« La raison d’État » : différence entre les versions
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L’Etat d’exception est le fait que l’on accepte que l’on puisse suspendre la démocratie au nom d’un intérêt supérieur à la démocratie. Si la démocratie est un absolu comment peut-on à un moment donné sursoir au nom de la démocratie ? | |||
Si la démocratie est suspendue, si nous allons au-delà du droit positif de la démocratie, alors nous nous retrouvant dans un « no mans land », c’est-à-dire un territoire ou le droit de la démocratie de s’applique plus. | |||
L’état d’exception ouvre une phase spécifique ou au nom de la sauvegarde de la démocratie, la démocratie est amputée de ses modes de fonctionnement en se situant en tant qu’État au-dessus de la démocratie. C’est un territoire flou ou les limites n’existent plus. | |||
Dans la question de la raison d’Etat nous sommes obligé de revenir aux questions politiques et aux théorise politiques du moment. | |||
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Version du 9 octobre 2013 à 00:05
Qu’est-ce que la raison d’État ?
C’est un mode d’intervention du pouvoir public ou du pouvoir politique qui déroge au droit commun pour des circonstances exceptionnelles, l’État ou une puissance politique institutionnelle peut échapper au droit commun.
Il existe des modes d’intervention du politique qui échappent au droit commun.Le pouvoir politique a une capacité d’intervenir en violent des règles de droit commun, c’estla raison d’État.
La raison d’État est hors du droit classique.,
- elle peut s’appliquer en dehors des libertés publiques
- c’est un agir de l’ordre de l’exceptionnel : dans une démocratie on peut appliquer la raison de d‘État mais elle ne peut être le quotidien.
Dès lors il va y avoir trois dépassement possible dans la raison d’État :
- de la légalité : on ne dépasse ce qui va êtrede l’ordre de la loi
- du normal : c’est de l’ordre de l’exceptionnelet nom de la normalité
- de ce qui est logique : c’est une forme d’illogisme
Nous allons d’abord étudier d’un point de vue théorique puis étudierdes exemples sur l’état d’exception. Cela vient de l’exceptionnel et ce qui déroge au quotidien. L’étatd’exception dans ce cas est un synonyme de la raison d’État qui décrit un contexte spécifique de l’action publique dans un cadre en dehors du droitcommun.
Le cas le plus illustratif de la raison d’États est la gestion du 11septembre 2001 après la destruction des TwinTowers aux États-Unis.
La raison d’État est décrit un état d’action exceptionnel ; c’est-à-direque l’état d’exception est associé à celui de raison d’État.
Ainsi nous pouvons nous poser la question de savoir si la raison d’État est de l’ordre du raisonnable.
La raison d’État
généalogie de la raison d’État
L’Etat d’exception est le fait que l’on accepte que l’on puisse suspendre la démocratie au nom d’un intérêt supérieur à la démocratie. Si la démocratie est un absolu comment peut-on à un moment donné sursoir au nom de la démocratie ?
Si la démocratie est suspendue, si nous allons au-delà du droit positif de la démocratie, alors nous nous retrouvant dans un « no mans land », c’est-à-dire un territoire ou le droit de la démocratie de s’applique plus.
L’état d’exception ouvre une phase spécifique ou au nom de la sauvegarde de la démocratie, la démocratie est amputée de ses modes de fonctionnement en se situant en tant qu’État au-dessus de la démocratie. C’est un territoire flou ou les limites n’existent plus.
Dans la question de la raison d’Etat nous sommes obligé de revenir aux questions politiques et aux théorise politiques du moment.
Machiavel
Giovanni Botero
Botero est le fondateur du concept moderne de la raison d’État, c’est un jésuite piémontais né 1544 et décède 1617 qui fut aussi diplomate qui rédigea un grand traité sur la raison d’État.
Ce qui l’intéresse est la construction et la constitution du pouvoir à savoir ses formes et sa puissance. Botero s’intéresse à l’efficacité de l’État, à savoir le rapport entre l’État, la population et la croissance du pouvoir politique.
Il va l’envisager de la façon théologique. Pour qu’il y ait raison d’État, il faut qu’il ait bien évidemment un retour à Dieu. Le pouvoir a une dimension théologique, il faut répondre aux inspirations divines, le prince doit des lors respecter la parole de Dieu. En respectant la parole de Dieu, il peut gouverner au nom de la raison d’État.
S’il répond bien à Dieu par rapport aux objectifs que se donne Dieu pour les hommes sur terre alors le prince peut appliquer un pouvoir exceptionnel qui est la raison d’État.
Botero n’est pas dans une vision amorale au sens de Machiavel, il cherche à placer la raison d’État dans une logique de moralité. Si Dieu ordonne la façon dont les hommes et les femmes doivent agir sur terre alors le prince peut appliquer la raison d’État dans certains cas exceptionnels pour répondre aux ordres divins.
Ainsi Botero ramène la raison d’État du côté de la moral alors que Machiavel la théorise comme une amoralité.
Ce qui est important est que dans le retour à la morale, la raison d’État va apparaitre comme potentiellement possible en terme d’action publique. Si dans certain cas le prince a raison sur ses sujet, s’il a raison et qu’il le fait au nom de Dieu, il a la moralité de la raison d’État. Ce qui peut apparaître comme immorale
C’est l’application de la raison d’État au nom de principes divins,c’est donc l’application de l’ordre de la morale. Les moyens importent peu lorsqu’ils respectent les vertus divines.
Dans la théorie de Botero est mené un combat contre la pensée de Machiavel, il faut retourner à Dieu, s’il est soumis à Dieu il peut gouverner selon la raison d’État.
Le prince est celui qui se donne les moyens de la domination au service de Dieu et la raison d’État est la reconnaissance de ces moyens.
A partir de ce moment, la théorie de Botero consiste à penser l’État moderne ainsi qu’à penser les conditions d’application de la raison d’État.
A partir de quand il va être possible de rentrer dans l’exceptionnalité du pouvoir de la raison d’État ? Botero va illustrer ce cadre par les guerres civiles, une guerre civile est un risque de déchirement et de destruction de la société par des destructions internes, dès lors la raisons d’État peut être appliquée au nom de Dieu.
Le paradoxe de Botero est qu’il légitime l’action du prince sur le religieux mais en même temps il est prêt à définir comme moral des actes qui n’ont rien d’humain.
En partant d’un apriori conceptuel limité, le prince est moral alors il peut appliquer la raison d’État. Si le prince est fondamentalement immoral il peut dès lors user de la raison d’État l’utilisant pour assouvir ses propres intérêts au nom de Dieu.
Dans la théorie de Botero, il y a des grandes faiblesses pour le parti pris de la raison d’État, de plus il y a le parti pris que les hommes ne sont pas suffisamment raisonnable pour être gouvernés de façon classique. Si les hommes ne sont pas raisonnable ils sont déraisonnable, il leur manque la rationalité et la raison, donc la raison d’État va être le retour de la rationalité c’est à dire le fait que l’on va reconstruire du raisonnable selon tous les moyens déraisonnables.
L’homme peut être dangereux et non-social. Le prince a le droit d’utiliser des règles d’exception qui sont des règles de l’abandon de l’ordinaire au profit de l’extraordinaire qui est l’application de la raison d’État.
Il termine son discours en se posant la question des moments les plus forts de potentialités et de circonstances pour appliquer la raison d’État. C'est avant tout la guerre car c’est un moment exceptionnel, dans une situation de conflit militaire pour gagner la survie de son entité politique on va appliquer la raison d’État afin de conduire la guerre. Dès lors la raison est une nécessité dans l’ordre de la guerre parce qu’elle va mobiliser les individus et des cités tout en prenant des mesures extraordinaires à l’égard des ennemies.
Chez Botero l’armée est un vecteur de la guerre qui est aussi un des outils de définition de la raison d’État.
En partant du religieux et du théologique on va progressivement l’abandonner pour fonder une théorie politique moderne de la raison d’État en affirmant qu’il existe des situations extraordinaires qui ne peuvent pas être réglées, régulées,gouvernée par de l’ordinaire. A situation extraordinaire correspond un gouvernement extraordinaire, ce gouvernement va appliquer la raison d’État.
Ainsi la raison d’État est la mise en situation de gérer un temps extraordinaire par l’application des règles de la raisons d’État nom de l’intérêt général.
Le paradoxe est de prendre conscience du paradoxe absolu dans lequel on arrive ; on définit un extraordinaire en amputant les libertés publiques au nom du bien collectif et de la raison d’État puisque par essence l’extraordinaire est la non-raison et le déraisonnable.