:2012]]  &lt;br /&gt;
[[Category:2013]] &lt;br /&gt;
[[Category:2014]]&lt;br /&gt;
[[Category:2015]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Marie Doan</name></author>
	</entry>
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		<id>https://baripedia.org/index.php?title=Origines_et_causes_de_la_r%C3%A9volution_industrielle_anglaise&amp;diff=30738</id>
		<title>Origines et causes de la révolution industrielle anglaise</title>
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		<updated>2016-01-20T15:46:02Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Marie Doan : /* La révolution industrielle anglaise */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;= La révolution industrielle anglaise =&lt;br /&gt;
'''La révolution industrielle''' est une rupture majeure. En l’espace de moins d’un siècle, on assiste à une transformation radicale des paysages économiques et sociaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle a eu lieu en Angleterre, et non en Grande-Bretagne ou au Royaume-Uni. L’Angleterre comptait alors 6 millions d’habitants (en 1700) sur un total de 9 millions au Royaume-Uni. La révolution industrielle a été confinée en Angleterre pendant un demi-siècle, et il a fallu attendre pour que les changements qui sont survenus en Angleterre se transfèrent ailleurs. Ce processus de transfert se fait de manière différente selon les pays. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce phénomène est sans précédents historiques. Vers 1780-1790, le niveau technique de l’Angleterre n’avait jamais été atteint. L’Angleterre représente alors 1% de la pop mondiale et 10% de la production de fer. Les activités de filature, soit celles demandant le plus de main-d’œuvre, connaissent une mécanisation rapide.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question de la datation de la révolution industrielle est complexe vu que c’est un phénomène graduel, et qu’il y a une carence de relevés statistiques. Pour Paul Bairoch, la révolution agriculture est la base de la révolution industrielle, mais il y a débat là-dessus. On peut placer le début de la révolution industrielle vers 1750. La genèse du terme « révolution industrielle » est bien plus tardive (le terme « révolution » n’est utilisé qu’à partir de 1789). À partir de 1884, le terme de « révolution industrielle » est consacré. Le terme révolution semble évoquer quelque chose de fulgurant, mais en réalité nous assistons ici à une série de phénomènes, à un processus lent. Cette image de la fulgurance du démarrage économique a été reprise dans les années 1960 par Rostov (« take off », décollage), pour qualifier cette révolution industrielle. Le décollage n’a en réalité pas eu lieu et s’est fait selon&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les trois secteurs fondamentaux de la révolution: le textile, la sidérurgie/charbonnage et l’énergie mécanique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Spinning jenny.jpg|200px|vignette|right|La ''Spinning-jenny'' de James Hargreaves, 1765, musée à Wuppertal, Allemagne.]]'''Le''' '''textile''' : en 1733, est inventée ‘’la navette volante’’ où avec un jeu de poids et de contrepoids, les métiers à filer sont plus rapides et plus performants, car ils fonctionnent sans que les travailleurs n’aient à intervenir. Cela provoque un blocage économique, car il manque de fil. En 1764, on invente la ‘’spinning Jenny’’ qui est un métier à filer mécanique, qui file beaucoup plus de laine que la navette volante et beaucoup plus vite. Mais alors, on a trop de fil et les tisseurs n’arrivent pas à suivre la production de fil. La spinning Jenny effectue le travail de 30 ouvriers à la fois. Donc, pour compenser avec la production massive de fil et le surmenage des tisseurs: on invente en 1780, les premiers métiers à tisser mécaniques, qui fonctionnent à vapeur, et permettent d’utiliser tout le fil que produisent les ‘’spinning Jenny’’.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
la '''combinaison sidérurgie-charbonnage''' : en 1709, la fonte au coke est inventée par Darby. On la réalise à l’aide d’une technique d’élimination du soufre pour que la fonte soit beaucoup plus résistante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’'''énergie mécanique''' : en 1720 apparaissent les premières machines à vapeur. À partir de 1780 sont créées des machines avec lesquelles il est possible de cadencer le mouvement des machines. Ainsi, l’ouvrier sait exactement combien de temps il met pour faire une tâche et peut donc optimiser son temps en réglant les machines.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le rôle de l’innovation ==&lt;br /&gt;
=== Le concept d’innovation ===&lt;br /&gt;
'''Une innovation''' est une invention qui répond à un besoin, elle est utile. Par exemple, on a retrouvé une pile électrique dans des fouilles babyloniennes, ils ont donc inventé la pile électrique, mais ce n’était pas une innovation, car elle n’a servi a rien, personne ne s’en ai servi à l’époque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La relation entre invention et industrialisation ===&lt;br /&gt;
À l’origine se trouve une hausse de la demande de consommation en général, mais il n’y a pas de machines pour répondre à cette hausse, il n’y a pas encore de mécanisation. Donc si on doit produire plus pour répondre à la demande sans mécanique, il faut bien sûr plus de matière première, mais surtout plus de travailleurs. Mais dans ce contexte d’offre et de demande, si tous les employeurs demandent des ouvriers, les ouvriers peuvent négocier de bons salaires. Il y a donc une hausse du coût du travail. Ainsi, les prix augmentent. Donc, on va avoir besoin des inventions et de les transformer en innovation pour diminuer les prix et répondre à la demande.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le phénomène d’accélération du rythme de création technologique ===&lt;br /&gt;
Une innovation crée un blocage, auquel on répond par une nouvelle innovation, qui crée à nouveau un blocage, etc., et tout cela rend la chaîne de production toujours plus efficace. Il y a également la diffusion latérale, c’est-à-dire qu’une innovation dans un domaine va être reprise dans d’autres secteurs et être adaptée à d’autres domaines. Par exemple, on utilisait la machine à vapeur pour sortir l’eau des mines. Les seaux étaient hissés de haut en bas, puis on leur a donné un mouvement rotatif, ce qui a permis le développement de la locomotive qui fonctionne sur un système de rotation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le factory system ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L’usine ===&lt;br /&gt;
Au lieu d’avoir des paysans qui travaillent chez eux, on les amène à l’usine. Il y a donc une révolution dans l’ordre du travail. Ce changement est dû à la mécanisation ; une machine à vapeur donne de l’énergie aux métiers à tisser, mais elle ne peut fournir de l’énergie qu’aux métiers qui sont tout proches. De plus, la machine à vapeur coûte cher, il faut donc un bâtiment pour la protéger. Donc on amène les ouvriers à la machine. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La discipline ===&lt;br /&gt;
De plus, on introduit la discipline dans le travail : par exemple, les ouvriers n’ont pas envie d’aller travailler, dans l’ancien système, ils peuvent se lever plus tard et se mettre au travail quand ils le veulent. Mais avec les usines, les ouvriers doivent se régler par rapport aux heures où tournent les machines, car il faut un ouvrier derrière chaque métier à tisser. Il faut donc discipliner les ouvriers et cela va prendre plus d’un siècle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Pourquoi la révolution industrielle débute en Angleterre? =&lt;br /&gt;
  &lt;br /&gt;
== Une révolution des consommateurs dès 18e siècle : 1700 - 1760 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une attitude nouvelle : le désir de consommer ===&lt;br /&gt;
On voit apparaître un désir de consommer. Durant cette période, on a une croissance économique sans gain de productivité. Donc, il y a plus de demande sans que l’on mécanise encore les productions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette croissance n’est pas vraiment expliquée, mais il y a deux hypothèses : la flotte britannique est très développée et aurait permis le désenclavement les îles britanniques. On amène des produits exotiques comme le chocolat, les épices, ce qui crée une envie chez le consommateur. Ainsi, on voit naître une attitude nouvelle, qui est le désir de consommer. Ce qui est intéressant, c’est que toutes les couches sociales sont concernées. Dans les inventaires de décès au 18e, où le notaire répertorie toutes les possessions d’un défunt, on voit apparaître beaucoup plus d’objets, ainsi que certains effets de mode, même chez les petits artisans : au lieu de garder les même vieux vêtements, on commence à s’acheter des habits &amp;quot;à la mode&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les premiers pas d’une économie de consommation ===&lt;br /&gt;
On commence à faire croire aux gens qu’ils ont besoin d’un objet. Jusqu’au 18e, on vend via le colportage, c’est-à-dire que des vendeurs vont de village en village et proposent leurs produits (livres…). En Angleterre on crée la boutique, avec de grandes vitrines, on donne envie au consommateur. On voit naitre les publicités. On voit également naitre de nouveaux loisirs : la promenade le dimanche après la messe, on visite les boutiques par exemple.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Il y a deux changements majeurs dans la société britannique dans la première moitié du 18e siècle ===&lt;br /&gt;
Le système de valeur des anglais évolue : on accorde moins d’intérêt au religieux et au moral, on valorise plus le profit matériel. On assimile le progrès au matériel : le progrès permet de mieux s’habiller, de mieux isoler son habitation…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le deuxième changement est la fluidification de la société. Au 18e siècle, on sort des blocages sociaux. Avant ça, on nait noble, ou on ne le nait pas, il est impossible de devenir noble si on n’est pas né noble. Au 18e siècle, on sort de ce système. Les nobles anglais se passionnent pour l’agriculture et investissent leur argent dans ce domaine (agroéconomie). En même temps, l’artisan qui crée des biens de consommation s’enrichit, et peu s’habiller comme un riche. Les biens de consommation permettent de changer le statut. Je ne suis peut-être pas noble, mais je me présente comme eux (beaux carrosses, beaux habits). On passe donc d'un statut hérité à un statut acquis. Ce changement de système se voit le plus aux États-Unis, où les nobles se mélangent avec les riches non-nobles, on voit d’ailleurs des aristocrates renoncer à leur noblesse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Augmentation de la production de 60% entre 1700 et 1760 ===&lt;br /&gt;
Sur la période allant de 1700 à 1760, la production augmente de 60%. Cette augmentation s’est faite sans machines mécaniques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des salaires élevés ==&lt;br /&gt;
Cela s’est fait avec l’emploi de plus en plus de travailleurs. Et avec la loi de la demande, même les petite gens s’enrichissent. Mais ces salaires élevés vont pousser à la mécanisation pour diminuer les coûts salariaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Pourquoi la révolution industrielle débute en l’Europe? =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Un sentiment de supériorité et l’esprit d’ouverture ===&lt;br /&gt;
Une première explication est le sentiment de supériorité des européens sur les autres civilisations, mais en même temps un certain esprit d’ouverture. Marx explique quand dans les grands empires asiatiques, on trouve plusieurs religions dans un seul empire (Ottoman=juifs, musulmans (sunnites et chiites), bouddhistes…) alors qu’en Europe, on a un bloc catholique. On le voit par le fait qu’à la fin du Moyen-Âge, on expulse les juifs. C'est l’Europe de la chrétienté, il n’y a aucune concurrence. C’est cette unité chrétienne qui serait à la base de ce sentiment de supériorité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’Europe a toutefois absorbé une grande quantité d’inventions d’autres cultures : l’algèbre provient de l'arabe, la patate est importée des Amériques. David Landes pense que la certaine supériorité de l’Europe est due à l’alphabet : en Chine ou au Japon, il faut savoir lire des milliers de caractères, ce qui rend l’alphabétisation extrêmement difficile. Seule une élite intellectuelle est capable de lire. En Europe, c’est beaucoup plus facile, car il n’y a que vingt-six caractères à apprendre. De plus, le protestantisme demande aux fidèles de lire la Bible, ce qui contribue à l’alphabétisation. Mais comment les japonais ont-ils fait pour s’industrialiser s’ils ont tant de caractères à apprendre, les enfants japonais apprennent bien tous ces caractères…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La disponibilité d’énergie ===&lt;br /&gt;
L’Europe était recouverte d’immenses forêts, les cours d’eau sont abondants, il y a du vent pour les moulins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les facteurs climatiques et géographiques ===&lt;br /&gt;
L’Europe profite d’un climat relativement agréable, soi-disant plus propice au travail. Le climat tempéré présente dans tous les cas des facilités. Par exemple, il n’y a pas le problème des moussons. L’Europe profite également d’une ouverture sur la mer, or ce qui débloque la société de l’ancien régime c’est le commerce maritime à partir du XVIème siècle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Monumento a Colón (Madrid) 02b.jpg|thumb|Colomb et la reine Isabelle Ire de Castille représentés sur un monument de la ''Plaza de Colón'' à Madrid.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le morcellement politique ===&lt;br /&gt;
Au sortir du Moyen-Âge, on a un très grand morcellement politique, et les États-nations sont constamment en compétition les uns avec les autres. Marx a théorisé le fait qu’un empire comme la Chine ne pouvait se développer, car le pouvoir était très centralisé, et donc empêche la progression. Il établit donc toute une théorie où les dictatures sont vouées à s’effondrer sur elles-mêmes. En Europe, les découvertes sont dues au fait qu’il y a une compétition entre les États. Par exemple, Christophe Colomb a été financé par l’Espagne, car Isabelle la Catholique désirait impressionner ses rivaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L’expansion coloniale ===&lt;br /&gt;
Ces grandes découvertes sont la base du commerce triangulaire, et ont permis le développement de l’Europe.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Il faut noter que personne n’est d’accord sur ces éléments. Par exemple, la Suisse a été un des premiers pays à s’industrialiser, mais la Suisse n’a pas eu d’empire colonial ni d’ouverture sur la mer par exemple.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La révolution industrielle : un événement inéluctable ? ===&lt;br /&gt;
On en vient à se demander si la révolution industrielle n’était pas quelque chose d’inéluctable. Pourquoi est-ce que c’est l’Angleterre, et pas l’Espagne, qui réunissait tous les éléments ci-dessus, qui a été le berceau de la révolution.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui est certain, c’est qu’à partir de 1760, l’Angleterre change son économie très rapidement, de telle sorte que la révolution est totalement installée en 1800. Cet évènement s’est répandu au reste de l’Europe, mais pas au-delà causant cette fracture entre l’Europe et le reste du monde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une hypothèse controversée : une révolution agricole ? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La fin progressive de la jachère ===&lt;br /&gt;
Toute la communauté d’historiens se met d’accord pour dire qu’il n’y a pas eu de révolution agricole en Europe, dans le sens où on n’a pas connu l’invention des tracteurs et des engrais au 18e siècle. À cette époque, c’est la naissance de l’agronomie, de la culture du riz et de la pomme de terre en Europe. En Angleterre, au 18e siècle, on supprime progressivement la jachère. Jusqu’alors, l’agriculture fonctionne sur un système triennal, avec un tiers des terres en jachère permanente. Or on découvre que certaines plantes comme le trèfle permettent une régénération des sols. Et avec ces plantes comme le trèfle, qu’on fait pousser sur les terres qui auparavant étaient en jachère, on peut nourrir du bétail. Le fumier de ces animaux sert comme engrais pour les champs. Ainsi, on peut ramener les troupeaux dans les plaines, et on profite  d’une production continue. C’est la fin de la tyrannie du blé. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
=== Le développement de l’agronomie et des techniques agricoles ===&lt;br /&gt;
Encore une fois, les nobles s’intéressent à l’agronomie. Ils tentent des expérimentations notamment en croisant des races de vache pour avoir des races laitières ou encore des moutons qui produisent plus de laine.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
=== Les élites anglaises et l’évolution du paysannat ===&lt;br /&gt;
[[Image:Enclosure.jpg|thumb|right|150px|thumb|Un acte d'enclosure datant de 1793.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les gentlemen-farmers ====&lt;br /&gt;
Les artisans proto-industriels possèdent de petites terres qu’ils compensent avec leur revenu dans leur petite production textile. Mais en 1760 avec l’arrivée de la spinning Jenny, ils ne peuvent pas concurrencer et font faillite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les enclosures ====&lt;br /&gt;
Les nobles rachètent les terres des paysans qui ont fait faillite. Si le prince de Galles est le plus grand propriétaire terrien d’Angleterre, cela date de cette époque. Les paysans se regroupaient en communautés pour cultiver leur terre, mais les grands propriétaires, en rachetant les terres, mettent en place des clôtures. Les paysans en faillite demandent donc du travail aux usines, car ils n’ont plus de terre et plus de revenu. La loi de l’offre et de la demande va s’inverser, et cette fois-ci, les patrons vont pouvoir payer de bas salaires aux paysans qui cherchent du travail.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En d'autres termes et en paraphrasant Will Kymlicka dans son ouvrage ''Les théories de la justice : une introduction'' publié en 1999&amp;lt;ref&amp;gt;Les théories de la justice: Une introduction, La Découverte, Paris.&amp;lt;/ref&amp;gt;, {{citation|Dans l'Angleterre du XVIIème siècle, on assistait à un mouvement pour l'enclosure (l'appropriation privée) de terres jadis détenues par la communauté et accessible à tous.  Sur ces terres (les &amp;quot;communs&amp;quot;), tout à chacun  pouvait exercer un droit de pâture, de collecte du bois, etc. L'appropriation privée des communs entraîna la fortune de certains et la perte de ressource des autres, désormais privés de moyens de subsistance}}.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Annexes =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Références =&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Michel Oris]]&lt;br /&gt;
[[Category:histoire]]&lt;br /&gt;
[[Category:histoire économique]]&lt;br /&gt;
[[Category:2011]] &lt;br /&gt;
[[Category:2012]]  &lt;br /&gt;
[[Category:2013]] &lt;br /&gt;
[[Category:2014]]&lt;br /&gt;
[[Category:2015]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Marie Doan</name></author>
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