L'impact des politiques monétaires et fiscales

De Baripedia

Comme nous avons vu dans le chapitre précédent, le revenu et l’emploi peuvent dans le court terme dévier de leur niveau de plein emploi. Le long terme étant composé d’une ‘succession de court termes’, il est important, de comprendre comment le gouvernement peut essayer de palier à ces déviations afin de stabiliser l’économie autour de son niveau de plein emploi. Nous allons analyser les mécanismes à travers lesquels les politiques monétaire et/ou budgétaire peuvent aider à éviter des fluctuations trop importantes du niveau de revenu, et stabiliser ainsi l’économie.


Politiques monétaire et budgétaire et la DA

La politique monétaire

Dans le chapitre 7 nous avons vu que dans la plupart des pays la politique monétaire est contrôlée par la Banque Centrale à travers :

  1. les opérations d’open market (opérations sur le marché libre);
  2. la fixation du niveau de réserves obligatoires;
  3. le taux de refinancement auquel les banques commerciales peuvent emprunter auprès de la Banque Centrale (taux directeur ou d’escompte, repo rate en Angleterre et discount rate aux Etats Unis).

Des ces trois instruments, la variation du taux directeur est le plus utilisé en temps normal.

Des chapitres 8 et 11 nous savons aussi qu’un des déterminants les plus importants de la demande de monnaie est le taux d’intérêt. En particulier, le taux d’intérêt représente le coût d’opportunité de la détention de la monnaie: si le taux d’intérêt sur d’autres actifs moins liquides augmente, les ménages demandent moins de monnaie => la demande de monnaie est une fonction décroissante de .

À un certain niveau des prix donné (optique de court terme = les prix sont rigides), le taux d’intérêt s’ajuste pour égaliser la demande et l’offre de monnaie. Tout changement du niveau général des prix déplace la courbe de demande de monnaie parallèlement.

La politique monétaire et la DA

La Banque Centrale peut provoquer un déplacement de la courbe de DA à travers la politique monétaire: politique monétaire expansive = offre de monnaie ↑, le taux d’intérêt ↓, I↑ , la DA se déplace vers la droite.

Intromacro politique monétaire et la DA 1.png

En cas de politique monétaire restrictive, l'offre de monnaie ↓, le taux d’intérêt ↑, la DA se déplace vers la gauche.

La politique budgétaire

La politique budgétaire est contrôlée par le gouvernement:

  1. En changeant les dépenses publiques (), le gouvernement affecte directement la DA (non pas indirectement comme lorsque la Banque Centrale augmente la masse monétaire);
  2. En modifiant les taxes il affecte les décisions de consommation et/ou d’investissement, deux composantes de la demande agrégée.

NB: Par on entend les dépenses en infrastructures (routes, écoles...), en fournitures (machines, ordinateurs, papier...) ainsi que la rémunérations des employés publiques (fonctionnaires, policiers...). En revanche, représente les impôts diminués de l'ensemble des transferts sociaux.

La DA se déplace vers l’extérieur lorsque augmente ou diminue... MAIS, de combien ? → deux effets opposés: le multiplicateur keynésien et le crowding out.

On parle d’effet multiplicateur de la politique budgétaire, car pour chaque franc dépensé par le gouvernement, la DA augmente de plus d’un franc. Plus exactement, comme nous avons vu dans le chapitre 11, le multiplicateur Keynésien nous dit que Échec de l’analyse (erreur de syntaxe): {\displaystyle ∆Y = \frac {1}{1 - pmc} ∆G} . (Cf. ch.11 pour plus de détail sur le multiplicateur keynésien.)

Politique budgétaire et le crowding out

La politique budgétaire pourrait ne pas affecter l’économie aussi fortement que ce que prédit le multiplicateur de Keynes: une politique budgétaire expansive engendre une augmentation de la DA, ceci va provoquer une augmentation du PIB de court terme et par conséquent de la demande de monnaie pour des raisons de transaction. La demande de monnaie se déplace vers la droite et le taux d’intérêt augmente (cf. la théorie de la préférence pour la liquidité du chapitre précédent) => l’investissement diminue et donc la DA baisse.

On appelle ceci l’effet d’éviction ou de «crowding out», car les dépenses du gouvernement déplacent (crowd out) l’investissement privé.

NB.: cet effet d'éviction ne correspond pas à la réduction de fonds prêtables provenant de l’épargne publique que nous avions étudié au chapitre 6.

L’effet de crowding out se rajoute au multiplicateur Keynésien. L’impact final sur sera plus grand que l’augmentation initiale de si l’effet du multiplicateur Keynésien est plus important que l’effet de crowding out, et vice-versa.

Multiplicateur + crowding out

Intromacro Multiplicateur plus crowding out 1.png

Remarques

Politiques de stabilisation

Résumé

Comme la politique monétaire et la politique budgétaire peuvent affecter la DA, le gouvernement les utilise pour essayer de stabiliser l’économie.

Les économistes sont en désaccord sur le niveau désirable d’intervention du gouvernement.

La Banque Centrale peut affecter la DA avec sa politique monétaire: une augmentation (réduction) de la masse monétaire résulte dans un déplacement de la DA vers l’extérieur (intérieur).

Le gouvernement peut affecter la DA avec sa politique budgétaire: une augmentation des dépenses publiques ou une diminution des taxes provoquera un déplacement de la DA vers l’extérieur (une diminution des dépenses publiques ou une augmentation des taxes provoquera un déplacement de la DA vers l’intérieur). Quand le gouvernement change le niveau des dépenses publiques ou de la taxation, le déplacement final de la DA peut être plus petit ou plus grand que le changement initial du niveau des dépenses publiques ou de la taxation: l’effet du multiplicateur Keynésien amplifie l’effet initial; l’effet de crowding-out réduit l’effet initial.

La politique budgétaire expansive réalisée par une baisse d'impôts pourrait, dans certains cas, se relever inefficace: équivalence ricardienne.

La politique monétaire expansive pourrait, dans certains cas, se relever inefficace: trappe à liquidité.

Références

  • A stimulating notion, The Economist, 14.02.2008
  • Paul Krugman: Extrait du livre Pourquoi les Crises reviennent toujours? Pages 25-30, l’exemple de la crise de la coopérative de baby-sitting de Capitol Hill.