La pensée sociale d'Émile Durkheim et Pierre Bourdieu
La vie d’Émile Durkheim (1858-1917)
David Émile Durkheim est l'un des fondateurs de la sociologie moderne. Il est né à un moment charnière du XIXème siècle. Il est issu d’une famille aisée et judaïque. Le contexte dans lequel il émerge est celui de la mise en place de la république française à partir des années 1870 avec une crise importante qui est la commune de Paris : c’est un conflit subversif ou les communards sont massacrés par ce qui reste de la royauté.
Les premières questions qu’il se pose sont :
- Comment se fait-il qu’une partie de la société ait acceptée de s’armer pour massacrer les plus pauvres ?
- Qu’est-ce qui fait qu’il n’y ait plus société ?
Bien évidemment les concepts politiques après Napoléon III sont les concepts de république, de fraternité, solidarité, de liberté.
Ce n’est qu’à partir de ce moment-là qu’il va travailler sur la question de la société en mettant l’accent sur la question sociale et le socialisme. La grande idéologique qui va bousculer les régimes est le socialisme : c’est à dire que les individus vivent en société et le social doit émerger.
Pour qu’une société puisse fonctionner il doit y avoir des liens, des passages entre les groupes qui permettent de faire société, donc du lien social
L’idée de Durkheim est d’expliquer les faits sociaux de façon scientifique. Il est dans le débat des sciences-sociales.
En tant qu’universitaire il va s’interroger sur le concept de solidarité sociale : il rebondit sur ce qui fait société. : C’est le principe de solidarité. Une société se contrôle et produit un sens collectif par une solidarité entre les individus.
Le débat est toujours d’actualité car on se pose maintenant la question de savoir ce qu’est la solidarité. La solidarité insinue que l’on a un destincommun.
Fin du XIX siècle : questionnement sur la société
- la société bascule : passage d’une société rurale à une société urbaine
- qu’est que la société ? : elle se caractérise par le fait social
- comment interpréter un événement ?
C’est travaux permettent de comprendre le monde d’aujourd’hui :
Ecrits majeurs :
- De la division du travail social (1893) : comment l’évolution dutravail à t-elle modifié les rapports sociaux. Letravail n’est pas neutre. Le travail moderne est un travail de spécialisation qui change les rapports sociaux
- Les règles de la méthode sociologiques (1895) : ce sont les premières réflexions surles outils les mieux à même pour analyser la société. C’est un travail de passagede construction de l’objet scientifique mais aussi un passage vers lasociologie
- Le suicide (1897) : il s’interroge sur ce qu’est la société
Durkheim n’est pas un penseur, il est immergé dans la société depuis laquelle il analyse les objets de contradictions.
L’affaire Dreyfus est un moment important car il scinde la société, c’est un conflit politique qui va traverser toute la société. La société va imploser et affecter les relations à l’intérieur même des familles.
Il s’interroge aussi sur la place de la religion dans la société. En tant que Républicain, la laïcité est un élément structurant de la question sociale. Ce n’est pas seulement à la charité de répondre au problème de la société mais aussi l’État.
Ce sont des thèmes où il présuppose que l’on peut reconstruire de la solidarité sociétale. Pour lui le socialisme est que dès lors que les individus ont pris conscience de la nécessité de la solidarité ils agissent en son sens.
En 1873 il devient le premier docteur à la chair de sociologie. Il travaillera sur lesquestions morales puis sur la crise que provoque la première guerre mondiale : c’estla rupture de la société. Le fait que son fils décède en 1915 dans les Balkans le fait s’impliquer plus sur laquestion.
Le fait social
Pour Durkheim l’enjeu de la sociologie (Règles de la méthode sociologique), c’est d’étudierles faits sociaux
Faits sociaux : manières d’agir de faire et de penserdans un espace social Ce n’est pas quelque chose de subjectif, il est objectif car on peutanalyser les comportements des individus en tant que telle
- Ils consistent en toute manièred'agir, de penser, de sentir, fixée ou non, susceptible d'exercer surl'individu une contrainte extérieure; et, quiest générale dans l'étendue d'une société donnée tout en ayant uneexistence propre, indépendante de ses diverses manifestations au niveau individuel
- Le fait social dans une société est un phénomène suffisammentfréquent et suffisamment étendu pour être qualifié de collectif
Les modalités d’agir sont conditionnées : - Individuellement : la façon dont on perçoitl’environnement, c’est à dire l’expérience sensible individuelle - Collectivement : des déterminantscollectifs qui impliquent des « réactions-type »
On distingue deuxcaractéristiques qui permettent de reconnaître le fait social: - l’extériorité : la société existe en dehors des individusqui la composent. - le fait social est extérieuraux individus ; il ne se situe pas dans la sphère individuelle mais dans la sphère collective :la sphère sociale. C'est-à-dire qu'il n'est pas né avec l'individu et nemourra pas avec lui ; il transcende l'individu. - Pour qu’il y aitrassemblement des individus il faut qu’il y ait société. Au fond ce phénomène aune temporalité plus longue que la vie elle-même, elle est une structure. Si on ne remplit pas son rôle la société peut engager la répression. - Ces rites fonctionnent de façon réguléeset permanant. La société existe en dehors des individus, ils ne font que passervivant dans un système sociétal qui existe au-delà d’eux-mêmes
- La contrainte : c‘est le fait que la société secaractérise par un ensemble de contraintes de plusieurs ordre : - lorsque dans une assemblée unsentiment s’impose à tous ou lorsqu’une réaction collective se communique à tous - processus collectifs de socialisation : on accepte des processus dictés par la société elle-même. Le faitsocial s'impose aux individus, il nerésulte pas d'un choix individuel mais il est le fruit d'unecombinaison de différents facteurs sociaux, économiques, historiques,géographiques, politiques... Cettecombinaison impose des contraintes à l'individu Ces contraintes répondent différèrent selon lerefus de la contrainte que l’on assume : · Obligation à des comportements régulés/adaptés · Les normes sont à l’origine du« processus de socialisation »
Les faits sociaux se caractérisent par l’intensitéde la contrainte/leur capacité coercitive
Comment étudier les faitssociaux ? : Il faut « traiterles faits sociaux comme des choses »
Pour arriver à traiter la société il faut s’obliger à traiter les faitssociaux comme des choses, c‘est à dire commeun objet. C’est ensemble des réactions que l’on peut étudier.
C’est un objet à distance que l’on peut qualifier parce qu’il a descaractéristiques que l’on peut designer et que l’on peut inventorier. Ladistance permet d’introduire des méthodes d’analyse scientifique pour passer à l’analyse enelle-même. On traite les phénomènes enqualité de donnée.
Dès lors qu’est-ce qui faitsociété ? Les faits sociaux sont le résultat de la vie ensociété, et en particulier de représentations
Il faut opposer deux niveaux : · représentations individuelles (ou « prénotions ») : C’est le contraire de la réalité, c’est l’interprétation au niveau subjectif de notre environnement. Il faut aller au-delà des représentations personnelles pour analyser les représentations collectives - On désigne par ce terme lesreprésentations que l’individu se construit par l’interaction avec son environnement. Elles constituent untout cohérent et personnel et lui servent à organiser son action. - elles sont «propres à chaqueindividu, sont variables et emportées dans un flot ininterrompu. […] (Elles)ont pour substrat la conscience de chacun…». - Cependant elles ne permettent pasune évaluation objective des faits sociaux.
· représentations collectives : - elles constituent les faitssociaux. Si la société se représente cela permet de se définir en tant qu’unensemble. Cela permet de mettre en avantles faits sociaux. - Ces représentations sociales intègrent des aspects collectifs et individuels.
Le crime selon Durkheim Le crime a une fonction dans la société, il est par conséquent normal Bien qu'il soit non-conforme aux normes sociales, il estprésent dans toutes les sociétés, ce qui fait de lui un phénomène normal. De plus, « le tort qu'ilfait à la société est annulé par la peine, si ellefonctionne régulièrement ». Il est donc possible de juger le bon fonctionnementd'une société selon la répression exercée sur les crimes · rationnel d’un point de vueindividuel · exprime une fonction sociétale · l’individu fait partie d’uncollectif
Les formes de la solidarité sociale
Ce qui est fondamental est de travailler sur l’organisation de la collective.
Qu’est-ce qui se joue dansnos sociétés modernes ? À la fois l’individu réclame une indépendance dans son espace social même en faisant parti d’une société, maisparadoxalement il dépend encore plus de la société.
- une société peut fonctionner sur l’anomie : Dans toute société il y a, à des moments donnés, des conjonctures del’ordre de l’effondrement.
C’est une phase catastrophique des sociétés, entrainées par un devenir qu’elles ont elles-mêmes suscitées par ledéterminisme du progrès et de la production industrielle.
C’est une concept très intéressent car il y a des moments ou nous nesommes plus dans des mouvements de développement linéaire, il y ades moments obscures ou l’on peut penser le passé sans pouvoir y retourner. Ilréinterroge la question de la temporalité liée à la structuration sociale.
Deux types de solidaritéssociales :
· la solidarité mécanique : - une société ou les individus sont semblablesen cela qu’ils partagent tous, d’une même manière et suivant une mêmeintensité, les éléments constituant la conscience commune. - En d’autres termes c’est unesociété traditionnelle ou tous les individus sontsemblables et partagent une conscience commune.
· solidarité organique : - repose la différenciation destâches et des individus qui lesaccomplissent ; sur l’existence de sous-groupes spécialisés. - À l’intérieur du groupe social on donne libre champ à l’existence del’individu entendu comme source autonome de pensée et d’action - La société moderne est une société qui va se construire sur la différenciationdes tâches. C’est le contraire de la société mécanique. Nous nesommes pas solidaire sur les mêmes fonctions même sur les tâches différentesqui engagent une question de l’échange. - Il peut exister des sous-groupesqui offrent des temporalités différentes et des champs de connaissancesdifférentes. On trouve des groupes sociaux différents qui peuvent donner libres champs à l’individului donnant une autonomie qui lui donne un droitd’existence.
La place du fait religieux
Durkheim marque l’importance cruciale desphénomènes religieux dans la sociologie. Il va dire que les faitsreligieux ont toujours été importants. Deplus nous sommes dans un monde qui se sécularise
La religion sert dans la création de lienssociaux. Non seulement elle assure que tout le monde ait les mêmes croyances, maiselle assure aussi que tout le monde a la même moralité et que les pensées desindividus restent assez uniformes. Dans ce sens-là, la religion assurel'intégration des individus dans un groupe.
Même s’il y a perte de la religiosité, il fautfaire attention au fait que le religieux peut subsister toutefois. Le faitreligieux permet toujours d’expliquer le fait social.
· sécularisation du monde social : - Le religieux subsiste au-delà même de laperte de la religion - le fait religieux ne disparaît pas même si nous sommes dans unesociété laïque - les comportements restent guidépar des morales d’essence religieuse - la religion est un fait structurant moral
· la « criminalité religieuse » : - c’est le crime contre les choses collectives,(l’autorité publique, lesmœurs, lestraditions, la religion) - Le crime religieux est la première forme de crime dans une société en développement. C'estune atteinte au sacré. - On ne s’échappe pas des valeurs morales qui proviennent du religieux
La théorie de la socialisation
Durkheim l’élabore avec deuxprocessus :
- l’intégration sociale : conscience, croyance et pratiquescommune (société religieuse),interaction avec les autres (sociétédomestique), buts commun (société politique). Cela fabriquede la cohésion sociale. Pour faire société il faut définir des valeurs communes liées àun processus d’intégration social. Le processus d’intégration relativise laliberté de l’individu par rapport aux valeurs qu’il a intégré. De plus celacréé de la cohésion sociale.
- la régulation sociale : Il faut pourvoir la collectivité derègles, cela fait référence au rôle modérateur joué par la société, c’est à dire à l’autorité morale qu’elle exerce sur les individus. Lesinteractions entre les membres du groupe s’organisent autour d’une hiérarchie sociale et de règles convenues et adoptées. En d’autres termes c’est l’intégration desnormes de société qui permet de gérer ses passions de façonmodérées. Ainsi au niveau des structures, des façons de faire et desreprésentations peut se construire l’action.
Durkheim décrits les caractéristiques qui permettent de reconnaître une société modernes : · des buts communs · des principes de justice · de la symbolique · de la solidarité entre lesindividus (solidarité organique)
Tous ces éléments permettent la création d’une théorie de la société etdu changement social.
Le suicide :
Il faut s’interroger sur le suicide
Durkheim défend l'idée selon laquelle lesuicide est un fait social à part entière – il exerce sur les individusun pouvoir coercitif et extérieur. À partir de là il cherche à lecaractériser.
Il est déterminé par des raisons relevant de l'intime, du psychologique.Il est également éclairé par des causes sociales, des déterminants sociaux : - il faut sortir de l’analysepersonnelle du suicide - il faut l’étudier comme un faitsocial
Il y a plusieurs raisons au suicide : - suicide altruiste : l’individu se considère dansl’impossibilité de remplir ses devoirs - suicide égoïste : refus d’exister par rapport à desnormes sociales - suicide anomique : impossibilité d’arriver à exister dansun système très complexe ou il est doté de responsabilitéqu’il ne peut pas assumer : renvoi à la manière dont la société exacerbe les contradiction - suicide fataliste : intervient dans lescas d'excès de régulation : la vie sociale est extrêmementréglée, les marges de manœuvre individuelles sont réduites. Le contrôle social ainsi que les normes sont trop importantesà supporter
Conclusion : · le suicide est bien un fait social qui se produit par un défaut de socialisation · la société a du mal à produire de lasocialisation
Pierre Bourdieu : pour une théorie politique du monde social
Pierre Bourdieu (1930-2002)
Il a effectué son service militaire en Algérie en 1958. Il va se passionner pour l’Algérie est pointer quelque chose defondamentale à savoir l’écart entre le discours et la réalités. Au fond le champ des sciences-sociales et un domaine où il faut porterune attention toute particulière à la relation entre le discours et la réalité.
Pour analyser les relations entre la parole et les faits, Bourdieu s’est engagé dans la sociologie.
Sa pensée a exercé une influence considérable dans les scienceshumaines et sociales. Son œuvre sociologique estdominée par une analyse des mécanismes de reproduction des hiérarchies sociales.
- L’Algérie et la société kabyle traditionnelle : le passage à lasociologie - Étudie les groupes sociaux en élaborant une théorie politique - Prend des positions altermondialiste
Ecrits majeurs : - Le déracinement (1964) : il étudie sur l’effet du déracinementsur la population algérienne et montre les effets déstructurant de ceprocessus. - La distinction, critiquesociale du jugement (1979) - Le sens pratique (1980) - La misère du monde (1993) - La domination masculine (1998)
Il va construire une théoriequi s’articule sur la sociologie, la philosophie et lapolitique. En 1980 il est titulaire de la chaire de sociologie auCollège de France. Dès lors il critique la mondialisation et se rapproche des mouvementsaltermondialistes.
Le concept d’habitus
L'habitus est le fait de se socialiser dans un peuple traditionnel, définition qui est résumée comme un "système dedispositions réglées". Il permet à unindividu de se mouvoir dans le monde social et de l'interpréter d'une manière qui d'unepart lui est propre, qui d'autre part est commune aux membres des catégoriessociales auxquelles il appartient.
L’ensemble des traits et despropriétés résultant de l’appropriation de certains savoirs et expériences.Cela fabrique des comportements, des habitudes, des réflexes. Nous sommes régulés par unehistoricité qui va contracter les différentes expériences.
· l’habitus primaire est constitué des dispositions les plusanciennement acquises et donc les plus durales · l’habitus secondaire : l’habitus scolaire,l’habitus familial, l’habitus professionnel
L'habitus est une structure interne toujours en voiede restructuration. Elle est dynamique et détient la fonction de ressentir les choses etd’agir.
L’individu est déterminé pardes modèles de comportement intégrés pendant les différents processus de socialisation et part son expérience ; il agit parréférence à des situations qui ont existé: c’est l’habitus
Cependant on n’a pas toujoursconscience de la façon dont on agit. On ne peut nécessairement savoir que tousles actes sont déterminés en nous.
Les dispositions de l’habitussont transposables, systématiques et présentes ; elles fabriquent un systèmerendant nos pratiques tendancielles qui assoie une cohérence dans nos comportements. Bourdieu le compare à un programme informatique qui assure des fonctions. Par contre lamachine humaine peut avoir des ratés, c’est ce qui la différencie desordinateurs : il peut y a voir des blocages, des contradictions voir des incohérences.
Deux processus de socialisation : - Primaire : c’est celle qui à lieupendant l’enfance (famille, école) et qui renvoient aux dispositionsles plus anciennes Secondaire : c’est celle quiva de l’adolescence à la finde la vie (travail,collègues professionnel, etc.). Elle se greffe sur l’habitus primaire
L’habitus est une structure interne toujours en mouvement et en voie derestructuration. Dans l’habitus il y a des dimensions collectives qui engendrent des conflits de générations relevant d’un conflit d’habitus. Les plus jeunes fonctionnentavec les modèles parentaux mais aussi ont intégrés de la souplesse qui seheurte aux valeurs des anciens.
Deux types de mouvements d’habitus : - déclassé : transfert social d’habitus descendant: problème d’adaptation social - parvenu : transfert d’habitusascendant
Cependant, la reproductionsociale met à mal les conflits d’habitus. Dans les questionsd’éducation et de conditionnement de classe il y existe des habitudes de classe (comportements de classe, expérimentions).
Bourdieu en dégage une analyse sociétale en affirmant qu’il y a des habitus de classe se référençant à des dimensions différentes.Il existerait un habitus de classe en contradiction qui engage une interprétationde la société comme une espace social de la conflictualité.
Cela donne lieu est desproblèmes de conflictualité : - espace social multidimensionnel - espace social conflictuel
Champ social et conflictualité : entre reproduction et distinction
L’espace social est un espace complexe du fait qu’il met enjeu des habitus collectif différents. L’espace social est multidimensionnel avecdes positions conflictuelles. C’est un espace qui se construità partir de capitaux différents.
Les fondements des groupessociaux : « théorie des capitaux » - le capital humain est l'ensemble des aptitudes, talents,qualifications, expériences accumulées par un individu et qui déterminent enpartie sa capacité à travailler ou à produire pour lui-même ou pour les autres
- le capital économique : constitué par les différentsfacteurs de production et l’ensemble des biens économiques
- le capital culturel : correspond à l’ensemble desvaleurs, des qualifications intellectuelles, soit produites par lesystème scolaire, soit transmises par lafamille
- le capital social se définit comme l’ensemble des relationssociales dont dispose un individu ou un groupe
- le capital symbolique : correspond à l’ensemble des rituels liés à l’honneur et à la reconnaissance
Pour conclure : Sa théorie définie la sociétécomme un lieu de conflictualité dans laquelle l’enjeu fondamental dépend de lagestion des forces. Il décrit une société conflictuelle qui ne signifie pas forcément qu’il y ait dela violence. - Les groupes sociaux vont se déterminer en fonction des capitaux - Les capitaux peuvent s’adjoindre ou s’opposer
Analyse post-marxisme : - possession du capital économique prédomine les autres capitaux - opposition sociale déterminée entre ceux qui possède le plus et le moins de capitaux
Les agents sociaux sedistribuent les capitaux selon une double logique :
· hiérarchisation des groupessociaux selon le volume de capital dont ils disposent
· distinction selon la structuredu capital, c’est-à-dire l’importance respectives des deux espèces de capital dans le cumule total de leur capital
Reproduction sociale et changementsocial
Le monde social est un champ d’antagonismes et de processus dedifférenciation, c’est aussi un marché danslequel on peut jouer. Chacun joue de ses possibilitéspour accroitre son capital ou empêcher les autres d’en acquérir. L’enjeuest d’accumuler
· les agents sociaux cherchent toujours à maintenir ou à accroitrele volume de leur capital et donc à maintenir ou à améliorer leur position sociale · · les mécanismes de conservation de l’ordre social prédominent en raison de l’importance des stratégies de reproductions
Stratégies mises en œuvres par les agents sociaux pour laconservation ou l’appropriation du capital
La reproduction sociale désigne le phénomène sociologique d'immobilisme social intergénérationnel. Ce terme décrit une pratiquesociale relative à la famille, consistant à maintenir uneposition sociale d'une génération à l'autre par la transmissiond'un patrimoine, qu'il soit matériel ou immatériel.
Stratégie d’investissement : - stratégies d’investissement biologique - stratégies successorales (mariage) - stratégies éducatives - stratégies économique - stratégies symbolique
L’efficacité des stratégies dereproduction dépend des instruments de reproduction mis à la disposition des agents qui semodifient avec l’évolution structurelle de la société
La société est une contradiction entre conservateurs et ceux qui veulent la faire évoluer
Le pouvoir
Concept de« dépossession » « Le champ de productionpolitique est le lieu, inaccessible au profanes, ou se fabriquent, dans laconcurrence entre professionnels qui s’y trouvent engagés, des formes deperception et d’expression politiquement agissantes et légitimes qui sont offertes aux citoyens ordinaires, réduits au statut deconsommateur »
La politique est un champs quise définie comme un métier politique qui est inaccessible au profane. Au contraireil a pour objet de l’exclure pour garder le pouvoir
· dans les sociétés post-moderne le politique est une affaire de professionnels :inaccessible au « profane » - clientélisme dans une optique de consommation électorale - le consommateur est conditionné par la consommation : lapolitique est un marché dont ilfaut fidéliser les clients - les plus pauvres sont dans les dénis : concentration du capital dans les mains d’une « élite politique »
· pour faire de la politique il faut détenir un habitus particulier - concentration de capitaux spécifiques - un ensemble de valeurs à partager entre politiciens : lieu defabrication d’un savoir transmissible
On distingue deuxcaractéristiques : - il y a un divorce sociétal - la politique est un « jeu » : solidarité de fait entre les initiés politiques
Deux capitaux politiques :
· capital personnel de« notoriété » fondé sur le fait d’être connu et reconnu danssa personne
· le capital délégué d’autorité politique : produit d’un transfert limité et provisoire (le mandatpolitique)
Bourdieu démontre que selon son hypothèse, la politiquemoderne est un marché qui subit les lois du marché avec des phénomènes de concentration decapitaux, d’exclusion, de fabricationde techniques et de discours politiques à savoir des langages autonomes que personne ne peut comprendre.