Géographie de l’industrie cinématographique
Il s'est produit un tournant dans la géographie économique depuis quelques années qui amène à s'interroger sur certaines formes de distribution de l'activité économique ou plus exactement sur une forme de concentration de l'activité économique. Il y a trois éléments à mettre en place au début pour expliquer ce changement dans l'agence économique :
- le tournant socioculturel : c’est l’idée que des géographes qui expliquaient l'économique par des raisonnements très économiques dont les exemples sont les fameux modèles de localisation de Weber, Von Thünen et Christaller qui en viennent à expliquer les localisations des activités économiques par des motifs culturels ou plus anthropologie ou plus sociologique. La concentration d'activités cinématographique aux États-Unis, en général à Los Angeles, en particulier et à Hollywood, est un très bel exemple de ce phénomène. Dans les explications économiques traditionnelles, on expliquait comment les usines se localisaient pour minimiser le coût du transport des matières premières, or, pour le cinéma cela ne marche pas de la même manière.
- une économie dématérialisée et post-fordiste : la raison pour laquelle une telle part de l'industrie cinématographique mondiale est localisée à Hollywood n’a pas de rapport avec les coûts de transport. Quelque chose d'autre entre en jeu qui a à voir avec le culturel, le politique ou le social. Ce tournant s‘explique par le fait qu’on est face à une économique qui est largement dématérialisée avec l’idée à la manipulation symbole dans les pays riches. La plupart de la richesse que l'on fabrique dans les pays développés, la plupart de la croissance est fondée sur quelque chose qui n'est plus matériel et une partie de production est de type postfordiste. Ce sont des modes de production et des produits nouveaux.
- les districts industriels et SPL : tout ceci ne s'est pas traduit par une disparition de la géographie. Ce n’est pas parce que l'économie s’est dématérialisée qu’elle s’est débarrassée des contraintes géographiques. Au contraire, on a vu émerger assez récemment, depuis une trentaine d'années, ce qu'on appelait des systèmes de production localisée, on parle également de districts industriels. Beaucoup ont été repérés en Italie du nord, en France, en Allemagne ou encore en Angleterre. Un exemple assez spectaculaire de districts industriels est la concentration de l'industrie cinématographique à Los Angeles.
Les géographes ou les économistes qui ont théorisés ce phénomène du district industriel et de concentration spatiale d'une activité économique sont des géographes de UCLA à savoir Allan Scott et Mickeal Storper qui ont publiés des livres qui théorisent ce phénomène très récent de concentration et qui, en particulier, ont produit des livres sur Hollywood et sur le fonctionnement géographique de cette entité curieuse qui est la concentration de la production cinématographique à l'échelle mondiale dans un quartier d'une grande ville. Ce tournant correspond à la fois à de nouveaux objets qui apparaissent et que les géographies économiques regardent avec perplexité mais également de nouvelles théories qui sont conçues pour expliquer l'émergence de nouveaux objets.
La distance reste l'élément essentiel renvoyant au problème du coût de franchissement de la distance. Dans les modèles classiques qui expliquaient la localisation des activités économiques que ce soit l'agriculture avec Von Thünen, l'industrie avec Weber ou les services avec Christaller, on expliquait que les localisations des entreprises ou des activités économiques avaient pour but de minimiser les coûts de transport. Une façon d'augmenter les profits était de diminuer les coûts de production notamment les coûts de transports et la localisation permettait de se mettre là où les coûts de transport totaux étaient les plus faible. La question des coûts de transports était très importante dans des économies très matérielles, dans les économies qui manipulaient beaucoup d'objets. On pourrait imaginer que dans le cas d'une économie dématérialisée où on produit sans objets, cela n’a plus d'importance et du coup on pourrait se mettre n'importe où, on s’est libéré de la contrainte de l’espace. Il y a un coût à l’agglomération parce que le foncier est très cher, il y a de la pollution, des embouteillages. Il serait bien plus raisonnable de s’installer dans des alpages où le prix de l’immobilier est moins cher, où on est moins encombré par des voisins. Si ce phénomène ne s’est pas produit, c'est que la distance continue à être un problème même dans le cadre d'une économie dématérialisée. Pourtant, on sait très bien, avec un coût quasiment nul, faire circuler de façon quasi instantanée des informations en quantité gigantesque.
Le problème est de deux ordres :
- il est vrai que l'on a fait énormément de progrès dans le transport de l'information. C'est une révolution dans les transports, la dernière évolution des transports est internet qui permet de faire circuler des produits dématérialisés et d'échanger des informations. En même temps, l'économie s'est mise à produire des biens dont le contenu en information est de plus en plus important et des biens pour la production desquels, il est nécessaire d'avoir de plus en plus d'informations. L’information nécessaire est produite par l'économiste a explosée. Il y a trente ans ou quarante ans, on arrivait à produire sans avoir besoin de beaucoup d'informations et les produits qu'on fabriquait contenaient peu d'informations. Maintenant, pour produire, on a besoin d'énormément d'informations et les produits fabriqués contiennent énormément d'informations. Peut-être que la révolution des transports a permis d'améliorer beaucoup la circulation de l'information mais cette amélioration n'est pas à la mesure de l’explosion de la quantité d'informations qui circulent et cela continue à être un problème.
- Internet, le téléphone, le fax, etc. sont très efficaces pour faire circuler de l'information simple mais pas de l'information complexe, pas de l’informations sensible, pas d'information très qualitative et pas une sorte d'information qui circule beaucoup par communication interpersonnelle qui sont des signaux non discursives et de l’échange et de la réciprocité. L'industrie dématérialisée et le cinéma en particulier consomment énormément d'informations très complexes et très sensibles qu’on a beaucoup de mal à transporter. La seule façon de transporter cette information est en fait de transporter les gens qui la détiennent. Il y a une sorte paradoxe qui est intéressant étant qu’alors que l'économie se dématérialise, alors qu’on pourrait penser aller s‘installer en campagne, on reste bloqué à payer des loyers abracadabrantesques à Genève, à Paris ou à Los Angeles. Hollywood est un exemple caricatural de ce paradoxe qui est la difficulté du transport de l’information si elle est massive et complexe.
Commence ce petit quartier de Los Angeles, à savoir Hollywood, devient non seulement la capitale ou une capitale mondiale du cinéma mais aussi le synonyme même du septième art ?
Les industries culturelles
Définition
Caractéristiques
Une production très concentrée
À l’échelle mondiale
Les Majors
Hollywood et autres SPL du cinéma
Une distribution polarisée
Références
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